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LE GRAND REPERTOIRE DES OPERETTES
 
5ème partie
Les liens sur toutes les opérettes se trouvent ici
 
 STRAUS Oscar
Oscar STRAUS naquit à Vienne le 6 avril 1870. Il fut d'abord chef d'orchestre, habile à conduire, avec une égale maîtrise, les œuvres les plus savantes et les plus joyeuses. Puis, un beau jour, la gloire lui vint. Ce fut une chanson de Bierbaum qu'il illustra d'une musique si extraordinaire qu'au bout de quelques jours toutes les rives du Danube la chantaient. Puis ce furent des succès passagers de théâtre : " Les fiançailles de Dietrich ", " Le val d'Amour ", " Les joyeux Nibelungen " qui sont la parodie la plus spirituelle des drames wagnériens, " Madame, je veux ", " Mariette ".
Après Johann Strauss père et fils, Oscar Strauss est devenu le roi de la valse, Elle est devenue son domaine : " Rêve de valse " (1907), " La dernière valse " (1920), " La première valse ", " Trois valses " (1936), C'est " elle ", toujours " elle " qui l'inspire, le hante, l'enchante, " elle " qui irrésistiblement revient sous ses doigts, fait frissonner l'âme de ses violons, qui lui fournit ses merveilleux " départs ", ses motifs les plus heureux.
 
 
 
 RÊVE DE VALSE
Opérette en trois actes.
Livret de F. Dormann et L. Jacobson.
Adaptation française de Léon Xanrof et Jules Chancel.

PERSONNAGES :
- Maurice de FONSÉGUR (baryton)
- Le prince LOTHAR (trial)
- JOACHIM VII, grand-duc de Snobie (basse)
- SIGISMOND
- De MOUSSY, confident de Maurice (ténor)
- WENDOLIN
- FRANZI, directrice de l'orchestre (soprano)
- La princesse HÉLÈNE (soprano)
- Frédérique d'INSTERBOURG, première daine d'honneur
- Mme de LINZBACH
- FIFI, LIZZI, BERTHA, ANNETTE, MANY, LAURA, MILI, PAULA, ROESCHEN, musiciennes de l'orchestre
- Seigneurs et dames de la cour de Snobie, ambassadeurs, ministres, officiers, étrangers, soldats.

L'action se passe dans le Grand-Duché de Snobie.
Première mondiale : à Vienne, sur la scène du Carl-Theater, le 2 mars 1907.
En français : à Paris, sur le théâtre Apollo, le 3 mars 1910.
Durée du spectacle : 3 heures.

L'opérette tient ce que promet le titre. Du début à la fin la valse domine : celle du rêve d'amour. Elle est là tout-à-coup, souple et cajoleuse, tantôt rêveuse et amoureuse, tantôt s'affirmant dans une turbulente joie de vivre. Les autres mélodies sont pleines d'entrain et évitent la banalité, mais la valse les supplante et retrouve sa place dans un déroulement sentimental. Le libretto de Dormann et Jacobson sait habilement doser la gaîté turbulente avec la mélancolie sentimentale et sait imprégner à l'action une certaine tension. Malheureusement les traducteurs Xanrof et Chancel ont rendu des allusions délicates par trop prononcées de sorte que le texte a perdu par endroits tout esprit.

ACTE PREMIER : Une salle d'honneur dans le château du Grand-Duc, Régent de Snobie, Joachim VII.
- Dans une salle voisine, s'achève le repas de noces de la grande-duchesse Hélène et de son consort Maurice de Fonségur, officier français. Ce mariage a une origine romanesque; dans un bal de la cour, à Vienne, on a surpris l'officier en train d'embrasser, en un lieu écarté, l'héritière du grand-duché de Snobie; Fonségur a dû l'épouser pour éviter un scandale. Tous le félicitent de sa chance. Mais lui envisage les choses sous un autre aspect. Il ne voulait pas se marier et la femme qu'il a embrassée était pour lui une inconnue. Il n'aspire maintenant qu'à quitter au plus tôt le grand-duché et à rentrer à Paris. Mais Hélène aime son mari et espère bien le conquérir.
La noce a fait son entrée et l'on échange des discours de congratulations. Celui de Fonségur est un peu désobligeant pour sa nouvelle patrie. Le prince Lothar, de la branche collatérale, crible son cousin par alliance de coups d'épingles. La réception s'achève pourtant tant bien que mal. Dans une conversation avec son confident Moussy, Fonségur expose son plan : la loi pragmatique annulant un mariage princier infécond, il se prétendra atteint d'une infirmité et s'abstiendra de toute relation avec son épouse. La fatale nouvelle plonge Joachim VII dans la désolation. Seul Lothar triomphe. Il voit déjà prononcé le divorce. Le laissant à sa joie, Fonségur s'éclipse pour aller avec son ami, tous deux vêtus en officiers français, entendre un orchestre de Viennoises qui joue dans un jardin voisin.

ACTE DEUXIÈME : Un jardin, dans un restaurant-concert, genre viennois.
- L'orchestre de Viennoises est dirigé par une certaine Franzi qui a la douceur accueillante, la sensibilité facile et le cœur prompt d'une Gretchen. C'est une personne libre d'allures, mais vertueuse. Elle veut bien souper, mais c'est tout. En attendant, elle s'éprend du brillant officier français qu'elle croit garçon. Tous deux sont attablés dans un pavillon de verdure quand surviennent Joachim et Lothar, à la recherche du consort disparu. Les deux hauts personnages se trouvent soudain entourés de musiciennes. Ils apprennent par elles que Franzi soupe avec un officier. Si c'était lui! Fonségur échappe à plusieurs reprises aux tentatives de Joachim et de Lothar pour le surprendre. Mais voici de nouveaux personnages : Hélène a voulu constater, elle aussi, l'infidélité de celui qu'elle aime. Dans une conversation avec Franzi, elle surprend sans peine l'amour de la Viennoise pour son mari. Elle s'étonne que cette femme ait si facilement fait la conquête d'un cœur qu'elle aimerait tant conquérir elle-même. Et sans trahir la vérité, elle demande à la musicienne son secret. Puis Hélène et Fonségur se rencontrent. Franzi les voit et découvre - mais un peu tard, - qu'elle vient de donner des conseils à une rivale.

ACTE TROISIÈME : Au château grand-ducal.
- Hélène met à profit les leçons de la petite violoniste Franzi. Celle-ci, en effet, a compris l'inanité de son rêve. Fonségur n'est pas pour elle. Elle se dévoue donc et accepte d'aider la femme légitime à s'assurer l'amour de son mari. Mais pour cela, elle met la cour " sens dessus-dessous ". Hélène fait renouveler le mobilier, affecte l'insouciance, la gaîté, et ordonne à tout le personnel du palais de montrer des visages souriants. Fonségur n'y comprend rien. Cela commence par l'amuser, puis cela l'intrigue, et finalement il se reprend d'intérêt pour cette femme qu'il avait toujours refusé de regarder. Hélène ne va-t-elle pas jusqu'à lui rendre sa liberté? Jusqu'à le complimenter sur la conquête de Franzi? Mais en attendant, elle prie son père de différer la rupture définitive. Une décision s'impose pourtant : elle sera prise tout à l'heure, mais au moment suprême Fonségur se ravise; il s'aperçoit qu'il aime sa femme et la réconciliation a lieu. Au loin, un violon chante. C'est Franzi, la douce et tendre Franzi, qui trouve dans la valse la consolation de son rêve perdu et la joie de son plus bel ouvrage, le bonheur de deux époux.
 
 
 LA DERNIÈRE VALSE
Opérette en trois actes
Livret de Jules Brunner et Alfred Gruenwald.

PERSONNAGES :
- Le Comte DIMITRI (baryton)
- Le baron HIPPOLYTE (ténor)
- Le prince PAUL
- Le général KRASSINSKI (comique)
- Le capitaine KAMINSKI (ténor)
- ORSINSKI, sous-lieutenant
- L'oncle JEROCHIM
- LABINSKY - SWITINSKY - WADECK - L'adjudant
- Verra LISAVETTA (soprano)
- La comtesse NATATCHA
- ANOUCHKA, BABOUCHKA, PUTROUCHKA, MAROUSCHKA (soprani et contralti)
- CHOCHOTTË - LOLOTTE - SYLVETTE.

L'action se passe aux environs de Varsovie et à Varsovie même, une nuit d'hiver.
Première mondiale : à Vienne en 1920.
Première de la version française : à Genève, sur la scène du Grand-Théâtre, le 5 septembre 1925.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.

La partition est adroitement faite. Bien entendu, on retrouve dans " La dernière valse " les personnages conventionnels de l'opérette viennoise.
Des trois actes, le premier et le second se passent dans le château du général Krassinski, le troisième dans celui du prince Paul à Varsovie.

ANALYSE :
Le comte Dimitri Wladimir Sarazoff, ayant pris, au cours d'une soirée au Palais Impérial, la défense de Vera Lisavetta, poursuivie par les assiduités du Prince Paul, a été condamné par un Conseil de guerre. Le Prince Paul a donné l'ordre de faire interner le jeune homme chez le Général Krassinski à qui il fait épouser Vera. C'est la fête traditionnelle de la veillée des noces.
Dimitri, traité en invité plus qu'en prisonnier par le général, est reconnu par Vera qui n'a plus qu'un désir, celui de sauver son défenseur.
Le jeune Comte se fait inviter au bal pour y danser sa " Dernière Valse " et il retrouve Vera qui réussit à obtenir de lui la promesse de s'évader, mais Dimitri a donné sa parole aux officiers qui le gardent. Il revient après avoir feint de s'enfuir.
Le Prince Paul, profitant du transfert de Dimitri à la citadelle de Varsovie, fait arrêter le traîneau qui porte le Comte. Vera demande au Prince la grâce de Dimitri et au moyen d'un subterfuge, elle obtient du Grand-duc, l'autorisation d'épouser celui qu'elle aime.
 
 
 
 LA TÉRÉSINA
Opérette en trois actes. Adaptation française et couplets de Léon Uhl et Jean Marietti.

PERSONNAGES :
Ier acte
TÉRÉSA (soprano) - DIDIER, comte de Lavarenne - DANIEL - Le général BONAPARTE - Le maire de Fréjus - ROSSIGNOL - CALVILLE, barbier - Le capitaine LATOUCHE - Le lieutenant LOUVET - Deux jeunes filles - Une femme - hommes
et femmes du peuple, jeunes filles.

IIe et IIIe acte :
La TÉRÉSINA (soprano) - Pauline BORGUÈSE - La comtesse FOUQUET - Une dame - Le maréchal LAVARENNE - Le prince BORGHÈSE - L'empereur - DANIEL - Le général LATOUCHE - Le colonel LOUVET - Le docteur NEUVILLE - Un laquais - Un officier de service - Dames et hauts dignitaires de la cour, officiers, domestiques, musiciens,
L'action se passe à Fréjus, en 1799 et à Paris, en 1805.
Première en France : à Nantes, sur le théâtre Graslin, le 15 novembre 1927.
La musique est agréable, élégante, prenante et délicieusement orchestrée. Le livret appartient à la formule de " Madame Sans-Gêne "

ACTE PREMIER : Une petite place à Fréjus.
- Le peuple, ameuté par le barbier Calville, donne assaut à la maison du maire qui loge chez lui le comte Didier de Lavarenne. Mais un arrêté rend les droits civiques à tout émigré qui épousera dans les vingt-quatre heures une jeune fille du peuple. Lavarenne, pour gagner du temps, fait la cour aux jeunes filles du pays. C'est ainsi qu'il rencontrera Térésa, jolie saltimbanque, et pour la protéger contre les assiduités du maire, il l'épousera.
Bonaparte, de retour d'Egypte, passant à ce moment, sépare avec désinvolture les nouveaux mariés et emmène l'officier dans son état-major. Térésa se croit trahie et bafouée : elle reprend sa vie errante.

