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LE GRAND REPERTOIRE DES OPERETTES

4ème partie
Les liens sur toutes les opérettes se trouvent ici
 
 OFFENBACH
Jacques OFFENBACH est né le 21 juin 1819 à Cologne. Déjà à l'âge de 12 ans il se présenta au public comme virtuose-violoncelliste. En 1835, il entra au Conservatoire National de Musique et devint en même temps membre de l'orchestre de l'Opéra-comique. En 1847, il fut appelé au Théâtre français, comme chef d'orchestre. Ses publications obtinrent de beaux succès. Sa renommée grandissait, lorsqu'il fit intercaler dans " Le chandelier " de Musset " La chanson de Fortunio " de sa composition, très appréciée du grand public. En 1855, il obtint le privilège des " Bouffes-Parisiens " et y donna successivement " Les deux aveugles " (1855), " Le violoneux (1855), "Ba-ta-clan " (1855), " Le 66 " (1856), " Le mariage aux lanternes " (1857), " Orphée aux enfers " (1858), " La belle Hélène " (1864), " Barbe-bleue " (1866), " La vie parisienne " (1866), etc. L'année 1867, celle de l'exposition universelle, nous le montre à l'apogée de sa gloire : il devient le maître par excellence de l'opérette. L'engouement, par exemple, pour " La grande-duchesse de Gerolstein " fut tel qu'il reçut la visite de la plupart des souverains de l'Europe. N'oublions pas de mentionner ici les ouvrages de cette époque qui, depuis lors, figurent également au répertoire de l'opérette : " La Périchole " (1868) et " Les brigands " (1869). Après la guerre de 1870, nous le voyons à nouveau directeur-compositeur de théâtre, époque pendant laquelle il présida aux destinées du célèbre "Théâtre de la Gaité ". Au bout de trois ans, il en céda la direction à Vizentini, lequel continua sous le nom de " La Gaîté lyrique " son exploitation théâtrale. Après un voyage en Amérique, Offenbach sut retrouver sa forme de naguère et il se surpassa même en 1878 avec " Madame Favart ". Mais la mort vint le surprendre au milieu de son travail sans qu'il ait pu voir représenter son œuvre maîtresse, " Les Contes d'Hoffmann ". Offenbach est mort le 5 octobre 1880 à Paris.
 
 
 
 LE MARIAGE AUX LANTERNES
Opérette en un acte. Livret de Michel Carré et de Léon Battu.

PERSONNAGES :
GUILLOT, fermier (ténor)
- DENISE, sa cousine (mezzo-soprano)
- FRANCHETTE (soprano) et CATHERINE (mezzo-soprano), veuves
- Le veilleur de nuit (rôle parlé).
L'action se passe vers 1850 dans un village. Première mondiale a Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 10 novembre 1857. Durée du spectacle : 3/4 d'heure.

Léon Battu avait écrit primitivement pour Offenbach un acte " Le Trésor de Mathurin ". Ce petit opéra-comique, joué en 1857, fut remanié par Michel Carré et devint le " Mariage aux lanternes ". Rien n'est plus gracieux, plus pur, plus pimpant que la partition d'Offenbach, où il manifesta déjà son originalité et son goût prononcé pour la parodie.

ACTE UNIQUE :
C'est l'aventure plaisante du jeune fermier Guillot et de sa cousine Denise, l'un et l'autre s'aimant sans oser se le dire. Sur la loi d'un oncle qui le lui a écrit de Paris, Guillot espère découvrir un trésor au pied d'un arbre à l'heure de l'Angélus, et Denise un époux au même endroit et au même moment. Tout finit par un mariage à la lumière des " lanternes " apportées par les paysans que la découverte d'un trésor avait attirés.
 
 
 ORPHÉE AUX ENFERS
Opéra-féerie en deux actes et quatre tableaux par Hector Crémieux

PERSONNAGES :
ARISTEE, qui n'est autre que Pluton travesti (basse)
- JUPITER (baryton)
- ORPHÉE, directeur et violoniste du conservatoire de Thèbes (ténor)
- John STYX, ex-roi de Béotie, valet de chambre chez Pluton (basse)
- MERCOR (ténor)
- EURYDICE, femme d'Orphée (soprano)
- CUPIDON - MINERVE - JUNON (mezzo-soprano)
- L'opinion publique - DIANE (soprano)
- VENUS - FLORE - POMONE - CERÈS - CYBÈLE - HEBÉ - IRIS - RHADAMANTE - NEPTUNE - SATURNE - VULCAIN - PAN - HERCULE - APOLLON - BACCHUS (basse) - CERBÈRE - Un licteur - L'huissier - Dieux et déesses, nymphes, etc.

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 21 octobre 1858.
L'opéra-féerie " Orphée aux Enfers " a inauguré dans l'histoire de la musique lyrique légère une ère nouvelle. C'est le point de départ de toute une génération de compositeurs.
 
ACTE PREMIER : 1er tableau: La chambre d'Eurydice.
- Orphée est un drôle qui déteste sa femme Eurydice. Celle-ci est, de son côté, une drôlesse qui se fait courtiser par le fabricant de miel Aristée qui n'est autre que Pluton déguisé.. Mais Orphée, esclave de l'opinion publique, tient à ce qu'on sauve les apparences, afin de ne pas perdre ses élèves.
Pluton-Aristée s'arrête finalement à une idée simple : pour s'assurer la possession d'Eurydice, il la fait passer de vie à trépas. Il semble que celle solution devrait contenter tout le monde, et effectivement Orphée, lorsqu'il apprend le décès de son épouse, donne tout aussitôt cours aux manifestations d'une joie indécente. Mais l'opinion publique est terriblement exigeante : elle impose au malheureux mari de se rendre auprès de Jupiter et de lui redemander sa femme. Il y va, mais en chien battu.

2e tableau : L'Olympe.
- Jupiter fait de l'arbitraire et sa tyrannie soulève des murmures. Arrive Mercure avec la nouvelle de l'enlèvement d'Eurydice par Pluton. Du reste, Pluton se présente presqu'au même instant. Il nie avec aplomb et quand Jupiter le sermonne sur le chapitre des mœurs, il ne craint pas de recourir à des arguments ad hominen. Et soudain la révolte des dieux éclate; Pluton se met à la tête des mécontents. Heureusement qu'Orphée vient fournir à Jupiter une savoureuse vengeance : puisque le mari réclame sa femme, le roi des dieux la lui rendra et il faudra bien que Pluton s'exécute. Ce dernier persistant à nier, Jupiter emmène tout l'Olympe aux enfers pour une descente sur les lieux.

ACTE DEUXIÈME : 3e tableau : Dans le boudoir de Pluton.
- Eurydice a aussi un amant transi dans la personne d'un ancien roi de Béotie, appelé John Styx, devenu valet de chambre chez Pluton. Comme les dieux de l'Olympe conduits par Pluton approchent, John Styx a la présence d'esprit d'enfermer sa prisonnière à double tour dans son appartement. Quand Jupiter et Pluton entrent, le boudoir est vide. Mais Jupiter qui s'y connaît a vit e flairé 1' " odor di femina " qui s'échappe par le trou de la serrure de l'appartement d'Eurydice. Sans faire semblant de rien, il suit Pluton, lorsque celui-ci se retire, mais en se promettant de revenir sous un de ces déguisements auxquels il s'exerce. Et avant de sortir, il glisse sa carte sous la porte. Quand Eurydice peut enfin abandonner sa prison, elle apprend par ce bristol quel est le personnage qui l'honore de sa recherche.
Et voici que Jupiter arrive, en bourdonnant, travesti en grosse mouche. Flirt entre la mouche et la femme, aboutissant à l'aveu du roi des dieux, tombé à genoux de la belle. Eurydice n'est pas farouche de nature et accepte de suivre Jupiter à la réception offerte à l'Olympe par l'Erèbe, sous le costume d'une bacchante.

4e tableau : Aux enfers.
- Pluton donne, en l'honneur de ses visiteurs, un grand " Raout ". Eurydice, en bacchante, est attablée aux côtés de Jupiter. Pluton l'a parfaitement reconnue, mais il dissimule et se contraint. Seulement, lorsque Jupiter croit pouvoir emmener sa conquête à l'anglaise, son rival lui barre la route. Il rappelle à Jupiter la promesse faite à Orphée : le roi des dieux s'est solennellement engagé à rendre Eurydice à son mari. Qu'à cela ne tienne! Jupiter a plus d'un tour dans son sac, et quand Orphée paraît, toujours flanqué de l'opinion publique, il lui rend Eurydice, mais impose à celle-ci la condition bien connue; son mari devra l'emmener sans chercher à la voir, faute de quoi il la perdra pour toujours. Mais, au moment, où Orphée ramené des enfers sa femme Eurydice, malgré lui et malgré elle, il reçoit de Jupiter un coup de pied olympien qui l'oblige à se retourner et Eurydice est transmuée en bacchante. Mais il ne peut pas dire " omnis effusus labor ". Tous les dieux et déesses se livrent ensuite à une bacchanale échevelée, accompagnée de beaucoup de poussière et de bruit !
 
 
 MONSIEUR CHOUFLEURI RESTERA CHEZ LUI

Opéra-bouffe en un acte de Saint-Rémy, Crémieux, Halévy et Lapine.

PERSONNAGES :
CHOUFLEURI, bourgeois du Marais
- BABYLAS, musicien - PETERMANN
- ERNESTINE, fille de Choufleuri -
- BALANDARD, invité
- Mme BALANDARD, sa femme.

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 14 septembre 1861.
Durée du spectacle : 3/4 heures.

ACTE UNIQUE :
Un bourgeois du Marais, vaniteux, Choufleuri, fils aîné de M. Jourdain sans nul doute, avait eu l'idée, sans connaître personne, d'inviter à une soirée ministres et ambassadeurs, autrement dit, toute une série de gens qui n'étaient pas de son monde. L'invitation qui avait été semée un peu partout, ajoutait : " On fera de la musique. On entendra Mme Sontag, M. Rubini et M. Tamburini ". Or, les invités de marque s'excusent de ne pas venir chez le monsieur qu'ils ne connaissent pas et les artistes commandés se trouvent, par un hasard curieux, tous subitement malades. Choufleuri est désespéré, il se croit déshonoré, quand sa fille vient à son secours. Elle aime un musicien nommé Babylas, que son père a refusé de lui accorder en mariage. Babylas se présentera à la soirée comme le double Rubini; la jeune fille, Ernestine, se fera passer pour la Sontag, et Tamburini sera figuré par Choufleuri qui chantera en italien ajoutant " no " à chaque mot masculin et " na " à chaque mot féminin. La fin on la devine : Ernestine et Babylas profitent de leur déguisement pour forcer Choufleuri à leur donner son consentement.
 
 
 
 LA BELLE HÉLÈNE
Opéra-bouffe eu trois actes. Paroles de H. Meilhac et L. Halévy.

