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LE GRAND REPERTOIRE DES OPERETTES

 
2ème partie
Les liens sur toutes les opérettes se trouvent ici
 
 GERSHWIN
Georges GERSHWIN, né en 1898, est l'un des compositeurs les plus connus et les plus originaux des Etats-Unis de l'Amérique du Nord. Sa " Rhapsody in Blue " qui a été jouée pour la première fois en 1925 par l'orchestre de jazz symphonique de Paul Whitemans, lui assura une popularité bien méritée.
Parmi ses œuvres il faut encore relever l'opéra " Porgy and Bess ", le " concerto pour piano et orchestre " et l'ouverture " Un américain à Paris ". Gershwin est mort en 1937.
 
 
 TIP-TOES
Opérette américaine en trois actes et six tableaux, de A. Mauprey, de Mackield, S. Weber et G. Gershwin
 
PERSONNAGES :
BOB L'oncle PUFF
- TIP-TOES, petite girl
- Steve BRUTON, roi de la colle
- Sa soeur
 
Première en France à Paris en 1929.
" Tip-Toes " plaît par sa gaîté continuelle, ses couleurs étincelantes. Ayant conservé sa saveur originale, elle offre un attrait un peu brutal, non dénué d'un certain charme. La musique de Gerchwin a du caractère, du rythme, de la diversité. La disposition en " jazz symphonique " de l'orchestre produit des sonorités curieuses. Les motifs de danse dominent.

ANALYSE :
Le " trio Kayes " fait des numéros comiques dans des music-halls. Il se compose de Bob, de l'oncle Puff et de l'amusante petite girl surnommée " Tip-Toes " (sur la pointe des pieds) pour la grâce et la légèreté de sa danse.
Mandé en représentation au Palm Beach, le trio se voit en face de difficultés provenant d'une innocente et ancienne aventure de Tip-Toes. Celle-ci se décide, d'accord avec ses partenaires, à chercher un mari, pour le moins multimillionnaire.
C'est alors qu'elle rencontre Steve Bruton, milliardaire d'une inélégance remarquable, roi de la colle, venu chez sa soeur pour être présenté à la haute société mondaine de Palm Beach et y trouver peut-être une épouse. Tip-Toes se fait passer pour Miss Hollande et triomphe dans un concours de beauté, au grand émoi de Steve qui a un penchant pour la trépidante jeune fille.
On ne doute pas qu'un mariage dénouera l'intrigue après maintes péripéties ou comiques, ou brillantes, ou ingénues
 
 
 
 GILBERT
Jean GILBERT (pseudonyme pour Max Winterfeld) est né à Hambourg, le 11 février 1879. Après ses études aux Conservatoires de Sonderhausen, de Weimar el de Berlin, il a assumé les fonctions d'un chef d'orchestre à Bremerhaven, à Hambourg, puis à Berlin et y a écrit de nombreuses œuvres musicales, notamment pour le théâtre.
Son opérette " La chaste Suzanne " (1910) l'a rendu célèbre.
D'autres œuvres, telles que " La Kinokönigin " et la " Polnish Wirtschaft " ont remporté de très grands succès mondiaux également.
Gilbert a été obligé, à la suite des événements de 1933, de se rendre hors d'Allemagne. La mort a mis fin à sa prodigieuse existence à Buenos-Aires, le 20 décembre 1912.
 
 
 
 LA CHASTE SUZANNE
Opérette en trois actes. Livret d'Antony Mars et Maurice Desvallières

PERSONNAGES
- Le baron des AUBRAIS, académicien (grand comique)
- HUBERT, son fils (baryton)
- René BOISLURETTE, lieutenant (ténor)
- POMAREL, parfumeur à Corbeil (baryton)
- ALEXIS, maître-d'hôtel (ténor)
- CHARENCEY, ami de la famille des Aubrais (basse-bouffe)
- EMILE, garçon de restaurant
- VIVAREL, fêtard
- GODET, fêtard
- Le commissaire de police
- SUZANNE, femme de Pomarel (soprano)
- JACQUELINE, fille du baron des Aubrais
- DELPHINE, femme du baron des Aubrais
- ROSE, femme de Charencey (dugazon)
- IRMA, amie de Vivarel
- PAILLASON, amie de Godet
- MARIETTE, femme de chambre de la baronne des Aubrais

L'action se passe à Paris.
Première mondiale à Magdebourg, le 26 février 1910.
Eu français à Lyon, sur le théâtre des Célestins, le 10 février 1913.
Durée du spectacle : 3 h. 1/4.
C'est une opérette dont le livret a la forme la plus classique du vaudeville. La musique de Gilbert est sobre, quelque fois élégante, à la fois légère, colorée et sentimentale, charmante et soignée toujours et souvent d'une plaisante inspiration très viennoise.

ACTE PREMIER : Un salon chez le baron des Aubrais.
- Nous assistons à une soirée chez le baron des Aubrais, membre de l'Institut, célèbre par ses écrits sur l'hérédité. Il a bien les apparences d'un philosophe austère. Or les apparences sont trompeuses, le baron est un affreux " noceur " et - tel père, tel fils - Hubert ne demande qu'à "nocer ".
Le cousin du baron, le lieutenant René, épouserait bien volontiers sa cousine Jacqueline. Lui aussi, est un " noceur ", ce qui ne déplaît nullement à la jeune fille. Survient le ménage Pomarel : couronnée par 1'Institut pour son œuvre " Du bon trottoir ", Madame Pomarel, " la chaste Suzanne ", vient remercier le baron. Son mari, un parfumeur, part pour accomplir une période militaire : il ne soupçonne guère que son képi va s'orner d'attributs peu militaires ; il s'agit de cornes.
Suzanne reconnaît en René une ancienne et intime connaissance des villes d'eaux. Surprise! Elle est encore plus vive de la part du raseur Charencey, auquel Suzanne avait présenté René jadis comme son mari. Il faut sortir d'une situation aussi embarrassante. Fort heureusement, la soirée prend fin, chacun affecte de se retirer chez soi, mais les uns et les autres prennent la poudre d'escampette pour aller " nocer ".

ACTE DEUXIEME : " Au Moulin Rouge ".
- Nous y trouvons immédiatement le baron des Aubrais qui - menant une existence double - y est connu comme hôte bienvenu sous le nom de " Boboche ". Ce soir-même il y a rencontré par hasard une très jolie femme, Rose, l'épouse de son ami Charencey. René Boislurette qui a recommandé vivement le jeune Hubert à Suzanne, dîne lui-même avec sa fiancée Jacqueline. Tout marche à merveille, lorsque, soudain, l'arrivée imprévue de Pomarel - qui a manqué son train - jette le désarroi dans les couples, Et l'affaire prend une mauvaise tournure, lorsque le baron rencontre ses propres enfants, que le bon Pomarel trouve la " chaste Suzanne " dans les bras d'Hubert et que M. Charencey revoit son épouse très friande des plaisirs. La police intervient et emmène le baron ainsi que son fils au poste voisin.

ACTE TROISIEME : Un salon chez les Aubrais.
- Les brebis égarées sont rentrées au bercail. Le baron et son fils ont été remis en liberté : le scandale a pu être évité, et malgré la présence dans la villa des Aubrais du maître d'hôtel du " Moulin rouge " que la baronne a engagé comme nouveau valet de chambre, on se met en devoir d'oublier cette ridicule histoire.
Pourtant il s'agit encore de tranquilliser les deux époux furieux. On leur déclare tout simplement que Suzanne et Rose s'étaient rendues au " Moulin rouge " avec les meilleures intentions, en effet, ne voulaient-elles pas ramener les jeunes filles légères qu'on y trouve, dans la bonne voie ? Cette explication paraissant satisfaire tout le monde, tous finissent par se réconcilier. Finalement, le baron des Aubrais ne s'opposera plus à l'union de sa fille avec René, car lui-même a trop de choses à se faire pardonner.
 
 
 
 HAHN
Reynaldo HAHN est né à Caracas (Venezuela) en 1874. Il a été un disciple de Massenet.
Quand il entreprit d'écrire "Ciboulette " il avait déjà écrit pour le théâtre des œuvres délicates comme " L'Ile du Rêve ", " La Carmélite ", " Nausicaa ", le ballet " La fête chez Thérèse ", en plus d'une vingtaine d'opérettes savoureuses, de concertos, de mélodies nombreuses. Une ode intitulée " La Cathédrale de Strasbourg " fut son ultime testament.
Il était directeur de l'Opéra de Paris. Une maladie l'emporta au bout de quelques semaines, le 28 janvier 1947.
Reynaldo Hahn fut, dans son domaine, le compositeur le mieux doué de sa génération. La spontanéité de son écriture, sa sensibilité si française, son charme si parisien, faisaient de lui un musicien dont on se régalera longtemps encore, au contact de ses pages veloutées et savantes. Il avait pour Mozart un culte aussi fervent que celui de Gounod.
Intime aussi des plus grands musiciens de son temps, il avait choisi une voie qui se séparait de la leur. Cette voie n'était ni celle du vice, ni celle de l'austère vertu : le sentier du plaisir élégant et raffiné.
 
