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LE GRAND REPERTOIRE DES OPERETTES

 
1ère partie
Les liens sur toutes les opérettes se trouvent ici
 
 ABRAHAM
Paul ABRAHAM, né à Apatin, en Hongrie, le 2 novembre 1892 a trouvé un compromis adroit entre les clichés périmés et ceux à la mode, fait non négligeable chez le compositeur d'opérettes. Il convient d'ajouter à son crédit le " chic " incontestable de son orchestration qui est celle d'un homme de métier dont le goût n'est pas douteux. On retrouve dans ses opérettes " Fleur d'Hawaï " (1931) et " Victoria et son hussard " (1930) - qui ont fait le tour du monde - plus d'une combinaison orchestrale en pratique chez les maitres de la "grande musique ". Les créations de la dernière période de ce compositeur spirituel ne sont pas encore connues en France.
En 1933, il a été obligé par les événements politiques de quitter l'Allemagne. Après de courts séjours à Vienne et à Paris, il s'est établi à New-York : il n'y réussit plus à gagner les sympathies du public américain. Émigrant entièrement appauvri il termina ses jours en avril 1951.
 
 
 VICTORIA ET SON HUSSARD - Paul Abraham
 
Opérette hongroise en un prologue et trois actes. Livret français d'André Mauprey et R. Coens, d'après Foldès, Gronwald et Beda.

PERSONNAGES :
Stéphan CAPEK, capitaine hongrois de l'armée contre-révolutionnaire (baryton) -
JANCZI, son ordonnance (trial) -
Réginald PARSON, ambassadeur des Etats-Unis (baryton) -
Comte FERRY, frère de Victoria -
Bela PORKELTY - Tokeramo
YAGANI - JAMES -- le bonze -
VICTORIA, une belle hongroise (soprano) -
O Lia SAN et O Kiki SAN, amies de Lia San - Officiers russes, cosaques, paysannes, etc.

L'action se passe en Russie, au Japon et en Hongrie, peu après la première guerre mondiale.
Première mondiale à Vienne, le 23 décembre 1930, Durée du spectacle 3 h. 1/2.

On ne peut pas comprendre l'intrigue, mais il n'y a précisément rien à comprendre. On peut se demander comment la réaction du public se trouve être aussi franchement positive. Certaines scènes sont stupides à tel point qu'elles déchainent automatiquement le rire le plus commun, ce rire dont Bergson a parlé si savamment dans son fameux essai.

PROLOGUE : Un paysage en Sibérie. -
A l'intérieur d'une cabane, on aperçoit Stéphan Capek, capitaine hongrois qui est prisonnier, ainsi que sou ordonnance et fidèle compagnon Janczi, le meilleur tzigane de toute la Hongrie qui a réussi à conserver son violon. Le capitaine captif est sur le point d'être fusillé, mais au moment de la relève de la garde, Janczi prête son instrument à un cosaque. Tandis que la sentinelle se met à jouer du violon, les deux prisonniers, profitant de son inattention, prennent la fuite.

ACTE PREMIER : L'ambassade américaine à Tokyo. -
Victoria, une belle Hongroise, est la femme de l'ambassadeur Parson qui est sur le point de quitter son poste pour Moscou où il vient d'être nommé. Avant ce départ sera célébré le mariage du comte Ferry, frère de Victoria, avec Lia-San, charmante jeune fille de Tokyo. Le jeune couple suivra à Moscou l'ambassadeur et sa femme. Victoria regrette de quitter le Japon pour la Russie, mais elle se réjouit néanmoins de se rapprocher de sa patrie et du château de Doroszma où elle est née. Quant à Capek, également originaire de Doroszma, et Janczi, après une heureuse évasion, ils sont arrivés à Tokyo où, d'ailleurs, le capitaine Capek a reconnu, dans la rue, au passage, Victoria qu'il a aimée. Celle-ci l'a également aperçu. Les deux évadés de Sibérie se présentent donc à l'ambassade américaine. Capek a pris le nom de Csaky. Janczi ne tarde pas de s'éprendre de Riquette, une petite Bordelaise, femme de chambre de Victoria. Parson les accueille et les place sous la protection du drapeau américain. Il annonce à sa femme l'arrivée de " Csaky ", alors qu'elle pensait qu'il s'agissait de Capek. Mise en présence du capitaine, elle le reconnaît, car Victoria, lors de la déclaration de la guerre, lui avait fait le serment d'attendre son retour. Mais ayant appris sa disparition sur le champ d'honneur, elle avait épousé Parson.