PERSONNAGES :
PARIS, fils du roi Priam (ténor)
- MÉNÉLAS, roi de Sparte (trial)
- HELENE, sa femme (soprano)
- AGAMEMNON, roi des rois (baryton)
- ORESTE, son fils (soprano ou ténor)
- PYLADE, ami d'Oreste
- CALCHAS, grand augure de Jupiter (basse-bouffe)
- ACHILLE (baryton)
- AJAX 1 (basse) - AJAX 2
- PHILOCOME, serviteur du temple
- EUTHYCLES - BACCHIS, confidente d'Hélène (soprano)
- LOENA et PARTHOENIS, amies d'Oreste.

L'action se passe à Sparte et à Nanphie, avant la guerre de Troie.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 17 décembre 1864.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
" La belle Hélène " est une des meilleures partitions d'Offenbach. On y retrouve cette veine abondante, primesautière et facile, propre au compositeur.

ACTE PREMIER : A Sparte, devant le temple de Jupiter.
- Le berger Paris, sûr de lui-même, et armé de la faveur de Vénus à laquelle il vient d'accorder le prix suprême de la beauté sur le mont Ida, s'apprête à toucher la récompense promise par la déesse : l'amour de la " belle Hélène ", reine de Sparte. Secondé dans son entreprise par le complaisant augure Calchas, il n'a aucune peine à gagner le cœur d'Hélène, d'autant plus qu'il a remporté le prix du concours d'intelligence organisé par Agamemnon Seulement, il s'agit d'éloigner le mari gênant; Calchas qui ne saurait rien lui refuser, trouve la chose toute naturelle; en sa qualité d'augure, il feint soudainement d'être inspiré : il annonce que Jupiter ordonne que le roi Ménélas parte à l'instant même pour la Crète et y fasse pendant quinze jours des sacrifices. Le roi de Sparte est bien un peu méfiant, mais les rois, ses confrères, ses sujets eux-mêmes, qui savent que les dieux ont parfois des caprices inexplicables, le pressent d'obéir. Ménélas se résigne. Ou lui apporte la valise et il s'éloigne en recommandant sa femme et son honneur à ses hôtes.

ACTE DEUXIÈME : Le palais de Ménélas et d'Hélène.
- Hélène lutte pendant quinze jours contre Paris et contre Vénus. Elle ne veut pas tromper son mari; tout au plus consentira-t-elle à le faire en rêve; Calchas devra prier les dieux d'envoyer à la belle souveraine un rêve dont Paris sera le personnage principal. Ce rêve se transformera bientôt en réalité; car Paris, déguisé en esclave s'est approché de la reine. Celle-ci, croyant rêver, ne songe pas à le repousser Tout à coup, Ménélas entre et surprend les deux amoureux . " Quoi! ce n'était donc pas un rêve? " s'écrie la vertueuse Hélène en rougissant. Ménélas appelle ses hôtes et leur demande compte de l'outrage fait à son honneur. Les rois sont complètement ivres. Toutefois, ils chassent le berger Paris, et la " belle Hélène " en a le cœur bien gros.

ACTE TROISIÈME : Sur la plage de Nanphie.
- Vénus, voulant venger son protégé, répand une épidémie amoureuse dans Sparte. Ce n'est plus qu'intrigues, rendez-vous et danses échevelées. Le sage Agamemnon et le bonhomme Calchas, reprochent à Ménélas son vil égoïsme : il aurait dû sacrifier son bonheur conjugal au bonheur de tous. Que faire à présent? Il faut apaiser la déesse Vénus par un sacrifice. Le crédule Ménélas fait donc venir de Cythère l'augure de Vénus qui expose aux Grecs réunis le désir de la déesse : la reine devra l'accompagner à Cythère et présider là-bas un sacrifice propitiatoire. La reine hésite. Elle a reconnu, sous les dehors du grand prêtre, le berger Paris, mais son époux lui donne l'ordre de le suivre et les autres rois, à qui se joignent princes et sujets, l'en supplient. Hélène obéit. La barque s'éloigne majestueusement. Alors Pâris se fait connaître et déclare à Ménélas qu'il emmène Hélène à Troie, et qu'il ne la rendra plus jamais. Et voilà pourquoi la " guerre de Troie " aura lieu!
 
 
 
 
 LA VIE PARISIENNE
Opérette en quatre actes. Livret de H. Meilhac et L. Halévy.

PERSONNAGES :
Le baron de GONDREMARCK, suédois (baryton)
- La baronne de GONDREMARCK, sa femme (mezzo-soprano)
- Le vicomte Raoul de GARDEFEU (ténor)
- BOBINET (ténor)
- JOSEPH, ancien valet de chambre de Gardefeu, à présent guide au service du Grand-Hôtel (ténor)
- GONTRAN
- METELLA, demi-mondaine (soprano)
- FRICK, bottier (trial)
- POMPA DIE MATADORES, un riche brésilien (baryton)
- GABRIELLE, gantière (soprano)
PAULINE, femme de chambre (soprano léger)
- PROSPER (trial) - URBAIN et ALPHONSE, valets -
CLARS - LEONIE - LOUISE - CAROLINE - JULIE AUGUSTINE - CHARLOTTE et ALBERTINE, clientes habituelles du restaurant de nuit
- Un employé
- ALFRED, maitre-d'hôtel du restaurant de nuit.

L'action se passe à Paris, à la fin du Second Empire.
Première mondiale : â Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 31 octobre 1866.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
Celte opérette est l'une des meilleures œuvres dues au talent du compositeur : ses rythmes et mélodies seul entrainants.
 
ACTE PREMIER : A la gare de l'Ouest de Paris.
- Gardefeu et Bobinet se sont brouillés à cause de la grisette Métella. Les deux l'attendent en ce jour. Mais Métella arrive au bras d'un troisième et fait semblant de ne pas connaître les deux autres, ce qui provoque la réconciliation de Gardefeu et de Bobinet qui décident de commencer une vie plus sérieuse et de fréquenter plutôt les salons du faubourg Saint-Germain. Bobinet s'y rend sur le champ, tandis que Gardefeu reste et préfère réfléchir. Il rencontre son ancien valet de chambre, Joseph, devenu guide au service du Grand-Hôtel : celui-ci attend le baron et la baronne de Gondremark, des suédois " chics " qui désirent connaitre la " Vie parisienne ". Gardefeu flaire une aventure et s'improvise guide; il remplacera Joseph à cet effet. Au débarcadère du chemin de fer, il s'empare du baron suédois dont la femme est ravissante, et il lui fait les honneurs de la capitale. Par le même train arrive également un Brésilien : il ne fait nullement mystère de ses intentions folichonnes. Gardefeu emmène " ses voyageurs ", soi-disant au Grand-Hôtel, en réalité chez lui.

ACTE DEUXIÈME : Chez Gardefeu.
- Le baron et la baronne arrivent et s'étonnent de trouver l'hôtel si petit et si dépeuplé. Gardefeu sait répondre à tout. Comme la baronne lui paraît être tout à fait charmante, il s'est mis en tête de lui faire remplacer Métella. Le baron, à son tour, est très confident : il montre ses lettres de recommandation pour une certaine Métella. Sa surprise n'a pas de bornes lorsqu'il constate que Gardefeu est à même de le mettre immédiatement en relations avec cette dame. Métella, après son arrivée, découvre sur le coup les intentions et les projets de Gardefeu. Elle lui fait des complimenta au sujet de sa nouvelle " amie ", mais jure, en son for intérieur, de gâter le jeu à 1' " infidèle ".

ACTE TROISIEME : L'Hôtel de Quimper-Caradec
- Cet immeuble étant inoccupé actuellement, Robinet, complice de Gardefeu, l'a loué pour une nuit. Des domestiques y préparent un grand dîner, car Bobinet y a improvisé une soirée en l'honneur du baron chez un certain amiral suisse (Bobinet déguisé) dont les invités sont des domestiques travestis. On se met à table. L'acte se termine en un cancan endiablé.

ACTE QUATRIÈME : Dans un restaurant de nuit.
- La situation se complique, petit à petit, pour les protagonistes. Le baron, auquel Métella a donné des éclaircissements, a découvert les diverses mystifications et n'a plus aucune envie de se laisser duper plus longtemps. Métella a initié la baronne. Ce sont elles qui triomphent sur tous ces hommes couverts de ridicule. Ce sont elles qui entreprendront de réconcilier les divers prétendants amoureux et rivaux qui, un certain moment, voulaient même se battre en duel. Finalemcnt Métella lient à expliquer à Gardefeu qu'elle n'a agi que par amour pour lui et se réconcilie avec lui. La baronne pardonne à son tour et l'opérette s'achève sur un hymne à la " vie parisienne ".
 
 
 
 LA GRANDE-DUCHESSE DE GÉROLSTEIN
Opéra-bouffe en trois actes et quatre tableaux. Paroles de H. Meilhac et de Ludovic Halévy.

PERSONNAGES :
La grande-duchesse (soprano)
- FRITZ, soldat (ténor)
- Le prince PAUL (ténor)
- Le baron PUCK. (baryton)
- Le général BOUM (basse-bouffe)
- Le baron GROG - NEPOMUCK, ministre de la guerre
- WANDA, petite paysanne (soprano léger)
- Quatre demoiselles d'honneur - Soldats du Duché, etc..

L'action se passe au XVIIIe siècle dans un duché de fantaisie.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 12 avril 1867.
Le livret de celle opérette aurait à lui seul suffi au succès. La partition d'Offenbach ne le lui cède en rien. Elle abonde, comme ses soeurs, en pages devenues classiques, qui, même détachées de leur cadre, ont leur valeur intrinsèque.

NOMENCLATURE DES TABLEAUX :
Acte Ier : Le camp des soldats du duché.
Acte II : Une salle du palais ducal.
Acte III : (1er tableau) : La chambre rouge : une salle gothique.
(2e - ) ; Le camp.

ANALYSE :
Nous ne pouvons donner de cette œuvre qu'une courte analyse, car le jeu de scène, les excentricités des acteurs et les hardiesses des actrices ont formé la pièce elle-même. Cependant la voici en peu de mots :
Dans la principauté do Gérolstein, la grande-duchesse a confié le Commandement de son armée au général Boum. Elle passe ses troupes en revue quand elle remarque un magnifique soldat, Fritz, beau comme un astre, bête comme un sabre. Fritz devient le favori et monte en grade : sergent, comte, général en chef, il franchit pour ainsi dire sans coup férir tous les échelons de la hiérarchie et il remplace le général Boum qui tombe en disgrâce. Il finit par soulever l'envie, et un complot le menace. Mais Fritz au fond, est un cœur honnête; il devait se marier avec la petite paysanne Wanda; la fortune s'offrirait à lui s'il acceptait les faveurs de la grande-duchesse; il renoncera à cette dernière plutôt que de manquer de parole à Wanda qu'il épouse. Dès la nuit de ses noces, il est l'objet de mille farces de la part de celle dont il a excité le dépit : on lui donne des aubades, des sérénades, il est envoyé à la tête de quelques soldats pour attaquer un château voisin. Là, il est pris pour un galant, il reçoit une volée de coups de bâton, il perd ses grades aussi facilement qu'il les a gagnés, et son successeur est nommé : c'est le baron Grog. Mais lorsque la grande-duchesse apprend que le baron est marié et père d'une nombreuse famille, elle lui enlève le sceptre du commandement, et le général Boum remonte en selle.
N. B - Il existe une nouvelle version d'Albert Willemetz et André Brézillon qui a été créée à Genève le ler janvier 1949, dans laquelle le rôle de la grande-duchesse et de Wanda est interprété par une seule et même actrice.
 