ACTE DEUXIÈME : Chez le prince Borghèse en 1805.
- On applaudit à la cour de l'empereur une grande cantatrice italienne : c'est Térésa. Napoléon la regarde avec complaisance, et le maréchal de Lavarenne qui ne reconnaît pas la petite chanteuse foraine, s'éprend d'elle. Conflit entre l'empereur, le maréchal et la cantatrice qui, elle, a identifié son volage époux et prend sa revanche en flirtant avec Napoléon sous les yeux du maréchal désespéré.

ACTE TROISIÈME : Aux Tuileries.
- L'heureux dénouement réunit Térésina à Lavarenne auquel elle est demeurée fidèle. L'empereur qui a un geste de colère, se calme, Tout finit donc le mieux du monde.
 
 
 TROIS VALSES
Opérette en trois actes et onze tableaux de Léopold Marchand et Albert Willemetz, d'après MM. Knepler et Kobinson.

PERSONNAGES :
Acte Ier (en 1867) :
Fanny GRANDPRÉ (soprano) - Octave de CHALENCEY (baryton) - BRUNER fils (trial) - La douairière de CHALENCEY - CÉLESTE - BRUNER père - BELTRAMI - Le maréchal de CHALENCEY - Le président de CHALENCEY - Le colonel de CHALENCEY - Le chef d'escadron Sosthène de CHALENCEY - Cyprien de CHALENCEY - Le peintre - SAINT-PRIX - FLORENT.

Acte II (en 1900) :
Yvette GRANDPRÉ (soprano) - Philippe de CHALENCEY (baryton) - BRUNER fils (trial) - Mme JULES, l'habilleuse - DULAURIER - L'amant - L'auteur - Le journaliste - Le pompier - Le directeur - Le régisseur - Le compositeur - Deux gigolos - Le gérant - Le garçon - Blanche de LYS - Ninette des MESLAYS - Ariette MYSERY - Yolande de LANGY - M1le CASTELLI.

Acte III (en 1937) :
Irène GRANDPRÉ (soprano) - Gérard de CHALENCEY (baryton) - BRUNER fils (trial) - Le producteur - Le metteur en scène - L'assistant - FOURMICOULA - Un général - L'acteur - Un mauvais garçon - L'opérateur - Le photographe - Le machiniste - Le barman - La vieille bonne - Mlle RAPHAELSON.
Première en français : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 21 avril 1937.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
La musique est bien plaisante. Elle ne manque pas sa puissance d'attraction auprès du public. Pour l'époque de 1867 et de 1900, Oscar Straus a utilisé les airs de ses homonymes Johann Strauss père et fils.
Dans chacun des trois actes, nous trouvons la critique spirituelle d'une époque. Les inflexibles conventions d'une aristocratie mourante, l'exubérance et la vie parisienne due à la prospérité de 1900 et la décadence actuelle d'un art mercantile y trouvent une expression bien caractéristique.

ACTE PREMIER : En 1867.
1er tableau : Dans le. foyer de la danse.
- Le marquis Octave de Chalencey, lieutenant des hussards, aime Fanny Grandpré, l'une des danseuses les plus belles et les plus capables du second Empire et il veut l'épouser au grand dam de sa famille aristocratique.

2° tableau : Une salle dans le palais des Chalencey.
- La famille Chalencey a convoqué le jeune rebelle et le fait passer devant le conseil de famille qui lui rappelle les vieilles traditions et lui défend d'épouser une petite danseuse.

3e tableau ; Chez Fanny Grandpré.
- Octave n'avait pas escompté la magnanimité de Fanny qui, en aucun cas, ne veut permettre qu'Octave brise sa carrière militaire à cause d'elle. Après un entretien avec la vieille douairière de Chalencey, elle renonce au mariage en s'effondrant en larmes.

ACTE DEUXIÈME : En 1900.
4e tableau : Dans les coulisses du théâtre de l'Apollo à Paris.
- La fille de Fanny, la cantatrice Yvette Grandpré, fait la connaissance du fils d'Octave, Philippe de Chalencey, qui s'éprend de la jeune comédienne. Celle-ci n'a pas oublié la mésaventure de sa mère et oppose à Philippe une réserve bien compréhensible.

5e tableau ; Ce tableau nous fait voir des ombres.
- Les personnages parmi lesquels nous retrouvons Philippe vont chez Maxim.

6e tableau : Chez Maxim.
- La passion sincère de Philippe ne tarde pas à convaincre Yvette qui l'a attendu jusqu'à sept heures du matin.

7e tableau : Dans une loge du théâtre de l'Apollo.
- Yvette promet à Philippe, de dénoncer son contrat encore le soir même et de quitter le théâtre définitivement. L'impressario et le directeur en sont consternés. Mais par suite d'un malheureux hasard, le prince de Galles assistera à la représentation du soir; Yvette ne pourra se refuser d'y chanter, au moins une dernière fois. On fait appel à son honneur d'artiste : elle cède. Philippe en venant la prendre au théâtre apprend avec consternation qu'Yvette n'a pas tenu parole. Il se croit trahi et quitte, sans lui adresser la parole, convaincu d'avoir été le jouet de la " capricieuse " artiste.

8e tableau : Sur la scène du théâtre de l'Apollo.
- Yvette est en scène. Elle saura supporter ce terrible coup. Encore une fois, le destin sépare-t-il les deux familles Chalencey et Grandpré. A nouveau, la valse d'amour a été interrompue à son plus beau passage.

ACTE TROISIÈME : En 1911.
9° tableau : Un studio de cinéma.
- La maison de Chalencey a perdu son éclat d'antan et l'actuel Gérard de Chalencey vit assez modestement de ce que lui rapporte la représentation d'une compagnie d'assurances. Poussé par une curiosité légitime, il se rend au studio, où l'on tourne le film historique " La valse du destin " qui met en scène l'amour malheureux de son grand'père pour Fanny. Afin d'augmenter l'intérêt du film, le producteur du film a confié le rôle principal, celui de la belle Fanny Grandpré, à l'une de ses petites filles, Irène Grandpré. Mais malheureusement l'acteur jouant le rôle d'Octave de Chalencey a été empêché au dernier moment. Le metteur en scène, pour se tirer d'embarras, engage Gérard, dont l'élégance naturelle, les poses expressives et la voix sympathique sont autant de qualités excellentes. Irène Grandpré n'en est, tout d'abord, guère enthousiasmée.

10e tableau : Dans un bar.
- Irène finit par trouver que son partenaire improvisé n'est pas désagréable du tout.

11e tableau : Le studio.
- Les dernières scènes du film " La valse du destin " vont être tournées. Mais le dialogue historique, tel que le donne le manuscrit, se transforme subitement en dialogue moderne qui ne renferme plus les mots " séparation " et " adieu ". Et la dernière des générations voit enfin ses vœux s'accomplir, la petite fille de Fanny épousera la petit-fils des Chalencey.
 
 
 
 STRAUSS Johann
Johann STRAUSS, fils du créateur de la valse viennoise, né le 25 octobre 1825 à Vienne, s'adonna de bonne heure à l'étude du violon, et l'élève dépassa bientôt son professeur, Drechsler. Le père s'opposa de toute la force de son autorité à ce que sou fils devint musicien. Mais celui-ci, né musicien, sûr de son étoile, abandonna le commerce où son père l'avait placé, pour devenir organiste. Bientôt il se mit à écrire des valses. Le père voyant un concurrent en son fils, essaya d'enrayer l'essor de la réputation naissante, mais ne put empêcher que le jeune Johann se trouvat un beau jour à la tête d'un orchestre et qu'il fit ses débuts, le 15 octobre 1844, dans un jardin-restaurant à Hietzing, un bourg de la banlieue de Vienne. A dater de ce jour, ses valses furent appréciées de plus en plus par le grand public. Le succès du " Beau Danube bleu " fut tel que Strauss arriva à être ennuyé d'en avoir été l'auteur. Aussi résolut-il de s'échapper de sa réputation pour écrire des opérettes. A Vienne il donna alors " Le carnaval de Rome " (1873), " La Chauve-Souris " (1874) et " Cagliostro ".
En 1875, Strauss profita de ce que sa première opérette " La Reine Indigo " allait être jouée à Paris au Théâtre de la Renaissance pour en venir diriger les répétitions. Il y revint eu 1877 pour présider aux études de la " Tzigane " au même théâtre. Avec ses musiciens, il visita Saint-Pétersbourg, Londres et même l'Amérique obtenant partout d'énormes succès. Son désir le plus cher avait été que " La Chauve-Souris " dont la réussite avait été considérable en toute l'Europe, pût recevoir la consécration parisienne, mais le compositeur mourut le 3 juin 1899 à Vienne, sans voir se réaliser son vœu.
Voici les titres de ses principales œuvres en dehors de celles déjà citées : " Mathusalem " (1877), " Colin-Maillard " (1878), " Le mouchoir de la Reine " (1880), " Une nuit à Venise " (1883), " Le baron tzigane " (1885).
 
 
 
 LA CHAUVE-SOURIS
Opérette en trois actes, d'après Henry Meilhac et Ludovic Halévy. Version française de Paul Ferrier.

PERSONNAGES :
- GAILLARDIN, bourgeois (baryton)
- CAROLINE, sa femme (soprano)
- TOURILLON, directeur de la prison de Pontoise (basse)
- Le prince ORLOFSKY (ténor)
- ALFRED (ténor)
- DU PARQUET, notaire (trial)
- BIDART), avocat (ténor)
- ARLETTE, servante (soprano)
- FLORA, ballerine, sœur d'Arlette (mezzo-soprano)
- LÉOPOLD, gardien de la prison
- YVAN, valet de chambre du prince
- ALI-BEY - RAMUSINE
- Miss MAUD - HANIKINE - La soubrette - La cuisinière
- BÉZU - La PIE - CHABE - Le jardinier - Le facteur - Dames et messieurs, invités, valets, balleteuses.

L'action se passe dans le Paris de 1867.
Première mondiale : à Vienne en 1871.
Première de la version française : à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 22 avril 1904.
Durée du spectacle : 3 heures.

La " Chauve-Souris " est l'exemplaire le plus folichon, le plus mousseux de la verve de Johann Strauss. Il a été le divertissement favori d'une époque fort insouciante. En dépit des événements et des années, il l'est resté.
L'invention comique du musicien est inépuisable : sa musique spiritualise la sensualité. Elle danse, elle caresse, elle pétille. Elle reste étonnamment jeune.

ANALYSE :
Un matin qu'ils revenaient tous deux d'un bal masqué, le rentier Gaillardin contraignit Bon ami Duparquet à traverser la ville, revêtu de son déguisement : une énorme chauve-souris. L'auteur de la facétie eut les rieurs pour lui, et Duparquet feignit d'en rire avec les autres. Mais il jura de se venger, et il le fit, on le verra, d'une manière fort spirituelle.

ACTE PREMIER : A Pontoise, chez Gaillardin.
- Une altercation avec un garde-champêtre a valu à Gaillardin huit jours de prison. Gros émoi : ce soir, c'est l'échéance, et Gaillardin, désolé à l'idée de quitter pour une semaine sa somptueuse demeure, décide d'oublier son chagrin dans le fumet d'un bon dîner. Mais le malin Duparquet a saisi l'occasion au vol; il arrive à l'improviste et propose à son ami de passer la soirée en joyeuse compagnie chez le prince Orlofsky. Gaillardin ne se le fait pas dire deux fois, et les voilà partis tous les deux, au grand soulagement de Caroline, la femme de Gaillardin; elle va pouvoir dîner en tête-à-tête avec Alfred, un ami de jadis qui est venu en ce jour de malheur lui demander un rendez-vous. Mais on sonne : c'est Tourillon, le directeur de la prison. Quiproquo - le galant Alfred se doit de ne point révéler son identité - et, sous le nom de Gaillardin, ira achever la soirée en prison.

