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LE GRAND REPERTOIRE DES OPERETTES

 
3ème partie
Les liens sur toutes les opérettes se trouvent ici
 
 LEHAR
Franz LEHAR, enfant d'une famille hongroise, naquit le 30 avril 1870 à Comorn (Hongrie). Son père, chef de musique dans l'armée, l'envoya à douze ans déjà au Conservatoire de Prague, où il fut élève de Fibik et Dvorak. En 1888, il fut nommé maitre des concerts au théâtre municipal d'Eberfeld-Barmen. A partir de 1890, il fut chef de musique dans différents régiments de l'armée. C'est le 28 décembre 1905 que fut représenté pour la première fois" La Veuve joyeuse " qui allait devenir si célèbre et qui enregistre encore des succès dans le monde entier. Il donna ensuite les opérettes suivantes : " Le comte de Luxembourg " (1909), "La danse des libellules " (1921), " Paganini " (1925), " Le Tzarévitch " (1927), " Frédérique " (1928), une opérette alsacienne, puisque retraçant les amours du jeune Gœthe et de la petite Brion, " Le pays du sourire " (1929), pour ne citer que les œuvres les plus populaires des quelques trente opérettes. Nous lui devons aussi un grand nombre de chansons et de marches militaires. Après un séjour de deux ans en Suisse (de 1916 à 1918) il retourna en Autriche, où il mourut dans sa résidence de Bad lschl (Salzkammergut), le 21 octobre 1918, à l'âge de 78 ans.
Franz Lehar est le créateur de la " Grande Opérette ". Ses opérettes lui ont valu une réputation mondiale. Cependant, traitant des sujets tirés du milieu mondain, elles manquent de sens satirique, de critique de la société et de son temps. Il n'y a que des histoires d'amour que le compositeur prenait trop au sérieux. L'énorme succès de ses œuvres est surtout dû au grand talent de l'éminent musicien et à sa riche inspiration mélodique, à la base de laquelle se trouve pourtant une certaine sentimentalité décadente. Ainsi il a produit à profusion ces brillantes, expressives mélodies qui sont portées par l'ampleur d'une voluptueuse et raffinée sonorité orchestrale. Franz Lehar est le vrai " Puccini de l'opérette ".
 

 LA VEUVE JOYEUSE
Opérette en trois actes d'après Meilhac de Victor Léon et Léon Stein. Adaptation française de R. de Flers et G.-A. de Caillavet

PERSONNAGES :
- Le prince DANILO, attaché militaire marsovien (ténor)
- Le baron POPOFF, ministre de Marsovie à Paris (grand comique)
- Camille de COUTANSON, lieutenant des chasseurs (ténor)
- FIGG, drogman (trial)
- LERIDA, consul de Guatemala
- d'ESTILLAC, attaché militaire belge
- KROMSKY, chancelier de la légation
- BOGDANOWITCH, premier secrétaire
- Le gérant de chez Maxim's
- PRITSCHITCH, deuxième secrétaire
- Missia PALMIERI, la " veuve joyeuse " (soprano)
- NADIA, baronne Popoff (soprano)
- MANON - Olga KROMSKY - Sylvianne BOGDANOWITCH - Prascoria PRITSCHITCH.

L'action se passe à Paris, de nos jours.
Première mondiale à Vienne, le 31 décembre 1905.
En français : à Paris, sur le théâtre Apollo, le 28 avril 1909.
Durée du spectacle : 3 heures.

C'est une singulière aventure que celle de la " Veuve joyeuse ". Tirée d'une pièce de Meilhac dont le succès fut incertain, elle revint à Paris un demi-siècle plus tard, après avoir triomphé dans sa nouvelle forme à l'étranger. Deux écrivains apparentés spirituellement à Meilhac, Hubert de Flers et Gaston de Caillavet, se sont employés d'ailleurs à rapprocher l'opérette de son type original, sans modifier sa physionomie générale que consacrèrent de fabuleux succès.

ACTE PREMIER : Dans les salons de l'ambassade de Marsovie, à Paris.
- Lors d'une réception donnée à l'occasion de la fête du souverain, la capiteuse veuve, Missia Palmieri, à l'accent anglais, mitigé de slave, dont l'immense fortune est engagée dans la banque d'Etat de Marsovie, est le point de mire de tous les jeunes gens avides d'une très grande dot. L'ambassadeur de Marsovie, Popoff, en est fort inquiet, car sa principale mission consiste à empêcher Missia Palmieri d'épouser un étranger, pareil mariage devant compromettre irrémédiablement le crédit de Marsovie. En effet, l'actif total de la Banque d'État se monte tout juste à cinquante millions onze cent soixante-quinze francs quatre-vingt-dix centimes, se décomposant comme suit : cinquante millions à Mme Palmieri, onze cents francs au baron Popoff, soixante-quinze francs au chancelier Kromsky et quatre-vingt-dix centimes au reste de la population. Si un nouvel époux de nationalité étrangère de Mme Palmieri s'avisait de retirer sa part de l'actif de la banque, ce serait la faillite de cet établissement national et, par suite, de la principauté de Marsovie elle-même. Pour écarter à jamais tout danger, Popoff a imaginé de faire épouser Missia Palmieri par le jeune et beau Marsovien, le prince Danilo qui aime toujours la jeune femme et se console en menant une vie de plaisir. Lorsqu'il avait voulu l'épouser il y a quelques années, sa famille l'avait menacé de le déshériter. Elle n'avait été alors qu'une pauvre petite fille. Mais elle s'était décidée par dépit tout d'un coup à se faire épouser par le vieux banquier marsovien Palmieri qui a eu la discrétion de mourir peu de temps après en lui laissant sa grande fortune. Missia n'a pas oublié non plus son ancien adorateur, mais dès la première entrevue elle a des mots malheureux, soupçonnant le jeune prince de revenir à elle uniquement à cause de sa fortune. Aussi ce dernier se refuse-t-il à lui faire l'aveu que, par coquetterie, elle voudrait lui arracher. Il jure que jamais il ne lui dira : " Je vous aime ". A Popoff qui lui avait demandé d'épouser Missia, Danilo répond que la chose est impossible, mais que, par contre, il s'engagerait à écarter de la riche veuve tous les soupirants non marsoviens.
Parallèlement à cette action, le lieutenant des chasseurs de Coutanson fait à l'ambassadrice une cour assidue. Nadia se défend, du reste, courageusement. Elle ne cache pas à son amoureux ses sympathies, mais malgré son faible pour lui, elle lui répète à chaque instant " être une honnête femme ". Avec cela la belle est d'une jalousie féroce et mène au pauvre garçon une vie impossible, lui ordonnant d'épouser Missia, puis intervenant pour l'en empêcher dès qu'il essaie de lui obéir.

ACTE DEUXIÈME : Une garden-party chez Missia Palmieri.
- Missia, à son tour, donne une pittoresque fête en costumes marsoviens à l'occasion de l'anniversaire du prince régnant. Popoff redoute Camille de Coutanson comme candidat éventuel pour Missia. Il s'en ouvre à Danilo et lui montre un éventail sur lequel sont inscrits les mots : " Je vous aime ". Danilo, intrigué, se dispose à éclairer le mystère. Il interroge plusieurs dames, surprend le secret de quelques intrigues, mais aucune, où Coutanson soit de la partie.
Sur ces entrefaites, Missia fonce droit sur Danilo dont elle a surpris le jeu et lui demande à bout portant, pourquoi il s'acharne à écarter d'elle tous les soupirants. Elle lui jette au visage sa conviction qu'il est mû par la jalousie. Il s'en défend.
Au cours de celle fête l'amoureux Coutanson entraîne Nadia dans un pavillon désert, où Popoff appliquant son oeil au trou de la serrure, croit y apercevoir sa femme. La catastrophe est évitée grâce au drogman Figg qui fait preuve de présence d'esprit et qui réussit à substituer Missia à Nadia dans le pavillon. Quand Popoff en fait ouvrir la porte, il est stupéfait d'en voir sortir Coutanson avec Missia et, très content, se persuade qu'il avait mal vu. Mais Danilo est victime de la supercherie et croit qu'il y a réellement intrigue entre Missia et Camille. Lorsque Missia lui annonce, au surplus, son prochain mariage, il va rejoindre chez " Maxim's" les femmes faciles.

ACTE TROISIÈME : Le bar de chez " Maxim's ", rue Royale.
- Danilo y cherche l'oubli de l'infidélité de Missia. Popoff le recherche pour essayer une ultime fois de sauver les cinquante millions pour sa patrie. Mais Danilo n'en veut rien entendre. Missia lui donne la clé de l'histoire du pavillon, lui démontre sans peine son innocence, puis, jouant, en présence de l'attitude encore passive de Danilo, son dernier atout, lui fait accroire que, si elle se remarie, elle perdra, par le maléfice d'une clause du testament de feu Palmieri, toute sa fortune. Le chevaleresque Danilo n'hésite maintenant plus à demander en mariage la " veuve joyeuse ", laquelle avoue alors que, si elle perd sa fortune, c'est que celle-ci va tout entière revenir à son second mari ! Il est trop tard pour lui de se dédire. Mais " malgré ça ", ils formeront un couple très uni.
Popoff apprend que c'est bien Nadia qui se trouvait dans le pavillon, Mais, par bonheur, elle avait écrit sur un éventail donné en souvenir à Coutanson " Je suis une honnête femme ". Cela suffît pour tranquilliser le bon ambassadeur qui cache sous sa bêtise un fond de scepticisme heureux et de souriante philosophie.
 
 

 LE COMTE DE LUXEMBOURG

Opérette en trois actes. Texte de A.-M. Willner et R. Bodansky. Adaptation française de Robert de Flers et J.-A. du Caillavet. Lyrics de Jean Bénédict.

PERSONNAGES :
- Le prince Basile BASILOWITCH (basse)
- FERNAND, comte de Luxembourg (ténor)
- BRISSARD, peintre (trial)
- Suzanne DIDIER, chanteuse à l'Opéra (soprano)
- Juliette VERMONT (fantaisiste)
- PAROLOW - BIBITCH - NITICHKA - SACHA -MICHKA - MADELEINE - NICOLE - NELLY - HUGUETTE - Etc..

L'action se passe à Paris, avant 1914 (mardi gras). Première mondiale à Vienne, le 21 novembre 1909. Durée du spectacle : 3 heures.


ACTE PREMIER : L'atelier de Brissard.
- Le vieux prince Basile Basilowitch entend convoler en justes noces avec Suzanne Didier, une séduisante chanteuse. Pas de mésalliance, objecte la famille. Fernand, comte de Luxembourg, complètement ruiné, accepte, pour redorer son blason, d'épouser Suzanne moyennant cinq cent mille francs. Mariage blanc, bien entendu. Dans trois mois, il divorcera et la comtesse de Luxembourg pourra devenir princesse. C'est ainsi qu'a décidé Son Altesse Basile.
Le mariage a lieu aussitôt. On cache les deux époux fictifs de chaque côté d'un tableau qui sert de paravent. L'échange des anneaux se fait par un trou percé dans le tableau. Puis, on les sépare sur le champ et sans qu'ils aient fait connaissance l'un de l'autre.