 
 LA PÉRICHOLE
Opéra-bouffe eu trois actes.
Paroles de Henry Meilhac et Ludovic Halévy.

PERSONNAGES :
PIQUILLO, chanteur des rues
- Don Andrès de Ribiéra, vice-roi du Pérou
- Le comte de PANATELLAS, gentilhomme de la chambre
- Don PEDRO, gouverneur de la ville de Lima
-TARAPOTE
- La PERICHOLE , chanteuse des rues
- MANUELITA - MAGDALENA- BUGINELLA - MASTRILLA - PASQUINELLA - BRAMBILLA - NINETTA -
 
La scène se passe au Pérou, à Lima.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 6 octobre 1868.
" La Périchole " est, parait-il, un personnage historique, et c'est son aventure assaisonnée au goût du second empire que nous ont contée Meilhac et Halévy.
Quelle partition est plus délicieusement bariolée que celle de " La Périehole "! Dès le lever du rideau la musique pétille, sémille, sautille.

ACTE PREMIER : Une place de la ville de Lima.
- Jolie, disant agréablement la chanson, elle battait les rues de Lima, accompagnée de son amant Piquillo, escomptant les maravédis nécessaires à sa subsistance. S'ils ont le cœur sur la main, les Péruviens ne la mettent pas volontiers à leur poche et la pauvre chanteuse, mourant de faim, s'écroule exténuée sur un banc. Au cours d'une tournée d'interview de ses sujets, dont la fidélité lui parait douteuse, le vice-roi remarque les charmes de la belle endormie et subitement enflammé lui offre son cœur, un petit hôtel et le reste. La constitution, eu la personne du gouverneur et du premier ministre, lui interdit pourtant de prendre possession immédiate de l'objet de sa convoitise, à moins que celui-ci ne soit, en bonne forme, muni d'un juste époux. Mais, où le retrouver et où découvrir en ce dimanche, le notaire qui enregistrera le mariage? Grâce à force de malaga, xérès et madère, tout s'arrange, et abominablement gris, Piquillo épousera devant le vice-roi, le gouverneur et le ministre, tous dans les treilles du seigneur, sa Périchole également ennuagée : ronde folle, farandole tourbillonnante.

ACTE DEUXIÈME : Dans l'une des salles du palais.
- Tout le monde est dégrisé. Piquillo, duc de Mançanarès, doit présenter sa femme à la cour du roi. Fureur de Piquillo, et refus de présenter sa femme. Pour punir le mari récalcitrant, on l'envoie au cachot et la cérémonie est à refaire. Nouveau final d'Offenbach, comiquement pompeux, mais combien savoureux.

ACTE TROISIÈME : Une salle du palais royal.
- Nous retrouvons la folle société comme au dîner du roi, servi selon l'étiquette de la cour. Au lieu d'une présentation, ce sera un congé que prendront la Périchole et Piquillo, préférant aux honneurs, la liberté à deux et le vice-roi pardonne.
 
 
 LES BRIGANDS
Opéra-bouffe en trois actes. Livret de Meilhac et Halévy.

PERSONNAGES :
FALSACAPPA, brigand
- FIORELLA, sa fille
- Le prince de MANTOUE
- Le prince de GRENADE
- La princesse, sa fille
- L'ambassadeur - ANTONIO, caissier - PRANCOLETTO -- Etc.

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 10 décembre 1869.
La pièce et la musique se marient à souhait : c'est que jamais partition n'avait été plus variée, jamais livret n'avait été plus fin, plus ironique et au fond plus vrai.

ANALYSE :
Le brigand Falsacappa a appris que le prince de Grenade envoie sa fille à la cour de Mantoue où elle se mariera avec le chef de cette principauté. L'ambassadeur chargé de cette mission doit revenir avec une somme de trois millions. Falsacappa a l'idée de substituer le portrait de Fiorella, sa fille, à celui de la princesse et de se faire passer lui-même avec ses acolytes pour l'ambassadeur et son cortège. Mais au lieu du trésor qui a été dissipé par Antonio, caissier prévaricateur et amateur de " petites femmes ", - ce caissier est la trouvaille de la pièce - Falsacappa ne trouve qu'un coffre vide ou à peu près. Survient le véritable ambassadeur.
Celte tentative coûtera cher à Falsacappa, si le prince ne reconnaissait dans Frangoletto, une jeune fille qui lui a jadis sauvé la vie. Les brigands sont amnistiés et pourront aller à de nouveaux exploits.
 
 
 MADAME FAVART
Opéra-comique en trois actes. Livret de Chivot et Duru.

PERSONNAGES :
Monsieur FAVART
- Le marquis de PONTSABLÉ
- Hector de BOISPRÉAU
- COTIGNAC - BISCOTIN - Le sergent LA ROSSE - Un tapissier - L'exempt - Un officier
- Madame FAVART
- SUZANNE - JOLICŒUR - SANS-QUARTIER - LARISSOLLE - BABET - JEANNETON
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Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Folies Dramatiques, le 28 décembre 1878.
Durée du spectacle : 3 h 10.
La partition est excellente, et quelques pages en sont bien venues.
Des trois actes, le premier se passe dans une auberge à Arras; le second chez Hector. L'action du troisième se déroule au camp de Fontenoy, au soir de la victoire.

ANALYSE :
Le maréchal de Saxe, grand homme de guerre autant que grand libertin, poursuit de ses assiduités Madame Favart, actrice célèbre et vertueuse épouse de l'auteur dramatique Favart. Aussi pour se soustraire aux poursuites de l'amoureux et vindicatif maréchal, Madame Favart, experte en l'art de se transformer - on n'est pas pour rien comédienne! - revêt successivement des costumes de veilleuse, de soubrette, de grande dame, de duègne.
L'histoire est très enchevêtrée, car il faut dire qu'autour du couple Favart gravitent une série de personnages qui tiennent à l'action par des liens plus ou moins lâches et qu'un poste de lieutenant de police disputé par deux concurrents et finalement obtenu par celui qui le méritait le plus, au grand dam du gouverneur de l'Artois, le marquis de Pensablé destitué par le même décret qui nomme Monsieur Favart directeur de l'Opéra-comique.
Tout est bien qui finit bien, mais que de quiproquos en ces trois actes, et bien malin qui prétend pouvoir s'en sortir.
 
 
 

 LA FILLE DU TAMBOUR-MAJOR

Opérette-bouffe en trois actes et quatre tableaux. Paroles de Henri Chivol et d'Alfred Duru.

PERSONNAGES :
GRIOLET, tambour (trial)
- ROBERT, lieutenant (baryton)
- MONTHABOR (basse)
- Della VOLTA - BAMBINI - CHAMPAS - GREGORIO - Sergent MORIN
- Un domestique - ZAMBINELLI - Del PONTO -
- STELLA (soprano)
- La duchesse Délia VOLTA (mezzo-soprano)
- CLAUDINE - La prieuse - FRANCESCA - LAMENZA - LUCREZIA -

L'action se passe en Lombardie en 1806
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 13 décembre 1879.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.

Parmi les opérettes de Jacques Offenbach " La Fille du Tambour-Major " s'est conquis une place exceptionnelle dans le répertoire des théâtres français, et ceci grâce à son sujet nous rappelant les jours glorieux de l'armée napoléonienne en Italie et grâce au charme et à la fraîcheur de sa musique.
La pièce n'est guère autre chose qu'un décalque assez adroit du livret de " La Fille du Régiment " de Donizetti, dont elle a pris le fond et la plupart des situations.

NOMENCLATURE DES TABLEAUX :
Acte Ier : Dans un couvent.
Acte II : Une salle du château du duc.
Acte III : ( ler tableau) : L'hôtellerie du "Lion d'or " à Milan.
(2° - ) : Une rue de Milan.

ANALYSE :
Une compagnie de soldais, à la tête de laquelle se trouve le lieutenant Robert, franchit les Alpes et va rejoindre l'armée lancée en Italie par le premier Consul pour harceler les troupes italiennes commandées par le général Mélas. La compagnie du lieutenant Robert, avec le tambour-major Monthabor et le petit tambour Griolet, envahit un couvent de femmes qui ont fui, apeurées. Seule, l'une d'elles, plus audacieuse, Stella, fille du duc et de la duchesse délia Volta, est restée. Le lieutenant Robert se met à aimer cette vaillante petite personne qui suivra dorénavant le régiment.
Or, voici que Robert reçoit un billet de logement dans le palais du duc de Novare; et - le hasard des opérettes le voulant ainsi - le tambour-major Monthabor et la duchesse délia Volta, sa femme divorcée, se retrouvent : Stella est leur fille! Stella n'écoutant que son cœur, s'engage comme vivandière dans la compagnie de son père.
On se met à la poursuite de Monthahor, de Robert et de Stella; celle-ci prise par la police autrichienne, va être forcée d'épouser un marquis Bambini, choisi par ses parents, lorsque la victoire de Bonaparte vient tout changer in extremis. Les Français entrent, acclamés, dans la ville de Milan qui salue ses libérateurs, et Stella se mariera avec Robert!
 
 
 
 PETIT
Pierre PETIT est né le 21 avril 1922 à Poitiers (Vienne). Il ne tarda pas à se consacrer uniquement à la musique et travailla l'harmonie avec Nadia Boulanger. Premier Grand Prix de Rome à 23 ans, il présenta après un séjour de trois ans à la villa Médicis à Rome, une thèse de doctorat-ès-lettres sur " Verdi ".
Le compositeur a beaucoup écrit pour le concert (piano, mélodies, musique de chambre). Il aborda le théâtre en 1946 avec " Le jeu de l'amour et du hasard ", un acte d'après Marivaux, pour arriver à " La Maréchale Sans-Gêne " (1948) considérée comme sa meilleure œuvre.
 
 

 LA MARÉCHALE SANS-GÊNE

Opérette à grand spectacle en trois actes et treize tableaux, d'après la pièce, de Victorien Sardou et Emile Moreau
Adaptation de Maurice Lehmann. Couplets d'Albert Willemetz.