ACTE DEUXIÈME : L'ambassade américaine à Moscou, -
L'ambassadeur a emmené en Russie les deux évadés de Sibérie auxquels il a promis de faciliter ainsi le retour en Hongrie. Pressé par Janczi de regagner le sol natal, Capek déclare ne quitter Moscou qu'avec Victoria, qu'il aime toujours passionnément. La présence du capitaine hongrois à l'ambassade américaine est connue par les services de la police russe. Aussi, Victoria le conjure de fuir sans tarder. Parson a fini par deviner que son protégé aime sa femme. Néanmoins, il est décidé à le sauver. Mais Capek, plutôt que de partir sans Victoria, se livre à la police. Victoria s'effondre. Parson comprend que c'est Capek qu'elle aime vraiment et il décide de lui rendre sa liberté.

ACTE TROISIÈME : La place du village de Doroszma. -
Un an s'est écoulé : On va célébrer trois mariages, celui de Janczi et de Riquette et celui du comte Ferry et de Lia-San, car leur union contractée au Japon n'a aucune valeur en Hongrie. Mais le troisième couple fait défaut. Victoria est heureuse de se retrouver au pays natal. Elle ignore le retour de Capek qui doit sa liberté à Parson. Janczi suggère que Parson et Victoria pourraient devenir le troisième couple, car, appelé télégraphiquement par le comte Ferry, l'ambassadeur se présente à Victoria qui le reçoit avec joie. C'est elle qui lui propose de refaire ensemble leur bonheur. Avant la cérémonie, elle doit subir l'épreuve du vin. Selon cette coutume hongroise, la fiancée boit un verre de Saint-Imméré, puis elle tombera dans les bras de celui qu'elle aime vraiment. Victoria porte à ses lèvres la coupe au moment même où défilent les hussards et arrive Capek, amené par Parson. L'ambassadeur s'informe si elle veut toujours tenter l'épreuve du vin. " Oui " répond Victoria, et elle vide le verre pour se jeter, malgré elle, ensuite sur la poitrine de Capek. Heureux d'avoir enfin fait le bonheur de Victoria, Parson monte dans sa voiture en souhaitant au couple le bonheur.
 
 
 
 AUDRAN
Edmond AUDRAN est l'un des meilleurs maîtres de l'opérette française. Il est né à Lyon, le 11 avril 1842. Il fit ses études musicales à l'Ecole de musique religieuse, fondée à Paris par Niedermeyer, puis s'établit avec son père en 1861 à Marseille où il débuta comme maître de chapelle à l'église Saint-Joseph. Il s'occupa un moment plutôt de musique religieuse et écrivit notamment une messe et un oratorio. Une première opérette " L'ours et le Pacha " (1862) n'eut pas de grand succès.
A partir de 1877 il vécut à Paris et s'adonna exclusivement à la composition d'opérettes. En 1880, " La Mascotte " fit de lui l'un des musiciens préférés du grand public et fonda définitivement sa réputation. Dans la suite, il fit exécuter, tant à Paris qu'en province, un grand nombre d'opérettes, parmi lesquelles il faut relever " Gillette de Narbonne " (1882), Le grand Mogol (1884), " Miss Elyett " (1890) et " La poupée " (1896). Il est mort à Tierceville (Seine-et-Oise), le 17 août 1901,
Dans l'histoire de l'opérette française, après Hervé et Offenbach, à côté de Lecocq, avant Messager, Audran incarne l'élément le plus franchement populaire de ce genre séduisant et léger. Ses œuvres portent, il est vrai, le sceau de leur époque, elles n'abdiquent néanmoins rien de leur pouvoir gracieux et émouvant. La plupart de leurs pages, simples et faciles, resteront durablement familières.
 
 
 LA MASCOTTE - Edmond Audran

Opérette en trois actes. Paroles d'Alfred Dura et Henri Chivot.