 
 
 CIBOULETTE
Opérette en trois actes et quatre tableaux
de Robert de Flers et de Croisset

PERSONNAGES :
- DUPARQUET, contrôleur aux Halles (baryton)
- Antonin de Mourmelon (ténor)
- le père GRENU, oncle de Ciboulette (grand comique)
- Olivier MÉTRA, compositeur (basse)
- CIBOULETTE, jeune maraîchère (soprano)
- ZENOBIE, ex-maîtresse d'Antonin (soprano)
- Mme PINGRET, Marchande aux Halles (mezzo-soprano)
- Mme GRENU (contralto)
- FRANÇOISE - NICOLE - MARIETTE - ANGÉLIQUE - GERTRUDE - GERVAISE
- CASTIGLIONE - Nini PATAPOUF.
L'action se passe à Paris et environs en 1867.
Première mondiale sur le théâtre des Variétés de Turin, le 7 avril 1923.
Durée du spectacle : 3 h. 30.
Sensibilité, grâce, esprit, synthèse de la musique et du verbe, ainsi qu'alliance de l'orchestre et des voix se retrouvent dans "Ciboulette ". Sa mélodie adroite est d'une simplicité de facture qui voile la souplesse du métier et qui a le rare mérite d'une parfaite adaptation prosodique, jointe au souci évident de respecter les moindres exigences vocales. Combien la musique de cette opérette est-elle fine, spirituelle, pétillante, pleine de fraîcheur et de gaîté, sans jamais tomber dans la banalité !

NOMENCLATURE DES TABLEAUX
Acte Ier : (1er tableau) : Dans le culturel du " Chien qui fume ".
(2e - ) : Le carreau des Halles.
Acte II : (3e - ) : A Aubervilliers, chez le Père Grenu.
Acte III ; (4e - ) : Une soirée dans l'atelier d'Olivier Métra.
 
ANALYSE :
Ciboulette d'Aubervilliers - son nom l'indique - est maraîchère aux Halles.
Sa voisine sur le carreau, la mère Pingret qui prophétise à ses heures lui prédit un avenir flamboyant et un riche mariage. Elle éconduira ses huit fiancés et c'est un neuvième qu'elle épousera, après l'avoir découvert sous un chou, blanchi la perruque rousse d'une rivale et reçu un billet de faire-part sur un tambour basque.
Antonin de Mourmelon, fêtard oisif, millionnaire et bête, plaqué par la cocodette Zénobie, muse aux Halles avec la gentille maraîchère, s'endort abruti par un soir de noce dans la carriole de Ciboulette et se réveille le lendemain à Aubervilliers sous les choux laissés pour compte.
La deuxième prédiction se réalise à l'acte suivant. Ciboulette, furieuse, coiffe sa rivale Zénobie d'un panier rempli de farine; ainsi a été blanchie une chevelure rousse.
La troisième prophétie met plus de temps à s'accomplir. L'ingénu Antonin a gardé un pépin pour la volage Zénobie, ce qui ne fait pas l'affaire de Ciboulette qui, s'étant découvert une jolie voix et une étourdissante fantaisie, décide de partir pour la conquête de Paris où elle compte retrouver son fugitif amoureux.
L'occasion ne se fait pas longtemps attendre. " Conchita Ciboulero ", chaperonnée par la duègne Rosita Pingret, transpyrénéenne d'occasion, interprétera chez Olivier Métra la dernière création du maître, " La Valse des Roses ".
Antonio, qui fait partie du Tout-Paris, ne peut manquer à la fête. Le voici, en effet : amoureux à nouveau de Ciboulette, dont il a perdu la trace. Désespéré, il décide de mourir, non sans avoir rédigé lui-même son propre billet de décès qui, au cours de la soirée, est remis sur un tambour de basque à Conchita Ciboulero. Le masque qui jusqu'ici couvrait le visage de la chanteuse, tombe; il ne reste plus aux deux amoureux que de s'unir par les liens du mariage.
Le dernier et troisième " miracle " s'est accompli grâce à l'intervention de Duparquet, contrôleur aux Halles, qui n'est autre que Rodolphe, vieilli, de la " Vie de Bohème ". Une douce philosophie a remplacé avec l'âge les élans de sa jeunesse. Rodolphe s'est rangé et ne songe plus qu'à faire le bonheur des autres, n'étant plus capable de faire le sien.
 
 
 MOZART
Comédie musicale en trois actes de Sacha Guitry. Musique du Reynaldo Hahn.

PERSONNAGES :
- MOZART (rôle travesti)
- GRIMM
- 1e marquis de CHAMBREUIL
- VESTRIS
- GRIMAUD, laquais
- Mme d'EPINAY
- Mlle M. A. de SAINT-POUS, sa filleule
- La GUIMARD
- LOUISE, servante.

L'action se passe à Paris en 1778.
Première mondiale au théâtre Edouard VII de Paris, le 2 décembre 1925.
C'est un divertissement de qualité rare, de distinction suprême. Le compositeur a admirablement réussi à l'aire cadrer, dans l'ensemble de la partition, les mélodies de Mozart.

ACTE PREMIER : Un salon chez Mme d'Épinay.
- Mme d'Épinay vante à sa filleule, Mlle Marie-Anne de Saint-Pous, les avantages et les richesses du jeune marquis de Chambreuil, qui, après certaines hésitations ne s'oppose plus aux projets de mariage de sa marraine. Survient le marquis lui-même. Grand prétentieux il engage de suite une conversation superficielle avec Mme d'Épinay et échange finalement aussi quelques mots avec Marie-Anne. Invitée à jouer du clavecin la jeune fille ne voudrait pas porter ses mains sur l'instrument se trouvant dans le salon, car le petit Mozart, âgé de huit ans, s'en était servi, lorsqu'il se fit entendre à Paris pour la première fois.
Le baron de Grimm et Mlle La Guimard font leur entrée et se joignent à la conversation sur le petit génie. On parle de son menuet qu'il composa un soir dans ce salon même (l'orchestre le joue en sourdine), de ses symphonies et de ses sonates, ainsi que de son opéra " Mithridate " qu'il aurait fait représenter récemment à Boulogne. M. de Grimm se plaint du fait qu'il n'a jamais cru devoir lui donner de ses nouvelles.
Mme d'Épinay recommande sa filleule au marquis. Les deux jeunes gens s'éloignent ensemble pour visiter la petite salle de théâtre récemment aménagée. Mme d'Épinay, très satisfaite, les suit de ses regards, convaincue que " ces jeunes gens seront fiancés en dix minutes ".
M. de Grimm reparaît suivi du laquais qui lui présente une lettre. Après sa lecture, il repart pour organiser une surprise. Le marquis et Marie-Anne reviennent. Subitement la porte du fond s'ouvre : " Voici, Mozart, Madame ! " dit M. de Grimm. Mozart fait son entrée. Reçu avec une chaleureuse cordialité, l'artiste en est tout confus et, en guise de réponse, se met au clavecin. Puis il raconte qu'accompagné par sa mère, il est venu de Salzbourg en passant par Mannheim. A Marie-Anne il demande la permission de l'appeler " Nanerl ", du nom de sa sœur. La lecture du " Don Juan " de Molière dans le coche entre Strasbourg et Paris l'aurait inspiré. Immédiatement il improvise au clavecin un thème qui sera plus tard celui de son " Don Juan " Emporté par son inspiration il chante pour terminer : " Il faut que tu m'aimes, Paris ! "

ACTE DEUXIÈME : Même décor.
- Mozart est seul au salon. Il travaille auprès du clavecin, tout eu chantant. Louise, la servante, lui présente une lettre. Mozart, surpris par sa beauté, lui fait des compliments. Le laquais, amoureux de Louise, entre brusquement. Puis il s'en va, inquiet et troublé. Mme d'Épinay rejoint Mozart qui comme un enfant voulant faire l'homme, la supplie de guider ses premiers pas, ne voulant plus rester ce qu'il est. Trente jeunes filles lui ont plu depuis un mois, mais pas pour une seule il n'a pu se décider. Mme d'Epinay, d'accord avec M. de Grimm, lui propose Mlle La Guimard. Marie-Anne et le marquis reviennent ensemble pour annoncer leurs fiançailles.
Mlle La Guimard et son partenaire Vestris convoqués pour une répétition de mouvements de danse se présentent. Mozart se met au clavecin. L'orchestre joue un air du ballet " Les Petits riens ".
Au numéro 5, Vestris danse seul une variation que Mozart accompagne tout en bavardant avec Mlle La Guimard qui lui fait les yeux doux. A la fin Mme d'Épinay, Marie-Anne, La Guimard, et même la servante sont groupées autour du jeune artiste et le complimentent. Au comble de sa joie, il leur lit une lettre reçue de Mannheim de sa fiancée, mais ne remarque même pas que la surprise des personnes qui l'écoutent est vive.

ACTE TROISIÈME : Même décor.
- Le laquais fait d'amers reproches à Louise, devenue sa femme, pour avoir fait des œillades à Mozart. Il s'en plaint aussi auprès de M. de Grimm. Le marquis survient : il est au comble de l'exaspération puisqu'il vient de trouver entre les mains de sa fiancée une lettre du jeune Mozart d'une liberté de langage inconvenante. M. de Grimm calme le marquis et lui rend son sourire en lui apprenant que le jeune artiste partirait incessamment. Mme d'Épinay voudrait même que l'on retienne une place dans la diligence qui part pour Strasbourg à 6 heures.
Mozart vient reprocher à M. de Grimm d'avoir demandé à son père le rappel pour Salzbourg. Ce dernier lui en donne les raisons : il perd son temps à Paris. Il aime comme on aime à son âge. Comme un papillon il va de l'une à l'autre : une jeune fille l'attend pourtant à Mannheim. Son altitude à l'égard de Mlle de Saint-Pous a exaspéré le marquis. Le laquais pourrait le mettre dans une situation pénible si sa femme continuait à se targuer des sentiments que lui, Mozart, lui fait éprouver. Mozart, avec raison, peu convaincu de la sincérité de Grimm en éprouve une gêne profonde, une sorte de dégoût. Le cœur déchiré, il fait des adieux touchants à Mme d'Epinay, à Marie-Anne et à son interprète La Guimard. Il baise leurs mains et fait un signe d'adieu même à Louise. Avant de quitter Paris il chante encore un dernier air émouvant.
 