PERSONNAGES :
Catherine HUEBSCHER, la maréchale SANS-GENE (soprano)
NAPOLÉON
- FOUCHE, duc d'Otrante, ministre de la police
LEFEBVRE - NEIPPERG - DESPREAUX
- SAVARY, duc de Rovigo
- JASMIN - LEROY - VA-BON-TRAIN - SAINT-MARSAN -FONTANES - COP - LAURISTON - JOLICOEUR - DUROC - CONSTANT - RISSOUT - JUNOT - PINERT - Un fort - M. de BRIGIDE - HOCHE - Un garçon - ROUSTAN -
- MARIE-LOUISE, impératrice - Reine CAROLINE - Princesse ELISA - Mme de BULOW - ZÉNOBIE -
Mme de TALHOUET - TOINON - Mme LOBLIGEOIS - Mme de MORTEMART JULIE .
Mme de VINTIMILLE - Mme de BRIGNOLLES
La ROUSSOTTE - Mme de ROVICO - Mme de BASSANO -

L'action se passe en 1792 et en 1811.
Première mondiale : à Paris sur le théâtre du Châtelet, le 17 février 1948.

Acte Ier
(Ier tableau) : Un bal populaire, le 14 juillet 1792.
(2e La blanchisserie de Sans-Gêne.
(3e La prise des Tuileries (10 août 1792.).
(4e Le boudoir de la duchesse de Dantzig.
(5e Une réception chez la maréchale Lefèbvre.
Acte II
(6e Une chasse à courre en forêt de Compiègne.
(7e Le cabinet de l'Empereur.
(8e La mansarde de Bonaparte
(9e Le cabinet de l'Empereur.
(10e La salle des Maréchaux
(11e Une fête à Compiègne (Ballet des Incas)
(12e La lettre à Neipperg
(13e Le défilé des vivandières


Le 10 août 1792, Catherine, blanchisseuse, attend Lefèbvre, son amoureux, sergent aux gardes qui est parti avec ses camarades prendre les Tuileries. L'émeute gronde. Paris, révolté, est plein de roulements de tambour et de coups de feu.
Soudain, un officier autrichien blessé, Neipperg, entre chez Catherine et la supplie de le cacher. Il est poursuivi par les républicains; sa vie est en danger. Catherine qui a bon cœur, l'enferme dans une chambre dont elle garde la clé. L'émeute s'apaise. Lefèbvre rentre, questionne Catherine, s'empare de la clé et découvre le blessé. Après une querelle et des explications, le sergent favorise avec son amie l'évasion du blessé.
Quelques années plus tard, sous l'Empire, Lefèbvre est maréchal, duc de Dantzig. Catherine qu'il a épousée est ainsi devenue duchesse. Le rôle est bien délicat pour l'ancienne blanchisseuse qui a gardé ses allures d'enfant du faubourg, d'où son surnom de " maréchale Sans-Gêne ".
L'Empereur, outré des mauvaises manières de Catherine, enjoint à Lefèbvre de divorcer. Mais celui-ci refuse de quitter sa compagne des mauvais jours. L'Empereur parle à Catherine pour la convaincre de cette nécessité, mais c'est la " maréchale Sans-Gêne " qui lui démontre qu'elle aime l'armée bien plus que tous ces nouveaux dignitaires et qu'elle représente à la cour la classe attachée avec le plus de désintéressement au pays et à l'Empire.
Mais un autre drame menace la " maréchale ". L'Empereur soupçonne Neipperg d'être l'amant de Marie-Louise. Ayant surpris un rendez-vous de l'Autrichien avec l'Impératrice, il le fait arrêter. Neipperg, ayant tiré son épée contre Napoléon, sera fusillé.
Catherine, aidée de Fouché, ancien ministre, qui cherche une occasion de rentrer en faveur, fera évader Neipperg au dernier moment et s'arrangera pour que Napoléon, dans une lettre qu'il
interceptera, découvre l'innocence de l'Impératrice. Tout le monde sera satisfait. Fouché surtout qui, après cet exploit, redeviendra ministre de la police. Tout s'achèvera dans une grande fête pour laquelle la " maréchale Sans-Gêne " reprendra son ancien costume de vivandière.

 
 PLANQUETTE
Robert PLANQUETTE est né le 31 juillet 1848 à Paris. Il fit ses études élémentaires au Conservatoire, puis reçut des leçons de Duprato, et fit jouer d'abord quelques opérettes au café-concert de l'Eldorado, puis aux Délassements-comiques. Il aborda ensuite les théâtres d'opérettes, ou il fit représenter " Les cloches de Corneville " (1877), " Rip " (1884), etc. On lui doit encore un petit recueil de douze chansons militaires, intitulé " Refrains du régiment".
Le compositeur est mort le 28 janvier 1903 à Paris. Il appartient donc encore un peu à notre siècle. Pourtant, ses mélodies nous semblent aujourd'hui évoquer des souvenirs lointains d'une époque disparue depuis bien longtemps.
 
 
 

 LES CLOCHES DE CORNEVILLE

Opéra-Comique en trois actes et quatre tableaux. Paroles de Clairville et de Ch. Gabet.

PERSONNAGES :
HENRI, marquis de Corneville (baryton)
- GRENICHEUX (ténor)
- SERPOLETTE (soprano)
- GERMAINE (soprano)
- GASPARD
- Le bailli (ténor)
- Le tabellion
- GRIFFARDIN - CACHALOT - FOUINARD
- NANETTE - JEANNE - GERTRUDE - SUZANNE - CATHERINE - MARGUERITE -
 
L'action se passe à Corneville à la fin du règne de Louis XIV.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 19 avril 1877.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.
" Les cloches de Corneville " se rapprochent très souvent du genre de l'opéra-comiqne quant à l'action. Du point de vue musical cependant cette œuvre représente le type d'une bonne, vieille opérette avec ses couplets, ses ensembles, ses polkas et ses valses. Bien des lois, elle fait penser à " La dame blanche ", le célèbre opéra de Boieldieu, mais la musique porte nettement le cachet d'une opérette du temps peu avant notre siècle.

PREHISTOIRE :
Le vieux marquis de Corneville, compromis dans une conspiration, a été obligé de s'expatrier il y a une vingtaine d'années avec son petit fils Henri, un tout jeune enfant. Avant son départ, il a confié la gérance de sou château et de sa fortune à son fermier Gaspard; mais, mandataire infidèle, Gaspard se comporta en maitre absolu et profita de l'absence du seigneur pour poursuivre une politique personnelle et intéressée. Il fit passer la jeune Germaine, comtesse de Lucenay, pour sa propre nièce en faisant disparaître son acte de naissance du registre de baptême. Par ailleurs, pour jouir en paix des trésors accumulés au château, il a répandu la légende d'anciens châtelains qui hanteraient le château la nuit. Il est vrai que le nouveau bailli, plus curieux que le précédent, a deviné avec perspicacité l'intrigue du fermier; aussi, pour le gagner à sa cause, Gaspard a-t-il promis au bailli en mariage la charmante Germaine. Quant à Germaine, elle a juré de n'épouser que l'homme qui, il y a deux ans, lui a sauvé la vie, alors qu'elle allait se noyer.

ACTE PREMIER : 1er tableau : Un sentier boisé non loin du château de Corneville.
- Les filles du village se racontent les " potins " du jour : l'histoire du méchant Gaspard, celle du gros bailli, celle du pêcheur d'écrevisses Grenicheux, celle de Germaine, et enfin l'histoire de Serpolette, enfant trouvée. Germaine ne veut consentir à épouser le bailli; elle préfère s'embaucher comme servante. Ce faisant, elle tente également de se dérober aux avances de Grenicheux qui prétend l'avoir sauvée des flots. Serpolette, elle, aime Grenicheux, mais le traite avec beaucoup de dureté pour prétendre d'obtenir la main de Germaine. Un étranger, capitaine d'un brick, revient d'Amérique; il n'est autre que le marquis de Corneville, venu reprendre possession de son château. Mais il ne veut pas se faire reconnaître tout de suite. Germaine le met en garde contre les revenants qui hantent le château et lui conte que selon la légende répandue dans le pays, le retour du marquis doit être salué par un carillon de toutes les " cloches de Corneville ".

2e tableau : Le marché de Corneville.
- Pour soustraire Germaine à la rage de Gaspard (qui lui reproche de refuser le bailli pour époux) Henri l'embauche; Serpolette et Grenicheux entrent, à leur tour, au service du jeune marquis. Quand Gaspard survient, les jeunes gens sont en train de signer le contrat. Il veut se précipiter sur Germaine, mais Henri le repousse en lui opposant la loi du pays qui veut que celui qui a été embauché ne peut être poursuivi pour ses fautes dans les six mois à venir.

ACTE DEUXIEME : Une grande salle du château de Corneville.
- Accompagné de quelques hardis matelots de son navire et suivi de Germaine, de Serpolette, de Grenicheux et du bailli, Henri pénètre dans le château de ses pères pour en "chasser" les fantômes. Ou découvre des documents qui établissent l'existence d'une comtesse de Lucenay et qui semblent, d'après leur date, éclaircir le mystère des origines de Serpolette. Le marquis apprend de Germaine qui lui plaît, qu'elle ne veut épouser Grenicheux que parce qu'il l'a sauvée, il n'y a pas longtemps, d'une mort certaine. C'est alors que le marquis reconnaît en Germaine, la jeune fille, qu'il a sauvée lui-même des flots et qu'il a dû remettre, encore inanimée, à un jeune paysan qui se trouvait non loin. Mais ou a aperçu une barque s'approchant du château, c'est Gaspard qui vient jouer sa comédie des " fantômes ". Il s'effraie à mort, lorsque la suite d'Henri lui arrache ses sacs d'or chéris, et quand, tout à coup, les cloches du château se mettent à sonner, annonçant le retour du propriétaire, sa raison s'égare.

ACTE TROISIEME : Un parc du château de Corneville.
- Serpolette qui a été reconnue vicomtesse de Lucenay est entrée en possession de son héritage. Ayant engagé Grenicheux en qualité de valet de chambre, elle s'en est allée de suite à la cour du roi et revient à présent pour assister à une fête qu'Henri donne à ses manants en ce jour. Malgré elle, Germaine surprend une conversation entre Grenicheux et Henri. Grenicheux doit avouer que ce n'est pas lui, mais un capitaine inconnu qui a arraché Germaine aux flots. Il ne saurait donc plus prétendre à la main de celle jeune fille. Mais comment marier une servante à un marquis? Gaspard recouvre fort heureusement lentement sa raison, au moins pour un moment. Il reconnaît eu Henri le marquis de Corneville et lui remet la page concernant la fille du comte de Lucenay, arrachée au registre de naissance. Preuve en main, il prouve que Germaine s'appelle en réalité, Lucienne et qu'elle est la fille du comte de Lucenay. Serpolette, par contre, est un enfant de bohémiens que Gaspard a trouvé dans un champ et élevé par pitié, ainsi que le prouve le même feuillet du registre. Serpolette doit donc remettre à Germaine la fortune du comte de Lucenay qu'on lui avait remise à tort. Ricn ne s'oppose donc plus à ce qu'Henri de Corneville épouse Germaine, vicomtesse de Lucenay qu'il aime et qui lui rend son affection. Gaspard est pardonné. Serpolette se consolera de sa désillusion en restant l'amie de Germaine. Elle préfère rester fille et renvoie Grenicheux qui, une fois de plus, lui offre sa main.
 