ACTE DEUXIÈME : Chez le prince Orlofsky.
- Caroline a eu vent de l'équipée de son mari et se rend, elle aussi, à la soirée organisée par le prince Orlofsky. Personne ne reconnaît la " comtesse hongroise ", excepté Duparquet; ravi de l'aubaine, ce dernier s'en remet, pour sa vengeance, à cette heureuse combinaison du hasard. On devine la suite : Gaillardin qui porte le nom de marquis de Valengoujar fait une cour assidue à la prétendue comtesse, et Caroline, astucieusement, se fait confier un gage d'amour, auquel son chevalier servant tient beaucoup, sa montre.

ACTE TROISIÈME : A la prison de Pontoise, à l'aube.
- Sous le faux nom de baron de Villebouzin, Tourillon a été de la fête lui aussi et n'est rentré qu'au petit matin. Curieuse prison : le geôlier jure, chante à tue-tête, et le directeur, en frac, égrène les souvenirs d'une nuit de folie. Mais ce n'est là qu'un prélude; Gaillardin - alias marquis de Valengoujar - arrive à la prison, au grand ébahissement de Tourillon qui vient de le quitter, il y a quelques instants à peine. Tourillon lui déclare que le " vrai " Gaillardin est enfermé depuis la veille.
Intrigué au plus haut point, Gaillardin se fait passer pour un avocat et interroge Alfred dans sa cellule. Mais il lui faudra faire contre mauvaise fortune, bon cœur, car il est pris dans son propre piège; sa femme Caroline, munie de son gage, est arrivée à sou tour, en compagnie de Duparquet qui n'a pas voulu manquer ce spectacle. Savourant sa vengeance, le joyeux notaire avouera être l'auteur de cette machination; et Gaillardin qui se souvient du tour de la " chauve-souris ", honteux et confus, ne sera cependant pas le dernier à en rire.
 
 
 
 LE BARON TZIGANE
Opérette en trois actes de J. Schnitzer.
Paroles françaises de Armand Laffrique

PERSONNAGES :
- Le comte HOMONAY (baryton)
- Le comte CARNERO, président de la commission des mœurs (basse)
- Sandor BARINKAY, fils d'un chef tzigane (ténor)
- Kalmann ZSUPAN, gros marchand de porcs (basse)
- ARSENA, sa fille (soprano)
- MIRABELLA, gouvernante d'Arsena, femme de Carnero (alto)
- OTTOKAR, amant d'Arsena (ténor)
- CZIPRA, vieille sorcière (contralto)
- SAFFI, bohémienne (soprano)
- Deux jeunes filles (dugazon)
- ISTRAN
- YOZSI (ténor)
- PALI - MIHALY - FERKO - Un héraut - Un batelier - Bohémiens, soldats, bateliers et valets.

L'action se passe en Hongrie et à Vienne au milieu du XVIIe siècle.
Première mondiale : à Vienne, le 24 octobre 1885.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.

Malgré la musique de réelle valeur, avec ses valses, ses czardas, ses airs viennois, le contenu de cette opérette de Johann Strauss, âgé de 60 ans lors de sa création, nous apparaît de nos jours suranné.

ACTE PREMIER : Un paysage marécageux devant la demeure du riche marchand de porcs, Zsupan.
- Sandor Barinkay, exilé jadis, est revenu avec sa famille aux fins de rentrer en possession de l'héritage de ses ancêtres. Le commissaire royal, Carnero, chargé de lui restituer ses biens lui déclare que beaucoup ont été perdus ou même volés, notamment par le riche éleveur de porcs Zsupan, dont une charmante fille, Arsena sera un jour seule héritière, Barinkay la demande en mariage. Entre temps, Mirabella et Ottokar retrouvent en Carnero leur époux et père, disparu depuis de nombreuses années. Arsena, appelée par son père, se montre très hautaine à l'égard se son prétendant dont elle déclare n'accepter la main que le jour où il sera " baron ". En réalité, ce n'est qu'un prétexte pour refuser la main de Barinkay, car elle veut rester fidèle à son amant, Ottokar.
A Barinkay, resté seul, se présente subitement une jeune bohémienne, Saffi, qui s'offre pour le conduire au château de ses ancêtres. Une vieille sorcière, Czipra, lui prédit un avenir heureux. Témoin d'une scène amoureuse entre Ottokar et Arsena, il renonce à celle-ci, et fait part de ses intentions à Zsupan. Les tziganes jurent fidélité à leur maître et le nomment " baron ". Barankay décide d'épouser Saffi.

ACTE DEUXIEME : Un coin du domaine en ruine de Barankay
- Barankay et Saffi se sont mariés. Czipra découvre au jeune seigneur le trésor caché jadis par son père dans la tour. Un incident curieux et amusant survient. La voiture de Zsupan s'est embourbée; les tziganes profitent habilement de cette occasion pour lui voler non seulement son argent, mais aussi sa montre. Le comte Homonay, chargé d'engager des volontaires pour la guerre, survient. Il engage Zsupan et Ottokar comme soldats, malgré eux. Barinkay déclare remettre le règlement des litiges après la guerre. Subitement Czipra annonce que Saffi n'est nullement sa fille, mais l'enfant d'un prince. Barinkay se considérant dès lors comme étant indigne d'elle, part également pour la guerre.

ACTE TROISIÈME : Une salle du palais gouvernemental, à Vienne.
- Deux ans se sont écoulés depuis le départ des bohémiens pour la guerre d'Espagne. Saffi a disparu et Barinkay n'en a rien su tandis qu'il se couvrait de gloire en bataillant contre les Espagnols. Du moins s'est-il acquis des droits à la reconnaissance de Zsupan en lui sauvant la vie lors d'une vilaine affaire contre les guérillas.
On fête le retour des soldats victorieux. Le comte Homonay annonce à Carnero sa mise à la retraite et la dissolution de la commission des mœurs. Zsupan donne des récits comiques de ses actions guerrières.
Finalement Barinkay s'avance avec Saffi, fille du dernier Pascha turc. En récompense des grands mérites et du courage dont il a fait preuve au cours de la guerre d'Espagne, l'empereur lui fait confier le titre de noblesse et le met à la tête de tous les biens de ses aïeux. Zsupan donne son consentement au mariage de sa fille avec Ottokar.
 
 
 
 STRAUSS Johann
père et fils
Johann STRAUSS, père, né en 1804, mort prématurément en 1848, est le créateur de la valse viennoise. Sou fils, qui portait le même nom, a été le musicien dont nous venons d'analyser quelques œuvres. Les " Valses de Vienne " sont un arrangement qui réunit dans une opérette des airs célèbres des illustres maîtres.
 
 
 
 VALSES DE VIENNE
Opérette en trois actes et sept tableaux de Mouezy-Eon et J. Marietti.
Couplets de Max Eddy. Musique de Johann Strauss père et fils, arrangée par Bittner, Korngold et Cools.

PERSONNAGES :
- STRAUSS junior (baryton)
- LÉOPOLD (trial)
- STRAUSS père (basse-bouffe)
- EBESEDER - GOGOL (rôle de composition)
- WESSELY - DRESCHLER - DONMAYER - HIMOLKA
- Un laquais - Un garçon - Le contrôleur - Le conducteur - Trois étudiants
- RESI (soprano)
- PEPI, jeune pâtissière (soprano)
- La comtesse OLGA
- Une cliente (rôle de composition)
- FANNY - TINI - FRANZY - MALI.

L'action se passe à Vienne vers 1845.
Première en France : à Paris en 1933.
Durée du spectacle : 3 h. 3/4.

ACTE PREMIER : Johann Strauss père est à l'apogée de la gloire et du succès.
Son fils rêve de suivre ses traces, mais le vieux compositeur, par une obscure jalousie, refuse de lui faciliter l'accès à la carrière musicale. Strauss junior en est réduit à travailler en cachette et à donner - pour vivre - des leçons de musique. Son élève préférée est la jolie Rési, fille du plus riche pâtissier de Vienne, M. Ebeseder. Rési partage l'amour qu'elle a inspiré au jeune Strauss. Mais Ebeseder ne veut pas accorder son héritière à un " croque-notes ", Il préfère la marier avec Léopold, le fils de son vieil ami Wessely, tailleur de la cour. Léopold est un benêt qui s'est habitué à l'idée de cette union avantageuse pour lui. Il méprise les avances de Pépi, jeune pâtissière délurée qui travaille chez Ebeseder et qui est navrée de se voir préférer Rési.

ACTE DEUXIEME : Le destin favorise l'ambition et les amours de Strauss Junior
sous les espèces de la comtesse Olga, grande dame russe, qui séduite par le charme du jeune compositeur, le prend sous sa protection et, profitant d'une absence de Strauss père à un concert, que celui-ci doit diriger, s'arrange pour qu'il soit remplacé par son fils. Il y obtient un triomphe, mais sa réussite est payée trop chèrement par sa brouille avec son père qui lui reproche d'avoir voulu le supplanter et avec sa fiancée, qui ne lui pardonne pas de lui avoir préféré la musique et la comtesse.

ACTE TROISIEME : Tout s'arrange
pourtant au cours d'une fête donnée par la comtesse en l'honneur des deux Strauss. Strauss père y acquiert la preuve formelle que l'amour de son fils pour lui va jusqu'au sacrifice. Il lui ouvre les bras et s'arrange pour lui faire obtenir la main de Rési. Léopold se consolera facilement en épousant Pépi.
 
 
 
 SULLIVAN
Arthur SULLIVAN, est né à Londres le 13 mai 1842 et mort dans la même ville le 22 novembre 1900. Il a montré une remarquable fécondité dans tous les genres, et acquis, surtout dans le domaine de l'opérette, avec " The Contrabandista ", " Cox et Box ", " Princess Ida ", " The Mikado ", " The Sone of beauty ", " The Rose of Persia " Il a écrit aussi un opéra " Ivanhoé ", et des oratorios, " L'Enfant prodigue ", " La lumière du monde "
 
 
 
 LE MIKADO - Arthur Sullivan
(UN JOUR A TITIPU)
Opérette burlesque en deux actes, de Sullivan. Paroles de Gilbert.

PERSONNAGES :
- Le mikado du Japon (basse)
- NANKI-POO, son fils (ténor)
- KO-KO, exécuteur des hautes œuvres (baryton)
- POOH-BAH, ministre (baryton)
- PISH-TUSH, un riche seigneur (ténor)
-YUM-YUM (soprano),
- PITTI-SING (alto) et PEEP-BO (alto), trois soeurs, pupilles de Ko-ko KATISHA, une noble dame amoureuse de Nanki-Poo (alto).

La scène se passe au Japon, dans la ville fantaisiste de Titipu. Première mondiale : à Londres, au Savoy Theater, le 14 mars 1885.

ACTE PREMIER : La cour de la maison de Ko-Ko.
- Le Mikado ayant voulu faire épouser à son fils Nanky-Poo la noble et vieille Katisha, celui-ci a préféré quitter le pays. Il revient aujourd'hui à Titipu, incognito, sous le déguisement d'un musicien ambulant et rencontre les trois pupilles de Ko-Ko, Yum-Yum, Pitti-Sing et Peep Hoo. Justement Ko-Ko, tombé momentanément en disgrâce, vient d'être réintégré et même porté aux hautes fonctions du bourreau impérial. Yum-Yum qu'il va épouser, active les préparatifs de la noce. Nanki-Poo, la prenant à part, lui révèle sa véritable identité et lui déclare qu'il l'épouserait volontiers, si elle n'était pas déjà promise à Ko-Ko. Sur ces entrefaites, un messager du Mikado apporte à Ko-Ko une nouvelle bien ennuyeuse; si, dans un délai de quatre semaines, une exécution capitale n'a pas été faite, il perdra sa situation. Où donc trouver un délinquant à condamner? Nanki-Poo tombe, en ce moment, sur son chemin. Le prince lui offre sa tête en échange de quatre semaines de mariage avec Yum-Yum. La perspective de la mort cruelle qui attend la femme d'un décapité refroidit toutefois un peu l'amour de Yum-Yum pour Nanki-Poo! Ko-Ko, lui, est enchanté de l'arrangement et invite tout le monde à la noce. Il devra encore repousser les réclamations de Katisha qui a reconnu le prince et se rend auprès du Mikado pour essayer d'empêcher le mariage de Nanki-Poo avec Yum-Yum.