 HERVÉ
Florimond RONGÉ, dit Hervé, est né à Hondain en 1825. Il fit ses études musicales à la maîtrise de l'église Saint-Roch et devint organiste de diverses églises. Eu 1851, il devenait chef d'orchestre an théâtre du Palais Royal, et, vers 1854, il fondait les Folies-Concertantes.
Il y fit représenter ses petites opérettes, notamment " La Perle d'Alsace ", " La belle Espagnole ", " Le compositeur toqué ", et bien d'autres. Dans ce genre il précéda Offenbach.
Après une tournée en province comme second ténor, il composa la musique de nombreuses pièces jouées un peu partout : " Le Toréador de Grenade ", " Le joueur de flûte ", " Les Chevaliers de la Table-Ronde ". Le succès d'une opérette fantastique : " L'œil crevé " fut prodigieux. Il fit jouer encore " Les Turcs ", " Le Trône d'Ecosse ", " Le Nouvel Aladin ", " La Veuve Malabar " " Le Petit Faust " (1869) et " Mam'zelle Nitouche " (1883). Il est mort à Paris en 1892.
Hervé possédait un incontestable sentiment comique et une belle fraîcheur dans ses idées. Comme librettiste il n'a pas toujours été heureux dans ses conceptions issues de folles imaginations. Néanmoins il a pu enregistrer, à côté de ses lourdes chutes, des succès éclatants.
 
 
 LE PETIT FAUST
Opéra-bouffe en trois actes et quatre tableaux. Paroles de Hector Crémieux et Adolphe Jaime.

PERSONNAGES :
- FAUST
- VALENTIN
- Un cocher - Un pion - Un anglo-saxon -
MÉPHISTO (rôle travesti )
- MARGUERITE
- LISETTE - AGLAÉ - CLORINDE - FROSCH - CHARLOTTE - LISCHEN - DOROTHÉE - AGNÈS - SIEBEL
- FRANTZ - FRITZ -WAGNER - ALTMEYER - BRANDER
- Soldats, Etudiants, Vieillards, Anglo-Saxons, Russes, Diables et diablesses.

Première mondiale à Paris sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 23 avril 1869.
L'ouverture est une valse.

ACTE PREMIER : L'école du docteur Faust.
- Faust est un vieux maître d'école qui tient une classe de garçons et de filles. Marguerite lui est amenée par son frère Valentin qui part pour la guerre. Cette drôlesse met l'école sens dessus-dessous et se sauve pour devenir ce qu'on sait. Faust, rajeuni par Méphisto, court après elle.

ACTE DEUXIÈME : La closerie des " Vergissmennicht ".
Faust retrouve Marguerite dans un bal public après de longues recherches. Il l'enlève dans un fiacre après avoir tué son frère Valentin.

ACTE TROISIÈME :
1er tableau : La chambre virginale.
- Le spectre de Valentin apparaît aux yeux des coupables et les entraîne.
2e tableau : Dans un enfer parodié.
- Danse des péchés capitaux avec les filles de l'enfer. Faust et Marguerite appartiendront à l'enfer pour l'éternité.
 
 
 MAM'ZELLE NITOUCIIE
Comédie -opérette eu trois actes et quatre tableaux de Henri Meilhac et Albert Millaud .

PERSONNAGES :
- CÉLESTIN, alias FLORIDOR (trial)
- CHATEAU-GIBUS, major (grand comique)
- CHAMPLATREUX (ténor)
- LORIOT (rôle de composition)
- Le directeur (Basse-bouffe)
- Le régisseur
- GUSTAVE - ROBERT - Le jardinier - Un brigadier - Un soldat
- La supérieure (desclauzas) - CORINNE (dugazon) - La TOURIÈRE - GIMBLETTE - LYDIE - SYLVIA
- DENISE, surnommée " Mam'zelle Nitouche " (soprano)
- Quatre élèves du pensionnat - Pensionnaires du couvent des Hirondelles, officiers, dragons, acteurs, etc.

(1) Il existe une mise en scène cinématographique de l'opérette qui a été conçue par Reymund et dont voici la nomenclature des tableaux :
1er tableau : la cour du couvent des Hirondelles.
2° - : La classe de chant.
3° - : le parloir.
4° - : la cour du couvent des Hirondelles.
5° - : En route vers Pontarcy.
6° - : Au foyer du Theâtre du Pontarcy.
7° - : Divertissement sur le Theâtre de Pontarcy.
8° - : Au foyer du Theâtre de Pontarcy.
2ème partie
9° tableau : A la caserne
10° : Au couvent

Première mondiale sur le théâtre des Variétés, à Paris, le 26 décembre 1883.
Durée du spectacle : 3 heures.

ACTE PREMIER : Le couvent des " Hirondelles ".
- Célestin, organiste, est un homme à double face depuis qu'il a composé sous le pseudonyme de Floridor une opérette qui va être jouée au Théâtre de Pontarcy. Autant Célestin est pieux et béat, autant Floridor, grisé de succès, a de bonnes fortunes.
Il revient meurtri de la ville : le major de Château-Gibus l'a surpris chez Corinne, l'artiste en vogue, et lui a mis la marque de son pied dans le dos. Le major vient voir sa soeur, la supérieure du couvent, et lui fait part de projets de mariage entre le vicomte de Champlatreux, officier, et Denise de Flavigny, une exquise pensionnaire du couvent. Le vicomte sera admis à lui parler sans la voir. Après la leçon de musique celle-ci demande à prendre un supplément de leçon, soi-disant pour répéter des chants religieux.
Célestin qui a cherché en vain la partition de son opérette, s'aperçoit qu'on en a intercalé des feuilles dans le " Gloria in excelsis ". C'est Denise (Mlle Nitouche) qui a tout surpris. Elle connaît l'opérette par cœur et en chante des couplets. Elle voudrait même aller au théâtre, si cela était possible. La supérieure revient pour l'entretien avec Champlatreux qu'elle fait passer pour un vieil inspecteur. L'interrogatoire a lieu à travers un paravent et se termine par la remise d'une lettre à la supérieure. Denise doit rentrer dans sa famille à Paris. Comme il faut une personne sûre, Célestin l'accompagnera. Mais ce même soir a lieu la première de l'opérette, et Floridor doit y assister. On prendra le train suivant. Pendant que Mlle Nitouche restera à l'hôtel, Célestin ira cueillir les lauriers qui lui sont dus.

ACTE DEUXIÈME : Au foyer du théâtre de Pontarcy.
- Pendant l'entr'acte, les officiers de la garnison viennent complimenter les actrices. Château-Gibus apporte les douceurs qu'on lui a données au couvent. Corinne ayant des doutes sur la fidélité de Floridor, refuse de paraître au deuxième acte. C'en est fait de la représentation !
Mais Mlle Nitouche qui s'est échappée de l'hôtel, est arrivée. Elle a déjà fait connaissance avec les officiers et artistes. Elle connaît la pièce et jouera le rôle, malgré l'opposition de Floridor. Son succès est immense. Le major, poursuivant Floridor de sa haine, ce dernier est amené à s'échapper par la fenêtre, emmenant Mlle Nitouche.

ACTE TROISIÈME : 1er tableau : A la caserne.
- Une patrouille a cueilli nos deux fugitifs. Les officiers ont un dîner pour fêter le départ de Champlatreux qui va se marier à Paris. Mlle Nitouche est reconnue, et, au lieu du cachot, c'est le triomphe ; la fête tourne en son honneur !
Champlatreux qui en est tombé amoureux, renoncera à se marier. Denise, de son côté, aime le beau vicomte, mais toute déclaration est interrompue par l'arrivée du major. On cache Mlle Nitouche dans le magasin ; quand le soupçonneux major Château-Gibus en fait ouvrir la porte, elle en sort, affublée des effets vestimentaires d'un dragon. Le major, un instant dupe du costume, s'aperçoit que c'est une femme et reçoit une giffle bien appliquée. Nitouche et Célestin (qu'on a tondu et habillé, le croyant réserviste) se sauvent.

2° tableau : Le couvent.
- Là, après avoir quitté les habits militaires, les deux voyageurs donnent à la supérieure des explications édifiantes : Denise a appris qu'on voulait la marier, mais elle prétend vouloir entrer en religion. Justement Château-Gibus vient annoncer que Champlatreux renonce à se marier pour rechercher " Nitouche ", une "jeune actrice ". Mais Denise-Nitouche, en entendant le nom de celui qu'elle aime, demande à lui parler pour le convertir; cette fois, la consigne du paravent ne sera pas respectée. Denise épousera Champlatreux et Château-Gibus, convaincu que Corinne lui est fidèle, ne coupera pas les oreilles à Floridor, comme il en manifestait l'intention.
 
 
 HIRCHMANN
Henri HIRCHMANN est né en Alsace vers 1868. Il s'est livré de bonne heure à la composition dramatique. Après avoir obtenu deux fois le prix Rossini à l'Institut, il obtint aussi le prix Cressent pour un opéra-comique en un acte " L'Amour à la Bastille " (1897). Il donna ensuite un drame lyrique " Lovelace " (1898), puis " Les Hirondelles " (1904) opérette en trois actes, " La petite Bohème " (1905) et " Hernani ". Toute une série d'autres ouvrages : pantomimes, ballets, opérettes sont dus à son talent.
 
 
 
 LA PETITE BOHÈME
Opérette en trois actes. Paroles de Paul Ferrier.