PERSONNAGES :
- LAURENT XVII, prince de Piombino (grand comique)
- PIPPO, berger (baryton)
- Le prince FRITELLINI (ténor)
- ROCCO, fermier (ténor)
- MATHEO, aubergiste (basse)
- Le sergent PARAFANTE
- BETTINA, la Rougeaude, gardienne de dindons (soprano)
- FIAMETTA, fille de Laurent XVII (soprano)
- BEOLA, paysanne
- FRANCESCA, paysanne
- ANTONIA - CARLO, ANGELO, LUIDGI, BEPPO, MARCO, pages
- Personnages de la comédie italienne, dames d'honneur, un médecin, pages, seigneurs, paysans, soldats.

L'action se passe dans la principauté de Piombino au XVIIè siècle.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens en 1880.
Durée du spectacle : 3 heures.
La musique est gaie et vivante. Le libretto est très amusant. Il repose, il est vrai, sur une donnée un peu grivoise, mais les auteurs ont su sauver les situations les plus risquées par leur tact et leur esprit.

ACTE PREMIER : La cour de la ferme de Rocco.
- Dans le pays fantaisiste, où se passe l'action, la Mascotte est une jeune paysanne dont la présence dans une maison suffit à assurer le succès de toutes les entreprises, à la condition qu'elle reste jeune-fille. Or, le prince de Piombino, Laurent XVII, souverain de ces Etats imaginaires, se trouve précisément dans une mauvaise passe ; rien ne lui réussit. Ayant appris l'existence de la Mascotte, il la fait chercher, l'amène à la cour, au grand désappointement du fermier Rocco dont elle était la fortune et du berger Pippo, un petit amoureux platonique, de cette Mascotte qui a nom de Bettina et est gardeuse de dindons.

ACTE DEUXIEME : Une salle du palais du grand-duc, à Piombino.
- A peine la mascotte est-elle installée que la fortune change, les revers deviennent des triomphes, la prospérité revient dans les Etats du vieux monarque. Celui-ci, en homme prudent, se dispose à épouser - pour la forme - Bettina, afin de mieux garder son trésor. Mais Pippo vient réclamer son amoureuse. Déguisé en baladin, il se fait reconnaître de la dindonnière et s'enfuit avec elle dans le pays voisin, chez le prince de Pise, en guerre avec Laurent XVII.

ACTE TROISIÈME : Une hostellerie italienne dans le duché de Pise.
- Nous assistons à la déconfiture du malheureux monarque, privé de son porte-veine. Son chambellan et lui errent en pifferari et subissent tous les affronts. Heureusement, tout s'arrange ! Le prince de Pise est un vainqueur généreux : il épousera la fille de Laurent XVII et Pippo aura la petite Bettina qu'il aime trop, lui, pour ne désirer en elle qu'une mascotte.
 
 

 GILLETTE DE NARBONNE - Edmond Audran
Opérette en trois actes.
Paroles d'Alfred Duru et Henri Chivot, d'après le conte de Boccace : " La femme vaillante ".


PERSONNAGES :
Le roi RENE
- OLIVIER, son fils
- GRIFFARDIN, précepteur
- ROSITA, sa femme
- Gillette de NARBONNE (soprano)
- Roger de LIGNOLLE, son ami d'enfance.

L'action se situe dans une époque vaguement moyenâgeuse.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens en 1882.
" Gillette de Narbonne " a tout ce qu'il faut pour nous plaire. Elle est un mélange agréable de tout ce qui composait la bonne opérette d'autrefois, la saine gaité, la douce sentimentalité, en y ajoutant une teinte d'héroïsme fort plaisante.

ACTE PREMIER :
Le bon roi est gravement malade. Il ne doit sa guérison qu'à un remède que lui apporte la belle Gillette de Narbonne. Pour la récompenser, il lui accordera ce qu'elle voudra lui demander. La maligne Gillette exige la main de son ami d'enfance Roger de Lignolle que le roi, ayant engagé sa parole, ne peut lui refuser. Plutôt que d'entraver sa liberté, Roger, coureur et volage, refuse de consommer son mariage et part guerroyer contre les Italiens.

ACTE DEUXIÈME :
Nous trouvons Roger de Lignolle à Naples, accompagné d'Olivier, le séduisant fils du roi René, et de son précepteur Griffardin, barbon ridicule, mari jaloux de la jolie Rosita, la nièce d'une aubergiste italienne. Rivalité des deux jeunes gens qui s'emploient à faire une cour assidue à la jolie napolitaine à la barbe de son vieux mari, quand survient, à la poursuite de son époux, Gillette en cavalier, plume au chapeau et épée au coté, décidée à reprendre ses droits par tous les moyens possibles. A la faveur de l'obscurité, elle se substitue à Rosita et reçoit de Roger en gage d'amour une bague, bijou de famille de grand prix. Leurs effusions sont interrompues pur une attaque subite de l'ennemi au cours de laquelle Roger est fait prisonnier.