ACTE DEUXIEME : Un coin du jardin de Ko-Ko.
- Au cours des préparatifs de la noce, on annonce la venue du Mikado qui tient à assister lui-même à l'exécution. Pendant que Nanki-Poo et Yum-Yum accomplissent le cérémonial du mariage, Ko-Ko se concerte avec ses amis Pish-Tush et Oook-Bah; tous trois décident de prétendre que l'exécution de Nanki-Poo a déjà eu lieu, et le confirment par leur signature. Quand le Mikado arrive, le document lui est soumis et le bourreau voit avec satisfaction sa situation de nouveau assurée. Mais Katisha, horrifiée, révèle alors que l'exécuté aurait été le propre fils du Mikado! Voilà ce qui change les affaires. Le Mikado déclare maintenant que Ko-Ko n'a plus que le choix entre l'immersion dans l'huile bouillante ou le plomb fondu Épouvanté, Ko-Ko cherche Nanki-Poo, mais celui-ci est bien décidé de continuer à passer pour mort, tant que le danger d'un mariage possible avec la vieille Katisha subsistera! Quand un autre l'aura épousée, alors seulement il consentira à réapparaître pour sauver Ko-Ko. Mais, en attendant, qu'on le laisse jouir en paix de sa lune de miel avec Yum-Yum. Il ne restera plus à Ko-Ko qu'une chose à faire : épouser lui-même la vieille Katisha. Comme celle-ci vit vraiment dans la croyance que le prince est mort, elle accepte, sans hésiter le candidat qui se présente. Le mariage est célébré sur-le-champ. C'est alors que Nanky-Poo se présente avec sa jeune femme. Le Mikado, heureux de retrouver son fils disparu, se déclare très satisfait de la solution intervenue, et la burlesque aventure s'achève dans la joie.
 
 
 
 SUPPE
Franz von SUPPÉ, né de parents belges, vit le jour le 8 avril 1820 à Spalato en Dalmatie. Après avoir achevé ses études théoriques à Vienne chez Seyfried, il fit carrière à Vienne, d'abord comme chef d'orchestre au " Josef-Theater ", puis comme directeur de l'orchestre au " Theater an der Wien " poste qu'il a occupé durant de nombreuses années. Il est mort à Vienne, le 31 mars 1895.
Il a été le véritable créateur de l'opérette viennoise classique. Nous ne lui devons pas moins de 211 œuvres théâtrales (31 opérettes et 180 ballets). Nous en mentionnons : " La belle Galathée " (1865), " Cavalerie légère "(1866), " Fatinitza "(1876)," Banditenstreiche " (1867). Son opérette la plus connue est " Boccace " (1879).
C'est au milieu du XIXe siècle que ce compositeur remporta un succès avec ses opérettes qui pouvaient même se maintenir à côté de celles de Johann Strauss et de Jacques Offenbach.
 
 
 
 BOCCACE - Franz von SUPPÉ
Opérette en trois actes. Paroles de Zell et Genée. Traduction et Adaptation français de Gustave Lagye, Chivot et Duru.
 
PERSONNAGES :
- Jean BOCCACE (soprano ou ténor)
- Le prince ORLANDO
- PANDOLFO, jardinier (basse)
- TROMBOLI, tonnelier
- LÉLIO, ami de Boccace (ténor)
- QUIQUIBIO, barbier (basse)
- BEPPO, colporteur
- CECCO, vieux mendiant
- L'inconnu
- Le capitaine des gardes
- BÉATRICE, pupille de Pandolfo (soprano)
- PÉRONELLE, femme de Pandolfo
- FISCA, femme de Tromboli
- ZANETTA, femme de Quiquibio
- Étudiants et amis de Boccace.

L'action se passe à Florence, vers 1340.
Première mondiale : à Vienne, sur la scène du " Carlo-Theater ", le 1er février 1879.
Première en France : à Paris, sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 28 juillet 1882.
Durée du spectacle : 3 heures.

Cette opérette est un remaniement de l'opérette allemande " Boccacio " que Suppé composa sur un livret, tiré de l'amusant vaudeville " Le Décaméron " de Bayani et Leuven, joué à Paris, en 1853.
" Boccace " est certainement l'œuvre la mieux réussie, la mieux connue de Suppé. Ses airs, ses marches, sa valse, sou duo, ont été assez joués, pour que tout le monde les connaisse. Il faut cependant avouer qu'elle ne correspond plus entièrement aux conceptions qu'on se fait de nos jours d'une opérette.
 
ACTE PREMIER : Une place de Florence.
- Boccace vient d'arriver à Florence. La réputation du joyeux conteur et dilatoire de ses aventures galantes ont précédé son arrivée dans la capitale toscane. Les femmes qui raffolent de son esprit, désirent conquérir ses bonnes grâces tandis que les maris, dont il est devenu la terreur, tremblent au seul nom du gai poète. Mais Boccace, pour la première fois sans doute, s'est sérieusement amouraché d'une jeune fille, Béatrice, de naissance assez mystérieuse, pupille du jardinier Pandolfo et, pour avoir tout loisir de causer avec sa belle, il ne songe plus qu'à éloigner la duègne sévère et jalouse Péronelle, épouse de Pandolfo. Comment y parvenir? Les circonstances le serviront, car Orlando, prince de Païenne, est venu incognito à Florence, apparemment pour y chercher une femme, en réalité, pour courir des aventures galantes. Et à Boccace, de distribuer les rôles : Lélio, un de ses amis, distraira la trop vigilante gardienne en lui faisant la cour, Orlando courtisera la jolie Frisca, femme du tonnelier Tromboli, et Boccace pourra s'attaquer au cœur de Béatrice. L'aventure, pour amusante qu'elle soit, tournerait mal pour le prince, si son incognito n'était pas dévoilé à temps. La foule, excitée, s'en prend au véritable coupable, en livrant aux flammes, sur la place publique, les " contes " de Boccace.

ACTE DEUXIEME : La maison du tonnelier et celle de Pandolfo.
- L'acte débute par une charmante aubade de Boccace,
Orlando et Lélio à Béatrice, Frisca et Péronelle, chacune croyant être aimée de Boccace. Le tonnelier Tromboli vient mettre fin à la plaisanterie. Mais Boccace n'est pas au bout de ressources; les trois chanteurs reviendront sous un déguisement et le tour sera joué. La ruse, hélas, est dévoilée par les maris trompés. Boccace, bravement, reconnaît être l'instigateur du stratagème et demande à Pandolfo, tuteur de Béatrice, la main de la jeune fille. Il essuie un refus, car Béatrice doit contracter un mariage en rapport avec sa naissance.

ACTE TROISIÈME : Le palais grand-ducal à Florence.
- Surprise générale : ou apprend que Béatrice est la fille naturelle du grand-duc, qui l'envoie chercher pour la donner en mariage au prince de Païenne. Celui-ci reconnaît avec stupéfaction dans la beauté qu'on lui destine pour épouse, la jeune fille que courtise Boccace. Il conçoit une grande jalousie pour le poète et prend toutes mesures pour l'éloigner de sa fiancée qu'il accompagnera chez le grand-duc. Les portes du palais sont rigoureusement fermées pour lui. Mais il trompe la surveillance des gardes et réussit à s'introduire auprès de la princesse. Orlando reconnaît son rival, le fait arrêter, et tout semble perdu pour le poète, quand survient une députation des notables de Naples qui le réclame au nom du roi Robert. Orlando renonce alors à la main de Béatrice, et Boccace tout joyeux, devient l'heureux époux de la princesse.

Dans une autre version, Boccace quitte Béatrice à regret, sans doute, mais dans le ferme espoir que ses mérites à venir le rendront digne d'elle. L'espoir le soutiendra !
 
 
 
 SZULC
Joseph SZULC naquit le 4 avril 1875 à Varsovie, en Pologne, où il a fait ses études musicales. En 1898, il vint à Paris, où il travailla la composition avec Massenet et Moszkowsky. Eu 1909, il fit représenter à la Monnaie de Bruxelles " Une nuit d'Ispahan " (ballet). Après un début prometteur comme compositeur de musique légère en faisant exécuter une première opérette " Flup ", il créa pour le théâtre " Tintin " (1920), " Le petit choc " (1923), " Quand on est trois " (1924), " Mannequins " (1925), " Couchette n° 3 " (1929), " Flossie " (1929), " Sidonie Panache " (1930), " Mandrin " (1934), " Coffre-fort vivant " (1938) et " Pantoufle " (1945).
 
 
 SIDONIE PANACHE - Joseph Szulc
Opérette en deux actes et seize tableaux, d'après Willemetz et André Mouezy-Eon.

PERSONNAGES :
- Armand des ORMEAUX, peintre (baryton)
- SÉRAPHINE, danseuse du bal Mabille
- FARRIGOUL, l'oncle d'Armand (basse)
- Sidonie PANACHE, la petite blanchisseuse d'Armand (soprano)
- CHABICHOU, porteur d'eau et marchand de plaisirs au bal Mabille (trial)
- ROSALIE, sa fiancée (soprano)
- MOULOU BEN HAMAD, envoyé par l'émir d'Alger, près du gouvernement français
- TIBURCE
- SALOMON
- D'AUMALE
- BUGEAUD, maréchal
- Lieutenant MARGUERITE
- BOURRACHE - ABD EL KADER - Sidi EMBARCH
- Marchand de coco - Un officier - Un officier-école
- YACOUB et BEN ISMAIL - Une estafette - Une sentinelle - La maîtresse d'école
-TAGLION1 - MOGADOR
- Infirmière -major - Deux grisettes - Amis du peintre Armand des Ormeaux, zouaves, arabes, spahis, petits porteurs d'eau

L'action se passe à Paris et en Algérie, vers 1840.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre du Châtelet, en 1930.
Joseph Szulc a écrit une musique aimable, pleine d'à propos, de couleurs variées qui n'a nullement recours à certaines vulgarités simili-exotiques.

Acte 1er . (1° tableau) : L'atelier d'Armand des Ormeaux.
(2e - ) : L'entrée du bal Mabille.
(3 - ) ; Le bal Mabille.
(4e - ) ; L'agence Salomon.
(5e - ) ; La mansarde de la grisette.
(6e - ) ; Les grands boulevards en 1840.