PERSONNAGES :
- Carolus BARBEMUCHE
- Le vicomte Paul de la BRETÈCHE
- Gustave COLLINE
- ARSÈNE - MARCEL - ALEXANDRE - SCHAUNARD - BAPTISTE - MONETTI - RODOLPHE
- Le vicomte Maurice de la FOUCHARDIÈRE
- La comtesse de la BRETÈCHE

L'action se passe à Paris eu 1815.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 21 janvier 1905.
Une gaité de bon aloi, un ton malicieux et plaisant, voilà ce qui caractérise celte gracieuse partition. Tout y est net, pimpant, habillement construit par un musicien qui connaît son métier.
La pièce débute par une brillante ouverture.

ACTE PREMIER : Au sixième étage de la Maison Monetti.
De vieilles et sympathiques connaissances : ce sont Rodolphe, Marcel, Colline et Schaunard avec leurs intermittentes Mimi et Musette à la recherche d'un banquier sérieux ou d'un aimable greluchon. Autour de cet inévitable sextuor gravitent un entrepreneur de fumisterie, Monetti et sa richissime fille et héritière Angèle, nantie d'une dot de trois cent mille francs - d'avant 1914 ! - un vicomte et sa digne mère la comtesse, un deuxième vicomte et un inénarrable répétiteur de droit, Barbemuche, capable de toutes les folies.
Au lever de la toile, Rodolphe assis sur la terrasse de la mansarde où son oncle Monetti l'enferma songe qu'il s'amuserait davantage au café Momus entre Mimi et Musette. De la rue montent les voix joyeuses de ses camarades de bohème. Ils ne tardent pas, grâce à la découverte d'une trappe ignorée de Monetti, à venir rejoindre le pauvre captif. Et sur la terrasse surgissent Marcel, Colline, Schaunard, Mimi, Musette et Phémie. Ils précèdent Carolus Barbemuche, un brave homme de professeur, niais et timide qui a demandé son admission dans le cénacle. Pour la favoriser, il s'est muni de victuailles savoureuses et de vins vénérables. On le soumet à une courte cérémonie qu'il subit avec admiration et bonne grâce, tant il est fier de se trouver avec les héros de la bohème. Puis l'admission est solennellement prononcée. Et la fête commence ! On mange, on boit, on plaisante, on rit, on danse. Le rêve de Barbemuche est réalisé !

ACTE DEUXIÈME : Dans un salon de l'hôtel de la comtesse de Bretèche.
- Pour témoigner sa gratitude et un peu grisé par tant de joies, Barbemuche s'avise d'inviter ses nouveaux amis à un grand bal costumé qu'il donnera dans l'hôtel de la comtesse de la Bretèche. Il est précepteur de son fils et d'un ami du petit vicomte, le jeune de la Fouchardière et il doit rester seul avec eux pendant une absence de la vieille dame. Il en profitera pour organiser la fête promise.
Nous le voyons au deuxième acte dans l'exercice de ses moroses et monotones fonctions d'éducateur. Plus de couplet joyeux et de cancans désordonnés, mais le commentaire fastidieux du code civil, que les jeunes gens écoutent d'une oreille distraite.
Ils ne l'écoutent plus du tout, quand Musette, un carton de modiste à la main, apparaît, accompagnée de Mimi. Le jeune de la Bretèche, et son ami La Fouchardière, sont tous deux fascinés par tant de grâce et de jeunesse. Et quand ils apprennent que ces charmantes grisettes sont les amies des nouveaux camarades de Barbemuche, ils s'offrent à devenir les complices de leur joyeux précepteur. La comtesse vient à peine de quitter l'honnête et silencieux hôtel de ses ancêtres que la bohème, flanquée d'une foule d'amis, tous costumés, fait irruption dans les salons de l'hôtel. Ou y voit des mousquetaires, des débardeurs, des pierrots, des Pierrettes, et spectacle ahurissant, le brave Barbemuche déguisé en Catherine. Quant à ses élèves, ils s'éprennent pour Musette et pour Mimi d'un amour qui bravera les préjugés de leur monde. C'est du moins le cas pour l'un d'eux, le petit vicomte qui jure d'épouser Musette. La protestation et l'indignation de la comtesse ne le déterminent pas de changer d'avis : il aime Musette et Musette sera sa femme.

ACTE TROISIÈME : A Montmorency.
- Bohèmes et grisettes se divertissent aux jeux de l'endroit, l'escarpolette et la promenade classique sur les petits ânes. Au restaurant, où ils dîneront tout à l'heure, arrivent d'autres couples. A leur démarche lente, à leurs figures tristes pourrait-on deviner que ces nouveaux venus se disposent à fêter un mariage ? Ce cortège, quasiment funèbre, se compose de la comtesse, du père Monetti, flanqué de sa fidèle Angèle, de Carolus Barbemuche, d'un notaire, et enfin de deux fiancés, le vicomte Paul et Musette. Une dernière fois la comtesse de la Bretèche essaye de faire prévaloir sa volonté, mais elle ne provoque que cette réponse obstinée qui, dans la bouche épanouie et joyeuse de M. le Prince prend un relief extraordinaire : " Maman, j'aime Musette ". Or, Musette, pendant que le triste cortège pénètre dans la salle réservée aux banquets de mariage, a revu, au fond du jardin, des silhouettes amies, celles de ces vieux camarades de la bohème. Elle hésite, puis, résignée, se décide à aller s'asseoir à son tour à la table du repas de famille.
Mais un chant délicieux parvient jusqu'à elle : la plainte du pauvre Marcel qui dit avec mélancolie la tristesse où le laisse encore le départ de l'infidèle. Tout émue, et préférant son pauvre amour ancien à la couronne de vicomtesse, Musette plante là son riche fiancé et se jette dans les bras de Marcel.
Mimi et Rodolphe convolent en " justes noces " et le blason de Paul de la Bretèche sera redoré, grâce aux trois cent mille francs de Mademoiselle Angèle Monetti.
 
 
 KALMAN
Emmerich KALMAN, né le 24 octobre 1882 à Siofok (Hongrie) avait primitivement l'intention de devenir pianiste, puis il se voua passagèrement aux études juridiques. Finalement il fut élève de l'Académie Nationale de Budapest, où il reçut en 1907 le prix François-Joseph.
Malgré son origine hongroise, il est compté parmi les grands maîtres de l'opérette viennoise. Ce fut en 1908 que "Herbstmanôver" remporta le premier grand succès. En 1915, sa " Princesse Czardas " le rangea parmi les compositeurs d'opérettes les plus célèbres. Ses autres oeuvres sont également devenues très célèbres, notamment " La Comtesse Maritza " (1921), " La Bayadère " (1925) et " La Princesse du Cirque " (1926),
 
 
 
 PRINCESSE CZARDAS
Opérette en trois actes de Léon Stein et Bela Jenbach.
Lyrics de Henri Falk. Adaptation française de René Pater et André Mauprey.

PERSONNAGES :
- Edwin de LIPPERT-LIPPERSTOCK (baryton)
- LÉOPOLD-MARIA, prince de LIPPERT-LIPPERSTOCK, son père
- ANHILTE, sa femme (alto)
- la comtesse STASI, nièce du prince (soprano)
- Sylva VARESCO, célèbre chanteuse, de café-concert (soprano)
- le comte BONI KANCZIANO (trial)
- Le comte NICO
- ROSBECK - Me KISS - L'ambassadeur - MISKA - JULISKA - ARANKA
- Suite du prince, chanteuses, tziganes, domestiques.

L'action se passe en Valdoslavie avant la première guerre mondiale.
Première mondiale : à Vienne, sur le théâtre Johann Strauss, le 17 novembre 1915. Durée du spectacle : 3 h. 1/2.

PREMIER ACTE : Au café-concert de l'Orphéum à Jazbovar, en Valdoslavie.
- Edwin de Lippert-Lipperstock, fils du prince régnant de Valdoslavie, est très amoureux de la chanteuse de café-concert Sylva Varesco et veut à tout prix l'empêcher de partir pour sa tournée d'Amérique. Il ne lui fait pas seulement la cour, mais fait prendre acte d'une promesse solennelle de mariage. Sylvia est fort belle, elle a également bon cœur et a conquis, grâce à sa voix séduisante et son interprétation prodigieuse de chants nationaux hongrois, le titre de " Princesse Czardas ".
Mais le vieux prince de Valdoslavie met tout en œuvre pour ramener le jeune prince à la raison et empêcher ainsi une mésalliance. Il le charge, par l'intermédiaire du colonel Rosbeck, d'une mission spéciale. En même temps il fait annoncer par la voie de la presse la nouvelle du prochain mariage de son fils Edwin avec la comtesse Stasi.
L'ami d'Edwin, le comte Boni, qui adore Sylva également, montre à la chanteuse le quotidien avec la nouvelle " princière ". Celle-ci se croyant trahie par le prince héritier, en tire les conséquences et quitte le café, accompagné de Boni.

ACTE DEUXIEME : Grande salle de fête dans le château du prince Lippert-Lipperstock, à Parpunta.
- Le prince régnant donne une grande fête et a l'intention d'annoncer tantôt à ses invités les fiançailles de son fils Edwin avec la comtesse Stasi. Edwin, en effet, est de la fête et danse avec la comtesse Stasi. Elle est opposée à un mariage de raison et est assez honnête pour le dire ouvertement.
Subitement, et de façon inattendue, Sylva fait son apparition au Palais au bras du comte Boni, son mari selon ses déclarations. Elle est maintenant admise à la cour portant le nom de comtesse Kancziano. Mais Edwin apprend bien vite que Sylva ne l'a pas oublié et qu'elle lui est restée fidèle. De son côté, Boni s'éprend éperdument de Stasi.
Edwin s'entend avec Boni pour que celui-ci renonce à Sylva. Sans explications Boni y consent. Edwin veut de suite annoncer à son père son prochain mariage avec la " comtesse Kancziano ". Mais Sylva le retient et lui demande s'il aurait épousé également la simple " chanteuse Sylva " ? Edwin l'affirme, mais y ajoute cependant : " nous n'aurions pas été heureux ensemble ! " Ce mot frappe Sylva au cœur. Edwin aurait donc honte d'elle. Elle veut se retirer de la fête. Les invités protestent.
Le vieux Prince proclame les fiançailles de son fils avec Stasi. Edwin l'interrompt et lui dit son désir d'épouser l'ex- " comtesse Kancziano ". Bouleversée, Sylva avoue alors qu'elle n'est pas comtesse, et tire de son corsage la promesse de mariage, écrite, il y a deux mois, et la donne au vieux Prince qui la lit. Edwin se déclare toujours prêt à remplir ses engagements, mais Sylva, dépitée de l'accueil qui lui est fait, lui rend sa liberté en déchirant le contrat et sort avec Boni.