ACTE DEUXIÈME : Un salon de l'hôtel du grand-duc.
- Trois mois se sont écoulés. On est à la veille du jour, où le comte de Luxembourg s'est engagé à divorcer. Suzanne Didier donne dans les salons du grand duc slave une grande fête à l'occasion de ses adieux à la scène.
Arrivent le jeune comte et son fidèle Brissard. Amoureux à la folie de la jolie comédienne, le comte s'est hasardé à la suivre jusque chez elle et ne manque pas de faire la cour à celle qu'il ignore être son épouse légale.
Le grand-duc rentre à son tour, se met dans une grande colère en voyant le comte chez lui, et qui va même lui confier qu'il aime Suzanne Didier, qu'il veut épouser après son divorce. Dans le courant de la soirée, Suzanne et le comte finissent par apprendre leur situation respective. Après bien des reproches, Suzanne furieuse, déclare à celui qui est au fond sou véritable mari, qu'elle n'a que du mépris pour un homme qui vend son titre de celle façon. Et le comte de s'en aller, désespéré.

ACTE TROISIÈME : L'atelier de Brissard
Un spéculateur en peintures offre à Brissard un prix fou pour toutes ses toiles pour la simple raison que, pendant son absence, on l'a cru décédé, Brissard consent sans grande difficulté à rester mort jusqu'après l'écoulement de ses toiles, ce qui lui fera une jolie aubaine arrivée comme à souhait. Puis il s'essaye à réconcilier les deux époux et sermonne la femme après le mari. Il imagine même la reconstitution du mariage de nouveau à travers le tableau cl fait rentrer le comte sans bruit, qui cette fois-ci joue en personne son rôle. Les deux amoureux finissent par se réconcilier et ne plus vouloir divorcer. En présence de la volonté formelle des deux jeunes gens, le grand-duc Basile est obligé de s'incliner. Il retournera en Russie avec les cinq cent mille francs que le comte a pu lui restituer grâce à la générosité de son ami Brissard.
Suzanne et le comte, déjà mariés légalement, pourront consommer en paix leur union.
 
 
 
 AMOUR TZIGANE
Opéra-comique en trois actes.
Adaptation française de Jean Benedict et H. Gauthier-Villars.

PERSONNAGES :
- JOZSI, tzigane (ténor)
- JONE, fiancé de Zorika (ténor)
- DRAGOTIN, boyard (baryton)
- KAJETAN (trial)
- MIHALV, aubergiste (basse-bouffe)
- ZORIKA, fille de Dragotin (soprano lyrique)
- ARANY, riche propriétaire (soprano léger)
- LILIA, nièce de Dragotin (dugazon)
- JULCZA, nourrice de Zorika
- Boyards, cavaliers et officiers hongrois avec leurs femmes, le bourgmestre, jeunes gens, jeunes filles, Roumains, Hongrois, musiciens tziganes, servantes et paysannes.
L'action se passe près de la frontière hongroise, de nos jours.

Première mondiale de la version primitive à Bruxelles, sur le théâtre Molière, le 19 janvier 1911.
Première mondiale de la version définitive à Marseille, sur le théâtre de l'Opéra, le 16 décembre 1911.
Durée du spectacle : 3 heures.
La " veine " du compositeur n'est, dans cette opérette, de loin pas si abondante que dans " la Veuve joyeuse ", mais il y a dans cette musique, d'une facture plaisante, des procédés qui dénotent chez Lehar la technique d'un homme de métier doué.
L'orchestration y est riche et savante : la musique n'est jamais banale ni vulgaire.


ACTE PREMIER : Un site montagneux où coule la Czerna.
- Zoriga, la fille de Dragotin, doit convoler en justes noces avec le riche boyard Jonel Bolesco. Mais le tzigane hongrois, Jozsi, qui égaye de ses improvisations le repas de fiançailles, séduit Zorika, rêveuse et romantique. Juleza surprend leur conversation. Lorsque Jonel veut embrasser Zorika, Jozsi paraît et pour gagner du temps, réussit à faire croire à la jeune âme qu'elle doit attendre le clair de lune pour accorder son premier baiser. Charmée, la jeune fille accepte, au grand dam de Jonel. Le soir, c'est le tzigane qui, dans un moment d'inattention de la part des invités, donne le premier baiser à Zorika. Seule Juleza les a vus.
La belle et riche Arany, sur laquelle Dragotin a jeté ses yeux, essaye de la rendre jalouse grâce à Jozsi. Finalement, avant de céder à Jozsi, Zorika consulte les fées, ses protectrices, car elle fut trempée, à sa naissance, dans l'eau de la Czerna et il lui suffit, dès lors, une nuit de pleine lune, de boire dans un gobelet d'or l'eau de la rivière magique pour voir se dérouler devant elle l'avenir qui l'attend ; elle tente donc l'expérience.

ACTE DEUXIÈME : Une czarda richement décorée.
- Depuis deux ans, Zorika suit les pas du beau musicien. Elle l'aime toujours et voudrait l'épouser, mais lui, l'aime-t-il encore? C'est douteux. Les amours de Jozsi n'ont jamais duré deux ans. Il a pourtant eu la faiblesse, dans l'emballement de ses premiers désirs, de faire d'imprudentes promesses et Zorika exerce encore sur lui suffisamment d'empire pour qu'il n'ose ouvertement se parjurer. Mais il se venge en tyrannisant et en humiliant la pauvre fille de mille façons.
Arany a gardé du goût pour Jozsi ce qui flatte ce Don Juan. Aussi prend-il très mal la demande que lui fait Zorika de régulariser leur situation. Pourtant il cède et donne des ordres pour une noce tzigane. Zorika entend alors, comme en rêve, la voix de Jonel, et le passé se dresse devant elle. Jonel lui-même paraît, puis la vision s'efface.
 
ACTE TROISIÈME : Le rideau se lève sur le décor du premier acte.
- Zorika est endormie et agitée par un rêve effrayant. Et quand elle s'éveille, elle voit son fiancé Jonel qui lui sourit et apprend avec soulagement que tout n'était qu'un mauvais rêve. Enfin, elle comprend qu'elle devra oublier Jozsi qui s'enfuit. Et la toile tombe sur deux fiancés tendrement enlacés.
 
 
 LA DANSE DES LIBELLULES
Comédie-opérette en trois actes de Jules Marietti. Adaptation française de Roger Ferréol et Max Eddy.

PERSONNAGES :
- HELENE, jeune veuve romanesque (soprano)
- CHARLES, duc de Follevie (baryton)
- DIEULEVEUT, aventurier (trial)
- DURAND, parvenu (comique)
- VICTOIRE, sa servante (desclauzas)
- BARON, client du Palace-Hôtel
- Charlotte BARON, sa femme
- LECOMTE, propriétaire du Palace-Hôtel
- Zuzu LECOMTE, sa femme (fantaisiste)
- Paysans et paysannes, danseuses, gigolettcs, soubrettes, petites femmes de revues, les évaporées, les domestiques, etc

L'action se passe de nos jours dans une station thermale.
Première de la version française à Paris, sur le théâtre Ba-Ta-Clan, le 11 mars 1924.
C'est une charmante opérette viennoise au texte plein de gaité, à la musique suave et si agréable.

ACTE PREMIER : La place du village dépendant du château de Follevie.
- C'est jour de fête : un nouveau riche nommé Du Rand - c'est lui qui a coupé ainsi son nom - s'installe dans le château d'un duc authentique, Charles de Follevie, qu'il a évincé après avoir désintéressé les créanciers hypothécaires. Ce bourgeois gentilhomme a pour escorte deux stupides secrétaires qui sont mariés à des femmes charmantes, Zuzu et Charlotte, et qui embrouillent tout en prenant des airs avertis.

ACTE DEUXIEME : Une immense terrasse du château de Follevie.
- On donne de grandes réjouissances à l'occasion de l'inauguration de la salle des fêtes. La principale invitée est une jeune veuve, Hélène, que Du Rand désire épouser. Subitement, le duc paraît. On le retient pour remplacer, au pied levé, le jeune premier d'une petite pièce qu'on répète et où les invités prennent les rôles des acteurs. Au cours des répétitions, le duc et Hélène subiront toutes les tentations des rôles de comédie qu'ils ont accepté de jouer. Travestis, leurs sentiments s'expriment librement. Mais en reprenant leurs habits ordinaires, Hélène troublée veut que Charles s'en aille. Celui-ci lui dévoile alors qu'il est le dernier descendant des ducs de Follevie, qu'il a pu racheter le château et qu'il se trouve maintenant chez lui. Les rôles sont simplement intervertis. Charles garde les invités de Du Rand auprès de lui et la " Revue " continue.

ACTE TROISIÈME : Les bosquets du parc attenant au château des ducs de Follevie.
- Le duc Charles qui a pris pour majordome Dieuleveut reçoit ses amis à un garden-tea. Zuzu et Charlotte viennent relancer Charles jusque chez lui : les maris respectifs les cherchent en vain. Hélène vient reprocher à Charles de compromettre ces deux femmes mariées. Puis, malgré eux, leur amour éclate et ils se marieront.
 
 
 

 PAGANINI
Opérette romantique en trois actes d'André Rivoire, d'après Paul Kuepler et Bela Jenbach.


PERSONNAGES :

- MARIA-ANNA-ÉLISA, princesse de Lucques, sœur de Napoléon ler (soprano)
- Le prince Felice BACCIOCHI, son époux (baryton ou basse)
- Nicolo PAGANINI, violoniste (ténor)
- BARTUCCI, impressario de Paganini (basse)
- Le marquis PIMPINELLI (baryton)
- Le général d'HÉDOUVILLE, aide de camp de Napoléon (ténor)
- La comtesse de LAPLACE, dame de la cour (mezzo-soprano ou alto)
- Bella GIRETTI, primadonna de l'Opéra de Lucques (soprano)
- Marco, Philippo, Emmanuele et Julia, habitants de Capannari - L'aubergiste
- ANITTA, une danseuse
- Foletto, Tofolo et Beppo, le bossu, contrebandiers
- CORALLINA, tenancière de cabaret
- Villageois, dames de la cour, gentilshommes, officiers, contrebandiers, filles, vagabonds, musiciens ambulants, gendarmes.

La scène se passe dans la principauté de Lucques vers 1810. Première mondiale : à Vienne, sur le théâtre Johann Strauss, le 30 octobre 1925.
Première en France : à Paris, sur le théâtre de la Gaîté-Lyrique, en 1928
Durée du spectacle : 3 h. 1/1.

ACTE PREMIER : Une cour pittoresque, près du village de Capannari, aux environs de Lucques.
- Paganini, le célèbre violoniste virtuose, répète dans un pavillon proche de l'auberge le concert qu'il doit donner le lendemain à Lucques. Les villageois écoutent cette musique magistrale, Pour les uns, c'est un maître sans pareil, la gloire de leur pays, pour les autres un homme qui a conclu un pacte avec le diable, qui envoûtera femmes et filles et qui doit s'en aller, sinon
Pimpinelli, puis la princesse Anna-Élisa arrivent avec quelques demoiselles d'honneur et des cavaliers.
On entend de nouveau le violoniste, auquel les villageois risquent tout d'abord de faire un mauvais parti. Paganini se présente, verre en main, et fait de suite grande impression sur Anna-Elisa. Mais voilà que Bartucci, l'impresario de Paganini, vient lui faire part de l'interdiction de son concert. Furieux il veut partir sur l'heure avec lui. La princesse se jure cependant de le faire jouer à sa cour.
Pimpinelli et Bella surviennent. Cette dernière qui vient d'échapper au prince Félice Bacciochi, lequel la poursuit de ses assiduités, doit subir celles de Pimpinelli qui, en dépit de son âge, fait, sans aucun succès du reste, la cour à toutes les femmes.
Lorsqu'ils sont partis, Paganini revient chercher sa belle inconnue. Elle lui demande de rester dans la principauté et de jouer le soir. Le génial violoniste ne veut pas revenir sur sa décision ; Pourtant il regrette vivement de la quitter si tôt. Quelques paysans surviennent pour faire une ovation à la princesse et à son époux, lorsqu'il veut prendre la belle dans ses bras. Ils révèlent ainsi à Paganini la vraie personnalité de la charmante inconnue qui obtient de son époux qu'il revienne sur son interdiction.