Le peintre Armand des Ormeaux et ses amis fêtent le jour du tirage au sort. Certains, parmi eux, font triste mine, car ils ont tiré un mauvais numéro et doivent donc partir au régiment pour sept ans. Armand se trouve parmi ces derniers. Le départ contrarie ses amours avec Séraphine, une danseuse du bal Mabille. Comme à cette époque, le conscrit tirant un mauvais numéro pouvait se " racheter " en versant deux mille francs à un remplaçant, Séraphine conseille à Armand qui n'a pas de fortune, de demander à son oncle Farrigoul qui est riche, la somme nécessaire à son rachat. Armand lui demande cette avance. Mais cet oncle, un avare, la lui refuse. Sidonie Panache, la petite blanchisseuse d'Armand, l'aime en secret, depuis longtemps déjà et croit être aimée de lui. Lorsqu'elle apprend qu'il doit partir pour sept ans, elle en éprouve beaucoup de peine. De son côté Chabichou, le porteur d'eau du quartier a tiré, lui, un bon numéro et ne partira pas. Mais Rosalie, sa fiancée, exige, pour l'épouser, une dot de deux mille francs qu'il se procurera en partant au régiment en lieu et place d'un autre.
Le soir, tous se rendent au bal Mabille. Séraphine qui y fait la connaissance de Farrigoul lui demande, à son tour, les deux mille francs, mais n'obtient qu'un refus sous prétexte qu'il vient d'acheter une importante propriété à Saïda. A ce moment, Moulou ben Hamad, envoyé par l'émir d'Alger près du gouvernement français, mais qui est un espion arabe, arrive. Farrigoul, avec d'autres clients, voudrait le lyncher. Mais Sidonie s'interpose pour le protéger. L'Arabe ne l'oubliera pas.
Sidonie a trouvé en la personne de Chabichou un remplaçant pour Armand qui pour l'en remercier l'embrasse. Séraphine le lui reproche. Sidonie s'aperçoit que c'est la danseuse qui est aimée d'Armand. Ne pouvant vivre pour Armand, elle aime mieux dès lors mourir pour lui.
Elle se rend à l'agence du juif Salomon et lui offre toutes ses économies pour un remplaçant. Chabichou qui s'y trouve également y a pris l'engagement pour Tiburce de Savenay, un ami d'Armand, aussi fortuné que peureux. N'importe, Sidonie partira sous un vêtement masculin à la place d'Armand, auquel elle fait croire que ce sera son frère, dans un régiment de zouaves pour l'Algérie. Chabichou fera partie de ces renforts. Rosalie, par jalousie, lui fait, pour le surveiller, la surprise de s'engager à ses côtés comme cantinière du régiment des zouaves. Armand, pris de remords, s'est engagé, lui aussi, dans ce même régiment.

(7e tableau. Sous la tente ou la guerre des moustiques.
(8e - ) Au camp du maréchal Bugeaud.
(9e _ ) La faction de Chabichou aux " portes de fer "
(10 _ ) o Chez Abd-el-Kader, à la bouche des canons.
(11 - ) - La leçon de gynmastiqiie.
(12 - ) ; La classe.
(13 - ) ; La tente de Bugeaud.
(14 - : La charge à la baïonnette, la prise de la Smalah
(15 - ) ; La tente sanitaire.
(16 : La reddition d'Abd-el-Kader.
 
Nous sommes en Algérie. Les troupes françaises se sont couvertes de gloire. Chabichou, en faction aux " Portes de fer ", a, par un heureux hasard, tué deux émissaires d'Abd-el-Kader. Il est promu caporal.
Le camp est attaqué par les Arabes. Armand et Farrigoul se trouvent parmi les prisonniers. Lorsque Sidonie l'apprend, elle se propose d'aller porter à Abd-el-Kader le pli secret, trouvé sur les émissaires. Le maréchal accepte. Mais sa ruse est découverte et elle sera fusillée, eu même temps que Farrigoul et Armand. Prêt à mourir, Armand lui dit qu'il regrette la petite blanchisseuse qu'il aimait et qu'il n'aurait pas dû laisser. Au moment de l'exécution, Moulou ben Hamad est revenu auprès de son maître. Il reconnaît le visage de Sidonie et la fait fuir. Elle revient auprès du maréchal Bugeaud et lui apprend que le camp d'Abd-el-Kader est proche. Le maréchal décide d'attaquer sur-le-champ. Sidonie servira de guide aux troupes françaises. L'attaque réussit. Abd-el-Kader est capturé, mais Sidonie a été blessée. Armand et Farrigoul sont délivrés. On s'aperçoit alors que le sergent Panache est une femme. Et tout en participant à la conquête de l'Algérie, elle aura pu faire aussi la conquête de celui qu'elle aime, de même que Chabichou, après maintes péripéties, pourra devenir l'heureux époux de Rosalie.
 
 
 TERRASSE
Claude TERRASSE, né en 1867, fait figure d'un des premiers compositeurs d'opérette française. À l'occasion de sa mort survenue à Paris le 30 juin 1913, le monde des arts reconnaissait en lui un digne héritier de la meilleure tradition d'Offenbach. Ancien élève de l'école Niedermeyer, il écrivit tout d'abord de la musique, en amateur, " pour s'amuser ", disait-il, mais il ne tarda pas à amuser les autres et, peu à peu, son talent s'affirma, il fit parler de lui et connut une vogue réelle. Il écrivit plus d'une vingtaine d'opérettes et de ballets, parmi lesquels il faut citer : " L'heure du berger " (1900), " Les Travaux d'Hercule " (1901), " Le mariage de Télémaque " (1910) qui avait eu les honneurs de l'Opéra-Comique; un opéra comique " Pantagruel ", fut monté à Lyon en 1911. On ne joue guère plus que " Le Sire de Vergy " (1903) et " Monsieur de la Palisse " (1901).
 
 
 
 LE SIRE DE VERGY - Claude TERRASSE
Opéra-bouffe en trois actes. Livret de Robert de Flers et Caillavet.

PERSONNAGES :
- Gabrielle de VERGY
- La princesse de WINTERPUIT
- GILLETTE
- FRIDOLIN
- Le sire de COUCY
- Le sire de VERGY
- COCO
- MACACHE
- Le baron de WINTERPUIT
- Le comte MAXIME - Etc..

L'action se passe au moyen âge. Première mondiale : à Paris en 1906.

ANALYSE :
De la plus noire histoire, celle du seigneur de Vergy qui, pour punir son infidèle épouse, lui faire manger le cœur de son amant, les deux hommes d'esprit Armand de Caillavet et Robert de Flers ont tiré la chose folle que voici :
Le latin brave l'honnêteté; c'est lui qu'il nous faudrait employer pour raconter par le menu la croustillante aventure du Sire de Vergy, de la volage Gabrielle et de leur ami à tous deux, le Sire de Coucy, resté au Castel de Vergy avee la mission de veiller sur le coffre-fort vide et la vertu ébréchée de l'incandescente châtelaine, tandis que sous prétexte de partir pour une croisade, le noble Sire ne s'absente que pour courir le guilledou.
Autour du trio - mari, femme et amant - grouille une foule de pages, écuyers, capitaines, aimables châtelaines et petites chambrières qui tous et toutes suivent l'exemple venu d'en haut et ne se gênent pas pour s'en vanter.
 
 
 
 MONSIEUR DE LA PALISSE - Claude TERRASSE

Opéra-bouffe en trois actes de Robert de Flers et G.-A. de Caillavet.

PERSONNAGES
- Le baron Placide de la PALISSE (trial)
- Don DIEGO (basse-baryton)
- Le comte Bertrand de la PALISSE (baryton)
- DOMINGUEZ - PEPITO - AUGUSTIN - SALTABADIL - LOPEZ
- Un douanier (ténor) - Beni ZOUZOU - BISCOTIN - ZEPHYRIN
- INÉSITA (soprano)
- DORETTE (soprano)
- Héloïse de La VERDURE (alto)
- AUGUSTINE (soprano)
- FRANÇOISE - LOLA - BISCOTINE - MATHURINE.

L'action se passe au XVIIIe siècle en France et en Espagne.
Première mondiale ; à Paris, sur le théâtre des Variétés, en 1904.
Durée du spectacle : 2 h. 3/4.

Ceux qui savent lire la partition de cet opéra-bouffe, ceux, qui savent encore écouter de la musique d'opérette y trouvent d'innombrables inventions d'ordre rythmique, harmonique et orchestral.

ANALYSE :
Nous sommes conduits successivement au manoir campagnard de M. de la Palisse, en Touraine (Acte Ier), puis au palais de Don Diego à Séville (Acte IIe), en dernier lieu à l'auberge à l'enseigne " Aux pommes d'amour " sur la frontière espagnole (Acte IIIe).
Petit fils de l'homme aux vérités immortalisées par ses refrains fameux : " Un quart d'heure avant sa mort, il vivait encore ", le baron Placide de la Palisse est imbu de celte pensée que les femmes ne servent qu'à compliquer l'existence, et que les plus aimées sont les plus redoutables. Sa conviction, sur ce point, paraît inébranlable; il est résolu à couler ses jours tranquilles entre ses canards, ses vaches et ses cochons. Ce gentilhomme campagnard a sévèrement prohibé l'amour au village. Il fait valoir ses raisons pour lesquelles il consentirait éventuellement à épouser une veuve, mais encore veut-il qu'elle soit repoussante de laideur afin d'éviter les effets d'une séduction.
La réalité est quelque peu différente. Une femme au tempérament volcanique surgit : elle s'appelle " Inésita ". C'est un nom prédestiné, car Placide n'hésitera pas à adorer ce qu'il s'était juré de brûler.
 
 
 
 VARNEY
Louis VARNEY est né à la Nouvelle-Orléans en 1844. Il s'est distingué dans l'opérette où il a fait preuve d'une rare fécondité. Sa musique alerte, vive, gentiment écrite, a le respect de la forme, en même temps que le sentiment juste des situations. " Le papa de Francine " est une opérette très agréable. " Les mousquetaires au couvent " (1880) renferment de réelles qualités scéniques.
Le compositeur est mort en 1908.
 
 
 
 LES MOUSQUETAIRES AU COUVENT - Louis Varney

Opérette en trois actes. Paroles de Paul Ferrier et Jules Prével.

PERSONNAGES :
- Narcisse de BRISSAC, mousquetaire (baryton)
- MARIE, nièce du gouverneur de Touraine (mezzo-soprano)
- LOUISE, sa soeur (soprano)
- SIMONE (soprano)
- Le comte de PONTCOURLAY, gouverneur de Touraine (basse-bouffe)
- L'abbé BRIDAINE (basse)
- GONTRAN, mousquetaire (ténor)
- RIGOBERT - PICHARD, aubergiste
- LANGLOIS FARIN
- La supérieure (alto)
- OPPORTUNE, sœur du couvent
- JACQUELINE, JEANNETON, CLAUDINE, MARGOT et AGATHE, pensionnaires au couvent des Ursulines
- Deux moines.

L'action se passe en Touraine, sous le règne de Louis XIII.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 16 mars 1880.
Durée du spectacle : 2 heures.

C'est l'une des meilleures opérettes françaises, tant par le texte que par la musique. Aujourd'hui encore, elle est d'une éclatante jeunesse. Au fond, elle est une sorte d'adaptation lyrique d'un ancien vaudeville de Paul Duport et Saint-Hilaire, intitulé " L'habit ne fait pas le moine ".

ACTE PREMIER : L'auberge " Au Mousquetaire Gris " à Vouvray.
- Le comte de Pontcourlay, gouverneur de Touraine, a deux nièces, Marie et Louise, pensionnaires au couvent des Ursulines. Marie est amoureuse d'un jeune officier de mousquetaires, et son amour est partagé. Cette amourette est née de curieuse façon; l'abbé Bridaine, ami de la maison du comte et précepteur de Gontran, a parlé en termes si chaleureux de la jeune fille au jeune homme et vice-versa, que les deux jeunes gens ont fini par s'éprendre l'un de l'autre, bien que s'étant vus à peine.
Le comte, familier du cardinal, pour servir la politique de ce dernier, a décidé de faire prendre le voile à ses deux nièces, et pour leur faire connaître cette décision, il a songé à l'abbé Bridaine. Mais Bridaine vient d'être mis par son élève Gontran dans la confidence de son amour et a accepté de faire tenir une lettre à Marie. Le pauvre abbé se trouve dans une situation bien difficile, qui le deviendra bien davantage encore par la suite.
C'est " Au Mousquetaire Gris " que Gontran et son ami Brissac, deux fringants mousquetaires, obtiennent par intimidation la demi-complicité de l'abbé. C'est là également qu'on fait la connaissance de la servante Simone. C'est là enfin que le gouverneur chargera Bridaine de sa délicate mission.
Entre temps, deux faux moines sont arrivés à l'auberge. Leur habit cache deux conspirateurs désignés pour assassiner le cardinal dont on attend la venue. Brissac et Gontran les dépouillent de leurs robes et les font garder à vue par leurs hommes. Déguisés en capucins, ils devanceront l'abbé Bridaine au couvent des Ursulines et pénétreront auprès de Marie qu'ils espèrent pouvoir enlever.