ACTE TROISIÈME :
Ce n'est qu'après une captivité de dix mois que Roger rentre en Provence. La cour du roi René est en fête à l'occasion du baptême du fils de Gillette. Fureur de Roger qui soupçonne le prince Olivier d'être le père de l'enfant. Après de coquettes taquineries, Gillette fera voir à Roger, confondu et enchanté, la bague témoignage de leur "première rencontre ", et sous l'œil ravi du roi René les deux époux tombent dans les bras l'un de l'autre.
 
 
 LE GRAND MOGOL - Edmond Audran

Opéra-bouffe en quatre actes. Paroles d'Alfred Duru et Henri Chivot (1).

PERSONNAGES :
Le prince MIGNAPOUR, l'un des plus opulents souverains des Indes
- NICOBAR, son grand vizir
- IRMA, saltimbanque parisienne
- JOQUELET, arracheur de dents, son frère
- Le capitaine CRAKSON
- MADRAS, aubergiste
- La princesse BENGALINE, cousine du prince Mignapour
- KIOUMI, esclave muette

L'action se passe dans le royaume de Delhi, résidence des grands Mogols, en 1750.
Première mondiale sur le théâtre de la Gaîté de Paris, le 19 septembre 1884.

Du point de vue musical, " Le Grand Mogol " fait figure de petit chef-d'œuvre. Audran y avait de l'imagination : dans le dessin d'une mélodie, dans un enchaînement d'harmonies, dans une combinaison de timbres, toujours il sut s'y distinguer. Sa musique pimpante et alerte contient des airs fort bien troussés.

ACTE PREMIER : Une place publique à Almora, petite localité située près de Delhi.
- Il était une fois dans le merveilleux pays des Indes, un beau prince, charmant, héritier des richesses et du trône des grands Mogols ! Héritier ! Oui, mais à une condition : celle de garder jusqu'à sa majorité son innocence, faute de quoi le collier blanc, témoin permanent de cette innocence, et que les princes héritiers se transmettent de génération en génération, deviendrait noir et Mignapour - c'est le nom de ce prince - perdrait tous ses droits au trône. Or, Joquelet et sa sœur Irma viennent d'arriver aux Indes. Ils ont quitté Paris après avoir vendu le peu de biens qu'ils possédaient pour pouvoir satisfaire leurs créanciers et se sont embarqués pour les Indes espérant y faire fortune. C'est aujourd'hui qu'Irma, devenue charmeuse de serpents, donne précisément sa première représentation. Le prince Mignapour, séduit par la beauté et par le charme de la jeune parisienne, en devient amoureux et la demande en mariage.

ACTE DEUXIEME : De splendides jardins attenants au palais du grand mogol. -
Crakson, le grand vizir Nicobar et Bengaline, cherchant un moyen de faire échouer ce mariage, décident d'empêcher Mignapour d'être proclamé Grand Mogol et pour cela de lui faire perdre son innocence. On montrera donc au prince d'affriolantes bayadères ; Bengaline sera l'une d'elles. Mignapour ne pourrait résister aux séductions de Bengaline si Irma ne les avait surpris au moment où la princesse lui accorde un baiser. Mignapour demande alors à Irma un rendez-vous dans un pavillon ; elle le lui refuse. Cette conversation est surprise par Bengaline. Par une lettre, signée " Irma ", Bengaline donnera rendez-vous à Mignapour au pavillon. Mignapour, dans sa joie, raconte tout à Crakson. Celui-ci, à son tour, décide d'endormir le prince et de se rendre à sa place au rendez-vous.

ACTE TROISIÈME : Une salle de Palais.
- Tous les préparatifs sont faits pour le couronnement et le mariage. Lorsque Mignapour paraît, une immense clameur retentit : son collier est devenu noir, Bengaline avait substitué pendant la nuit un autre collier au collier " magique ", afin de faire chasser Mignapour et Irma et pour pouvoir arranger les choses comme elle le désire.