ACTE DEUXIEME. : Dans la grande salle des fêles du château de Lucques.
- Paganini vit déjà depuis six mois à Lucques, retenu par son amour pour la princesse. De son côté, Anna-Elisa cache son affection pour Nicolo si peu que Napoléon se voit obligé de ramener sa sœur, par l'intermédiaire de son aide de camp, le général d'Hédouville, à une discrétion plus grande et d'exiger son expulsion de Lucques ou de l'arrêter en cas de résistance. La princesse s'oppose au départ de Puganini. Mais, celui-ci s'est laissé séduire à son tour par l'amie du prince, la chanteuse Bella. Après avoir appris cette nouvelle, la princesse se décide à faire arrêter Paganini après le concert. Mais l'artiste joue avec tant d'art et de sentiment que Anna-Elisa au moment, où le comte d'Hédouville va l'arrêter, demande au violoniste de lui offrir son bras et de quitter avec elle la salle des fêtes. Pourtant Nicolo est décidé fermement de partir seul.

ACTE TROISIEME: Un cabaret mal famé, à la frontière du pays
- filles et contrebandiers dansent et chantent. On frappe à la porte. C'est Paganini. Il veut être conduit cette nuit même à la frontière. I.es contrebandiers, d'abord méfiants, lui promettent leur aide ainsi qu'à Bartucci qui l'accompagne. Bella paraît. Elle s'est liée avec Pimpinelli, mais dans l'unique intention de pouvoir rejoindre Paganini et de fuir ensuite avec lui. La princesse Anna-Elisa déguisée en femme du peuple, arrive également. Elle veut faire ses derniers adieux au violoniste ; elle ne veut pas le reprendre par l'amour, mais lui rendre sa liberté. Bella se résigne également à renoncer à lui et se contentera de Pimpinelli. Maestro Paganini affranchi de tous liens d'affection et d'amour, continue son chemin à travers le monde, seul avec son violon !
 
 
 LE TZARÉWITCH
Opérette en trois actes de Bela Jenbach et Heinz Richert.
Livret en français de Robert de Mackiels
Lyrics de Bertal et Maubon.

PERSONNAGES :
Le TZARÉWITCH (baryton)
- Le Grand-Duc (rôle parlé)
- IVAN, valet attaché à la personne du Tzaréwitch (trial)
- BORDOLO, un italien
- Le président du conseil (basse)
- Le Grand Chambellan
- Le Chambellan
- Un officier - Deux laquais - La sentinelle (ténor)
- Sonia IWANOWNA, jeune danseuse (soprano)
- MASCHA (fantaisiste)
- LINA, fiancée de Bordolo

L'action se passe à Saint-Petersbourg et à Naples vers 1900.
Première mondiale à Berlin, le 21 février 1927.
Première de la version française ; à Lyon, sur le théâtre des Célestins, le 16 avril 1929.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.
" Le Tzarévitch " est une opérette bien curieuse, mi-comique, mi-tragique, dont le contenu fait tantôt rire, tantôt pleurer. Ses mélodies expressives, largement développées, l'orchestration raffinée, renferment, sans aucun doute, beaucoup d'éléments d'attrait.

ACTE PREMIER : Une chambre-salon dans les appartements du Tzarévitch, dans le palais du tzar.
- Le tzarévitch vit, triste et retiré, dans une charmante inexpérience en affection et en amour. Il rêve d'être aimé pour lui seul et en dehors de tout autre motif que lui seul. La " raison d'Etat " exige que le futur tzar se marie bientôt, mais qu'il soit auparavant délivré de ses manques de connaissances en la matière. Le président du conseil, sous l'oeil amusé du grand-duc, introduit dans les appartements du jeune homme une charmante danseuse, bien jolie et pleine de vie : Sonia Iwanowna. Le fils du tzar subira, presque malgré lui, son charme naturel et sa gaité. En le quittant elle lui promet de venir le revoir le lendemain. Le jeune tzarévitch reste seul, pensif et un peu mefiant.

ACTE DEUXIEME : Une grande salle du palais.
- Une véritable union s'établit entre Sonia et Sacha, le tzarévitch, union au cours de laquelle s'épanouissent les sentiments les plus délicats. Le grand-duc, homme très expérimenté, le constate, non sans frayeur, au moment où il fait connaître à son neveu, au nom du tzar, qu'il devra s'unir par les liens du mariage à la princesse Militza. Il est vrai que Sonia n'hésite pas à s'humilier et même à se sacrifier, comme le grand-duc l'exige d'elle, au nom de la " raison d'État ". Mais le tzarévitch s'oppose au mariage projeté et reste fidèle à sa Sonia bien-aimée.

ACTE TROISIEME : Un beau jardin avec palmiers, lauriers, orangers, citronniers en fleurs, près de Naples.
- Sonia et le tzarévitch ont quitté la Russie, pour vivre seuls el heureux à Naples. Mais leur bonheur est brusquement détruit par l'arrivée inattendue du grand-duc qui les a suivis, chargé d'une mission politique de la plus haute importance. Le tzar est mourant; un télégramme annonce même sa mort. Le tzarévitch est donc devenu tzar de la grande Russie. Le grand-duc et sa suite lui présentent leurs hommages en tant que nouveau souverain. Cette fois-ci Sonia se déclare prête à renoncer à tout. Elle le déclare au grand-duc qui, très ému, la remercie de sou geste magnanime. Elle fait ses adieux à celui qui, pour elle, était non plus le tzarévitch, mais simplement Sacha, pendant que lui, le nouveau tzar, dans sa fidélité souffrira tout simplement pour la "raison d'Etat ".
 
 
 
 FRÉDÉRIQUE
Comédie musicale en trois actes. Livret de Louis Herzer el Frédéric Lochner.

PERSONNAGES :
- CHARLES-AUGUSTE, grand-duc de Saxe-Weimar (rôle parlé)
- Jean-Jacques DRION, pasteur à Sesenheim (rôle parlé)
-MADELEINE, sa femme (rôle parlé)
- SALOMÉ et FRÉDÉRIQUE, leurs filles (soprani)
- Johann-Wolfgang GOETHE, étudiant en droit (ténor)
- Frédéric-Léopold WEYLAND, étudiant en médecine (rôle parlé)
- Jacques Michel-Reinhold LENZ, étudiant en théologie (ténor-bouffe)
- Von KUEBEL, capitaine (rôle parlé)
- Mme SCHOELL, dame de la haute bourgeoisie strasbourgeoise
- HORTENSE, sa fille -
- Mme HAHN -
- LISELOTTE sa fille
- CHRISTEL, soubrette (rôle parlé)
- Un paysan de Sesenheim.

L'action se passe à Sesenheim (Bas-Rhin) et à Strasbourg en 1771 et 1779.
Première mondiale à Berlin, le 4 octobre 1928. Création en France : à Strasbourg, sur le théâtre de l'Union, le 3 janvier 1930. Durée du spectacle : 2 h 3/4.
Le thème, à part quelques faits d'ordre secondaire, s'écarte peu du domaine de l'histoire et Franz Lehar a mis en musique avec un génial talent les poèmes du recueil de Goethe intitulés " Sesenheimer Lieder ". De jolies danses du pays agrémentent la délicieuse comédie musicale.
ACTE PREMIER: A Sesenheim. - C'est là que Gœthe, alors qu'il était étudiant à Strasbourg, fit connaissance de Frédérique Brion, fille du pasteur de l'endroit. Profondément ému par cette petite fille de dix-neuf ans aux longues tresses blondes, à la démarche aérienne, il lui dédie de délicieux poèmes, Elle les accepte et l'admire de toute son âme. Un tendre sentiment naît de cette rencontre.
ACTE DEUXIEME : Dans les salons de Madame Schoell, à Strasbourg. - C'est le 6 août. Gœthe vient de passer son doctorat en droit. Il aime Frédérique sincèrement et découvre les beautés d'une existence pleine de tendresse et de fidélité. Mais il est appelé à la Cour de Weimar et se sépare de sa bien-aimée qui supporte cette rupture avec fierté et courage.
ACTE TROISIÈME : A Sesenheim. - Le 25 septembre 1779, c'est-à-dire huit ans après, - le fait est historique - Goethe, au cours de son voyage de Francfort en Italie vient rendre visite à Frédérique pour un jour seulement. Et la jeune fille, entrée un moment dans la vie du grand homme, renoncera à jamais au mariage. Toute son existence sera consacrée à ce souvenir lumineux.

 
 
 LE PAYS DU SOURIRE
Opérette romantique en trois actes de Lidwig Herzer et Fritz Lochner, d'après Victor Léon. Adaptation française de André Mauprey et Jean Marietti.

PERSONNAGES :
- Le Prince SOU-CHONG (ténor)
Le comte Gustave de POTTENSTEIN, lieutenant (trial)
- Le comte de LICHTENKELS
- LISA, sa fille (soprano)
- TCHANG, oncle de Chong (basse)
- Mi, sa nièce (soprano)
- FOU-LI - LAURE
- La duchesse de HARDEGG
- MIZZI FKANZI BALLY TONIU
- Le chef des eunuques, le général, un vieux serviteur, deux servantes.

L'action se passe à Paris et en Chine. Première mondiale Berlin, le 10 octobre 1929. Première de la version française : à Paris, sur le théâtre de la Gaité-Lyrique, le 15 novembre 1932. Durée du spectacle : 3 heures.
La musique de Lehar sacrifie, dans cette opérette, moins que d'habitude aux rythmes de la valse. Dès l'ouverture, on sent un style élargi et expressif, et si la valse s'impose au début du premier acte, c'est qu'il y a fête et réception. Dès que le prince chinois parait, la déclamation, le dialogue lyrique se mêlent à la mélodie, et bientôt des recherches ingénieuses et légères évoqueront des échos exotiques, accentués au second acte par des danses et des chœurs. L'orchestre au surplus, est, comme toujours, très habile, récriture très soignée; un violon solo y chante plus d'une fois avec expression.