ACTE DEUXIÈME : Une salle d'étude au couvent des Ursulines.
- On annonce aux sœurs et aux pensionnaires réunies, l'arrivée de deux révérends Pères. La supérieure se félicite de cette visite et exhorte les pensionnaires réunies à profiter de cette occasion pour une confession générale. Les jeunes filles obéissent et laissées seules pour leur examen de conscience, elles mettent par écrit une confession originale. Sur celle de Marie on peut lire " quand je prie, ma lèvre murmure, Marie ; mon cœur, Gontran! " Les billets sont cachés dans les pupitres à l'arrivée de la supérieure.
Brissac et Gontran sont introduits, ils font assez curieuse figure de moines et lâchent à tout moment des mots malencontreux. Gontran se fait reconnaître de Marie, et Brissac est vivement impressionné par Louise qui, pour le moment, n'est pas dans le secret, mais dont la curiosité est piquée. Les moines annoncent un sermon, et avant de parler, Brissac se fait servir un copieux repas.
En fouillant les pupitres, Brissac a trouvé l'aveu de Marie ce qui met Gontran au " septième ciel ". Mais l'abbé Bridaine survient à son tour et met la jeune fille au courant de la décision de son oncle. Il obtient d'elle une lettre de congé qu'il remet ensuite à Gontran. Le pauvre abbé a été bouleversé en reconnaissant sous leur robe de moine, les deux mousquetaires, mais force lui est de continuer désormais à feindre et de s'enferrer toujours plus avant dans son rôle de complice.
Malheureusement Brissac a trop bien dîné. Il est épouvantablement gris, mais rien ne peut l'empêcher de prononcer devant les pensionnaires le sermon promis. Au désespoir de l'abbé Bridaine et au scandale de tout le couvent, il fait le plus gaiement du monde un prêche sur l'amour. Pour expliquer cet incident inouï, le bon abbé devra inventer de nouveaux mensonges et mettre l'accident sur le compte d'un coup de soleil attrapé par le pauvre moine au cours d'un pèlerinage en Palestine.

ACTE TROISIÈME : Une cour attenante au couvent.
- Le pseudo-malade a cuvé son vin. Avec Gontran, il complote maintenant l'enlèvement de Marie et de sa sœur. Les mousquetaires de leur compagnie entourent la maison pour leur prêter main-forte. Mais les soeurs sont maintenant méfiantes. Elles ont constaté les ravages faits par Brissac dans leur garde-manger et leur cellier, et l'idée leur vient que le coup de soleil du frère prêcheur pourrait bien avoir été attrapé dans les vignes du Seigneur, plutôt qu'en Palestine. L'abbé Bridaine lui-même, par son obstination à défendre le coupable devient suspect.
Arrive Simone, envoyée par maître Pichard, l'aubergiste de Vouvray. Elle vient demander, de la part de son maître, à Brissac et à Gontran de lever la consignation des moines restées à l'auberge, où ils font un train d'enfer. La complaisante soubrette veut bien se charger d'un message pour Marie. La supérieure annonce la prochaine arrivée du gouverneur accompagné du cardinal, c'est là un grave contretemps; il s'agit de fuir au plus vite. Une échelle est dressée contre le mur du jardin. L'abbé Bridaine y monte, mais comme il atteint le faîte, on entend une sonnerie de trompette et Simone, prise de peur, retire l'échelle laissant le pauvre abbé perché. C'est dans cette posture que le trouvera le gouverneur, venu arrêter deux moines signalés comme conspirateurs qui en veulent à la vie du cardinal. Les deux mousquetaires se montrent alors. Tout s'explique. Il est établi que par leur escapade, Brissac et Gontran ont sauvé la vie du premier personnage du royaume. Les conspirateurs ont, en effet, été par eux mis hors d'état de nuire el leur capture sera facile. Pareil haut fait mérite une récompense. On devine laquelle : le gouverneur accordera à Gontran la main de Marie et à Brissac celle de Louise.
 
 
 
 
 YOUMANS
Vincent YOUMANS, né à New York City en Amérique du Nord le 27 septembre 1895, se fit remarquer de bonne heure par ses grands talents musicaux. Sa première grande œuvre fut " Wildflower " (1923), partition pleine de couleur et richement orchestrée. A peine âgé de 30 ans, il donna " No, No, Nanette " (1925) qui le fit considérer d'emblée comme un musicien parfaitement doué. On lui doit en outre les comédies musicales " Smiles " (1930) et " Through the years " (1932), Les dernières années du maître furent troublées par de graves maladies. Il s'est éteint prématurément à la veille "le la deuxième guerre mondiale.
 
 
 NO, NO, NANETTE - Vincent Youmans

Opérette en trois actes de Frank Maudel, Otto Hargach et Irving Caesar. Adaptation française de Roger Ferréol et Robert de Simone. Lyrics de Colline et Mergy.

PERSONNAGES :
- Jimmy SMITH, éditeur (basse)
- SUZANNE, sa femme (mezzo-soprano)
- Bill EARLY, son avocat (trial) et Lucille EARLY, sa femme (soprano), amis intimes
- PAULINE, bonne à tout faire chez Smith (soprano)
- TOM, amoureux De Nanette (ténor)
- NANETTE (soprano)
- FLORA -WINNIE - SIMONE -
- Jeunes gens et jeunes filles - Le danseur.

Première mondiale : à New-York, le 29 avril 1924.
Première en France : à Paris, sur le théâtre Mogador, le 20 avril 1926.
Durée du spectacle : 3 h. 1 /4.

L'œuvre fumeuse de Youmans est bien le succès le plus extraordinaire enregistré dans les annales théâtrales, " NO, NO, Nanette " représente dans le genre de l'opérette une formule nouvelle. Tout y est trépidant, d'un entrain endiablé, ce ne sont que danses et chants entremêlés, défilés où les deux refrains fameux " Pour être heureux " et " Thé pour deux " reviennent à chaque instant, pendant que l'orchestre se livre à de véritables acrobaties d'humour.
 
ACTE PREMIER : Dans un riche salon bourgeois
- Jimmy Smith est si riche que son argent l'embarrasse et sous prétexte que sa femme dédaigne l'élégance, il ne songe qu'à assurer les dépenses somptuaires de trois charmantes " misses " qui ignorent les liens l'unissant à Mrs Smith.
Nanette, jeune orpheline, recueillie par Mrs Smith, fiancée officieusement au brave et vigoureux Tom, devient la quatrième subventionnée et comme elle apprécie le luxe à sa valeur, elle accepte avec joie la proposition de Jimmy Smith qui l'emmène au bord de la mer.

ACTE DEUXIÈME : A Paris-Plage.
- Nanette est heureuse, elle est à la mer! Jimmy est heureux lui aussi, il a fui tous les embarras! Mais ce bonheur est un bien fragile édifice. Un télégramme de Billy Early, avocat, appelle à la villa les trois amies de Jimmy. Et viennent également à Paris-Plage, les deux épouses de Billy et Jimmy Ce serait la catastrophe si les " trois amies " de Jimmy Smith, comprenant les ennuis d'un scandale, n'accusaient Billy à la place de Jimmy. Quant à Nanette, une coalition s'est formée contre elle; pris par un revirement soudain, tout le monde s'accorde pour protéger son innocence aux yeux de Tom.

ACTE TROISIEME : Un élégant salon chez Jimmy Smith.
- Au dénouement, la sage Nanette épouse son Tom, les trois amies de Jimmy rentrent dans leur famille, et Jimmy Smith se réconcilie avec sa femme, devenue congrument dépensière.
 
 
 YVAIN
Maurice YVAIN, 1'un des chefs de file de sa génération, débuta comme pianiste au cabaret des " 4 Z'arts ". Puis il fut appelé à Monte-Carlo. Sa première chanson fut alors " En fermant vos jolis yeux ". La guerre survint et le compositeur resta soldat durant sept années. Revenu, après la guerre, à Paris, il y composa en 1919 sa première opérette : " Ta bouche " (1922) qui obtint un succès complet.
L'année 1935 marque une étape. Jusqu'à cette date Yvain n'avait écrit que des œuvres pour des théâtres de boulevards " Ta bouche ", " Là-haut ", " Gosse de riche ", " Bouche à bouche ", " Un bon garçon ", etc.. Mais en 1935, le Chatelet lui ouvrit ses portes, ce qui lui permit d'écrire sa première opérette à grand spectacle : " Au soleil du Mexique ".
Dans la composition du refrain à succès, il a sa marque propre qui apparente des airs comme " J'm'en balance " (dans " Là-haut "), comme " Je suis v'nu simplement " (dans " Pas sur la bouche "), comme le " Petit amant " (dans " Ta bouche "), avec, dans cette opérette-ci " Moi, je cherche un emploi " ou " Le serai-je ". Mais ce qu'il réussit le mieux, ce sont les ensembles qui se maintiennent dans la tradition de l'opéra-bouffe italien " Ta bouche " avait l'excellent quatuor des coupons, " Pas sur la bouche " le remarquable finale " Sur le quai ".
Maurice Yvain prend place dans la lignée des Hervé et des Lecoq.
 
 
 
 
 TA BOUCHE - Maurice YVAIN
Opérette en trois actes. Livret de Yves Mirande. Lyrics d'Albert Willemetz.

PERSONNAGES
- La comtesse
- ÉVA, sa fille (soprano)
- M. du PAS de VIS (basse)
- BASTIEN, son fils (ténor)
- MÉLANIE - JEAN -
- MARGUERITE, MARGOT et MAG, trois petits numéros qu'on trouve dans tous les casinos.

Première mondiale à Paris, le ler avril 1922.
Les trois actes se passent à un an de distance à Truc-sur-Mer, Pouic-les-Elots, Tric-les-Bains. Dans chaque plage, trois jeunes filles, Marguerite, Margot et Mag, forment le chœur antique, chargé de nous instruire en quelques répliques.

ACTE PREMIER : Sur une terrasse ombragée de marronniers, les trois jeunes filles chantent les derniers potins :
le flirt de Bastien et d'Éva se terminera-t-il par " un mariage ou par un lâchage? " La comtesse qui n'a plus le sou, cherche pour sa fille Eva un parti avantageux. M. du Pas-de-Vis voudrait trouver une riche héritière pour son fils Bastien. Les parents apprenant leur ruine réciproque, ne veulent plus autoriser le mariage. Eva et Bastien qui avaient pris un acompte sont désolés. Mais Jean, le fidèle serviteur de la comtesse, et Mélanie, la dévouée femme de chambre de M. du Pas-de-vis, font les malles de leurs maîtres, et tout le monde part.

ACTE DEUXIEME : Un an plus tard. Un jardin de casino.
M. du Pas-de-Vis a épousé Mélanie qui a fait un riche héritage, la comtesse est mariée avec Jean. Bastien est le mari d'une riche héritière. Éva est très courtisée et en acceptant des cadeaux de ses admirateurs, s'est constituée une dot. Bonheur des deux jeunes amants qui rapidement fêtent leurs secondes fiançailles.

ACTE TROISIÈME : La scène représente un coin de jardin d'un troisième casino, un an après.
- La comtesse est devenue Madame du Pas-de-vis, Melanie a épousé Jean, Éva et Bastien vont enfin se marier.
 
 
 LA-HAUT - Maurice YVAIN
Opérette en trois actes et quatre tableaux. Livret de Yves Mirande et Gustave Quinson. Lyrics d'Albert Willemetz.

PERSONNAGES :
- Evariste CHANTERELLE (baryton)
- EMMA, sa femme (soprano)
- FRISOTIN, ange gardien (sur la terre : chauffeur) (trial)
- SAINT-PIERRE (l'oncle Thibaudière) (basse)
- MAUD
- Le cousin MARTEL
- MARGUERITE, CLORINDE, MARIA, STERLING, les amies
- Les élus.

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, en 1923.
L'opérette est parsemée de couplets vraiment cocasses et de bons mots bien français et spirituels. La musique alerte divertit.