 
 RIP
Opéra-comique en quatre actes et sept tableaux. Livret de Meilhac, Gille et Farnie.

PERSONNAGES :
RIP van WINCKEL (baryton)
- NELLY, sa femme (soprano)
- LOWENA et JACK, ses enfants
- DERRICK, le gouverneur
- ISCHABOD, jeune médecin (ténor)
- Nick VEDDER (basse)
- KATE, sa fille (soprano)
- JACINTHE, sa servante
- Le capitaine HUDSON (basse)
- Le capitaine PICKLY - Le nain - Deux buveurs.

Personnages du IIIe acte :
RIP (baryton)
- NELLY, sa femme (soprano)
- Jean NICK fils
- ISCHABOD (ténor) - DERRICK - JACK (ténor)
- LOWENA (soprano) - KATE (soprano).
 
L'action se passe à Kaatskill, petite localité des bords de l'Hudson, au temps où l'Angleterre régnait encore sur les États-Unis d'aujourd'hui (milieu du XVIIIe siècle).
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Folies-Dramatiques en 1881.
Durée du spectacle : 3 h. 10.
" Rip " n'est pas une opérette au vrai sens du mot. C'est plutôt un excellent opéra-comique de la meilleure tenue musicale avec en plus un troisième acte se haussant jusqu'au dramatique. Son libretto est adroitement agencé, la musique de Planquette est jolie, légère, sans aucune vulgarité, dramatique par moments.

ACTE PREMIER : A Kaatskill, petite localilé des bords de l'Hudson.
- En vagabondant à travers le massif de Kaatskill, le paresseux et sympathique Rip van Winkel a découvert le trésor du chef des pirates Hudson, le fondateur de la colonie américaine, il y a quelque cent ans, qu'administre le bourgmestre Derrick, son impitoyable créancier et son ennemi le meilleur. Sur le point de voir sa maison saisie, Rip paie brusquement, mais imprudemment, sa dette avec l'or français du capitaine Hudson. Devant la menace d'une arrestation, Rip se voit obligé de fuir.

ACTE DEUXIEME :
Poursuivi dans les monts, Rip sème les soldats de Derrick et les bourgeois lancés à ses trousses et retourne à l'endroit où il a pris une partie de l'or du capitaine Hudson. Plusieurs tableaux montrent Rip toujours plus avant dans sa recherche et finalement près des barils où sont les doublons. Brisé par les émotions et rompu de fatigue, Rip s'endort d'un profond sommeil. Il rêve et, dans son sommeil, se voit condamner à dormir vingt ans.

ACTE TROISIEME : Cet acte met en scène le rêve de Rip.
C'est après vingt ans que Rip se voit rentrer à Kaatskill et qu'il trouve sa femme mariée à Derrick, sa fille Lowena fiancée à Jack, le fils du bourgmestre, sa maison agrandie et embellie. Mais vieilli et infirme, personne ne veut plus le reconnaître. Rip, pris pour un imposteur, devra finalement fuir devant les coups de bâton de ses anciens voisins.

ACTE QUATRIÈME : Heureusement que tout ceci n'a été qu'un mauvais cauchemar.
Les appels réitérés de sa fidèle Nelly et de ses amis Nick Wedder et lschabod, partis à sa recherche, parviennent non sans peine à réveiller Rip. Mais il ne peut se rendre à l'évidence, toujours influencé par son cauchemar. Il faut toute la persuasion de Nelly, pour prouver à l'incorrigible vagabond qu'il a dormi, qu'il a rêvé et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes! En effet, le gouverneur a acquis la maison van Winckel. Rip est désormais riche et peut sans scrupules se laisser aller à ses habitudes de paresse et de vagabondage. Derrick ne fera plus contre un homme " calé " ce qu'il a fait contre un pauvre diable. Jack et Lowena seront fiancés plus tard. Allégresse générale.
 
 
 
 POSFORD
POSFORD, dont les œuvres sont surtout connues et appréciées en Europe centrale, a eu recours à la collaboration de M. Grun, pour composer son chef-d'œuvre " Balalaïka ". Il est l'auteur de nombreuses œuvres de musique légère et d'opérettes, mais aucune n'a obtenu un succès aussi complet que l'ouvrage analysé ci-après.
 
 
BALALAÏKA
Opérette en trois actes et douze tableaux de Maschwitz. , Adaptation de Maurice Lehmann. Couplets de H. Wernert. Musique de Posford et Grun. Airs de R. Stolz.
 
PERSONNAGES
Le colonel BALAKIREW (basse)
- NICKY (trial)
- MASHA (soprano)
- Le comte Pierre KARAGIN (baryton)
- Le prince KARAGIN, son père
- LYDIA, danseuse (soprano)
- MARAKOW, instituteur, son père
- Mme MORRISSON, américaine
- MORRISSON, son mari -
- ALEXIS -
-MANIEFF
- Le chauffeur de taxi SERGE DENIKOW
- L'officier cosaque - Le Hollandais - Un révolutionnaire - Le régisseur
- FEYDIA - La vieille MASHA - Anna PETROVA - MARIE - La dame anglaise
FEDORA VARVARA Une femme - Danseurs et chanteurs étrangers, " Diables rouges , danseuses, policiers et soldats, exilés, officiers de cosaques.
 
L'action se passe à Paris et à Saint-Petersbourg.
Création en français à Paris, sur le théâtre du Chatelet.

Acte Ier : (1er tableau) : A Montmartre, devant le cabaret russe " Le Balalaïka ",
(2e - ) Au foyer de la danse du Théâtre impérial de, Saint-Petersbourg.
(3e - ) Devant le restaurant " Balalaïka dans l'île des tziganes, près de Saint-Pétersbourg.

A Montmartre, la nuit, en 1924, à l'époque de la vie facile, le colonel Balakirew chante s'accompagnant de sa balalaïka devant le cabaret, nommé " Balalaïka ", tenu par Nicky et sa femme Masha. Une anglaise demande au portier s'il est vrai que les danseurs et chanteurs de l'établissement sont d'anciens nobles russes venus à Paris depuis la guerre, exilés de leur pays, " Presque tous ", répond ce dernier et il commence à raconter leur histoire.
Nous remontons alors à 1914. Le foyer de la danse du Théâtre impérial de Saint-Pétersbourg est envahi par des officiers malgré l'interdiction de leur colonel et malgré les efforts du jeune régisseur Nicky. Le capitaine de ces " Diables rouges " est le comte Pierre Karagin, fils "lu prince Karagin. Pierre est amoureux de Lydia, mais qui luttant contre son coeur et craignant la colère de son père Marakow repousse les avances du bel officier.
Pourtant Pierre qui donne le lendemain une fête au célèbre restaurant de nuit " Balalaïka " dans l'île des tziganes, y invite la jeune fille. Lydia, malgré un premier refus s'y rend. Sou père vient l'y chercher, mais elle refuse de le suivre. Pierre avoue qu'il l'aime et promet de l'épouser Le prince Karagin vient annoncer la tragique nouvelle de la déclaration de la guerre à l'Autriche. Pierre et ses amis doivent partir le lendemain à l'aube. Il emmènera Nicky comme ordonnance, au grand désespoir de Masha qui l'aime. Nicky ne fait pas même attention à elle, étant lui aussi, amoureux de Lydia.
Acte II : (4 tableau) : Noël 1916. En Galicie, au quartier général des cosaques.
(5 - ) . Les loges des danseuses du Théâtre Marinsky.
(6 - ) : La scène du Théâtre Marinsky.
(7° - ) : Derrière le rideau d'avant-scène.
(8e - ) : Chez Marakow, à Petrograd.
(9° - ) : Une fête au palais du prince Karagin.
 
Au bout de deux années et demies de front, Pierre reçoit l'ordre de rentrer à Saint-Pétersbourg. Il est chargé de veiller sur la vie du tzar. Les esprits sont, en effet, échauffés et l'insurrection gronde. Lors d'une représentation au Théâtre impérial, à laquelle le tzar assiste, Lydia est toute heureuse de revoir Pierre. Masha devenue étoile de la danse feint de dédaigner le brave Nicky qui a renoncé à l'amour de Lydia. Subitement une bombe est jetée vers le tzar. Heureusement, Pierre a tiré celui-ci en arrière, lui évitant la mort. L'auteur s'est enfui.
L'homme qui a jeté la bombe, c'est Marakow, le père de Lydia, qui est devenu un farouche révolutionnaire. Il est traqué par la police. Pierre, qui l'ignore, a accompagné Lydia chez son père, à qui il vient de nouveau demander la main de sa fille. Marakow croit alors que Pierre Karagin n'a fait la cour à Lydia que pour mieux le surveiller lui, le révolutionnaire. Il le crie à Lydia qui est folle de désespoir, tandis que les policiers et les soldats pénètrent dans la maison.
Marakow est arrêté. Mais la révolution éclate; il est arraché des mains des soldats qui l'emmenaient et devient commissaire du peuple. C'est lui qui, à son tour, vient arrêter le prince Karagin, au cours d'une brillante fête donnée dans son palais.
 
Acte III : (10° tableau) : Devant le "Balalaïka " à Paris.
(11e - ) : Devant le rideau.
(12e - ) : L'intérieur du cabaret " Le Balalaïka ".

En 1924, nous nous retrouvons de nouveau à Paris. C'est la nuit de Noël. Pierre qui a dû s'exiler gagne sa vie comme chanteur et danseur au " Balalaïka ". L'américaine, Madame Morrisson, voudrait danser avec lui; son mari lui offre à cet effet une liasse de dollars. Mais Pierre est troublé; il vient d'apprendre par les journaux que Marakow, nommé ambassadeur de l'U.R.S.S. à Paris, arrivera le jour même, dans la capitale. Les clients lui demandent de chanter; sa voix se brise, il éclate en sanglots. Le cabaret se vide.
Les exilés vont fêter Noël ensemble. Selon la coutume russe, Pierre regarde dans un miroir pour y voir son avenir. Il y aperçoit Lydia qui entre au " Balalaïka ". Est-ce une hallucination? Non, c'est bien le reflet de la jeune fille qui, derrière lui, descend l'escalier conduisant au cabaret. Elle s'avance vers Pierre. Le destin unira enfin les deux jeunes gens dont l'amour a survécu à tous les drames de la vie.
 