ACTE PREMIER : Un salon dans le palais du comte de Lichtenfels à Paris.
- Le comte de Lichtenfels donne une soirée en l'honneur de sa fille, la comtesse Lisa qui vient d'enlever le premier prix d'une grande épreuve sportive féminine. Les plus hauts personnages assistent à cette fête et, notamment, des ambassadeurs. Les officiers de la flotte viennent présenter leurs hommages à Lisa. A la tête de la délégation se trouve le lieutenant Gustave de Pottenstein, cousin de la jeune comtesse et qui est fort amoureux d'elle. Profitant d'un instant de solitude, Gustave demande à Lisa de lui accorder sa main. Elle se montre très étonnée, car elle a toujours considéré son cousin comme un bon camarade, mais jamais elle n'a envisagé l'idée d'en faire son époux. Déception de Gustave qui soupçonne Lisa d'être tombée amoureuse du beau prince Sou-Chong, ambassadeur de Chine. Il met sa cousine en garde contre une alliance possible avec un homme qui n'est pas de sa race et qui l'emmènerait vivre dans ce pays inquiétant qu'est la Chine. Lisa affecte de rire en entendant ces recommandations qu'elle déclare ne pas être motivées. El pourtant Dès qu'arrive le prince Sou-Chong, on sent de suite que Lisa est amoureuse de lui. Cet amour est, du reste, partagé. Or, le prince vient d'être rappelé au plus haut poste politique de son pays. Le voilà obligé de s'embarquer au plus vite. Entre Lisa et lui, se déroule une scène d'adieux éperdus. La passion qui les entraîne l'un vers l'autre éclate à tel point que la jeune fille consent à suivre le chinois dans son pays et à l'épouser.

DEUXIÈME ACTE : Le palais du prince Sou-Chong à Pékin.
- C'est jour de fête. Ou remet en grande pompe au prince Sou-Chong la robe jaune qui ne doit être revêtue que par les premiers magistrats du pays, issus de familles de la noblesse la plus pure. Malgré les honneurs dont il est l'objet, Chong chérit de tout son cœur Lisa, la " Princesse Blanche ", comme il l'appelle, et à qui il donne, lui, le joli surnom oriental de " Fleur-de-Lotus ". Celle-ci est fort heureuse et vit en bonne intelligence avec Mi, la charmante sœur du prince. Mais ce bonheur est menacé. Tchang, oncle de Chong, gardien zélé et fanatique des rites millénaires, oblige sou neveu à épouser comme il est de tradition, quatre jeunes princesses chinoises qui, depuis leur enfance, lui sont destinées. Après une certaine résistance, Chong y cousent, à condition toutefois qu'il ne s'agisse là que d'un simulacre, d'une cérémonie sans conséquence. Mais Gustave, qu'une mission a amené en Chine et qui profile de la circonstance pour venir rendre visite à sa cousine, apprend la nouvelle et en informe Lisa. Celle-ci ne peut y croire et interroge anxieusement son mari. Chong ne nie pas. Il sourit même de voir Lisa attacher tant d'importance à un fait aussi anodin. Épouser quatre femmes! Faut-il que Chong soit resté vraiment un barbare pour qu'il ose considérer cela comme une chose insignifiante ! Au cours d'une scène violente, Lisa somme Chong de choisir : elle ou ces quatre femmes! Chong au comble de la fureur, déclare qu'il est le maître et qu'il fera ce que bon lui semble. Lisa, elle, n'aura qu'à obéir. Alors, elle partira. Partir ? Chong le lui défend bien. Désormais elle sera sa prisonnière. Mais le prince sait bien qu'il vient de briser son bonheur et que celle à qui il a " donné son cœur " ne lui appartient plus.

TROISIÈME ACTE : Dans les appartements des femmes.
- Gustave va s'efforcer de délivrer Lisa, captive de son propre mari.
Le jeune officier de marine sera aidé pur la gracieuse Mi, à qui il a fait la cour. Une première tentative échoue. Lisa est bien gardée. Alors, Mi dévoile aux Européens un passage secret. Mais la sortie aussi en est défendue. Lisa ne sera libre que lorsque le prince aura pris sou parti du sacrifice. Il le fera sous le sourire, mais ce sourire cache des larmes, et la petite sœur qui s'était éprise à son tour du bel officicr, mêle les siennes à celles de son frère, lorsqu'ils restent seuls conclusion d'un beau caractère, assurément.

Dans une autre version française : Lisa persuade Sou-Chong de s'en aller avec elle, et se jette dans ses bras. Mi montre le chemin à son frère et à Lisa, et tous quatre parlent vers la lumière, vers le bonheur
 
 
 FRASQUITA
Opéra-comique en trois actes de Max Eddy et Jean Marietti, d'après A.-M. Willner el Heinz Reichert.

PERSONNAGES :
- FRASQUITA, jeune tzigane espagnole (soprano)
- Aimée GIROD, fille de A. Girod (soprano)
- MERCEDES (ou Luisa)
- INES, LOLA, GINA, LINA, DOLORES, PEPITA, CONCEPCION et JUANA, danseuses espagnoles
- Armand GALLOIS (baryton)
- Hippolyte GALI POT (trial)
- Aristide GIROD (basse-baryton)
- SEBASTIANO, jeune tzigane
- PHILIPPE, valet de chambre
- FERNANDEZ, vieux tzigane
- JUAN, cabaretier (ténor)
- SANCHO, marin
- SERGE, ami d'Armand
- PEDRO, marin
- DIEGO ET PAOLO, habitués de l'Alhambra
-ANDRE , ami d'Armand JOSE, habitue de l'Alhambra
- L'Espagnol - MAREZE, Saint-Ange
- Le BLANT, ami d'Armand
- FRANCO, directeur de l'Alhambra

L'action se passe en Espagne et à Nice, de nos jours.
Première en France : à Paris, sur le théâtre national de l'Opéra-Comique,
le 5 mai 1933
La musique de cette opérette est du Lehar qui semble quelquefois vouloir rompre avec le passé. Oh ! Pas pour longtemps. L'auteur de la " Veuve joyeuse " se retrouve : il lui faut un triomphe.
Lors d'une représentation de " Frasquita " à Paris, Léhar a été décoré de la Légion d'honneur.
 
PREMIER ACTE : Une place publique espagnole.
- Un jeune et riche Français, prénommé Armand, rejoignait, dans un petit port du côté de Valence, son oncle, ancien négociant en France, marié en Espagne, dont il devait épouser la fille Devant la posada, où l'on boit, où l'on chante, passe une tribu de bohémiens, fatigués de leur marche et qui demandent à camper quelques heures. On les reçoit mal L'une des femmes, cependant, relève fièrement l'insulte. On l'accueille et elle chante à la guitare. Mais une danseuse de l'endroit se met à danser querelle de mots, prises de mains Armand trouve amusant de s'interposer et traite de haut la gitane C'en est fait : l'amour a sournoisement pénétré dans leurs cœurs.
Mais la haine, d'abord. La troupe allait repartir. En dépit des avis de son fidèle compagnon Sébastiano, Frasquita veut rester, parce qu'elle veut se venger. Armand, pour s'excuser, revient vers elle. Ironique, énigmatique, elle le laisse faire. Elle semble même provocante et il croit à ses avances elle s'échappe. " Oubliez-moi ! " lui dit-elle et elle lui jette une fleur

DEUXIÈME ACTE : Le cabaret de l'Alhambra.
- Armand Gallois retrouvera Frasquita dans la maison des danses, acclamée, brillante, entourée, il la poursuivra, plus ardent que jamais il la comprendra de moins en moins. Il la croit comme les autres, et il la veut pour une nuit seulement. Il ne la connaît point ! La vérité est que Frasquita est une femme qui peut, parfois, prêter ses lèvres, mais qui ne s'est jamais donnée. Quand elle lui aura bien laissé croire qu'elle aime, elle lui criera : " Je me suis bien vengée ! Je vous hais! " et se jettera, devant lui, dans les bras de Sébastiano. Et il s'enfuit, avec une dernière insulte aux lèvres. Mais elle s'effondre alors : car elle l'aime, elle l'adore! " La haine est si près de l'amour ! "

TROISIÈME ACTE : Chez Armand Gallois, à Nice.
- C'est maintenant au tour de Frasquita de venir à Armand. Elle le cherche, elle le suit jusqu'à sa villa de Nice. Elle force les consignes et d'abord, il la méconnait encore, et la laisse partir. Mais elle reviendra lorsque le désespoir l'aura brisée, lorsque son amour sera sûr, enfin, de s'unir à un amour aussi sincère.
On est libre de croire qu'ils s'épouseront.
Tout à l'heure, l'exemple de sa cousine a fait soupirer Armand. Il avait rompu avec elle, en Espagne. Mais il était accompagné là-bas d'un ami, un jeune étudiant qui prépare une thèse sur l'Espagne ; et la blonde Aimée n'a pas tardé à trouver le naïf Hippolyle beaucoup plus à son goût, que ce rêveur d'Armand. L'oncle qui est un véritable viveur, a d'ailleurs préparé, c'est manifeste, le rapprochement de Frasquita et de son neveu ; tout, le monde est heureux.
 
 
 LOPEZ
Francis LOPEZ est né à Saint-Jean-de-Luz, en pays basque. Compositeur à la grâce légère et charmante, il a donné depuis la Libération plusieurs opérettes qui ont rencontré dès leur création la plus vive sympathie de la part du grand public. Ce sont " La Belle "le Cadix " (1945), " Andalousie " (1947), " Quatre jours à Paris " (1948), " Pour Don Carlos " (1950) et " Le Chanteur de Mexico " 1952).
 
 
 
 LA BELLE DE CADIX
Opérette féerique en deux actes et dix tableaux de MM. Marc Cab et Raynomd Vincy. Lyrics de Maurice Vanlair.

PERSONNAGES :
- Carlos MEDINA, grande vedette de cinéma (ténor)
- MANILLON, régisseur du film (trial)
- Dany CLAIR, metteur en scène (comique)
- RAMIRÈS, guitariste (baryton)
- MARIA-LUISA, jeune espagnole (soprano)
- PEPA, une espagnole (soprano)
- Miss Cecilia HAMPTON, richissime américaine (mezzo-soprano)
- Le roi gitan (rôle parlé)
- JUANITO - Le boy - Le groom - Le Fly man (rôle parlé) - Le journaliste - La voyageuse - PERUCHA - JANNY - etc

L'action se passe à Cannes et dans les montagnes aux environs de Cadix.
Première mondiale à Paris, le 24 décembre 1945. Durée du spectacle 3 h 1/2.
Cette opérette s'est imposée par l'ampleur et la vigueur de son mouvement, l'attrait de ses airs qui flattent l'oreille et imposent leur rythme caressant ou endiablé. Elle offre le charme d'une idéale soirée.

Acte 1er : (1er tableau : La terrasse du " Palm Beach ".
(2 ) : Divertissement espagnol. La fiesta bohémienne
(3 ) : Une auberge espagnole.
(4 ) ; La Calle Major.
(5 ) : Le camp des gitans.
(6 ) ; Le mariage gitan.
Acte II : (7e tableau) : La chambre nuptiale.
(8e - ) : La posada del Sol.
(9° - ) : L'aérodrome.
(10e - ) : Au " Palm Beach ", à Cannes.