NOMENCLATURE DES TABLEAUX :
Acte Ier : Au ciel, une immensité bleue, avec des nuages.
Acte II : La partie gauche du jardin de la villa d'Évariste à Auteuil.
Acte III : (Ier tableau) ; Le ciel, même décor qu'au premier acte.
(2,e - ) : Le jardin de la villa.

ANALYSE :
Beaucoup d'auteurs nous ont fait monter au ciel, mais peu nous procurent le plaisir de parcourir un paradis aussi pittoresque que celui que nous dépeint " Là-haut ". Il est agrémenté de toutes les belles choses terrestres, en l'espèce de jolis anges et d'un très brave homme qui se trouve être Saint Pierre.
Évariste, un Parisien à la mode, fait un beau rêve. Il se croit au ciel. Intrigué par la conduite de son cousin qui fait un tas de déclarations à sa femme, restée en bas sur terre, Évariste demande un congé pour mettre les choses au point. On le laisse aller sur terre.
Le nouvel élu, redevenu terrestre, ne perd pas son temps, car il refait vite la conquête de sa femme qui ne le reconnaît pas. Mais les choses se gâtent! Evariste en compagnie de son ange gardien, Frisotin, son chauffeur, qui comme lui, est au ciel et l'avait accompagné sur terre, s'attarde. Saint Pierre les chasse du paradis.
Au dernier tableau, Evariste se réveille dans son jardin. Il a fait un rêve! Toutes considérations faites, on n'est pas si mal que ça sur terre sous condition, que l'on ait, comme Évariste, une gentille femme, digne remplaçante des anges de " Là-haut ".
 
 
 
 LA DAME EN DÉCOLLETÉ - Maurice YVAIN
Comédie musicale en trois actes de Yves Mirande et Lucien Boyer.

PERSONNAGES :
- GIRODO, premier clerc de notaire
- Georges du VELIN, conseiller d'État (baryton)
- M. du VELIN, premier président à la Cour (basse)
- GERCOURT
- Le clerc d'huissier
- Le barman
- RAOUL - GASTON
- Lucette de VERNEUIL (soprano)
- Mme PAMPHILAT (alto)
- Mme PAMPHILAT (soprano)
- CONCHITA - LIANE - M. et Mme du PAS de VIS
- joueuses et joueurs, soupeuses et soupeurs, invités et invitées.

L'action se passe à Deauville et à Paris en 1923.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens en 1924.
Sous ce titre, Maurice Yvain nous offre la plus collet-montée des opérettes.

ACTE PREMIER : Le bar attenant à la salle de jeu au casino de Deauville.
- Les joueurs et joueuses s'y lamentent sur leurs grandes pertes d'argent. Gercourt ne joue pas, mais il leur prête de l'argent bien volontiers. Il n'a pas d'histoires d'amour, mais il s'occupe beaucoup de celles des autres, notamment de celle de Georges du Velin, conseiller d'État qui est très amoureux de la jolie veuve, Lucette de Verneuil.
Le barman voit entrer Girodo, clerc de notaire, chargé de remettre des fonds à une cliente qui vient de vendre sa propriété. Par malheur il entend qu'un joueur est devenu riche avec 20 francs. S'il avait la même chance, il pourrait épouser enfin celle qu'il aime, c'est-à-dire sa cliente, Mme de Verneuil. Il entre avec beaucoup d'espoir dans la salle de jeu en sortant il y a perdu l'importante somme d'argent qui lui avait été confiée pour la cliente. Il lui avoue sa grande faute en termes très embarrassés, mais ne peut s'empêcher d'avoir mis sa victime pratiquement dans une grande misère. Elle a recours à Liane qui lui prête de l'argent pour le paiement de la note d'hôtel et pour le retour à Paris. Georges survient. Dans un beau duo, ils s'avouent leur amour. Les fiançailles sont annoncées officiellement. Girodo promet de gagner, dans le commerce, beaucoup d'argent et de rembourser sa dette.

ACTE DEUXIÈME :
1er tableau : L'antichambre de l'appartement de Lucette.
- Des déménageurs se présentent. Lucienne criblée de dettes ne peut les empêcher d'emporter son beau mobilier pour l'hôtel des ventes. Il ne lui reste plus qu'un costume de voyage et une robe de soirée. Vite, elle se met en toilette.

2e tableau : La rue de l'hôtel de M. du Velin.
- Lucette sonne à la porte de l'hôtel. Un domestique l'ouvre. Elle voulait se rendre à la soirée, mais doit constater qu'à la suite d'un malentendu, elle est venue un jour trop tôt. La voilà, la nuit, en pleine rue en costume " décolleté " de soirée, sans un sou en poche. Arrivent deux messieurs, dont l'un se souvient avoir rencontré Lucette à Deauville. Comme il commence à pleuvoir, ils l'invitent à dîner à l' " Abbaye de Thélème ". Elle accepte, ne sachant où aller, n'ayant plus de mobilier chez elle.

3e tableau : L'abbaye de Thélème.
- Il y a beaucoup de clients qui s'amusent et qui font du bruit. Nous y trouvons Georges du Velin, Gercourt, Liane et l'inévitable Girodo qui fait fonction de garçon. Lucette y entre avec les deux messieurs. Le patron va au devant d'eux et leur désigne une table au premier plan à gauche. Lucette reconnaît Girodo et lui fait d'amers reproches à cause des ennuis que son abus de confiance lui occasionne. Mais Girodo ne se laisse pas décourager; son ami de Deauville lui a confié un bon truc : " avec des gens qui ont bu, on peut aller tant qu'on veut ". Il remboursera la somme due par petits acomptes. L'orchestre entame une java, et Lucette un peu grisée chante les couplets de la mazurka qui entraînent toute la salle. Liane a aperçu Lucette. Elle demande à Gercourt de prévenir Georges de la présence de sa fiancée en compagnie de deux messieurs. Georges, très agité, apparaît et demande à Lucette de justifier sa présence eu ces lieux avec les deux compagnons. Ne les connaissant pas, elle ne peut répondre à aucune des questions posées. Georges part en grande colère, malgré les affirmations de Girodo que Lucette est parfaitement innocente. Les fiançailles sont rompues.

ACTE TROISIÈME : Un salon chez M. du Velin.
- Nous y trouvons Mme Pamphilat qui espère que sa fille pourrait être destinée à Georges. M. du Velin, sexagénaire distingué, arrive. Mme Pamphilat l'aborde pleine d'hypocrisie. Elle apprend que Georges a rompu ses fiançailles avec Lucette et en est enchantée à l'encontre de sa fille qui aime son cousin, un artiste peintre. M. du Velin quitte la pièce. Lucette y entre et rencontre l'éternel Girodo qu'elle prie d'aller chercher M. du Velin. Sur le pas de la porte il le croise : " Monsieur, une dame vous demande, la dame en " décolleté! " Lucette obtient l'entrevue désirée avec M. du Velin auquel elle explique en détails ce qui s'est passé. Elle en est fort émue. Décidément elle n'est pas contente. Mais ses explications lui font un allié : le père de Georges. Il demande donc à son fils de reprendre le roman à la page où il l'a interrompu, lors de la séparation à Deauville, car l'autre soir il ne s'est rien passé. C'était un mauvais rêve! " Mon fils va me présenter maintenant la belle fiancée! " Et il pousse Georges doucement dans les bras de Lucette.
 
 
 
 GOSSE DE RICHE - Maurice YVAIN
Comédie musicale en trois actes de J. Bousquet et H. Falk.

PERSONNAGES :
- Achille PATARIN (basse)
- Suzanne PATARIN, sa femme
- COLETTE, leur fille (soprano)
- André SARTENE, jeune peintre (baryton)
- La baronne (soprano)
- NANE, amie de Patarin et amante d'André
- Léon MEZAIZE.

L'action se passe à Paris et en Bretagne en 1924.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens en 1921.
Les personnages qui évoluent dans " Gosse de Riche " appartiennent à notre société moderne : superficiels, ils ne manquent pas d'esprit, même quand ils sont dupes, tout s'arrange. La musique est facile et agréable.
Des trois actes, le premier se passe dans l'atelier du peintre Sartène, le second dans un manoir breton. L'action du troisième se déroule dans les décors du premier.

ANALYSE :
La " gosse de riche " n'est autre que Colette Patarin, fille d'un riche parvenu. D'éducation très libre, Colette s'est mise en tôle d'épouser André Sartène, jeune peintre d'avenir, qu'elle a rencontré dans un restaurant de Montmartre. Or, André fait à la fois le portrait de M. Patarin et des délices secrets de Nane qu'entretient le dit Patarin.
Colette fait vite sa conquête. André, troublé, n'ose avouer sa véritable situation. Il est alors invité à villégiaturer avec la famille Patarin dans un manoir breton. Grâce aux intrigues intéressées de la baronne, pseudo-propriétaire du château, Colette et ses parents, André, Nane sont réunis sous un même toit. Tout se dévoile : André est l'amant de Nane; stupéfaction de Colette, colère de Patarin, désespoir de la baronne qui craint pour ses " combines "
Tout le monde se retrouve à Paris dans l'atelier d'André et tout finit par s'arranger. Les époux Patarin se réconcilient, les amoureux se marient, la baronne même touchera ses pourcentages
 
 
 
 PAS SUR LA BOUCHE - Maurice YVAIN
Opérette en trois actes de Maurice Yvain. Livret d'André Barde.

PERSONNACES
- Georges VALANDRAY, riche métallurgiste (ténor)
- Gilberte VALANDRAY, sa femme (soprano)
- M1le POUMAILLAC (alto)
- Huguette VERBERIE (soprano)
- Mme FOIN, concierge (alto)
- Éric THOMSON, directeur d'une maison américaine, premier mari de Gilberte (ténor)
- Charley BRUNNER, chef d'une école de peinture (ténor)
- FARADEL (ténor)
- YVONNE, SUZANNE, COLETTE, MADO, jeunes filles
- JULIETTE, la servante.

L'action se passe à Paris de nos jours.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Nouveautés, le 18 février 1925.
Durée du spectacle : 3 heures.

Cette opérette est riche en situations comiques, en quiproquos et en surprises. Si " Pas sur la bouche " est un impératif désuet, le livret qui porte ce titre n'a rien perdu de sa valeur. La charmante partition rappelle avec ses mélodies de danse et ses ensembles tantôt sentimentaux, tantôt un peu brutaux, souvent le genre de Franz Lehar.

ACTE PREMIER : Un salon chez Valandray.
- Gilberte Valandray est une vraie mondaine. Elle a été mariée en premières noces avec un américain nommé Eric Thomson, mais son mariage n'a pas été très heureux. Son mari, homme au caractère étrange, ne lui a jamais permis de l'embrasser " sur la bouche ". D'autre part, son mariage n'a pas été légalisé par le consul de France et de ce fait n'est pas valable au point de vue légal français. Revenue en France, elle a épousé le riche métallurgiste Georges Valandray avec lequel elle vit clans des conditions heureuses. Elle ne manque pas d'admirateurs et elle ne s'oppose même pas à un petit flirt avec le gentil Charley Brunner, sans provoquer la jalousie de son mari. Celui-ci croit en une théorie toute particulière sur la fidélité des femmes; il a confiance en Gilberte puisqu'il est fermement convaincu d'avoir été le premier qui a demandé sa main, donc, selon lui, aussi le premier qui ne sera pas trompé par elle. Gilberte connaissant cette théorie lui a prudemment caché son premier mariage. Seule sa tante, Mademoiselle Poumaillac, vieille fille bien vivace, connaît le secret.
Un hasard veut qu'Eric Thomson, entré en relations d'affaires avec Georges Valandray, s'étant rendu à Paris, crée de sérieuses complications par son apparition inattendue chez les Valendray. Gilberte et Mademoiselle Poumaillac le supplient de ne rien révéler du passé. Thomson, en parfait " gentleman ", sait en garder le secret.