ACTE QUATRIEME : La grande salle d'un riche caravansérail.
- Irma pleure son beau rêve détruit. Joquelet essaie de consoler sa sœur qui sait ? Peut-être un jour. En attendant, ils n'ont pour toute fortune qu'une petite cassette qu'ils ont trouvée sur les bords du fleuve. Mais elle contient un document qui affirme que la qualité magique du collier n'a été qu'un simple mythe imaginé pour maintenir les futurs mogols sur le chemin de la vertu. L'intrigue de la princesse Bengaline se trouve ainsi démasquée et le prince est réhabilité. Devenu grand mogol, il contraint, pour sa seule vengeance, Bengaline à épouser Crakson. Puis il annonce son mariage avec la petite parisienne Irma et la cour des Indes vient acclamer ses nouveaux souverains.
(I) Il existe une nouvelle version (créée sur la scène du Grand-Théâtre de Genève le 1er janvier 1949) en deux actes et quatorze tableaux qui porte la signature de Fernand Rouvray. L'action, en même temps élémentaire et compliquée qu'avait originellement exposée Duru et Chivot se passait entièrement aux Indes. Désormais, elle part de Paris, ne fut-ce que pour avoir l'occasion d'y revenir finalement et de donner prétexte à un nouveau tableau.

Voici la nomenclature des tableaux de la version nouvelle :

ACTE PREMIER
1er tableau : A Paris, on liquide et on s'en va
2o - Le charmeur de serpents
3o - Une place publique à Almora.
4o - Le vestibule du palais.
5o - Dans le palais de Delhi.
6o - L'arrivée du Prince.
7o - Le grand vestibule.
8o - La grande salle du palais.

ACTE DEUXIÈME
9° tableau : Le grand vestibule du palais.
10o - Le jardin à la tombée de la nuit.
11o - Le bosquet des roses.
12o - Le petit vestibule.
13o - Le grand escalier.
14o - Sur les bords de la Djenna.
 
 
 
 MISS HELYETT - Edmond Audran
Opérette en trois actes. Paroles de Maxime Boucheron.

PERSONNAGES :
Paul LANDRIN, peintre (baryton)
- PUYCARDAS, toréador gascon
- SMITHS0N, père de Miss Helyett
- James HICHTER, soupirant de Miss Helyett (trial)
- BACCAREL
- GANDOL
- Miss HELYETT (soprano)
- MANUELLA, espagnole
- La SENORA, sa mère
- NORETTE.

La scène se passe à Bagnères (Pyrénées), de nos jours.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, en 1890.

PREMIER ACTE : Au Casino de Bagnères.
- En faisant une promenade autour de Bagnères, miss Helyett, fille du rigide pasteur Smithson, fait une chute qui pourrait être mortelle, n'était un arbuste où s'accroche sa jupe au passage et la tient supendue la tête en bas. Un sauveteur est venu la retirer évanouie du bord de l'abîme. C'est Paul Landrin, un peintre de femmes, depuis longtemps à la recherche de son idéal, qui a connu Helyett petite fille, et qui, en la retrouvant tout à l'heure au casino, a été vivement impressionné par sa petite amie de jadis. Mais Paul ne sait à quelle femme il a sauvé la vie et Helyett ignore quel homme son honneur de puritaine lui commande d'épouser !

DEUXIÈME ACTE : A l'hôtel de Miss Helyett.
- L'acte se passe en tentatives pour découvrir l'identité de l'inconnu, tâche bien difficile, vu la légèreté des indices. Smithson a beau se livrer à l'espionnage, il n'y gagne que rebuffades. Devant ces insuccès, le vertueux révérend conseille à James Richter, un soupirant de sa fille qui les a suivis depuis Chicago, de déclarer à Helyett qu'il est " l'homme de la montagne ". James le fait, sans comprendre, et le succès de ce stratagème serait complet, si le maladroit ne révélait dans sa conversation qu'au moment de l'accident il se trouvait à l'hôtel en train d'écrire.
Dans le même hôtel que Miss Helyett et son père séjournent deux Espagnoles, la mère et la fille. Celle dernière, Manuella, est follement éprise d'un toréador gascon, poltron et hâbleur, Puycardas. Sa mère voit cet attachement d'un mauvais oeil, mais elle est impuissante à vaincre l'inclination de son enfant et finit par consentir au mariage.
Or, Miss Helyett surprend une conversation entre les amoureux au cours de laquelle Puycardas qui a le vertige et ne peut monter plus haut qu'un entresol, prétend avoir sauvé une femme dans la montagne. Ce serait donc lui, le sauveur inconnu ! La pilule est amère, mais Miss Helyett ne connaît que son devoir ! Elle épousera Puycardas. Celui-ci voudrait bien refuser, mais il n'a pas le courage nécessaire, car Smithson n'hésite pas à recourir aux menaces.