Carlos Médina, grande vedette du cinéma, Don Juan de l'écran, quitte la Côte d'Azur pour aller tourner un film au sud de l'Espagne, au milieu des tribus gitanes qui y vivent, y chantent, y dansent. Un fâcheux télégramme empêche Miss Hampton, richissime américaine qui voudrait épouser Carlos, de suivre la troupe.
L'ensemble des artistes arrive aux environs de Cadix et s'installe en campement dans les montagnes. Depuis cette arrivée, la belle Maria-Luisa passe ses journées à surveiller le camp, car Ramirès, son fiancé, y a été engagé en qualité de guitariste, et elle s'aperçoit, qu'il la délaisse de plus en plus. L'ambition de Ramirès de devenir une vedette de la troupe la rend jalouse.
De son côté, Manillon, le régisseur du film, est enflammé par les beaux yeux des gitanes et use de ruse pour obtenir un rendez-vous. Pépa, la gitane, est sur le point de s'y laisser prendre.
Carlos, faisant une promenade, rencontre Maria-Luisa. Elle lui confie son chagrin. Pour la consoler, il l'invite à assister à la fête de Santa-Maria, la grande fête bohémienne et lui offre de faire du cinéma. Elle sera la vedette féminine du film que l'on appellera " La Belle de Cadix ". Maria-Luisa accepte : ce sera sa vengeance envers Ramirès.
Dans ce film il y a une scène de mariage entre les deux protagonistes. Manillon est donc chargé par Carlos de trouver le figurant pouvant remplir le rôle du roi des gitans. Ne sachant où trouver un tel figurant, il charge Pépa de celte mission. Cette dernière va jouer un bon tour à Ramirès. Au lieu d'amener un figurant, et à l'insu de la troupe, elle a été chercher le roi des gitans lui-même qui unit le couple et qui, à la stupéfaction générale, déclare le mariage valable. Malheur à celui qui trahirait son serment. Maria-Luisa veut fuir. Mais Carlos l'en empêche et ordonne que la fête continue.
Une coutume ancestrale veut que les jeunes gens et les jeunes filles du pays montent la garde, la nuit des noces, autour de la maison des jeunes époux. Carlos élevé dans le pays connaît cette coutume. Il est confus de cette situation qu'il accepte seulement pour permettre à Maria-Luisa d'attiser la jalousie de Ramirès.
Mais comment faire? Maria-Luisa a une idée! Manillon passera la nuit entre Carlos et elle-même, au grand désespoir du régisseur qui avait conquis le cœur de Pépa et à qui il avait fixé un rendez-vous.
Le lendemain, les deux " époux " continuent à jouer, aux yeux du monde, la comédie du parfait amour. Mais au bout de quelques jours, Carlos s'est laissé prendre au jeu. Il devient amoureux de Maria-Luisa. C'est à ce moment que Miss Hampton, de retour d'Amérique, vient, retrouver Carlos. Elle trouve les deux pseudo-mariés en s'embrassant. Carlos qui assure qu'il ne s'agit, en réalité, que d'une répétition d'une scène du film, charge Manillon d'empêcher par tous les moyens Miss Hampton d'apprendre ce qui s'est passé. Pour y parvenir le joyeux régisseur assomme Dany. Ramirès, cependant, dévoile la véritable situation à l'américaine. Dans ces conditions, Carlos décide de rentrer à Cannes, où l'on finira le film au studio.
Là, Manillon se donne à la boisson, par désespoir d'amour. Miss Hampton qui a saisi l'existence de l'amour de Carlos pour Maria-Luisa, a envoyé à Dany, congédié par Carlos et resté en Espagne, un télégramme signé " Carlos " lui ordonnant de " le rejoindre avec tous les figurants ". A leur arrivée Carlos ne comprend rien. Mais Miss Hampton arrive, accompagnée de Maria-Luisa et de Pépa qu'elle a ramenées à bord de son avion personnel, et tout s'arrange pour le mieux. Carlos et Maria-Luisa seront un couple réel dans la vie, Manillon gardera sa piquante espagnole Pépa, Miss Hampton flirtera avec le beau guitariste Ramirès, puisque cela fera l'affaire de tout le monde.

 
 
 ANDALOUSIE
Opérette à grand spectacle en 2 actes et 22 tableaux
Livret d'Albert Willemetz et Raymond Vincy.

PERSONNAGES :
- Juanito PEREZ (ténor)
- PÉPE - VALIENTE - BAEDEKER - CARATCHO - SORIANO
- Le sénero - Le directeur d'hôtel - L'officier de police - Le patron de la maison de danse - Deux policiers - Un valet - - DOLORÈS (soprano) - PILAR (soprano) - Fanny MILLER GRETA - Donna VITTORIA - La gitane - Une Espagnole
- LINDA CARMEN - CHIQUITA.
L'action se passe en Andalousie, vers 1860.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre de la Gaîté-Lyrique, en 1917.

ANALYSE :
" Il était une fois " (car cela commence comme un conte de fées) un jeune marchand d'Alcarazas et une ravissante petite Andalouse qui s'étaient juré un amour éternel.
Bien que Juanito, car c'était le nom du jeune homme, ne possédait pas un maravédis, il avait fait le rêve fou d'offrir en cadeau de noce à sa belle Dolorès un château pour y abriter leur bonheur.
Et, comme il était courageux, pour que les portes de la banque d'Espagne s'ouvrent toutes grandes devant lui, il résolut de franchir celles des arènes et s'en alla à la conquête de la gloire.
Tandis qu'il combattait au loin, la petite Andalouse, songeant à son beau toréro, se répétait sans cesse qu'un matador est un miroir aux alouettes autour de qui toutes les femmes papillonnent.
Si les Andalous sont ardents et courageux, les Andalouses sont jalouses, fières et vindicatives. Et il s'en fallut de bien peu que leur amour si beau et si pur ne soit brisé à tout jamais par le plus affreux et le plus injuste des malentendus.
Mais cette histoire qui avait commencé comme un conte de fées devait aussi se terminer comme un conte de fées. Tout finit par s'arranger et nos deux amoureux se marièrent en grande pompe dans ce beau château d'Andalousie dont ils avaient rêvé.
 
 
 QUATRE JOURS A PARIS
Opérette en deux actes et six tableaux de M. Raymond Vincy. Musique de Francis Lopez.

PERSONNAGES :
- FERDINAND, animateur de l'institut de beauté " Hyacinthe de Paris "
- La senora Amparita ALVAREZ, brésilienne
- El senor Bolivar ALVAREZ, son mari
- Gabrielle MONTARON
- Léopold MONTARON, son père
- Leur servante ZENAIDE
- Le professeur DIEUDONNE
- Simone HYACINTHE, propriétaire de l'institut de beauté
- CLÉMENTINE - AMBOISE - NICOLAS, employé à l'institut de beauté - La coiffeuse - La manucure - Trois clientes.

L'action se passe à Paris et à La Palisse de nos jours.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre Bobino, en 1948.
Durée du spectacle : 2 h. 3/4.
" Quatre jours à Paris " jette ses musiques et ses mousses avec une gaîté toujours abondante et même quelquefois très fine et pleine de saveur. Les couplets sont bien venus, les ensembles toujours réussis sont de la meilleure qualité, La partition de Francis Lopez demeure toujours entraînante, dansante, si elle ne porte pas le poinçon de cet heureux compositeur.
NOMENCLATURE DES TABLEAUX
Acte Ier : (1er tableau) : L'institut de beauté " Hyacinthe " à Paris.
(2 - ) : Place Vendôme. :
(3 - ) : Chez grand'mère (à La Palisse).
Acte II : (4 - ) : L'intérieur de l'auberge chez grand'mère.
(5 - ) : Place Vendôme.
(6 - ) : L'institut de beauté " Hyacinthe ".

ANALYSE :
Une jeune et jolie Brésilienne arrive seule à Paris, perd aussitôt la tête et le cœur et veut à tout prix les faveurs de l'animateur d'un institut de beauté : Ferdinand. Elle n'est pas la seule que ce désir tourmente. Toutes les clientes raffolent de ce joli Monsieur.
Mais Ferdinand, aimé des dames, aime une jeune fille, toute simple, Gabrielle, qui ne confie point aux vertus de la crème, et du cold créam le soin de s'embellir. Et c'est en vain que la belle Brésilienne s'empresse autour de Ferdinand.
 
 
 
 
 MESSAGER
André MESSAGER, né le 30 septembre 1853 à Montluçon, fut l'un des compositeurs les plus remarquables de son temps. D'abord organiste, puis chef de chorale, plus tard directeur de l'Opéra comique et finalement directeur de l'Opéra, il se trouvait depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à sa mort en 1929 au centre de la vie musicale française. C'est sous son impulsion que l'opérette française moderne a atteint un niveau de perfection bien supérieur à celui atteint par l'opérette viennoise. Il représentait dans notre civilisation artistique le tact, la finesse. Nul plus qu'André Messager n'incarna, d'une façon aussi parfaite, les qualités légères et profondes qui sont l'élégance suprême et inimitable de l'art français. Musicien de haute valeur, technicien accompli, maître de son métier il est le créateur d'une douzaine de chefs-d'œuvre discrets et souriants : " Les P'tites Michu " (1897), " Véronique " (1898), " L'amour masqué "(1923), " Monsieur Beaucaire "(1925), " Passionnément " (1926), " Coups de roulis " (1928), notamment, sont des opérettes dans lesquelles Messager a fait preuve d'une fraîcheur de sentiments, d'un goût et d'une sûreté d'écriture qui feront longtemps leur succès.
 
 
 LES P'TITES MICHU
Opéra-comique en trois actes. Paroles de Albert Vanloo et Georges Duval.

PERSONNAGES :
- Le général des Ifs (basse-baryton)
- MICHU, marchand aux Halles
- ARISTIDE, son commis (trial)
- BAGNOLET, brasseur
- Gaston RIGAUD, capitaine des hussards (baryton)
- MARIE-BLANCHE et BLANCHE-MARIE, filles de M. et Mme MICHU
- Mme HERPIN, maîtresse de pension Mme MICHU
- Mme du TERTRE, Mme ROUSSELIN, MMe SAINT-PHAR et Mme d'ALBERT, dames invitées
- CLAIRE, IRMA, FAMELLA, IDA, FRANCINE et ESTELLE, pensionnaires
- Une sous-maitresse - Trois clientes - Invités et dames, pensionnaires, marchands et marchandes,
L'action se passe à Paris en 1810. Première mondiale : à Paris, sur le Théâtre des Bouffes-Parisiens, le 16 novembre 1897.
Messager s'est montré ici un musicien tout à luit charmant et dans la tradition agréable, claire et aimable des maîtres français. Tout au cours de la partition, l'orchestre discret et habile nous donne un plaisir sans fatigue.

Le premier acte se joue dans le jardin de l'institution Herpin. Le deuxième nous conduit chez le général des Ifs.
Le dernier acte se joue à l'intérieur de la boutique des Michu, à l'enseigne de la " Poule aux œufs d'or ".