ACTE TROISIEME : A minuit, dans le vestibule supérieur d'un élégant hôtel.
- Un orchestre tzigane joue en sourdine. Nico plaint sincèrement Sylva, essaye de l'animer et réussit à l'entraîner au dancing voisin. Edwin qui la cherche, rencontre Boni qu'il accable, à l'occasion, d'injures. Mais, comme son père se fait annoncer à Boni, Edwin s'écarte vivement. Le vieux Prince Lippert-Lipperstock reproche à Boni d'avoir, par sa venue avec Sylva à la dernière réception, empêché le mariage de Stasi et de l'avoir de plus compromise. Comme toute réponse Boni demande au Prince la main de Stasi. Et pour le rassurer sur les sentiments de cette dernière, il téléphone sur le champ à Stasi et transmet au Prince son consentement. Nico réussit à convaincre ensuite le Prince de laisser son fils épouser Sylva, d'autant plus que le Prince apprend fortuitement au cours de la conversation que sa femme a été elle aussi une étoile de casino ! Boni se charge de ramener Sylva à Edwin. Il lui fait croire qu'Edwin veut se suicider et lorsque ce dernier paraît, Sylva tombe dans ses bras. Tout finit pour le mieux ! Edwin épousera Sylva, et Stasi donnera sa main au brave Boni.
 
 
 
 LA COMTESSE MARITZA
Opérette en trois actes. Livret français de Max Eddy et Jean Marietti, d'après Jules Brammer el Alfred Grunwald.

PERSONNAGES :
- La comtesse MARITZA (soprano)
- La comtesse LISA (soprano)
- La princesse BOZENA, tante du comte TASSILO (mezzo-soprano)
- MANZA, une jeune gitane - ILIKA - MARISKA - JULISKA - KATINA
- Le comte TASSILO, sous le nom de BELA TOREK, intendant de la comtesse Maritza (baryton)
- Le baron ZSUPAN (trial)
- Le prince POPULESCU (baryton)
- SAINT-GERMAIN, professeur de français, actuellement au service de la princesse Bozena
- Le baron KARL, ami du comte Tassilo (basse)
- TSCHEKKO, valet - BERKO - Bohémiens, bohémiennes, tzigans, tziganes, invités, invitées, Paysans, paysannes.
L'action se passe dans l'un des châteaux de la comtesse Maritza, non loin de la frontière hongroise, de nos jours.
Première mondiale : à Vienne, le 21 février 1921. Première version française au Théâtre Municipal de Mulhouse, le 27 février 1930. Durée du spectacle : 3 h. 1/2.
Le libretto de cette opérette est excellent, la musique est très vivace, l'instrumentation fourmille d'heureux effets.

ACTE PREMIER : Dans un château, non loin de la frontière austro-hongroise.
- La belle comtesse Maritza est lasse d'être entourée d'un essaim d'adorateurs importuns. Pour s'en débarrasser, elle a fait annoncer par la voie de la presse ses fiançailles avec un certain baron Zsupan : fiançailles fictives, puisque ce baron Zsupan est une création de son imagination rusée. Sous le prétexte de fêter ses fiançailles, elle se présente avec ses amis dans son domaine que gère le comte Tassilo, sous le pseudonyme de Bela Torek. Elle traite son "intendant ", dont les belles manières ne manquent pas de la surprendre, avec une condescendance qui a le don d'exaspérer Tassilo au point qu'il est tenté de demander son congé. Cependant, il n'en fera rien, car il compte recouvrer à la sueur de son front toute la fortune gaspillée par son père noceur et prodigue et constituer en même temps une dot honorable à Lisa, sa soeur adorée qui doit tout ignorer de la situation dramatique.
La comtesse a une vive surprise ! Le buron Zsupan qu'elle inventa, existe réellement ! Les journaux lui ayant appris ses fiançailles avec Maritza, il accourt faire la connaissance de sa "fiancée ".

ACTE DEUXIEME : Dans un luxueux salon de château.
- Plus le bel intendant séduit l'esprit des amies du Maritza et charme toute la société, plus il intéresse et trouble la comtesse elle-même. A sa demande, il joue fort habilement le rôle d'un prétendant, mais l'improvisation achevée, il reprend son modeste rôle d'intendant, laissant la comtesse sous le charme. Entre temps, Lisa et le baron Zsupan se lient d'amitié, et leur sympathie mutuelle ne demande qu'à s'appeler amour. Quant à Tassilo, les caprices de Maritza et le manque de tact de certains invités, notamment du baron Zsupan et du prince Populescu, lui pèsent et le désespèrent. Finalement il est sur le point de planter là tout ce beau monde pour se tirer de sa situation équivoque d'intendant gentilhomme, amoureux par surcroît.

ACTE TROISIEME : Même décor qu'à l'acte deuxième.
- Le lendemain. L'amour de Lisa et du baron a fait de rapides progrès. Lorsque Zsupan apprend que Lisa ne possède pas un liard, il est fou de bonheur. En effet, le testament paternel ne l'oblige-l-il pas à épouser une femme sans aucune fortune ? Ce baron s'empressera d'obéir strictement aux stipulations opportunes de ce testament.
Mais Maritza et Tassilo ne se sépareront pas non plus. Un dernier entretien dissipera tous les malentendus existant entre eux. En leur faveur aussi, le hasard fait bien les choses : une tante à héritage vient de racheter tous les biens ayant appartenu au père prodigue de Tassilo. Ce blason des Endroedy est redoré, 1' " intendant " retrouve son rang de gentilhomme, et emballé de joie se précipite dans les bras de sa bien-aimée.
 
 
 LA BAYADÈRE
Opérette en trois actes. Livret de Pierre Veber.
Couplets chantés de MM. Bertal et Maubon. Musique de E. Kalmann.

PERSONNAGES :
- Odette DARIMONDE (soprano)
- MARIETTE - FÉBÉ -CAROLINE- DOROTHÉE - MARISE
- Le prince RADJAMI
- Napoléon SAINT-CLOCHE
- Louis-Philippe La TOURETTE
- Le directeur - Le colonel PARKER - Le grand prêtre - Le directeur des ayant-droits
- Le comte ARMAND - Le docteur COHEN - DERVA - Le barman - Le gérant.
 
L'action se passe à Paris de nos jours.
Première en langue française à Lyon, sur le théâtre des Célestins, le 4 mars 1925.
Durée du spectacle : 3 heures.
La musique de cette opérette est assurément celle d'un musicien hahile qui sait orchestrer avec goût, mais dont les idées cependant sont peu abondantes. Lorsque Kalmann tient un air à peu près compatible avec les faibles exigences du public de musique légère, il le ressasse jusqu'à l'épuisement.

ACTE PREMIER : Au foyer du Théâtre des Champs-Elysées.
- On donne " La Bayadère " avec Odette Darimonde, la célèbre cantatrice. Le premier acte est passé. Pour le deuxième acte on annonce l'arrivée du prince hindou, maharadja de Lahore.
Parmi les spectateurs, un couple se fait remarquer : Mariette, jeune femme mariée et sou mari. Un adorateur fait vivement la cour à la première : c'est Napoléon Saint-Cloche. Il prétend avoir été aux Indes où le prince Hadjami fut de ses amis. Mariette désire être présentée à ce haut personnage, ce que Napoléon lui promet.
Le prince hindou arrive pour entendre Odette Darimonde, la seule Parisienne qui l'intéresse. Aussi, dès son premier grand air il est si fortement épris d'elle qu'il fait prier le directeur de lui présenter l'artiste dans sa loge. Napoléon vient roder autour de lui, mais en engageant une conversation, il se fait renvoyer sans avoir pu mener à bonne fin la commission de Mariette. Odette très fière et dédaigneuse consent, non sans une certaine résistance initiale, à la présentation proposée. Le prince lui offre un bouquet de " roses de l'amour ". L'artiste, ironique, ne croit nullement aux " légendes hindoues ". Radjami, exalté, lui affirme son amour et l'invite à venir dans son hôtel. Odette refuse en riant, mais le prince insiste.

Avant la fin du deuxième acte de la pièce jouée, un couple sort d'une loge : Mariette et son époux : Louis-Philippe La Tourette, fabricant de chocolat, un bon bourgeois très jovial, qui ne pense qu'aux délicatesses culinaires.
Le colonel Parker, envoyé britannique auprès du prince, n'ayant trouvé ce dernier à son hôtel, arrive au théâtre, porteur d'une lettre de l'oncle de Radjami, le prince-régent de Lahore, qui rappelle à son neveu qu'il aura trente ans dans trois jours et que, suivant les lois de son pays, il devra être marié à cette date, sinon il perdra ses droits au trône. Radjami n'a pas l'intention d'aller épouser les six fiancées choisies par son oncle, et, voulant se marier selon les coutumes européennes il renvoie Parker avec ordre de faire préparer pour le soir même une grande fête en son hôtel, où le " Tout Paris " sera invité. Rencontrant Napoléon, Mariette et son mari dans les couloirs, il les invite, ainsi que les artistes et les spectateurs sortant de la représentation. Finalement, Odette que le prince attend avec anxiété, arrive et sans se défendre, se laisse emmener dans les bras de Radjami.