TROISIÈME ACTE : Sur la terrasse de l'hôtel.
- Miss Helyett ne se résigne pourtant que la mort dans l'âme à ce mariage. Elle déteste et méprise Puycardas. D'autre part, Paul a produit sur elle une impression profonde. Déjà elle éprouve vaguement le besoin d'être jolie pour lui. Paul, de son côté, est révolté par la perspective d'un mariage avec Puycardas, tout à fait incompréhensible pour lui. Aussi, pour ne pas assister à pareille profanation de son idéal, il a pris la décision de partir et d'annoncer son projet à Miss Helyett. Mais auparavant, il aimerait prendre son portrait : il en emportera du moins un souvenir durable. Tout en dessinant, la conversation se fait de plus en plus tendre. Tous deux sont fort émus, lorsque le portrait est pris, si émus que Miss Helyett laisse tomber l'album, lorsque Paul lui tend son tableau pour le lui montrer.
Elle se précipite pour le ramasser, mais en tombant il s'est ouvert à une autre page, précisément celle où Paul a fait de mémoire le croquis de la scène de l'accident : l'homme de la montagne, c'était donc lui !
Miss Helyett en est ravie. Rien ne s'oppose plus à l'union des deux amoureux.
 
 
 
 LA POUPÉE - Edmond Audran
Opéra-Comique en quatre actes. Paroles de Maurice Ordonneau.

PERSONNAGES :
Le R. P. MAXIMIN, supérieur d'un couvent (baryton)
- LANCELOT (ténor)
- La CHANTERELLE, son oncle (basse)
- LOREMOIS, son ami (baryton)
- Frère BALTHASAR - Frère BASILIQUE - Frère AGNELET - Frère BENOIT
- HILARIUS, inventeur et fabriquant de poupées mécaniques (comique)
- Madame HILARIUS, sa femme (contralto)
- ALESIA, leur fille (soprano)
- GUDULINE, dame de compagnie
- MARIE, camériste

L'action se passe à Tamponville, de nos jours.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre de la Gaité, le 21 octobre 1896. Durée du spectacle : 3 h. 15.
Audran a abordé dans " La Poupée " le genre si recherché à l'époque de " Coppelia " et que l'on pourrait appeler sans calembours : automate. Malgré la partition musicale vieillie, cette opérette force encore toujours de rire de tout coeur, car la trame de la pièce est une grosse blague, corsée par une action scénique, où le ridicule tient lieu d'esprit.

PREMIER ACTE : Au couvent du père Maximin.
- Une communauté de moines n'a plus que des radis noirs à manger. Pour restaurer les finances, et renouveler les antiques ripailles, le père Maximin décide de marier le jeune novice Lancelot à une poupée automate. Trompant ainsi l'oncle du novice, les moines toucheront les quatre cent mille écus que celui-là a promis s'il se marie.

DEUXIEME ACTE : Le magasin de poupées de maître Hilarius à Tamponville.
- L'oncle de la Chanterelle a pour ami un fameux fabricant d'automates, Hilarius, habile à ce point qu'il pourrait passer pour sorcier. Lancelot, tout comme sou oncle fréquente la maison. La fille Alesia y trouve le novice fort à son goût. Aussi quand Lancelot demande à Hilarius de lui fabriquer une poupée qui pourrait passer, aux yeux de son oncle, pour sa femme, Alesia imagine de se substituer à l'automate. Madame Hilarius en fait autant. Et Lancelot ayant décidé l'acquisition d'Alésia, l'automate, et de sa mère, ce sont la femme et la fille d'Hilarius qui sont mises en boite.