ANALYSE :
En 1793, le comité révolutionnaire a décrété l'arrestation du marquis des Ifs. On est venu l'arrêter dans son château, à l'heure même où la marquise donnait le jour à une petite fille. La pauvre femme est morte de saisissement; le marquis a pu se sauver. Tel est le point de départ un peu noir.
Quant à la petite fille, le marquis l'a fait remettre par son intendant, avec une somme d'argent, à un brave paysan, son voisin, Michu, dont la femme vient aussi d'accoucher. Michu déclarera deux enfants jumeaux, et quand les mauvais jours seront passés, le marquis reviendra chercher sa fille. Mais le dieu de la comédie veille! Michu, chargé de baigner les petites filles, les a mises dans la même baignoire; et quand il les a reprises pour les porter à la mère nourrice, il n'a plus su qui était sa fille et qui était la fille du marquis.
Le temps a marché. Les Michu, avec l'argent reçu du marquis, se sont établis aux Halles et ont prospéré. Ils ont mis leurs deux filles, car Blanche-Marie et Marie-Blanche passent pour deux soeurs et croient l'être, dans un pensionnat militairement tenu de Mme Herpin. Or, dans cette maison où tout marche au tambour, un beau capitaine de hussards, Gaston, neveu de Mme Herpin, fait souvent son apparition. Gaston flirte avec les petites Michu et les embrasse toutes les deux, pour ne pas faire de jalouses, ce à quoi il ne réussit pas, car les deux " soeurs ", chacune de son côté, trouvent le joli officier à leur goût. Inutile inclination de leur cœur! Le capitaine doit se marier et ne le leur cache pas, ce qui les remplit d'une mélancolie qui se console en chansons.
Or, ce capitaine est l'aide de camp du général des Ifs qui n'est autre que le ci-devant marquis, rallié à l'Empereur et devenu général. Gaston, au siège de Saragosse, a sauvé la vie à son général, qui, en récompense, veut lui donner sa fille en mariage. Cette fille, c'est elle qu'il a jadis confiée aux Michu et qu'il n'a pas eu le temps de retrouver. Les Michu, eu effet, ont changé de région et d'ailleurs, sous l'empire, d'une campagne à l'autre, les soldats étaient forts pressés! Le général a pourtant fini par retrouver les Michu et leur réclame son enfant.
Vous voyez d'ici la difficulté et comment le quiproquo se développe. Tantôt en Blanche-Marie, tantôt en Marie-Blanche, le général croit retrouver son enfant. Il est enfin décidé que c'est Marie-Blanche qui sera la fille du général et qu'épousera le capitaine. Quant à Blanche-Marie, elle sera la femme d'Aristide, le filleul des Michu, et elle vendra des poulets aux Halles, tandis que " sa sœur " ira à la Cour.
Mais voyez l'heureuse malchance! Marie-Blanche, au fond aime Aristide; Blanche-Marie est aimée de Gaston. La fortune ne s'accorde pas avec l'amour et l'opérette ressemblerait à la vie, si Marie-Blanche n'avait une idée de génie. Depuis qu'elle est chez le général, elle voit tous les jours le portrait de la marquise, sa prétendue mère; et sans parler de son amour pour Aristide et de ses goûts populaires qui la persuadent qu'elle est vraiment une Michu et qu'on se trompe en la faisant marquise, elle s'aperçoit que ce portrait ressemble à Blanche-Marie. Et le jour de la double noce, qui est triste, car le cœur n'y est pas, elle imagine d'habiller Blanche-Marie avec le costume de la marquise, de la poudrer et de la montrer ainsi au général qui croit retrouver sa femme et retrouve sa fille. Il y a chassé-croisé de père, de mère, de frère, de mari et de femme, et tout le monde est heureux; car, dès le premier jour, Aristide a déclaré qu'entre les deux petites Michu, il ne tournerait pas la main pour avoir l'une plutôt que l'autre
 
 
 VÉRONIQUE
Opéra-comique (ou opérette) en trois actes d'Albert Vanloo et Georges Duv

PERSONNAGES :
-Agathe COQUENARD (soprano)
- Ermerance de CHAMP-D'AZUR
- DENISE - Tante BENOIT - SOPHIE - CÉLESTE - ZOÉ - IRMA - HELOISE - ELISA - Une demoiselle du palais -
- La princesse Hélène de SOLANGES, travaillant sous le nom de " VÉRONIQUE " chez Coquenard (soprano)
- Le vicomte Florestan de VALAINCOURT (baryton)
- COQUENARD, fleuriste
- LOUSTOT, recors (ténor)
- SERAPHIN, domestique, fiancé de Denise (trial)
- OCTAVE - FÉLICIEN - Un tambour - Deux invités - fleuristes, acheteurs, acheteuses, gardes, invités, etc.

L'action se passe à Paris et à Romainville en 1840.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 10 décembre 1898.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
La musique plaisante de Messager est aussi fine qu'une toile d'araignée et aussi délicate qu'un flocon de neige. Cette opérette demande des artistes qui doivent être dans leur art aussi grands que les plus grands interprètes de Wagner : des chanteurs avec voix et ayant une grande possibilité de nuancer leur jeu. Si " Véronique " n'a pas les traits populaires des " P'tites Michu", cette opérette reste cependant une œuvre fine et gracieuse, pleine de sentiment et de caractère.
 
ACTE PREMIER : Une boutique de fleuriste à l'enseigne du " Temple de Flore ".
- Coquenard, propriétaire de la boutique, aspire à l'honneur d'être nommé capitaine de la garde nationale. Il le sera, car il a toutes les raisons du monde d'avoir de la chance ! Coquenard, en effet est l'heureux époux - heureux puisqu'il ne sait rien - de la belle Agathe, aimable, légère, et tendre. Pour le moment! Agathe reçoit les adieux de son amant, le vicomte Florestan de Valaincourt, qui doit bientôt se marier. Ce Florestan est ce qu'on appelait en 1810, " un bambocheur " : il n'a aucune envie de se marier. Mais il a un oncle, grand personnage à la Cour qui, las de payer ses dettes, lui a choisi une femme et entend qu'il l'épouse. Pour le contraindre au mariage, ledit oncle a employé un moyen original. Il a acquis une grosse lettre de change de son neveu et a attaché à sa personne un recors qui doit l'arrêter et le conduire à Clichy, s'il lui prenait la fantaisie de se dérober au mariage par la fuite. Entre le mariage et cinq ans de prison, Florestan qui calcule peut-être mal, préfère le mariage. Disons de suite, que Louslot le recors qui le surveille est un baron décavé, victime lui-même des recors et qui a pris le métier pour vivre, en attendant quelque occasion de redorer son blason.
Maintenant qui est cette jeune fille que doit épouser Florestan? C'est la nièce d'une comtesse Ermerance, dame d'honneur aux Tuileries. Le roi a arrangé ce mariage entre le neveu et la nièce de ses serviteurs, et on doit faire la présentation, le soir même, au bal de la Cour. Hélène, - c'est le nom de la future épousée, - a vu Florestan déjà ; mais celui-ci ne la connait pas et il n'est pas pressé de la connaître. Il sait qu'elle arrive d'un couvent de province. Quelque petite nigaude sans doute, une " brebis blanche " qui porte des pantalons jusqu'aux chevilles C'est ainsi que Florestan juge sa future et en parle à Agathe en lui faisant ses adieux. Seulement il se trompe. Hélène est fort délurée, et nous le voyons de suite. Elle est, en effet, venue chez la fleuriste, avec sa tante, acheter des fleurs pour le bal du soir. Elle a vu Florestan et s'est cachée en un coin du magasin, d'où elle a entendu sa peu édifiante conversation, et elle a résolu de lui donner une leçon.
Florestan, pour célébrer la nomination de capitaine de grenadiers que Coquenard vient de recevoir, grâce à lui (il lui devait bien l'honneur de porter un vaste bonnet à poil), invite tout le magasin à un déjeuner à Romainville. Au moment du départ, Hélène et sa tante se présentent à Coquenard, sous prétexte de demander de l'ouvrage dans la boutique, Coquenard, qui a besoin d'ouvrières, les engage et, en attendant les invite au déjeuner et nous voilà en route vers Romainville, avec les " dernières grisettes "

ACTE DEUXIEME : Le restaurant du " Tourne-Bride ", au milieu du bois de Romainville.
- A Romainville nous tombons sur une noce déjà installée sous les bosquets. C'est la noce de Séraphin, qui est le domestique de la comtesse Ermerance. Cette noce est en train de danser. Les invités au déjeuner de Florestan ont envie d'en faire autant, et les deux " sociétés " fusionnent. Quelle n'est pas la surprise de Séraphin en rencontrant dans l'abandon d'un quadrille gai, Mme la comtesse, sa patronne! Mais Séraphin, domestique à la cour est une sorte de diplomate qui sait garder un secret. El le secret est d'autant plus nécessaire que dans une promenade à âne, la comtesse est tombée de sa monture et a reçu de Coquenard, émerveillé, des soins tendres qui ont presque touché son cœur D'autre part, Florestan a fait la cour à Hélène qu'il prend pour la grisette " Véronique "; la cour, assez leste d'abord, est devenue plus respectueuse devant l'allure de la jeune fille, et Florestan, séduit et piqué au jeu, envoie au diable son mariage. Si bien que, pour retenir Hélène-Véronique, qui doit rentrer à cinq heures, il renvoie les voitures. Une seule reste, celle de Séraphin et de sa femme. Ermerance et sa nièce s'en emparent, Hélène sous le voile de la mariée, cachant sa fuite, au grand désespoir de Séraphin qui ne voit le changement de personnes que dans la voiture. Il y perd sa nuit de noces

ACTE TROISIÈME : Un petit salon aux Tuileries. -
Au bal des Tuileries, tout le monde se retrouve. Séraphin passe des plateaux et Loustot, ayant touché la prime de l'oncle de Florestan, est redevenu l'élégant baron caché sous le recors. Coquenard, enfin a été invité avec sa femme, comme capitaine de la garde nationale. La réception est " ouverte " et on se croirait à l'Hôtel de Ville! Déjà! Il n'y a plus qu'à faire la présentation et les accordailles. Mais Florestan ne vient pas. Décidément il est amoureux et a préféré aller à Clichy que de renoncer à l'espoir de retrouver l'étrange grisette qui l'a séduit. Pour l'heure, il est dans un fiacre, gardé à vue. " Il faut payer " s'écrie Hélène qui est aussi devenue fort amoureuse de Florestan. Loustot ramène donc Florestan, qui, dans Hélène retrouve Véronique. Ce n'est pas fini pour cela. Par Agathe, Florestan a appris tous les détails de l'aventure. Sa délicatesse de sentiments, sa tendresse native, plus que sa vanité s'en inquiètent. Il aimait la grisette, mais aimera-t-il la jeune fille? Celle-ci, ne lui en voudra-t-elle pas d'avoir été aimée, pour ainsi dire indirectement, et en une autre? Nuances un peu subtiles du sentiment, mais délicates. Mais, enfin, tout s'arrange et finit bien. Il n'est pas jusqu'à Coquenard qui, superbe en uniforme, ne reconquiert sa femme. Sera-ce pour longtemps? Louslot qui trouve la fleuriste à son goût, a l'air, redevenu un charmant gentleman, de croire et d'espérer que non
 
 
 L'AMOUR MASQUÉ
Comédie musicale en trois actes et en vers libres de Sacha Guitry.

PERSONNAGES :
- ELLE - LUI
- Le baron d'AGNOT
- Le maharadjah
- L'interprète
- Le maître d'hôtel - Le valet de pied - deux servantes - Quatre dames - Quatre messieurs.

L'action se passe " Chez Elle ", de nos jours.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre Edouard VII, le 15 février 1923.
La simplicité des moyens musicaux mis en oeuvre est remarquable

PREMIER ACTE : Chez Elle, dans sa chambre. -
Yvonne a vingt ans. Elle est riche, grâce aux libéralités de deux protecteurs qu'elle n'aime pas. Son cœur appartient à un jeune inconnu, dont elle a dérobé l'image chez un photographe. Prévenu par celui-ci, le propriétaire de la photographie vient la réclamer. Yvonne ne sait pas que le portrait dérobé date d'il y a vingt ans. Elle prend le visiteur pour le père du jeune homme dont les traits l'ont frappée, et le prétendu père feint d'admettre l'existence du fils grâce auquel il entrevoit qu'il pourra faire sa cour avec succès. Il prévient Yvonne que ce fils un peu original aime le mystère et qu'il apparaîtra masqué au bal qu'elle donnera le soir même.