ACTE DEUXIÈME : Dans le salon du prince dans un hôtel des Champs-Élysées.
- Les invités arrivent pour la fête. Radjami vient avec Odette qui se défend contre cet amour étrange qui veut l'envoûter.
Radjami déclare au colonel Parker qui veut lui rappeler l'ordre formel de son oncle de se marier, qu'il épousera Odette sur-le-champ. Parker lui fait remarquer qu'à cet effet, il aura besoin de deux témoins qui l'ont connu aux Indes : lui, Parker pourrait être l'un d'eux. Radjami fait appeler Napoléon, lui fait affirmer avoir été aux Indes et le prie d'être son second témoin de mariage. Ravi, Napoléon consent, mais demande en échange que Mariette demande sa liberté à son mari qui consent sur-le-champ à la séparation au profit de son rival.
L'heure du mariage du prince est venue entre-temps. Mais au moment, où le grand prêtre attache leurs mains avec le " lien d'amour ", Odette l'arrache disant que tout n'a été que jeu pour elle.
Elle part. Le prince en est désolé, mais garde la certitude qu'elle lui appartiendra tout de même un jour.

ACTE TROISIÈME : Trois mois plus tard dans un bar-dancing à Paris.
- Mariette et Napoléon, mariés depuis trois mois, entrent dans ce bar. Le mariage ne leur semble pas avoir réussi. Ils aspirent à la séparation. Mariette regrette son premier mari. Le voici qui entre par hasard, très chic, en compagnie de deux femmes très élégantes. Il est devenu consul de France à Lahore. Ellc l'embrasse et Napoléon, surprenant sa femme en flagrant délit d'adultère réclame le divorce et l'obtient sans discussion.
Dans le même bar, au premier étage, on servira un souper pour fêter la cinquantième de " La Bayadère ". Odette arrive, précédée par son ami, le comte Armand qui s'assure d'abord que le prince Radjami n'est pas au dancing. Odette ne veut plus le rencontrer. A peine est-elle sortie un instant qu'arrive Radjami accompagné par son amie Féfé. Il demande que l'on joue l'air de " La Bayadère ". Odette entre; elle demande au prince de s'engager par écrit à quitter Paris sur le champ. Mais Radjaini écrira autre chose : sa ferme résolution de n'épouser qu'Odette Darimonde " que j'adore et qui m'aime ". Et vaincue, Odette consent enfin !
 
 
 PRINCESSE DE CIRQUE
Opérette eu trois actes. Livret de Jules Brauner et Alfred Gruenwald

PERSONNAGES :
- La princesse Fedora PALINSKI (soprano)
- Le prince Serge VLADIMIR (comique)
- STANISLAWSKI, directeur
- Mister X. ex-officier (ténor)
- Miss Mabel GIBSON
- Caria SCHLUMBERGER, propriétaire de l'hôtel de " l'Archiduc Charles " à Vienne - TONI, son fils (ténor).

L'action se passe à Saint-Pétersbourg et à Vienne en 1912.
Première mondiale : à Vienne, le 26 mars 1926.
La musique est d'un charme tout particulier. La partition soigneusement orchestrée est pleine d'airs fougueux, langoureux et populaires. La gaité, l'humour et l'esprit distinguent particulièrement le livret.

Le premier acte se joue dans les coulisses d'un grand cirque. Le deuxième acte nous conduit dans les salons de l'hôtel du prince Vladimir à Saint-Pétersbourg. Le dernier acte se joue dans le grand salon de l'hôtel de " 1'Archiduc Charles " à Vienne.

ANALYSE :
Il s'agit d'un officier russe extrêmement à l'aise grâce à la générosité de son oncle. L'officier comme l'on dit vulgairement est " plein aux as ". A l'Opéra ses regards se sont croisés avec ceux d'une femme adorable. Allons ! le voilà parti ! " Elle ou personne ", s'écrie-t-il à son oncle sous le feu du coup de foudre. La chose ne se fait pas.
Il quitte Saint-Pétersbourg et l'armée, s'engage dans un cirque, car il adore les chevaux. Par l'effet d'un hasard il revient à son port d'attache et retrouve qui vous pensez. Les conversations vont leur train. On parle d'amour bien entendu. L'ex-officier porte un masque, il est Mister X, le mystérieux. Au moment où il devient entreprenant, oh ! si peu, il se contenterait de baiser la main de la Princesse ! Elle joue les femmes du monde, les pimbêches qui ne se compromettent pas avec un équilibriste : elle se cabre dans un accès de virginité transcendante.
Mais elle ruse avec le cavalier et après s'être joués mutuellement des tours invraisemblables, après s'être raillés, taquinés, menacés, ils tombent dans les bras l'un de l'autre ; ils s'épousent.
 
 
 LECOCQ
Alexandre, Charles LECOCQ est né le 3 juin 1832 à Paris. Il fît ses études au Conservatoire de Paris chez Bazin, Halévy et Benoist. En 1850, il obtint le premier prix d'harmonie. A partir de 1857, il donna un grand nombre de compositions et d'opérettes qui démontraient, il est vrai, son grand talent, mais qui n'ont pas toujours été bien reçues du public, Ce n'est que son œuvre " Fleur de Thé " (1868) qui remporta un succès définitif. A partir de ce moment Lecocq avait acquis la renommée d'un grand compositeur d'opérettes. D'autres œuvres suivirent : " Gandolfo " (1869), " Les Cent Vierges " (1872), " La Fille de Madame Angot " (1873), " Giroflé-Girolla " (1874), " Le petit Duc " (1878), " La petite Mademoiselle " (1880), " Le jour et la nuit " (1882).
En se consacrant au genre de l'opérette, où l'élégance et la finesse de son talent musical lui ont permis de nous donner quelques chefs-d'œuvre, Lecocq, musicien instruit et distingué, cherchait à relever le niveau du genre. Il y a réussi grâce à ses qualités de goût et de style.
Le compositeur est mort à Paris en 1918, peu de temps, avant la cessation des hostilités.
 
 
 

 LES CENT VIERGES

Opéra-bouffe en trois actes.
Livret de Chivot, Duru et Clairville.

PERSONNAGES :
- Sir PLUSPERSONN, gouverneur De l'Ile Verte (comique)
- BRIDIDICK, son secrétaire
- Le duc Anatole de QUILLENBOlS (ténor)
- GABRIELLE, sa femme (soprano)
- POULARDOT, bourgeois de Paris (ténor-baryton)
- Mme Eglantine POULARDOT, sa femme (mezzo-soprano)
- CROCKLEY, Aubergiste
- THOMPSON, capitaine du vaisseau
- KANNY, nièce de Crokley

L'action se passe à Londres et dans une île, appelée " l'Ile-Verte ".
Première mondiale : à Bruxelles, sur le théâtre de la Monnaie, le 16 mars 1872.
Première en France : à Paris, sur le théâtre des Variétés, le 13 mai 1872.
La donnée de la pièce est dans le goût de l'époque : situations scabreuses, scènes ultra-burlesques, absence de toute vraisemblance et de tout sentiment acceptable. La musique de Lecocq est vive, élégante et scénique. L'instrumentation en est habile.

ACTE PREMIER : A Londres.
- Cent Anglais sont allés peupler une île, appelée " L'Ile-Verte ". Ils manquent de femmes et en font demander à l'amirauté qui leur expédie " Cent Vierges " sur un navire. L'expédition s'égare et on n'en a aucune nouvelle ; les Anglais renouvellent leur requête. On recrute à Londres une nouvelle cargaison et le navire fait voile pour " l'ile-Verte ". Deux femmes mariées, Gabrielle et Poulardot, s'imaginant faire une promenade en mer, sont montées sur le vaisseau, et leurs maris voient du rivage avec désespoir s'éloigner leurs chères moitiés.

ACTE DEUXIÈME : Dans 1' " Ile-Verte ".
- On a relâché plusieurs fois en route et lorsqu'on aborde à 1' " Ile-Verte ", la cargaison ne compte plus que quatorze femmes au lieu de cent. Le gouverneur, sir Plupersonn, fait tirer les femmes au sort. Les deux maris, le duc Anatole de Quillenbois et Poulardot, qui s'étaient embarqués à la poursuite de leurs femmes, arrivent dans l'île et sont contraints de prendre des habits féminins. On les tire au sort el ils échoient à Plupersonn et à son secrétaire Brididick.

ACTE TROISIÈME : Le palais du gouverneur de l' " Ile-Verte ".

Les quiproquos se multiplient et se prolongeraient indéfiniment, si la première cargaison des "Cent Vierges " n'arrivait enfin dans l'île, à la grande joie des colons.
 
 
 
 LA FILLE DE MADAME ANGOT
Opéra-comique en trois actes.
Livret de Clairville, Giraudin et Koning

PERSONNAGES :
- Ange PITOU, chansonnier (baryton)
- POMPONNET, perruquier (trial)
- LARIVAUDIERE, financier, amant de M1le Lange (grand comique)
- TRÉNITZ - LOUCHARD, agent de police (basse-bouffe)
- CADET, GUILLAUME ET BUBEUX, forts de la Halle
- Clairette ANGOT (soprano)
- Mlle LANGE, étoile du théâtre Feydeau, favorite du directeur BARRAS (soprano)
- AMARANTE, JAVOTTE et THÉRÈSE, dames de la Halle
- BABEL domestique de Thérèse
- Mme HEBERLIN - Mlle DUCOUDRAY CYDALISE - HERSILIE
- Forts de la Halle, conspirateurs, hussards, incroyables, bourgeois - merveilleuses, dames de la Halle,
L'action se déroule a Paris, sous le Directoire (1797).
Première mondiale : à Bruxelles, sur le théâtre des Fantaisies parisiennes, le 4 décembre 1872.
Première en France à Paris, sur le théâtre des Folies dramatiques, le 23 février 1873.
Durée du spectacle ; 3 heures.