TROISIÈME ACTE : Au château du baron de Chanterelle.
- On prépare le mariage de Lancelot, arrivé la veille avec ses poupées et Hilarius. Alésia cherche à gagner d'avance l'affection et le soutien de son futur oncle. Il est bien entendu que, seule avec lui, elle reprend ses allures de vraie femme et ne joue son rôle de poupée qu'en présence de Lancelot. Le baron la trouve exquise. Mais le vieux fou, Hilarius, risque de tout gâter par son imprudent bavardage et ses maladresses, car il croit toujours n'avoir affaire qu'à des poupées. Les invités et le notaire arrivent, le contrat est rapidement signé et la fête peut commencer. On rit, on danse. Profitant de ce que les invités sont tous un peu gris, Lancelot s'enfuit clandestinement au couvent en emportant Alésia.

QUATRIEME ACTE : Au couvent du père Maximin.
- Lancelot apporte donc sa femme-poupée au couvent, où sa perfection et sa gentillesse inquiètent à bon droit le supérieur Maximin. Il ordonne que, dès le lendemain, la poupée trop suggestive sera remisée au grenier. Déjà, la vocation de Lancelot est ébranlée par cette image. Dans l'attente que la poupée aille au grenier, on la laisse, pour la nuit, dans la cellule de Lancelot. Et la suite se devine : l'automate redevient femme et le novice redevient homme ; et comme le mariage est déjà conclu, on n'a même pas besoin du notaire pour finir.
Les moines se calment, lorsque Lancelot et son oncle leur promettent la moitié de la dot.
 
 
 
 BASTIDE
Paul BASTIDE, né à Quimper le 6 avril 1879, a été élève de Massenet et de Paul Vidal. Il débute à Marseille comme chef de chant en 1898. Sa première oeuvre " L'Idylle à l'Étoile " est créée en 1899. On le retrouve, tour à tour, en qualité de chef d'orchestre au Caire, à La Haye, au Casino de Vichy, à Strasbourg, puis à l'Opéra-Comique de Paris, enfin au Grand-Théâtre de Marseille.
En plus de " Monsieur de Pourceaugnac " (1921), il convient de mentionner " Le gentil Bernard " (1910), " La Vannina " (1926), " Œdipe-roi " (1931), " La Divine Épopée " (1943) et " Jeanne d'Arc " (1949)
 
 
 
 MONSIEUR DE POURCEAUGNAC - Paul Bastide
Opéra-bouffe en trois actes de M. A. Pajol, d'après Molière. Musique de Paul Bastide.

PERSONNAGES :
Monsieur de POURCEAUGNAC, gentilhomme limousin -
ORONTE, père de Julie -
JULIE, sa fille -
ERASTE, amant de Julie -
NÉRINE, femme d'intrigue, feinte Picarde
SBRIGANI, Napolitain, homme d'intrigue - Deux Suisses - Un exempt.
 
L'action se passe à Paris, en 1669.
Première mondiale : sur la scène du Théâtre Municipal de Strasbourg, le 5 février 1921. Durée du spectacle : 3 h. 1/4
Bastide a réussi à conserver à l'œuvre le caractère bouffon et les allures de la farce plantureuse que Molière imprima à "Monsieur de Pourceaugnac ". Sa musique suit, avec un rare bonheur d'expression, les inventions drolatiques, les fantaisies échevelées, les hardiesses comiques de la pièce. Des détails exquis d'orchestration en soulignent l'esprit. La gaité déborde dans cette partition, écrite avec des soins délicats. Signalons aussi l'adresse que Bastide apporte dans l'amalgame savant et ingénieux de ses propres inspirations et des postiches de la musique ancienne (Lulli en particulier).

ACTE PREMIER :
Julie aime Eraste. Eraste aime Julie. Mais Oronte, père de celle-ci, reprend à l'amoureux la parole qu'il avait donnée et, simplement pour une question d'écus, décide de donner la main de sa fille à un gentilhomme limousin, de Pourceaugnac, personnage naïf et ridicule, qui vient à Paris dans cette intention. Julie a pour soubrette Nérine qui persuade son amoureux Sbrigani, valet astucieux et rusé, de protéger les amours de sa patronne avec Eraste.

ACTE DEUXIÈME :
Sbrigani, Italien de naissance, souple et inventif, entreprend de berner M. de Pourceaugnac et de le bafouer si bien qu'il sera forcé de renoncer à la main de Julie. Avec le concours d'Eraste, de Julie, de Nérine et de deux gardes suisses, Sbrigani qui a plus d'un tour dans son sac réussit à faire passer aux yeux d'Oronte M. de Pourceaugnac pour malade et fou, pour un homme marié deux fois déjà, père de nombreux enfants, et pour un dissipateur endetté.