 
 ROGER
Victor ROGER naquit à Montpellier en 1853. Fils d'un musicien, il fît ses études musicales à Paris à l'école Niedermeyer et débuta à l'Eldorado par des chansons et des opérettes. Il rédigea le courrier des théâtres au " Petit Journal ".
Compositeur à la grâce légère et charmante, il a écrit la musique d'un assez grand nombre d'opérettes et de vaudevilles : " Joséphine vendue par ses soeurs " (1866) " Les vingt-huit jours de Clairette " (1892), " Clary et Clara " (1894), " La dot de Brigitte " (1895), " L'auberge du Tohubohu " (1897).
La mort le surprit en pleine activité à Paris, en 1903.
 
 
 JOSÉPHINE VENDUE PAR SES SŒURS
Opérette en trois actes. Paroles de Ferrier et Carré

PERSONNAGES :
Mme JACOB, concierge à Paris (alto)
- JOSÉPHINE, sa onzième fille (mezzo-soprano)
- BENJAMINE (soprano)
- MONTOSOL (baryton)
- Alfred PASCHA, ministre égyptien
- PUTIPHAR BEY, son neveu
- Les filles de Mme Jacob, etc

L'action se passe à Paris et au Caire en 1886.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, en 1886
L'opérette a remporté bien des succès. Divers airs en sont empruntés à l'opéra bien connu de Mehul " Joseph ".

ACTE PREMIER : A Paris, 97, rue du Château d'eau.
- Intervertissez la biblique histoire et vous aurez celle de Joséphine, onzième fille de Mme Jacob, concierge, dont la douzième est cette peste de Benjamine. Joséphine possède dans son gosier un engagement à l'Opéra; elle est élève du Conservatoire, comme il seyait à toute fille de concierge de l'époque, Benjamine se destine au beuglant. Joséphine a comme bon ami le baryton Montosol, malgré l'opposition de la mère Jacob qui rêve pour sa fille chérie, un avenir doré. Cet avenir se présente sous la forme d'Alfred Pacha, ministre égyptien, qui, séduit par le mezzo et par les charmes physiques de Joséphine, l'enlève au menton fleuri de sa digne mère et l'installe, non à l'Opéra du Caire, mais dans un somptueux palais khédival.

ACTE DEUXIÈME : Dans le palais d'Alfred Pacha, an Caire, puis dans le parc.
-- Dans ce palais surgît la famille Jacob entière, augmentée de Montosol, parti lui aussi à la poursuite de sa bien-aimée. Flattée dans son amour-propre de concierge, Mme Jacob consent, pour le bon motif, à mettre dans la main d'Alfred Pacha celle de sa fille. Trompée, dépitée, Joséphine consent au mariage, quand apparaît Montosol.

ACTE TROISIEME : Trois mois plus tard à Paris. Dans un riche salon bourgeois.
- Des péripéties sans nombre ramènent la tribu des Jacob, Alfred Pacha, son neveu Putiphar-Bey et Montosol à Paris où par les vins d'Alfred Pacha, revenu avec des sentiments paternels, Montosol épousera Joséphine et Putiphar-Bey la jeune Benjamine, après seulement que fussent dotées et mariées les dix autres filles de Jacob.
 
 
 LES 28 JOURS DE CLAIRETTE
Vaudeville-opérette en trois actes et quatre tableaux. Livret de H. Raymond et Antouy Mars.

PERSONNAGES
:
Clairette PASTOUREAUX, épouse de Vivarel (soprano)
- Bérénice PISTACHON, maîtresse de Vivarel (soprano)
- NICHOTTE - OCTAVIE
- Henri de VIVAREL, avocat (ténor)
- GIRARD, maréchal-des-logis-chef au 33e (baryton)
- MICHONNET, gazier (trial)
- BENOIT, pâtissier
- Le capitaine (basse)
- PÉPIN - Le vicomte - POIREAU - Le gardien.

L'action se passe à Paris et à Montargis, vers 1890.
Première mondiale à Paris en l892.
La musique écrite par Victor Roger, pour illustrer " Les 28 jours de Clairette " est bien amusante : avant tout elle dit bien ce qu'elle veut dire. Le chœur des modistes sur lequel se lève la toile pourrait être signé Maurice Yvain, tant il est pimpant, mais la plupart des autres couplets ont une allure vieillotte. Jamais pourtant, ils ne frisent la trivialité.

ACTE PREMIER : Au magasin des modes " A la couronne des Bluets.
- Clairette Pastoureaux a épousé, à la suite d'une aventure romanesque, l'avocat Henri Vivarel qui, pour convoler en justes noces, a abandonné, sans prévenir, sa maîtresse Bérénice Pistachon. Celle-ci pour se consoler a acheté un fonds de modiste. Clairette devant aller passer chez son oncle, " les 28 jours " que
Vivarel doit lui-même passer à Montargis, où il est appelé pour une période d'instruction comme sous-officier au 33e hussards, se rend chez Bérénice pour y faire l'acquisition d'un chapeau. Elle a donné rendez-vous à son mari chez sa modiste. Mais elle se trouve en retard et Vivarel se rencontre avec Bérénice à qui il n'ose avouer qu'il est marié. Il ne peut donc résister aux sollicitations de Bérénice qui veut l'accompagner à Montargis. Chez Bérénice se rencontrent également Gibard, maréchal-des-logis-chef au 33e, venu à Paris pour prendre le contingent des réservistes, le gazier Michonnet et le pâtissier Benoît, voisin de Bérénice, tous deux réservistes au 33e. A la suite d'une discussion, le pâtissier est fourré au bloc et ne pourra par conséquent pas rejoindre son régiment.

ACTE DEUXIEME : Dans la cour de la caserne de cavalerie de Montargis.
- A la caserne du 33e, Bérénice qui passe pour la femme légitime de Vivarel, séduit tout le monde par sa bonne grâce et surtout le capitaine qui la présente à tout l'escadron. Mais voici que Clairette, qui n'a pu trouver son oncle, absent d'Angoulême, arrive à la caserne, pour tenir, elle aussi, compagnie à son mari. Dans le train elle s'est trouvée avec Gibard, qui lui a fait la cour, la prenant pour la maîtresse de Vivarel, Bérénice passant pour la femme légitime. En apprenant qu'elle a été supplantée, Clairette devient furieuse et jure de se venger. Et comme on vient de dire que Benoît manque à l'appel, elle endosse l'uniforme du pâtissier et se présente comme étant Benoît.

ACTE TROISIÈME : 1er tableau : Deux chambres d'un château délabré des environs de Montargis, où les hussards sont en manœuvres.
Dans le compartiment de gauche : Vivarel et Gibard. Dans la pièce voisine Michonnet et Clairette qui doivent partager l'unique lit disponible. Michonnet trouve drôle les façons que fait le pseudo Benoit pour coucher avec lui. Finalement, Clairette s'en va seule dans un cabinet voisin. Auparavant, par un vasistas, Vivarel avait aperçu sa femme. Pour la retrouver, il envoie Michonnet dans le cabinet et en fait sortir Clairette. Scène au cours de laquelle Clairette giffle son mari devant Gibard et Michonnet ébahi. Michonnet appelle le poste et fait arrêter Benoît-Clairette qui passera en conseil de guerre.

2e tableau : Dans le parc du château.
- Benoit-Clairette est prisonnière dans l'orangerie et c'est Michonnet qui monte la garde. Il voudrait bien faire évader son camarade et lui fait porter, dans celte intention, des vêtements de femme. Arrivent Gibard et Vivarel qui, à leur stupéfaction, voient sortir Clairette en costume de villageoise, comme elle s'éclipse, entre Benoit, le vrai Benoît, qui ne sort d'un cachot que pour entrer dans un autre. Mais il est temps de procéder à l'interrogatoire de Benoît, qui comparait devant le capitaine, complètement abruti par tous ces événements auxquels il ne comprend goutte. Enfin, tout va s'expliquer : Benoît reprendra son sexe, Clairette sa place légitime et Bérénice consolera probablement Gibard.
 
 
 
 
 ROMBERG
Siegmund ROMBERG est né en Allemagne et y a joui d'une éducation solide. Il se rendit jeune en Amérique et trouva immédiatement un emploi dans l'un des grands théâtres de Broadway. En 1916, il fit représenter " The Girl from Brazil " qui n'eut que peu de succès. Il créa ensuite " Follow me ", " Maytime " (1917), " The Magic Melody " (1919), "The Poor Little Ritz Girl " (1920), " Love Bird " (1921), " Blossom Time " (1921), " Song of Love ", " The Student Prince " (1924), " Rosalie " (1928). Après avoir donné " The Desert Song " (1926), " The New Moon " (1928) et " Nina Rosa " (1930), Romberg parut vouloir renoncer à la scène et s'enferma dans un silence qui dura plusieurs années. Il en sortit en 1935 avec " May Wife ", en 1911 avec " Sunnay River " et en 1947 avec " Up in Central Park ".
 
 
 
 LE CHANT DU DÉSERT
Opérette à grand spectacle en deux actes et dix tableaux. Texte français de Ferréol et Saint-Granier.

PERSONNAGES :
JAC, l' " Ombre Rouge " (baryton)
- SID
- Onésime PAQUET, journaliste (trial)
- Le général-gouverneur (basse)
- ALI ben ALI (basse bouffe)
- Le capitaine CHARLIE (ténor) -
- HASSAN (basse)
- JENNY (soprano)
- AZURI (alto)
- SUZANNE, journaliste (soprano)
- CLÉMENTINE (mezzo-soprano)
-- EDITH - NÉRI MINDAR -
Le messager - Le vieillard - La sentinelle - Le sergent.

L'action se passe eu Arabie, au nord du désert syrien, de nos jours.
Première mondiale : à New-York, sur la scène du " Ziegfeld-Theatre " en 1926.
Première en France à Paris, sur le théâtre Mogador, en 1930. Durée du spectacle : 3 h. 1/4
La musique de cette opérette plait par sa diversité, sa chaleur et sa forme mélodique. Se haussant parfois jusqu'au ton de la comédie lyrique, elle ne dédaigne pas les motifs spirituels et légers de l'opérette et met les chanteurs habilement en valeur. D'agréables et vifs rythmes de danse y abondent.

Acte Ier : (Ier tableau) : Aux confins du Hoggar.
(2e - ) ; Uu reportage.
(3e - ) : Le palais du gouverneur.