DEUXIEME ACTE : Chez Elle. Dans son salon.
- Le prétendu père arrive au bal sous un masque et se fait passer pour le fils. Après des péripéties où l'on voit les deux servantes d'Yvonne prendre l'aspect même de leur maîtresse - ainsi l'amour est masqué trois fois - où l'on voit un membre de l'Institut servir d'interprète à un maharadjah, l'acte finit en gaîté.

TROISIEME ACTE : Mêmes décors.
- Tout finit pour le mieux, car Yvonne s'éprend du père à défaut du fils et cela avec d'autant plus de facilité qu'elle reste ainsi fidèle à son idéal, qui est d' " avoir deux amants ". Mais ces deux, elle les aura trouvés dans la même personne.
 
 
 MONSIEUR BEAUCAIRE
Opérette romantique en trois actes et un prologue. D'après la nouvelle de Booth Tarkington. Adaptation française de André Rivoire et Pierre Veber.

PERSONNAGES :
- Monsieur BEAUCAIRE (baryton)
- Philippe MOLYNEUX, gentilhomme anglais, son ami (ténor)
- Le duc de WINTERSET (baryton)
- NASH, maître de réception
- BANTISON (ténor)
- TOWNBRAKE - RAKELL - Le capitaine BADGER (basse)
- BICKSITT - JOLI FFE
- Le marquis de MIREPOIX
- FRANÇOIS - Officiers
- Lady Mary CARLISLE (soprano)
- Lady LUCY (soprano léger)
- La comtesse de GREENSBURY
- Deux jeunes filles - Jeunes femmes.

La scène se joue au XVIIIe siècle à Barth, en Angleterre.
Première mondiale (en anglais) à Londres, au Prince's Théâtre.
Première mondiale (en français) à Paris, sur le théâtre Marigny, le 22 novembre 1925.
Durée du spectacle 3 h. 1/4.
" Monsieur Beaucaire " est une œuvre spirituelle, éloquente, pleine de fraîcheur et de grâce. André Messager a montré son réel talent de compositeur en créant celle opérette romantique qu'il a troussée de ravissantes mélodies associées à une ingénieuse orchestration.

Monsieur Beaucaire est barbier de son état, installé en Angleterre, amoureux de Lady Mary et membre du Cercle de Barth. Telle est la situation au moment où le rideau se lève, sur le prologue.

PROLOGUE : Une salle dans l'appartement de Monsieur Beaucaire.
- Beaucaire surprend le duc de Winterset qui triche au jeu. Il consent de ne pas divulguer la faute du duc à une condition toutefois : Winterset le présentera, ce soir, au bal donné par Lady Mary.

ACTE PREMIER : Une salle de bal à Barth.
- Le chœur des soupirants et des amies de Lady Mary chante une valse en l'honneur de leur hôtesse qui fait son entrée, ravissante et morose, car elle aime un bel inconnu qui n'a pas dit son nom et qu'elle n'a pas revu. Escorté de Beaucaire, qu'il présente comme le duc de Châteaurien, Winterset s'incline devant Lady Mary. Resté seul avec Lady Mary, Beaucaire chante l'admiration qu'elle lui inspire, vante l'amitié de la France pour l'Angleterre et lui demande la rose qu'elle porte à son corsage. Winterset, furieux et jaloux, le fait provoquer en duel par un de ses amis, Beaucaire revient victorieux et ouvre le bal, la rose de Lady Mary à la boutonnière.

ACTE DEUXIÈME : Un jardin chez Bantison.
- La fête bal son plein. Lady Mary et Beaucaire se font des aveux dans un duo qui demeure un des chefs-d'œuvre de la musique d'opérette. Winterset irrité vient alors révéler la supercherie à Lady Mary troublée par tant de fausseté, Effondrée, elle s'éloigne au bras de Winterset laissant son soupirant d'une heure qui reste calme et hautain.

ACTE TROISIEME : Une salle au Casino de Barth.
- Beaucaire chante son espoir, tandis que Lady Mary se sent prête à se laisser fléchir : " Qu'est-ce qu'un nom, mais ce n'est rien qu'un nom! "
Ils se retrouvent tendres et amoureux, mais tout s'oppose à leur union : les usages, la tradition, l'opinion de Winterset et de ses amis. Survient alors l'ambassadeur, de France qui salue Beaucaire avec respect, car le roi de France vient de rendre au barbier exilé ses titres de duc de Chartres et d'Orléans. Toutes les barrières qui séparaient les deux amoureux s'effondrent, Lady Mary deviendra duchesse d'Orléans et mieux encore, " pour le meilleur et pour le pire ", Madame Beaucaire.
 
 
 PASSIONNÉMENT
Comédie musicale eu trois actes de Maurice Hennequin et Albert Willemetz

PERSONNAGES :
- Robert PERCEVAL, un Français (baryton)
- STEVENSON, businessman américain (ténor)
- Le capitaine HARRIS (ténor)
- LE BARROIS - AUGUSTE, domestique (basse)
- JOHN, domestique
- BETTY (Mrs Stevenson), ex-vedette du Lyceum Théâtre de New-York (soprano)
- JULIA, femme de chambre de Ketty (soprano)
- Hélène le BARROIS (mezzo-soprano).

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre de la Michodière, le 16 janvier 1926.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.
La musique de Messager dans " Passionnément " est exquise de bout en bout : elle brille par la grâce, l'élégance et l'esprit. A vrai dire on ne sait pas ce qu'il faut admirer le plus dans cette ravissante comédie musicale; tout y est si distingué, si habile, si parisien. Et quelle finesse de touche dans l'orchestration.

ACTE PREMIER : Le salon de 1' " Arabella ", le yacht de Stevenson. -
M. Stevenson, businessman, dénué de toute sensibilité, et sa femme Ketty se sont embarqués pour la France sur leur yacht. Mais Stevenson n'a consenti à venir en France qu'à la condition que sa femme n'y paraîtra devant un étranger qu'en perruque blanche et lunettes bleues. Kelly en doit faire le serment sur la bible. Toutefois, Stevenson se trompe et c'est sur " La garçonne " que le serment est prêté en réalité. Stevenson, défenseur du régime sec, entend que les lois américaines continuent à être scrupuleusement respectées par ses gens. Julia, la femme de chambre, rompt avec le capitaine Harris, désireuse qu'elle est de connaître en France, le frisson véritable de l'amour.
Le yacht aborde. Robert Perceval, mandé d'avance par Stevenson qui compte acquérir de lui à bas prix un domaine inculte de quarante mille hectares dont le yankee connaît la richesse pétrolifère, monte sur le pont, suivi de son amie, Hélène, et du mari de celle-ci, Le Barrois. Sous un prétexte futile Madame Le Barrois renvoie son mari. Craignant quelque infidélité de son amant adoré, Robert Perceval, Madame Le Barrois veut parler, pour en avoir le cœur net, au propriétaire du bateau. Ketty, déguisée en vieille dame, survient à ce moment. Madame Le Barrois lui fait part de ses appréhensions et la prie de lui montrer sa rivale. Comme Ketty lui dit être la seule femme à bord, Madame Le Barrois est bientôt tranquillisée et, s'excusant, retourne à terre.
L'affaire est rapidement réglée entre Stevenson et Robert; afin de signer le contrat de vente, Robert invite M. et Mme Stevenson à diner le lendemain chez lui. Le Français, en se retirant, rencontre Ketty non déguisée et la prend pour la nièce de Stevenson. Ketty qui prétend se nommer " Margared " lui fait jurer - toujours sur la pseudo-bible - de ne jamais chercher à la revoir !

ACTE DEUXIÈME : Un élégant salon chez Robert, à la villa des Roses.
- Le lendemain, au dîner, dans la villa de Robert, Ketty portant des lunettes bleues et une perruque blanche se présente au bras de son mari. Hubert ne pense qu'à " Margared " et a décoré ses chambres de véritables plantations de " Marguerites ". C'est avec ravissement que Ketty prend note de ces gracieux hommages. Elle commence également à être " passionnément " amoureuse de Robert. Connue tous les passagers du yacht se voient dans l'obligation, en raison d'une avarie de l' " Arabella ", à passer la nuit dans la villa de Robert, Ketty-Margared, encouragée par Julia à l'esprit aventurier, est peu à peu prête à se laisser conquérir par Robert sous la personne de Margared. En tout cas, elle avait déjà précédemment, sous le nom de "Margared", envoyé, par les soins de Julia, une petite lettre à Robert, le priant instamment de ne pas signer le contrat. William Stevenson, furieux, se croyant " roulé " s'est rendu au Casino pour y rencontrer un ami d'Amérique.

ACTE TROISIEME. : Même décor qu'un deuxième acte.
- jusqu'à l'aube Julia et Harris veillent sur le couple " Margared " - (Robert Perceval ne soupçonne encore pas l'identité de la tante et de la nièce en une personne) pour le protéger contre des surprises désagréables. Cependant le soleil se lève sur un William Stevenson entièrement changé et anobli. Il n'est plus le " businessman " sans scrupules, mais l'ami et le bienfaiteur de l'humanité, qui va jusqu'à rendre Robert attentif sur la valeur réelle de son domaine. Et après avoir appris le secret de la double existence de la tante et de la nièce, il consent à se séparer de Ketty. Cela fait l'affaire de chacun, même de Julia qui enfin connaîtra le bonheur amoureux.
 
 
 COUPS DE ROULIS
Opérette en trois actes. Livret d'Albert Willemetz, d'après le roman de Maurice Larrouy.

PERSONNAGES :
- Puy PRADAL, député du Puy-de-Dôme, haut-commissaire de la République (baryton)
- GERVILLE, capitaine de frégate (ténor)
- KERMAO, enseigne de lère classe (baryton)
- PINSON, matelot ordonnance (trial)
- BELLORY, commissaire de lre classe (basse)
- Vice-amiral de SAINT-MESMIN
- MURIAC, médecin-major
- HAUBOURDIN, lieutenant de vaisseau (ténor)
- BLANGY, ingénieur-mécanicien - VALADE, enseigne de 2e classe
- Le KEREC, quartier-maitre fourrier
- Le radio - Le représentant du Khédive
- Sola MYRRHIS, comédienne (soprano)
- BEATR1CE, fille de Puy Pradal (soprano léger)
- Matelots, officiers du " Montesquieu ", officiers étrangers, diplomates, fonctionnaires égyptiens, invités.

L'action ne passe en Méditerranée et au Caire sous la IIIe République.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre Marigny, en 1928.
Durée du spectacle : 3 heures.
C'est dans la grande tradition de l'opérette française pure qu'est écrite " Coups de roulis ". Messager a composé pour celle oeuvre une partition exquise où dominent l'esprit et la jeunesse. C'est à la fois le triomphe de la distinction, de la pureté d'écriture, de la mesure et du tact.

ACTE PREMIER : Sur le cuirassé " Montesquieu ".
- Le député du Puy-de-Dôme, Puy Pradal, investi par le Parlement de toutes les prérogatives d'un Haut-Commissaire, à la suite d'une heureuse interpellation, et envoyé en mission d'inspection à bord du cuirassé " Montesquieu " où il commettra les plus réjouissantes bévues, s'est fait accompagner par sa très jolie fille Béatrice en qualité de secrétaire. Béatrice se voit aimée à la fois par le capitaine de frégate Gerville et par l'enseigne Kermao qui facilitent de leur mieux le travail délicat de l'enquêteur désireux de s'initier à tous les secrets d'un navire de guerre.