ACTE DEUXIEME : Même décor qu'au premier acte.
- Gilberte a invité pour la soirée toutes ses amies pour leur présenter un nouveau ballet dont Charley est l'auteur : " Soir du Mexique ". Thomson est également invité à la soirée. Entre temps, il est redevenu amoureux de son ex-femme et cherche par tous les moyens, à éloigner d'elle tous ses flirts. Il mène autour d'elle une surveillance suivie, mais assez discrète. Gilberte s'en aperçoit, et comme elle aime son nouveau mari, elle veut se débarrasser de Thomson. La peur de ce dernier du baiser " sur la bouche " qui ne l'a plus quitté
depuis sa douzième année, alors que l'institutrice l'avait embrassé si brutalement, est excitée sans cesse à nouveau, ce qui l'expose à des épreuves terribles.

ACTE TROISIÈME : La garçonnière de Faradel, quai Malaquais. Un salon.
- Tout le monde se retrouve, par un hasard des plus comiques dans la garçonnière de Faradel, qui est devenue, par la supercherie de la concierge, le pied-à-terre de Thomson. Ce dernier réussit à ébranler le mari (Georges Valandray) jusque-là inébranlable. Le ménage Valandray se trouve déjà menacé par les pires catastrophes, lorsqu'au tout dernier moment Mademoiselle Poumaillac réussit à sauver la situation. Elle embrasse l'américain " sur la bouche ", le guérit de tous ses préjugés et le gagne pour elle. Les époux Georges et Gilberte resteront unis, aussi pour l'avenir, et le beau Charley trouve en Huguette Verberie une compagne sincère et idéale.
 
 
 
 YES - Maurice YVAIN
Opérette eu trois actes de Soulaine et Pujo.

PERSONNAGES :
- Gaston GAVARD, roi des pâtes alimentaires en Amérique
- Maxime GAVARD, son fils
- Mme de SAINT-AIGLEFIN, amante de Gavard fils
- TOTTE, manucure parisienne
- Une Chilienne

Première mondiale : à Paris, le 26 janvier 1928.
Jamais plus que dans " Yes " n'apparut peut-être l'aisance, l'élégance, la réelle musicalité de la plume du compositeur.

ANALYSE :
Un fils prodigue que son père, le grand Gaston Gavard, roi en Amérique des pâtes alimentaires, terrible homme à la volonté duquel rien ne résiste, entend marier à une Chilienne. Comme Maxime Gavard est l'amant de la très jalouse Mme Saint-Aiglefin, qu'il ne cesse d'ailleurs de tromper, il veut se dérober aux injonctions paternelles et, sur le conseil de Mme Saint-Aiglefin, contracte un mariage blanc à Londres. Seulement Totte, la pseudo-épouse, est une charmante créature, Parisienne de naissance et manucure de profession; dès lors, le mariage blanc prendra vite les couleurs d'Eros. De colère, le grand Gavard épouse la Chilienne. El après avoir congrument embrouillé l'écheveau, les librettistes le débrouillent pour l'entière satisfaction des personnages et spectateurs.
 
 
 AU SOLEIL DU MEXIQUE - Maurice YVAIN
Opérette à grand spectacle en deux actes et seize tableaux, d'André Mouezy-Eon et Albert Willemetz.

PERSONNAGES :
- Jessie THOMPSON (soprano)
- Juanita MATALONGO (soprano)
- KOKOLANI
- DOLORES
- La supérieure (mezzo-soprano)
- La tourière
- Nino CHICUELA (baryton)
- Jérôme FRASCATOR (trial)
- MASTEPEC (basse)
- Felipe TAMPICO (ténor)
- MATALONGO - RICARDO - Le directeur
- MOROLOS (baryton)
- M. CLARK - LOPEZ - PATT
- Un invité - L'alcade - Un officier - Le patron de la Posada - - Le gardien de prison - DIAZ - Un Alguazil - Le bohémien - Deux Mexicains - Etc..
 
L'action se passe au Mexique. Première mondiale : à Paris, sur le théâtre du Châtelet, en 1935.


NOMENCLATURE DES TABLEAUX :
1er tableau : La terrasse de l'hacienda d'Antoine Matalongo.
2e - : A Mexico. Au club des Aficionadas
3e - : Une maison de danses dans un quartier populaire de Mexico
4e - La chapelle des toréadors.
5e - : Les arènes.
6e - ; Un hall-salon dans la villa de Jessie Thompson à Waikiki aux Iles Hawai.
7e - : Scène jouée devant le taps.
8e - : Seconde scène devant le taps.
9e - : La plantation.
10e - ; Décor des ananas.
11e - . Le duel.
12e - : Une posada aux environs de Puebla.
13e - : L'entrée du couvent.
14e - ; Le cloître.
15e - : La prison.
16e - ; Une place publique à Mexico.

Fraîcheur, jeunesse, éclat ont fait le succès de cette opérette.

ANALYSE : Nino Chicuelo, le célèbre toréador, et Juanita Matalonga, fille du grand éleveur de taureaux de combat, célèbrent leurs fiançailles.
C'est jour de fête à l'hacienda, et Nino doit précisément combattre ce jour-là le redoutable taureau " le Rubio " que lui seul est capable de vaincre.
Mais le riche aficionado Felipe Tampico, épris, lui aussi, de Juanita, tend un piège à son heureux rival, qu'il arrive à griser et qui, au cours d'une partie de poker, tue son partenaire Lopez.
Les arènes sont remplies et la course va avoir lieu. Nino, enfin dégrisé par son geste meurtrier, arrive à l'instant précis, où le fameux taureau se précipite sur une jeune Hawaïenne, Jessie Thompson, qu'il sauve d'une mort certaine.
Nino, dénoncé par son rival, traqué par la police, accepte de fuir aux Iles hawaïennes avec Jessie, qui secrètement éprise de son sauveur, lui offre l'hospitalité dans sa villa de Waïkiki.
La pauvre Juanita qui ignore tout du crime de Nino, croit à l'abandon de son fiancé, et refusant la main du riche Tampico, va demander asile dans un cloître.
Mais l'amour, plus fort que tout, déjoue toutes les ruses, réduit à néant toutes les difficultés et réunit les deux fiancés qui fêtent leur bonheur retrouvé.
 
 
 
CHANSON GITANE - Maurice YVAIN
Opérette à grand spectacle eu deux actes et douze tableaux. Livret de A. Mouezy-Eon. Couplets de L. Poterat.

PERSONNAGES :
- La comtesse des GEMMERIES
- HUBERT et PHILIPPE, ses fils (baryton et basse)
- La duchesse de BERRY, mère du futur roi de France (soprano)
- NICOLAS, garde-chasse de Hubert (basse)
- JASMIN, fils de Nicolas et valet de chambre de Hubert (trial)
- ZITA, jeune bohémienne (soprano)
- ZARIFI, le chef du campement (baryton)
- MITIDIKA, la plus belle des Zingaras
- M. LOYAL
- JEANNETTE, la soubrette de la comtesse des Gemmeries
- De DREUX - BRÉZÉ
- L'huissier
- L'aubergiste.

L'action se passe en Anjou, à Paris et à Dieppe, en 1828.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre municipal de la Gaîté-Lyrique, en décembre 1946.

Acte Ier : (1er tableau) : En Anjou, au château des Gemmeries.
(2e - ) : Le campement des nomades.
(3e - ) ; Le valet de cœur.
(4e -_ ) : Les coulisses du cirque Zarifi.
(5e - ) : La piste du cirque Zarifi.

La comtesse des Gemmeries a deux fils, l'un Philippe, fêtard et joueur, l'autre Hubert, genre de hobereau campagnard qui malgré les instances de sa mère a toujours refusé de se marier. La comtesse donne un déjeuner en l'honneur de la duchesse de Berry, mère du futur roi de France. Hubert, absorbé par la chasse, arrive en retard à cette fête. La duchesse de Berry est frappée par l'aspect sauvage de ce jeune homme et l'invite à assister à une grande fête qu'elle donnera dans son pavillon de Marsan. Hubert se voit dans l'obligation d'accepter.
A ce moment, Nicolas, son garde-chasse, vient le prévenir que des bohémiens qui ont installé leurs roulottes sur ses terres, tendent des collets à ses lièvres. Sur le champ, il décide de réprimer ce braconnage. Nicolas et son fils Jasmin, valet de chambre de Hubert, le précèdent, et c'est Zita la jeune bohémienne qui les reçoit. Hubert arrive et s'adresse à Zarifi, le chef du campement. Il lui ordonne de quitter les lieux dans les vingt-quatre heures. C'est alors que les nomades font appel à Mitidika, la plus belle des Zingaras. Elle se dresse devant Hubert et le brave. Elle descend d'un prince de Bohême et ignore la crainte et la servilité. Hubert est frappé par sa " crânerie ". Après l'avoir autorisée à rester sur son domaine, il revient la voir et lui fait une cour pressante. Elle se dérobe. Que peut-il y avoir de commun entre un gentilhomme et une bohémienne? Il insiste. Elle lui accorde un baiser et s'enfuit en lui disant de l'oublier. Le soir même, elle ordonne le départ de ses roulottes.
Hanté par son souvenir, Hubert la cherche désespérément. Il la retrouve à Angers, où le cirque Zarifi a monté ses tentes. Hubert renouvelle à Mitidika son offre de l'épouser, mais n'obtient qu'un second refus. Jasmin qui a accompagné son maître, retrouve Zita qu'il aime. Pour être auprès d'elle, il accepte de faire le figurant du cirque. Zarifi va faire son numéro de tir à la mort. Son partenaire étant absent, il désigne Hubert pour le remplacer. Zarifi va tirer sa dernière balle et tuer Hubert. Mitidika s'en aperçoit; elle s'élance dans le cirque, arrête le numéro et sauve ainsi Hubert d'une mort certaine. A la suite de cet aveu d'amour Hubert épouse la bohémienne malgré l'opposition de sa noble famille.

Acte II : (6° tableau) : A l'hôtel des Gemmeries à Paris.
7ème : Un bal chez la duchesse de Berry
8ème : La chambre de Mitidika chez les Gemmeries
9ème : Le défilé des roulottes de nomades
10ème : Une taverne sur le port de Dieppe
11ème : Le port de Dieppe
12ème : L'embarquement

Mitidika est maintenant à Paris, dans l'hôtel des Gemmeries, où Zita l'a suivie. Elle se résigne aux persécutions de sa belle-famille. Zarifi vient pour la reprendre; elle refuse de partir. La comtesse des Gemmeries vient rappeler à Hubert et à Mitidika que le soir-même a lieu la fête que la duchesse de Berry donne en son pavillon et à laquelle ils doivent assister.
Au cours du bal, les invités demandent à Mitidika de danser. Elle accepte, mais avec Zita seulement. Cette danse provoque un véritable scandale. Milikida comprend alors qu'elle a fait une folie en épousant Hubert et abandonne son mari pour rejoindre sa tribu.
Or, la nuit même de cette fuite, les bijoux de sa belle-mère ont disparu. Mitidika est accusée de ce vol, au grand désespoir de Hubert qui la défend désespérément.
Hubert, à nouveau, recherche sa femme. Il la retrouve à Dieppe, où elle a rejoint le cirque Zarifi, et où la duchesse de Berry vient d'arriver avec son fameux yacht blanc et or. Malgré les erreurs de Jasmin, la Zingara voit triompher son innocence; Philippe, le frère de Hubert, avoue qu'il est l'auteur du vol, et qu'il l'a commis afin de pouvoir payer ses dettes de jeu. Et grâce à la duchesse de Berry qui l'a pris sous sa protection, Mitikida s'installera avec Hubert en Italie dans un domaine, où ils pourront oublier les préjugés de race et de caste qu'aura vaincus leur amour. Zita, elle aussi, accompagnera Mitikida, au grand désespoir de Nicolas qui, par désespoir d'amour, tente de se noyer, tandis que Jasmin épousera Jeannette, la soubrette de la comtesse des Gemmeries.
 
 
 
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