Une tribu arabe, sous la conduite du Cheik Ali ben Ali, s'oppose opiniâtrement à la domination britannique et engage une lutte de guérilla dans la partie montagneuse du Sahara. La résistance de cette tribu rebelle aurait été brisée depuis fort longtemps, si un étranger mystérieux ne lui avait apporté une aide décisive, notamment eu lui faisant parvenir du ravitaillement. Les Arabes lui ont donné le nom d' " Ombre rouge ". Les Anglais ont mis sa tête à prix. Lui, par contre, a défendu expressément à ses protégés Arabes de porter atteinte à la vie d'un sujet britannique.
Le gouverneur britannique a une charmante nièce, un peu aventurière, nommée Jenny, qu'il a promise, malgré elle, au capitaine Charly. En réalité, elle a porté toute son affection au fils du gouverneur, Jac, qui a la réputation auprès de son entourage de manquer de courage et d'être indolent. Il n'a même pas osé avouer sa flamme à Jenny. Or, ce Tac et 1' " Ombre rouge " ne sont qu'une seule et même personne, .Jac s'adonne à ce jeu dangereux, pour fournir la preuve de son esprit d'initiative et d'aventures, pour se réhabiliter devant tous, notamment devant sa bien-aimée Jenny. Cependant, un jour, Jac, sous le déguisement de 1' " Ombre rouge ", rencontre la nièce du gouverneur, lui avoue son amour et la décide de s'enfuir avec lui.

Acte II (4e tableau) : La tente du Cheik Ali ben Ali.
(5e - ) ; Le ballet des burnous.
(6e - ) : Dans la maison du Maître.
(7e - ) : Au Harem.
(8e - ) : Le désert.
(9e - ) : Le retour d'Onésime Paquet
(10e - ) : Les jardins de la résidence.

Azuri, une jeune arabe, jadis la maîtresse du capitaine Charlie, mais répudiée par lui depuis, se trouve impliquée dans cette intrigue. Elle a juré de se venger et amène le gouverneur dans la tente du Cheik Ali ben Ali, où il retrouve Jenny prisonnière et où il somme 1' " Ombre rouge " (son fils qui porte un masque et un burnous rouge) à accepter le combat. Mais Jac refuse de se battre avec son propre père et accepte toutes les injures avec une résignation exemplaire. Outrés, les arabes, ses protégés, l'abandonnent ; ils le condamnent même à mourir dans le désert de soif et de faim.
Des soldats, sous la conduite du capitaine Charly, le poursuivent sur l'ordre du gouverneur, pour le ramener mort ou vif dans la résidence. Azuri, fort heureusement empêche le drame en dévoilant au gouverneur stupéfait que 1' " Ombre rouge " n'est personne d'autre que son propre fils. .Jac qui a retrouvé indemne le chemin du palais gouvernemental, obtient le pardon de son père et la main de Jenny, à la plus grande joie du journaliste Onésime Paquet et de sa secrétaire Suzanne qui ont égayé grâce à leurs reportage et commentaires, cette histoire un peu noire.
 
 
 NINA ROSA
Opérette à grand spectacle en deux actes et treize tableaux, d'après 0. Herbach. Livret français de A. Mouezy-Eon.
Lyrics de Albert Willemetz.

PERSONNAGES :
NINA ROSA, fille du directeur de la " Graig's Limited Company " (soprano)
- EMMA (soprano)
- HÉLÈNE - CAROLINE - YANA - Deux jeunes filles
- Jack HAINES, ingénieur (ténor)
- PIERROT, le contremaître parisien (trial)
- Don FERNANDO, riche propriétaire terrien
- PABLO, un métis
- Bob WILSON, contremaître américain
- OLIVE - CHICO
- Mr. GRAIC, directeur d'une société américaine
- TOM - Le gaucho - Le grand prêtre.

L'action se passe au Pérou de nos jours.
Première mondiale : à New-York, sur la scène du " Ziegfcld-Théâtre " en 1930.
Durée du spectacle : 3 heures.
Les airs de cette opérette à grand spectacle sont bien connus : sa renommée n'est plus à faire.

NOMENCLATURE DES TABLEAUX :
Dans les montagnes du Pérou, aux environs de Cuzco.
Une cabine de coiffeur à bord du " Valparaiso ".
Une rue à Cuzco.
Le café des Gauchos. -
Le Drill des Gauchos.
L'Hacienda de Don Fernando.
Les femmes sont méchantes. - La Rumba.
L'infernale poursuite dans la cordillièrc des Andes.
Le tunnel aurifère.
Le palais des Fils du soleil. - Les Incas.
Après l'explosion.
Les noces de Pablo. - Grand final.
 
ANALYSE :
Une société américaine a entrepris l'exploitation d'un gisement aurifère dit " Nina Rosa ", du nom de la fille de sou possesseur. Mr. Graig, directeur, a sur cette mine une option de trois mois qui va expirer dans quelques jours. L'ingénieur Jack Haines lui conseille l'abandon de cette option, le filon d'or paraissant épuisé. Lui-même en est navré, car il va falloir retourner en Amérique et laisser au Pérou la jolie Nina Rosa dont il est éperdument épris. Nina Rosa l'aime également. Elle vient de le lui avouer quand arrive Pablo, chef des gauchos du riche propriétaire terrien Don Fernando qui a concédé à Mr Graig l'option sur la mine. Pablo est un métis violent et infatué de sa personne. Il courtise Nina Rosa et a voué aux Américains une haine sans merci.
Il surprend un entretien très tendre entre Nina Rosa et Jack et jure la mort de ce dernier. Or, le contremaître américain, Bob Wilson, a découvert un nouveau filon d'une richesse inimaginable. Au lieu de révéler sa découverte à son directeur, il s'entend avec Don Fernando et Pablo qui lui paieront très cher sa trahison. Désormais ils n'auront plus qu'un seul but : empêcher Jack de retourner à la mine et d'y constater la richesse du nouveau filon. Pablo essaiera d'attirer Jack dans un guet-apens et d'y satisfaire sa vengeance. Mais Nina Rosa use de son ascendant sur Pablo pour surprendre le secret. Aux fins de sauver Jack, elle joue la comédie de l'amour. Finalement Jack triomphe des embûches de Pablo et arrive à temps pour empêcher Mr Graig d'abandonner son option. Il sera riche et épousera sa chère Nina Rosa.
 
 
 
 
SCHUBERT - BERTE
Franz SCHUHERT, né le 31 janvier 1797 à Vienne, a publié, très jeune encore, beaucoup de chansons, des morceaux pour piano, des quatuors pour instruments à cordes, même huit opéras qui malheureusement n'ont trouvé aucun accueil auprès des directeurs de théâtres. Il est mort, le 19 novembre 1828 à l'âge de 31 ans seulement, victime d'un sort cruel.
Henri BERTE naquit le 8 mai 1858 à Colgocy, en Hongrie. Ses opérettes n'ont pas enregistré beaucoup de succès. Seule sa comédie musicale ? Chanson d'Amour " a obtenu les faveurs du grand public, mais uniquement grâce aux délicieuses mélodies de Schubert, dont Berté s'est servi pour cet arrangement. Berté est mort fin août 1924 à Voeslau.
 
 
 CHANSON D'AMOUR
(LA MAISON DES TROIS JEUNES FILLES)
(Comédie musicale en trois actes. Livret français de Hugues Delorme et Léon Abric. Musique de Franz Schunert, adaptée pour la scène par Henri Berté.

PERSONNAGES :
- Franz SCHUBERT, musicien (baryton)
- Le baron FRANZ (ténor)
- MUHL, maître-verrier de la cour (basse)
- VOGL, chanteur de l'Opéra
- L'ARCHIDUC
- NOVOTNY, policier
- BRUNEL, maître-sellier
- BINDEL, maître de poste
- KUPEL, dessinateur
- SCHWIND, peintre
- STING, commerçant
- Un facteur - Un jardinier - Deux chanteurs de cours
- ANNETTE (soprano)
- JEANNETTE (soprano) et NANETTE (mezzo-soprano), filles de Muhl
- CARLINA, cantatrice italienne (soprano)
- Mme MUHL (contralto)
- Mme FOUFREDE, concierge
- Mme WEBER, locataire
- JANOT - ROSE, soubrette de la Carlina
- MARIE, bonne de Muhl
- Une voisine - Invités, policiers, enfants, danseuses, voisins, etc.

L'action se passe à Vienne et à Schoenbrunn, en 1826.
Première mondiale à Vienne, le 15 janvier 1916.
Première de la version française : Paris, sur la scène du théâtre Marigny, le 7 mai 1921.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
A tous les amateurs de saine et franche gaité, à tous les amateurs de mélodieuse musique il faut recommander " Chanson d'Amour ". Vécut-il encore, il est bien douteux que Schubert eût prêté sa musique pour se la faire chanter en scène par lui-même. L'eût-il fait, il aurait sans doute recherché des mains plus expertes pour mettre bout à bout lieder, tronçons de symphonies, moments musicaux, que sais-je encore, et les orchestrer. Tel quel, constatons pourtant que l'ensemble est fait pour séduire le public, ce qui n'empêche que le procédé employé par Berté manque vraiment de respect pour l'œuvre du grand musicien Schubert.

Notons aussi qu'il existe une suite à cette comédie musicale : c'est l'opérette " Hannerl " de Willner et Reichert, musique de Schubert arrangée par K. Lafite (Vienne 1917).

ACTE PREMIER : Dans la cour d'un vieil hôtel bourgeois de Vienne.
- Des chanteurs viennent dire leurs couplets sous les fenêtres. On leur jette des sous. La concierge voudrait bien les chasser, mais le propriétaire respecte ses locataires et surtout un bohème musicien, Schubert. Surviennent les trois filles de Muhl, verrier de la cour, Annette, Jeannette et Nanette.
Des amis de Schubert viennent chercher ce dernier pour dîner. On sort un jambon, un saucisson, du pain, des œufs et l'on dresse le couvert sous le lilas. Ou déménage les chaises de Schubert et le déjeuner commence au chant du quintette : " Assis au pied d'un lilas ". On boit aux amours du baron Franz et de la Carlina. Le retour des trois jeunes filles et des deux amoureux qui viennent de flirter sous les marronniers interrompt le déjeuner qui se termine par l'arrivée du père Muhl à la recherche de ses filles. Celles-ci lui présentent leurs fiancés, tandis qu'une aventure romanesque s'ébauche entre Annette et Schubert.

ACTE DEUXIÈME : Dans le salon de l'hôtel de M. Muhl.
- Chez les Muhl, le jour du mariage de Jeannette et Nanette, on donne un divertissement, on fait de la musique " à faire danser les anges ". On félicite Schubert sur son inspiration musicale Le sentiment d'Annette pour lui s'affirme Ses sœurs parlent avec elle et des amis pour effectuer une promenade hors de la ville. Elles échangent des baisers avec leurs amoureux, d'où un sextuor de chant. Mais Annette semble oublier déjà Schubert au bras de Franz. Arrive la Carlina, la maîtresse de celui-ci qui s'esquive. Scène curieuse avec le père Muhl. Elle fait une scène à Franz qui rentre gare à Annette ! Enfin aux sons d'une valse ils se réconcilient.
Le flirt d'Annette et de Schubert se poursuit dans un exquis duo d'amour, mais Schubert est trop timide. Annette n'est pas satisfaite, elle pleure de dépit. Elle rudoie le pauvre Schubert qui prie son ami de parler pour lui à Annette, car il n'a pas le courage. Franz chante donc une chanson que Schubert a composé pour la bien-aimée. Mais si la musique est de Schubert, les paroles sont de Franz et la conclusion est qu'Annette se jette dans les bras de Franz, tandis que Schubert s'effondre.