Cette œuvre est une peinture, voire même une délicieuse caricature d'esprits et de caractères. Grâce à ses imbroglios, ses quiproquos nombreux et invraisemblables, et sa richesse mélodique, à ses rythmes entraînants et légers, nous assistons à un jeu pétillant des sentiments humains les plus variés. Sans perdre haleine, elle sautille de gaîté, bouffonnerie, moquerie à la bonhomie, au lyrisme. Quelquefois elle frôle le drame, mais jamais celui-ci ne nait. Elle exprime bien l'esprit français, toujours jeune, toujours charmeur.

ACTE PREMIER : Le carreau des Halles.
- Clairette Angot, dont la mère, une " dame de la Halle " décéda très jeune, a été élevée par des dames du quartier qui la gâtaient et la qualifiaient de modèle de toutes les vertus. Pour faire plaisir à ses bienfaitrices, elle a décidé de donner suite à leurs désirs et d'épouser Pomponnet, le perruquier. Mais elle ne l'aime pas et essaye, pour cette raison, de différer le mariage encore un peu. Peut-être se trouvera-t-il encore une occasion lui permettant d'ajourner sa décision : elles ne manquent certes pas par ces temps incertains de 1797.
Ensemble avec Ange Pitou qu'elle aime, elle ne cesse de se creuser la tête à ce propos. Le séduisant chansonnier ne trouve plus qu'un moyen radical ! Il vient de composer une nouvelle satire sur les amours du directeur Barras et une certaine demoiselle Lange. Il a été sollicité par ce dernier de ne pas livrer au public cette chanson qui pourrait le discréditer. Clairette n'hésite pas et, en costume de mariée, c'est elle qui entonne, sous prétexte de divertir le peuple, les couplets vengeurs dans lesquels Ange Pitou a dit " leur fait " aux gens en place. Comme le Directoire a mis partout des mouchards aux écoutes, un policier s'en va quérir main-forte pour faire cesser le scandale. C'est bien là-dessus que comptait " la fille de Madame Angot " qui se laisse entraîner de bonne grâce au milieu d'un grand tapage.

ACTE DEUXIÈME : Le salon de Mlle Lange.
- Mlle Lange n'a pas tardé à savoir ce qui s'est passé. Elle y est doublement intéressée : d'abord parce qu'elle a été mise en cause dans les couplets subversifs, et ensuite parce que c'est elle qui protège secrètement Ange Pitou, dont elle est éprise depuis fort longtemps. De plus la comédienne dirige un complot royaliste ; les sympathies du chansonnier pour l'Ancien Régime lui sont bien connues et elle a donc résolu de se l'attacher définitivement. Grâce à son pouvoir sur Barras, elle obtient d'abord l'élargissement de Clairette qu'elle veut interroger elle-même sur son équipée où son nom a été mêlé. Sou étonnement est grand en reconnaissant dans cette jeune fille une de ses camarades de pension. Puis c'est au tour d'Ange Pitou d'être reçu par la belle actrice pour laquelle tout de suite son cœur flambe. L'entretien est surpris par Larivaudière que Mlle Lange, avec la complicité de Clairette s'arrange bien vite à rassurer : Pitou n'est là que pour sou affiliation au complot.
Justement voici les conspirateurs qui arrivent. Mais le gouvernement les a fait suivre. Tout à coup la maison est cernée par un détachement de hussards. Mlle Lange, pleine de ressources, prétexte un bal de noce en l'honneur de Pitou et de Clairette. S'il faut une victime aux Policiers, ce sera l'infortuné Pomponnet, venu solliciter la grâce de sa fiancée, et sur lequel on a trouvé la fameuse chanson séditieuse. Mlle Lange en débarrasse Clairette ; mais elle ne se doutait pas de son intrigue avec Pitou. Se sentant jouée, elle jure alors de se venger Mais pour le moment, il importe de donner le change aux soudards : on les eutraîne dans la danse.

ACTE TROISIÈME : An bal Calypso, à Belleville.
- Clairette Angot s'est arrangée pour convoquer tout le monde à Belleville, dans une guinguette où la " fricassée " fait fureur : elle a donné rendez-vous à Mlle Lange au nom d'Ange Pitou, et à Pitou au nom de Lange, et quand ceux-ci un peu émus, se sont rejoints, Clairette costumée en poissarde, convoque son monde et les fait surprendre. Cet esclandre va compromettre Mlle Lange, d'autant plus que La Rivaudière, prévenu lui aussi, surgit soudain, déguisé en charbonnier. L'explication est chaude entre les deux rivales. Finalement, Clairette renonce à Ange Pitou qui est assez philosophe pour se réserver dans le mariage de la " fille de Madame Angot " une modeste place d'ami de la maison. Mle Lange fait trinquer les forts de la Halle ; on boit à la santé des époux et des amoureux Larivaudière paiera les pots avec les biens nationaux!
 
 
 GIROFLÉ-GIROFLA
Opéra-bouffe en trois actes. Livret d'Albert Vanloo et Eugène Leterrier.

PERSONNAGES :
- Don Boléro d'ALCARAZAS
- AURORE, sa femme (alto) -
GIROFLE et GIROFLA, leurs filles (rôle joué par une seule actrice : soprano)
- PEDRO et PAQUITA, au service de Don Boléro (mezzo-soprano et baryton)
- MARASQUIN, banquier (ténor)
- MOURZOUK, guerrier maure (ténor)
- MATAMOROS, amiral.

L'action se passe en Espagne, vers la fin du XIIIe siècle.
Première mondiale : à Bruxelles, sur le théâtre des Fantaisies-Parisiennes, le 21 mars 1871.
En France : à Paris, sur le théâtre de la Renaissance, le 11 novembre 1874.
La musique est aimable, gentiment écrite, pleine de gaité et d'entrain. L'ouverture n'offre aucune particularité saillante.

ACTE PREMIER : Le parc du château de Don Boléro, un bord de la mer.
- Don Boléro d'Alcarazas a deux filles jumelles, Giroflé et Girofla. Il a donné la première en mariage au banquier Marasquin et la seconde au guerrier maure, Mourzouk. Pendant la cérémonie du mariage de Giroflé, les pirates surviennent et enlèvent Girofla. Le père l'apprenant et redoutant le courroux de Mourzouk, obtient de gré ou de force que Giroflé se substitue à sa sœur, espérant que bientôt on lui ramènera sa seconde fille.

ACTE DEUXIEME : Un grand salon.
- L'amiral Matamoros a été chargé de poursuivre les pirates qui ont enlevé Girofla, pour les punir et pour délivrer la jeune fille. Don Boléro a promis une récompense de dix mille piastres à l'amiral, s'il réussit à ramener sa fille encore le soir même. Il espère pouvoir retenir aussi longtemps ses invités pour le mariage. Giroflé, qui avait été enfermée dans une chambre, s'est évadée. Ses deux prétendants la retrouvent et sont furieux de ce qu'on ne leur permet pas de voir leur fiancée.
Subitement l'orchestre entonne un air de valse. Tout le monde se rend dans une salle voisine, mais Giroflé reste avec quelques joyeux jeunes gens à l'écart. Pourtant, bientôt l'amiral Matamoros fait remettre une dépêche par laquelle il annonce l'échec de l'entreprise de délivrance : un tumulte général ne tarde pas à éclater

ACTE TROISIÈME : Un petit salon.
- Mourzouk, furieux, a été enfermé pendant la nuit par Don Boléro. On ne sait vraiment plus comment calmer sa fureur. Voilà qu'il accourt. Giroflé sera obligée de jouer encore une fois le rôle de Girofla, malgré le mécontentement manifeste de Marasquin. Mais malheureusement Mourzouk découvre la fraude et veut prendre les mesures en conséquence.
A cet instant, fort heureusement, Matamoros ramène Girofla, après avoir vaincu les pirates. L'opérette se termine dans la joie générale.
 
 
 
 LA PETITE MARIÉE
Opéra-bouffe en trois actes
Livret de Albert Vanloo et Eugène Leterrier.

PERSONNAGES :
- Le Podestat RODOLPHO
- SAN CARLO
- Raphaël de MONTEFIASCO
- CASTELDEMOLI - BEPPO
- Un muet - Un inconnu
- GRAZIELLA - LUCRÉZIA - THÉOBALDO - BÉATRIX - Une inconnue

La scène se passe en Italie au XVIè siècle.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre de la Renaissance, le 21 décembre 1875.
La musique de celte opérette ne se distingue ni par une particulière gaité, ni par un esprit particulier ; elle se contente de couler facile, élégante quelquefois, jamais vulgaire. Si sa qualité n'est pas d'une espèce rare, au moins l'écoute-t-on sans ennui.

Des trois actes, le premier se passe dans une cour d'auberge dans un petit village, à quelques lieues de Bergame; le second à Bergame même, dans le parc du palais ; le troisième se joue dans une sorte de véranda à jour avec toit vitré.
L'OUVERTURE ne présente pas beaucoup d'intérêt.