ACTE DEUXIEME : Au Caire.
- En cours de route vers Alexandrie, Pradal a pris goût aux réceptions et aux bals. Au Caire, il s'éprend de Sola Myrrhis, jolie comédienne qui ambitionne le sociétariat de la Comédie française. Évidemment, des complications ne manqueront pas de surgir.

ACTE TROISIÈME : Sur le cuirassé " Montesquieu ".
- Sola Myrrhis s'est jointe à la société pour rentrer en France à bord du navire. Pendant la traversée du retour, le navire traversant une brume épaisse, échappe de justesse à une collision dangereuse, grâce au sang-froid du jeune enseigne Kermao. La leçon du danger est souveraine; le commandant du vaisseau qui a compris que la jeunesse est faite pour la jeunesse, s'efface devant son jeune rival Kermao qui épousera Béatrice. Le député parvient, grâce à sa fille, à se soustraire à l'empire de Sola Myrrhis. Les droits de l'amour triomphent ainsi que ceux de la morale; et lorsqu'àprès bien des " coups de roulis " on arrive au port, tout est rentré dans l'ordre, Puy Pradal devient ministre, Sola Myrrhis entre à la Comédie française, et Gerville se console à Toulon avec une ancienne amie.
 
 
 
 MILLOECKER
Carl MILLOECKER est né à Vienne, le 29 mai 1842. Il devint, en 1864, chef d'orchestre du théâtre de Gratz, où il fit représenter deux opérettes : " L'Hôte mort " (1865) et " Les Deux Echarpes " (1866). Devenu chef d'orchestre du théâtre de l'Harmonie à Vienne, il y donna encore " Diana " (1867), puis fit jouer à Pest 1' " Ile des Femmes " (1868), et, de retour à Vienne, entra au théâtre " An der Wien " comme chef d'orchestre. Il y fit jouer entre autres "Trois paires de souliers ", " La comtesse Dubarry " (1879), " L'étudiant pauvre " (Le prince vagabond) (1882), l'" Aumônier militaire (1884) " Gasparone " (1884 ), " Le pauvre Jonathan " (1890), etc.. On lui doit encore quelques mélodies et une série de morceaux pour piano. Le compositeur est mort en 1899.
 
 
 
 LE PRINCE VAGABOND
Opéra-comique en trois actes et neuf tableaux (d'après E. Scribe). Première version de Zell et Genée. Version nouvelle d'Eugène Otto. Adaptation française de Jacques Jeanmarie.

PERSONNAGES :
- La comtesse Paimatica NOVALSKA (alto)
- LAURA et BRONISLAVA, ses filles (soprani)
- Le colonel OLLENDORF, gouverneur de Cracovie (trial)
- Simon RYMANOWIEZ, étudiant (ténor)
- Le duc ADAM (baryton)
- L'aspirant RICHTHOFFEN (rôle travesti : soprano)
- Le capitaine HENRICI (ténor)
- Le commandant WAGENHEIM (basse) et le lieutenant SCHWEINITZ, officier du régiment d'Ollendorf
- CANARDIN, geôlier de la citadelle de Cracovie (ténor)
- PIF etPAF, surveillants à la même citadelle - Un aubergiste - Le bourgmestre de Cracovie - Un prisonnier - Un messager - - Prisonniers, leurs femmes, badauds, invités, dames et demoiselles d'honneur, pages, laquais, soldats.

L'action se passe en 1704, à Cracovie (sous le règne d'Auguste le Fort, roi de Pologne, grand électeur de Saxe).
Première mondiale à Vienne en 1882.
(Création en langue française : à Strasbourg, au Théâtre Municipal, en février 1950.
Durée du spectacle ; 3 heures.

ACTE PREMIER : 1er tableau : Dans la cour de la prison de Cracovie
- En 1704, les officiers de sa Majesté Frédéric-Auguste le Fort se comportent en maîtres prétentieux et détestés. Aussi, dans une réunion mondaine le colonel Ollendorf vient de provoquer un scandale; et pourtant ce n'était qu'" un baiser dans le cou ". Mais la jeune comtesse Laura Nowalska appliqua, avec une prompte vigueur, son éventail sur la joue du hardi galant. Il existe, de plus, une lettre de la mère de Laura, adressée à une parente, véritable insulte à l'adresse de tous les officiers saxons; elle ne donnerait - dit-elle - ses filles en mariage qu'à des Polonais nobles et riches. Les officiers saxons croient devoir venger leur honneur. Le colonel a déjà conçu un plan : il s'agit de jouer un tour à Laura en extrayant de sa cellule un étudiant qu'on lui présentera comme le prince polonais multimillionnaire Vybicki. Or, dans la prison, il y a deux prétendus étudiants pauvres. L'un deux, Simon accepte de jouer le rôle du Prince Vybicki, amoureux de Laura, tandis que le second Adam, tramant de mystérieux projets, profite de l'occasion pour s'évader.
2e tableau : Foire sur la place publique à Cracovie. - La comtesse Nowalska, flanquée de ses deux filles Laura et Bronislowa, faute d'écus, fait semblant d'acheter des objets précieux. Les officiers, notamment l'aspirant Richthoffen leur présentent le pseudo-prince Vybicki et son " secrétaire particulier ". Le "prince "vient courtiser adroitement Laura qui s'enflamme pour cet homme célèbre et accepte sa proposition de mariage. Le couple est fêté en éclat.
Mais auparavant, le second " étudiant " Adam prendra les fonctions et le nom de laquais Onoufrie au service de la comtesse, car sa véritable identité de prince Adam Casimir de Pologne a été établie et son évasion signalée.

ACTE DEUXIÈME : Dans le salon de la comtesse Nowalska.
- Tout y est préparé en vue du mariage de Laura avec le " prince ". Simon, entre temps, sincèrement épris de Laura qui le lui rend bien, est pris, au dernier moment, de scrupules. Il voudrait dévoiler à Laura sa véritable identité pour lui éviter un scandale, mais ne parvient ni de vive voix, ni par lettre, à lui avouer l'humiliante vérité. A son tour Bronislowa, elle, est intriguée par l'allure distinguée du nouveau laquais Adam, et quand celui-ci lève un coin de son mystère, une vive sympathie s'établit entre les deux jeunes gens.
A la suite des machinations d'Ollendorf, la cérémonie du mariage entre le " prince vagabond " et Laura peut avoir lieu, sans que celle-ci soit renseignée exactement sur la personne de son époux. Les officiers saxons s'en frottent les mains. Voici, au surplus le geôlier de la prison Canardin et ses détenus faire irruption sous prétexte de présenter leurs vœux aux heureux époux. En réalité, on est venu pour révéler l'identité réelle de Simon et pour jouir de la confusion de Laura et de sa famille.
Mais Ollendorf qui triomphe, provisoirement du moins, se chargera lui-même de perdre tous les avantages. Il a été averti de la présence du duc Adam de Pologne au palais Nowalska. Le confident de ses projets sera précisément Onoufrie (donc le duc lui-même). Ce dernier promet de lui dénicher et de livrer le duc moyennant versement de 200.000 écus, payable comptant en bonne monnaie. Ollendorf est enchanté de ce marché. Or, c'est avec cette grosse somme qu'Adam court acheter le commandant de la citadelle.

ACTE TROISIÈME : Au palais de la comtesse Nowalsky.
- En attendant, Simon, prince déchu, chassé et honni, est un désespoir, quoique Laura continue à l'aimer passionnément. Ollendorf prend Simon pour le " Prince Adam " et il manque d'être arrêté à nouveau. Mais coup de théâtre : la citadelle est tombée aux mains des Polonais. Le duc Adam, à la tête des insurgés polonais, fait son entrée dans Cracovie, fait Ollendorf prisonnier, anoblit son compagnon Simon, devenu époux du même rang que Laura et demande lui-même, à la plus grande joie de la vieille comtesse, la main de sa fille cadette, de la ravissante Bronislowa qui lui avait donné son cœur lorsqu'il tenait encore le poste de valet de chambre Onoufrie.
 
 
 
 MORETTI
Raoul MORETT1, né le 10 août 1893 à Marseille, a fait ses études au conservatoire de cette ville. Lauréat précoce, il remporte un premier prix de piano et un premier prix de solfège à l'âge de l3 ans. Il poursuit ses classes, à Paris, auprès de Diemer. Après quelques chansons, il débute, eu 1922, avec une opérette " En chemyse " aux Bouffes-Parisiens et donne ensuite "Troublez-moi ", " Trois jeunes filles nues " (1925) et " Le comte Obligado " (1927).
Raoul Moretti est aussi l'auteur de musiques de films d'une très belle qualité : " Si tu veux " de Hugon, " Il est charmant " de Mercanton et " Sous les toits de Paris " de René Clair, inoubliable fantaisie poétique.
 
 
 
 COMTE OBLIGADO
Opérette en trois actes. Livret et lyrics de André Barde.

PERSONNAGES :
- ANTOINE
- Christobal de MIRANDA.
- Robert de MOUSTIER
- ARMANDINE
- POLIGNY - GUSTAVE - MIXTAINE
- Xavière de MIRANDA - Martine POLIGNY - Jane SIBAT - MONIQUE - SIMONE - LUCE - ODETTE.

Première mondiale à Paris, le 16 décembre 1927.
Dans la cohorte des compositeurs de spectacles d'opérettes, genre très français, et qui de nos jours encore malgré les influences viennoises et américaines, maintient sous notre ciel son caractère musical, Raoul Moretti figure aux premiers rangs. C'est un musicien par l'éducation, par l'inspiration, par la technique. Ses opérettes à grand spectacle sont une suite de couplets, de danses, de chants. La musique du " Comte Obligado " sans être très originale ne manque pas de charme et d'adresse. Elle plaît beaucoup.
 
ACTE PREMIER : Le salon formant hall d'entrée de la " Maison Amandine ".
- Le comte Obligado est le titre dont se rehausse Antoine, " liftier " dans une grande maison de couture à la mode et qui vient d'hériter de deux cent mille francs. Quelle aubaine! Comment employer celte fortune? Le fisc réduit un peu l'envergure des séduisants projets que caresse son imagination. Tous frais payés, il ne reste plus en somme à Antoine que trente mille francs. Tant pis, il veut au moins goûter à la " grande vie " et pendant trois jours se payer une existence de millionnaire.

ACTE DEUXIEME : Un petit salon chez Miranda.
- Le prétendu " comte Ohligado " y est pris par la belle Xavière de Miranda, femme d'un gros boursier, pour un riche capitaliste algérien. Les femmes le choyent, l'attirent à elles; les hommes le congratulent. On assiste à nombre de réjouissants quiproquos jusqu'au moment où la brillante façade tout à tout s'écroule. Le comte Obligado redevenu l'humble Antoine, se transforme pour chacun en objet de répulsion.

ACTE TROISIÈME : Le buffet-bar à l'hippodrome d'Auteuil.
- Le pari mutuel arrangera toutes choses. Antoine, écrasé, a la chance de gagner un million en plaçant ses trois derniers billets sur un cheval dédaigné qui gagne la course. Il remonte aussitôt dans l'estime de tout le monde. La toile tombe sur des gens heureux
 
 
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