ACTE TROISIÈME : Devant le parc de Schoenbrunn.
- En présence du bonheur de Franz, Schubert a été très affecté; mais il s'est repris. Il comprend que Franz et Annette sont faits l'un pour l'autre. Chercher à les désunir serait une atteinte à l'harmonie. Si Annette en avait préféré un autre, ce serait un peu à lui (Schubert) qu'elle serait infidèle. Annette aime le musicien et non pas l'homme. Reste à rompre avec Carlina. Schubert s'en charge. Elle retournera à son archiduc et Franz el Annette chanteront leur duo d'hyménée : "Nous ferons un beau couple ". Schubert se consacrera désormais uniquement à son art, dans lequel il trouvera la force nécessaire pour oublier.
Dans une autre version, le baron Franz suivra la Carlina à Venise, tandis que Schubert reprendra l'éducation musicale d'Annette au point où il l'avait interrompue.
 
 
 
 SCOTTO
Vincent SCOTTO, né à Marseille de parents napolitains a eu des débuts bien difficiles. Quoique créateur de tant de refrains alertes, bien rythmés, il n'a accusé son premier succès qu'avec " La petite Tonkinoise ". En dehors de ses opérettes marseillaises, bien connues en Provence, il nous en a donné trois, " Les gangsters du Château-d'lf ", " Violettes impériales " (1947) et " La danseuse aux étoiles " (1949), qui ont trouvé très bon accueil auprès du grand public. Et, en marge de sa carrière, il a publié un recueil de pensées. Il est décédé en novembre 1952.
 
 
 VIOLETTES IMPÉRIALES
Opérette en deux actes.
Livret de Paul Achard, René Jeanne et Henri Varna, d'après le film d'Henry Roussel. Musique de Vincent Scotto.

PERSONNAGES :
- Don Juan d'ASCANIZ
- Le marquis
- ESTAMPILLO
- El LOQUITO
- CAMARD
- Deux conspirateurs
- NAPOLÉON III
- VIOLETTA
- Eugénie de MONTIJO, impératrice
- SERAFINA - ROSETTE - Mme d'ASCANIZ - La signora TAMBOURINELLI - CONCHA - PEPA - La duchesse d'ALBES.

L'action se passe à Séville en 1852 et à Paris en 1854.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre Mogador, en 1947.
Durée du spectacle ! 3 h. 1 /2.

Acte I : (ler tableau) : En Espagne. - Un patio à Sévillc.
(2° - ) : Au bord de Guadalquivir.
(3° - ) : Une soirée chez Madame d'Ascaniz.
(4? - ) : La plaza de los Novios.
(5e - ) : Sur le parvis de la Cathédrale.
(6e - ) : La Feria.

Une pauvresse marchande de fleurs, Violetta, a rencontré le comte Juan d'Ascaniz et ce fut immédiatement le grand amour. Mais la différence des situations sociales s'oppose au mariage de ces jeunes gens. Madame d'Ascaniz a, en effet, formé le projet de marier son fils à une jeune et aristocratique senorita, la très belle Eugénie de Montijo. Ce projet est secondé par le vieux marquis del Basto qui est amoureux, lui aussi, de la gentille Violetta. Aidé par le policier Estampillo qui, lui, convoite la main de Serafina, tante de Violetta, le vieux marquis s'efforce de prouver à la jeune fille, l'indignité de celui qui a pris son cœur. Il y réussit si bien que, rencontrant Mademoiselle de Montijo en compagnie de Juan, Violetta veut poignarder sa rivale. Mais celle-ci, ayant signifié son congé au jeune homme, s'oppose à l'arrestation de la jeune fille qui, émue et reconnaissante, prédit à Mademoiselle de Montijo qu'elle sera impératrice.

Acte II
(1 - En France. - Le salon des Violettes.
(2 - Symphonie eu Mauve .
(3 - Un bal aux Tuileries.
(4 - Rue de Rivoli.
(5 - Dans un cabaret " French Cancan ".
(6 - La loge de l'impératrice à l'Opéra.
(7e - Soir de gala.
(8 - Médaillon Second Empire
(9 - Evocation de Winterhalter.
(10 - Compiègne et ses fastes.

Trois années plus tard, la prédiction de Violetta s'est réalisée; Eugénie de Montijo est devenue impératrice des Français. Et, c'est en somme, une suite de circonstances nées de sa rencontre avec la bouquetière qui a rendu possible cette apothéose de Mademoiselle de Montijo. Superstitieuse, et d'ailleurs attachée à sa protégée, l'impératrice l'a fait venir à Paris et lui a confié les importantes fonctions de fleuriste en chef du palais impérial. Mais la jeune fille n'est pas heureuse, car Don Juan a emporté son cœur dans le grand voyage qu'il a entrepris au lendemain de sa rupture avec Mademoiselle de Montijo. Enfin, ce voyage s'achève et le jeune homme qui n'a cessé d'aimer Violetta arrive à Paris, où il a été nommé attaché militaire à l'ambassade d'Espagne. Il revoit Violetta. Cette fois-ci, rien ne s'opposera au bonheur des deux amoureux. Ce serait trop beau. Très imprudemment, Juan d'Ascariz s'est engagé à utiliser ses anciennes relations avec l'impératrice pour obtenir par elle un changement de la politique impériale. Mais l'impératrice refuse d'intervenir auprès de l'empereur. El voici le jeune homme séquestré dans un cabaret louche par ceux dont, si légèrement, il s'est fait le complice et qui vont mettre à exécution l'attentat qu'ils ont préparé pour prouver à l'empereur qu'il a tort de ne pas les prendre au sérieux. Violetta qui a tout découvert essaye de faire renoncer l'impératrice à son projet de sortie. Mais ne pouvant articuler rien de précis, la jeune fille se borne à invoquer des pressentiments. L'impératrice refuse de s'y arrêter, et malgré les instances affectueuses de Violetta, ne renonce pas à se rendre à l'Opéra, où elle voulait aller. Par un subterfuge habilement agencé, c'est Violetta qui se trouve seule dans le carrosse impérial au moment de l'attentat. Le hasard veut, d'ailleurs, qu'elle ne soit blessée que légèrement. Mais en exposant sa vie, elle a sauvé sa souveraine. Émue par tant de dévouement, l'impératrice obtient de l'empereur l'anoblissement de la jeune fille qui finira par épouser enfin celui qu'elle aime. Et ils seront très heureux, pendant que le vieux marquis se consolera avec Serafina.
 
 
 
 SIMONS
Moïse SIMONS est né à la Havanne (Cuba), le 24 août 1888 et décédé à Madrid, le 21 juin 1945. Parmi ses œuvres musicales, celle qui a obtenu le plus de succès est l'opérette "Toi, c'est moi " (1934).
 
 
 
 TOI, C'EST MOI
Opérette en deux actes et neuf tableaux de Henri Duvernois. Lyrics de Bertal Maubon el Chamfleury . Musique de Moïse Simons.
 
PERSONNAGES :
- BOB, jeune étudiant, 25 ans
- PAT, ami de Bob, même âge
- Pedro HERNANDEZ, directeur de la plantation aux Antilles, 45 ans
- ROBINET, résident colonial
- PFUTZ, secrétaire de tante Honorine
- Le speaker
- La PANOUSE, directeur au Ministère des colonies
- CICERON
- Le monsieur en blanc
- Le maître d'hôtel - Le douanier
- MARICOUSA, fille de Pedro, 18 ans
- HONORINE, tante de Bob
- VIVIANE, fille de Robinet
- LOULOU - BEDELIA- BECAUS E - LILY - GERMAINE - KIKI - MYTIO - CARMEN
- Un groom - Deux danseuses indigènes - Soupeurs, indigènes, dame du lavabo

L'action se passe à Paris et dans l'île Princesse, de nos jours.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 19 septembre 1934.

Acte Ier : (1er tableau) : Au dancing " Le tour du monde ".
(2 - ) : Sur la plage arrière du bateau qui va les emmener aux Antilles.
(3? - ) : Le bureau de Hernandez, directeur de la plantation, à l'île Princesse.
(4 - ) : Le quai de débarquement à l'ile Princesse.
(5 - ) : La plantation.

Bob, pour avoir trop fait appel au porte-monnaie de sa tante Honorine, a été envoyé par elle dans une plantation aux Antilles pour y travailler. Mais Bob qui a ouvert la lettre qu'on lui avait remise pour Pedro, le directeur de la plantation, connaît ce plan, et emmène son ami Pat pour le faire passer pour lui. Lui-même, il se dit son médecin et confie sons le sceau du secret professionnel à Pedro que son " client " se croit être souvent " Patrice Duvallon " et qu'une douche froide suffit alors pour le remettre à raison. Arrivent dans l'île, le résident Robinet et sa fille Viviane.. Celle-ci a fait nommer son père aux Antilles pour pouvoir suivre Bob qu'elle n'a vu qu'une fois, mais qui lui a inspiré une certaine passion. Pat fait des remontrances à Bob, mais ne peut rentrer en Europe, faute d'argent. Quelques douches le font se taire, tandis que Bob flirte avec Maricousa, la fille de Pedro, Peu après, Maricousa le surprend en train de flirter avec Viviane et les deux jeunes filles en viennent aux mains. Combat inégal où Maricousa, la fille de la pampa, l'emporte sur Viviane.

Acte II : ( 1er tableau) : Bureau du planteur Pedro Hernandez.
(2e - ) ; Chez le gouverneur.
(3e - ) : Une clairière donnant sur un lac.
(4e - ) ; Le jardin de la résidence.

Pedro veut marier Maricousa à Pat, le faux neveu. Sa fille n'est guère enchantée par ce plan. Pat a envoyé à la tante de Bob, un télégramme, où il lui fait croire qu'il va mourir. Celle-ci arrive sur place et tombe sur Maricousa qui lui confie son chagrin; elle doit épouser le " neveu " et elle aime le " médecin ". La tante saisit tout de suite la situation, prie Pat de continuer à jouer son rôle et fait semblant d'être dupe, elle aussi. Lors d'une réception chez le résident, Bob passe un " mauvais quart d'heure ". Il est pris dans son propre piège, d'autant plus que Maricousa, vexée de la scène avec Viviane, éveille sa jalousie avec l'aide de Pat. Mais dans une clairière, les deux se réconcilient, tandis que Pat et Viviane finissent par se trouver également. La nuit tropicale a même de l'influence sur les esprits de la tante Honorine. Elle fail annoncer son mariage avec Pedro. Mais lorsque le mystère Bob-Pat s'éclaircit, Pedro s'efface généreusement en faveur du résident, tout en restant l'ami de la maison.
 
 
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