ANALYSE :
Le jeune San Carlo est le favori du Podestat de Bergame, mais encore plus celui de sa femme. Informé de son infortune, le Podestat jure de se venger et d'appliquer la loi du talion à San Carlo le jour où celui-ci se mariera.
Le jeune homme épris de la charmante Graziella, fille du seigneur Casteldemoli, l'épouse secrètement. Pour parer à la catastrophe, San Carlo fait passer sa femme pour celle du duc de Montefiasco. Le secret est vite découvert et le Podestat prépare sa vengeance ; mais devant la gentillesse et la candeur de Graziella, il revient à des sentiments meilleurs ; il pardonne et tout le monde est heureux.
 
 
 
 LE PETIT DUC
Opéra-comique en trois actes. Paroles de Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

PERSONNAGES :
- Le duc de PARTHENAY (soprano)
- MONTLANDRY, son précepteur militaire (baryton)
- FRIMOUSSE, son précepteur civil (trial)
- La duchesse de PARTHENAY (soprano)
- Diane de CHATEAU-LANSAC (alto)
- NAVAILLES BERNARD MERIGNAC
- MONTCHEVRIER
- Henri, Roger, Gaston, Gérard, Gontran, Julien et Robert, pages (rôles tenus par des femmes)
- La ROCHE-TONNERRE - CHAMPLATRÉ - ANÉMONE - Deux sous-maîtresses
- HÉLÈNE - Seigneurs et dames de la cour, pages, demoiselles d'honneur, soldats, vivandières.

L'action se passe au début du XVIIIe siècle.
Première mondiale ; à Paris, sur le théâtre de la Renaissance, le 25 janvier 1878.
Durée du spectacle : 3 h. 1/2.

Dans cette opérette Lecocq a atteint le sommet de la grâce musicale : le chœur des pages, notamment, ne trouve rien de pareil en élégance dans toute la littérature lyrique légère. A côté de la beauté de la partition il convient de relever le livret particulièrement heureux. L'ensemble forme une œuvre fort réussie.

ACTE PREMIER : La salle de l' " Œil-de-Boeuf " au Palais de Versailles.
- Le " petit Duc" de Parthenay, âgé de seize ans, a obtenu la permission d'épouser une jeune fille de son âge qu'il aime passionnément, et dont il est aimé tendrement. Mais il lui est interdit d'aller plus outre. Et pour plus de sûreté on les sépare, à leur grand désespoir, afin qu'ils aillent compléter leur éducation, l'un avec un précepteur militaire, l'autre au pensionnat des Demoiselles nobles de Lunéville. Pourtant le " Petit Duc " sans être complètement renseigné sent qu'il manque quelque chose à son mariage Il n'écoute pas les leçons et ne songe qu'à une chose : reprendre sa femme. Comme il est colonel par droit de naissance, il se met à la tête de son régiment et marche sur Lunéville pour donner l'assaut au couvent.

ACTE DEUXIÈME : Le pensionnat des demoiselles nobles de Lunéville.
- La jeune duchesse est introduite comme nouvelle élève et Frimousse, jusqu'ici précepteur du " Petit Duc " est engagé à titre de professeur. Subitement arrive la nouvelle que le pensionnat se trouve cerné par des dragons. La petite duchesse est enfermée dans une chambre. Les pensionnaires, avec leur directrice en tête, s'empressent de voir les beaux soldats.
Le " Petit Duc " saisit ce moment pour s'introduire dans ces lieux sacro-saints sous le déguisement d'une paysanne ; il réussit à ouvrir la grande porte et fait entrer ses dragons. Sur le point de prendre la fuite avec sa femme, il est retenu par la directrice de l'établissement qui réussit à le persuader de quitter le pensionnat sans sa femme, pour aller au combat, car on se bat à la frontière.

ACTE TROISIEME : Au camp.
- Avec une ardeur toute juvénile et une bravoure sans pareille, le jeune " Petit Duc " conduit ses vaillants soldats à la bataille, dont l'arrivée au moment décisif du combat a fait remporter la victoire sur l'ennemi. Parthenay est vainqueur. Entretemps, la jeune duchesse a pu se rendre clandestinement au camp, aux fins de se trouver tout près de son époux bien-aimé. On la découvre subitement. Mais le " Petit Duc " n'encourt, de ce fait, aucune punition.
Sa bravoure est récompensée pur la décision royale lui rendant sa femme avec le droit d'en être le mari. Le général envoie le jeune couple annoncer à Versailles la victoire française.
 
 
 
 LE JOUR ET LA NUIT
Opérette en trois actes. Paroles de Albert Vanloo et Eugène Leterrier.

PERSONNAGES
- Le prince Picrates de CALABAZAS, premier ministre du Portugal (baryton)
- Don BRASEIRO de TRAS os MONTES (comique)
- MIGUEL, intendant du baron Braseiro (trial)
- Don DIEGOMEZ - CRISTOVAL -Un soldat -
- MANOLA (divette) - La princesse BÉATRIX
- SANCHETTE - Pépita, Anita, Inès, Catanas, Pablo, Juan, Dolorès et Medina, hommes et femmes du château, alguazils, cornettes, étudiants, grisettes, etc..

La scène se passe au Portugal en 1650.
Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Nouveautés, le 5 novembre 1881,
Agréable et gentil spectacle, capable de distraire un instant un public pas trop exigeant. Le libretto de Leterrier et Vanloo est ingénieux, consciencieusement enchevêtré, abondant en situations comiques et pourrait être réellement amusant si les auteurs avaient voulu se donner la peine de saupoudrer d'esprit leur dialogue.
La musique est du meilleur Lecocq, Elle coule facilement sans aucune vulgarité, sans grand relief, aussi, aligne selon la bonne formule couplets et ensembles et ne trouve un agrément spécial que dans les airs de ballets d'un rythme piquant et d'invention mélodique charmante.

Le premier acte se joue dans une grande salle du château de Don Braseiro ; le second dans un parc chez Don Braseiro; l'action du troisième se déroule dans la cour d'une hôtellerie.
 
ANALYSE :
Le premier ministre d'un Portugal d'opérette, Picrates de Calabasas, est un soupirant impénitent et il a jeté les yeux sur une charmante soubrette de la reine nommée Manola qui " l'envoie promener " et va se réfugier auprès de son fiancé Miguel.
Il faut, dès lors, trouver un stratagème pour échapper au galantin furieux et tout puissant. Miguel est l'intendant d'un haut dignitaire, le baron Braseiro, qui attend Béatrix, sa nouvelle femme qu'il ne connaît d'ailleurs pas, puisqu'il l'a fait épouser par procuration, par son cousin.
La princesse Béatrix n'est pas encore en route, et le baron lui-même vient de partir pour une expédition contre les Espagnols envahisseurs. C'est le moment ou jamais de faire passer Manola pour la nouvelle épousée. Mais ce plan si bien combiné, va-t-il être renversé par le retour prématuré de Braseiro et surtout par l'arrivée inattendue de la princesse ? Pas le moins du monde.
La sensible Béatrix se prête, au contraire, aux projets des deux amoureux. Miguel introduira " la nuit " la nouvelle mariée par une porte secrète qui mène à l'appartement de Braseiro et la fera disparaître " le jour " à seule fin de céder sa place à Manola tant que les circonstances l'exigeront.
Mais bientôt Calabazas sera " dégommé ". De ce fait, Miguel et Manola n'auront plus à craindre la fureur d'un ministre tout puissant et pourront se marier tranquillement.
 
 
 
 LE CŒUR ET LA MAIN
Opérette en trois actes de Charles Nuitter et Alexandre Beaumont.

PERSONNAGES :
- Don GAETAN, jeune prince
- Le ROI
- La princesse MICAELA, sa fille (soprano)
- JOSÉFA, une jardinière du Palais (soprano)
- Dona SCHOLASTICA (desclauzas)
- MORALES (ténor)
- MOSQUITOS - BALDOMÉRO
- Anita, Pepa, Dolorès et Inès, jardinières
- Un capitaine - Un lieutenant - Un soldat - José, Pablo, Pascual et Lazaro, pages.

Première mondiale : à Paris, sur le théâtre des Nouveautés, le 19 octobre 1882.
L'écriture de la partition est soignée et bien que coulée dans le moule ordinaire de l'opérette la musique du " Cœur et la Main" marque une inspiration vers un genre plus original, une tendance à un beau langage.

ANALYSE :
Pour maintenir l'équilibre européen, Don Gaétan, souverain d'une illusoire principauté, est destiné à devenir l'époux de Micaëla, fille d'un roi, dont vous ne trouverez le royaume sur aucune carte, les librettistes ayant oublié de nous révéler le nom.
Le prince ne veut agir qu'à sa tête et a résolu de ne se marier que selon son coeur. Il échappe à la tutelle de la garde, qui devait de force le conduire vers sa fiancée, et c'est en sautant le mur, et non par la porte d'honneur, qu'il pénètre à la cour du roi. Le hasard lui fait rencontrer la princesse qui, pour sortir plus librement, avait pris le costume de sa suivante Josépha. Séduit par l'irrésistible beauté de Micaëla, délicieusement jolie sous les atours de la camériste, Don Gaëtan épousera bien la princesse, mais sans lui avoir adressé le moindre regard, et veut réserver ses faveurs à la jolie soubrette, qu'aussitôt la cérémonie terminée, il court retrouver.
Fine mouche, la princesse dépose fleur d'oranger et robe d'apparat et c'est en jupe courte de soubrette, qu'après une charmante scène de séduction, elle tombe dans les bras du prince.
Une guerre éclate et c'est au milieu d'un camp que nous retrouvons le prince toujours épris de la supposée camériste qui sous le froc d'un moine est venue le rejoindre.
Une rencontre inopinée de la vraie Josépha révèle au prince la véritable personnalité de celle qu'il aime et tout s'arrange pour le mieux dans le meilleur des royaumes.
 
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