ACTE TROISIÈME :
Enfin, Sbrigani parvient à faire passer M. de Pourceaugnac pour le ravisseur de sa fille qu'Eraste a, censément, arraché de ses mains. M. de Pourceaugnac savamment effrayé par ses persécuteurs, en est réduit à se travestir en femme pour se dérober à la justice. Finalement, il est emmené par un exempt complaisant qui s'est chargé d'en débarrasser ceux dont il est venu contrecarrer les projets. Malgré une feinte résistance de leur part, Julie et Eraste finissent par s'épouser et les réjouissances préparées pour M. de Pourceaugnac servent à célébrer leur propre mariage.
 
 
 
 BENATZKY
Ralph BENATZKY, né le 5 juin l887 à Budweis en Moravie, est considéré, à juste titre, comme l'une des personnalités les plus originales parmi les compositeurs d'opérettes des temps actuels.
Il avait bien commencé par des chansons. Mais il n'a pas suivi les goûts de son époque et préférait plutôt les influencer par ses créations très caractéristiques. Après avoir commencé par des opérettes de style traditionnel - nous ne citerons que " Liebe im Schnee " (1916) - il a adopté le genre de l'opérette à grand spectacle, parmi lesquelles nous citerons celle, universellement connue, qui porte le titre de " L'Auberge du Cheval blanc " (1930).
Finalement, il a abouti à la comédie musicale dont les œuvres " Meine Schwester und ich! " (1930), " Bezauberndes Fraulein " (1933) et " Axel an der Himmelstur " ont remporté de gros succès.
Benatzky, fils d'un chef d'orchestre, avait fait ses études à Prague, puis à Munich, où il avait été un élève de Félix Mottl. Dès 1925, il a vécu à Vienne. Après la deuxième guerre mondiale, il s'est retiré en Suisse.
 
 
 
 
 L'AUBERGE DU CHEVAL BLANC -
Opérette romantique en trois actes et neuf tableaux, d'après la pièce de Blumenthal et Kadelburg. Version française de Millier et Lucien Besnard. Couplets de René Dorin. Musique de Ralph Benatzky et Robert Stolz.

PERSONNAGES :
JOSEPHA, patronne de 1' " Auberge du Cheval blanc " (soprano) -
- Napoléon BISTAGNE, négociant marseillais en tricots (grand comique)
- SYLVABELLE, sa fille (soprano)
- HINZELMANN, professeur (ténor)
- Clara HINZELMANN, sa fille (fantaisiste)
- LÉOPOLD, maître d'hôtel (ténor)
- Guy FLORES, avocat parisien (baryton)
- KATHI, postière ZENZI, bergère PICCOLO, garçon
- L'empereur (rôle parlé)
- Célestin CUBISSOL (trial)
- Le patron de " l'Homme sauvage"
- La patronne de la " rose des Alpes " (mezzo-soprano)
- La présidente
- PIMPERI, instituteur (basse)
 
L'action se passe à Saint-Wolfgang, en Salzkammergut (Autriche), de nos jours. Première mondiale à Berlin, le 8 novembre 1930. Première en France, à Paris en 1937. Durée du spectacle 3 h. 1/2.
Parmi les opérettes à grand spectacle de l'entre-deux guerres, voilà sans doute celle dont la partition conserve l'attrait le mieux choisi. C'est bien de la musique populaire par la spontanéité de son tour mélodique, la franchise aguichante de ses rythmes. Elle parvient à plaire à tous infailliblement sans fadeur et sans vulgarité.

NOMENCLATURE DES TABLEAUX
Acte Ier : (1er tableau) : Devant l'Auberge du Cheval-Blanc, à Saint-Wolfgang en Salzkammergut.
2e L'étable.
Acte II :
3e Le matin, sur la place.
4e La gare.
5e La cabane du berger.
6e La salle du conseil communal.
7e L'Auberge du Cheval-Blanc.
Acte III :
(8e Au petit jour, devant l'Auberge.
(9e Une petite auberge romantique dans la forêt.

ANALYSE :
Josepha, la belle aubergiste du " Cheval-Blanc " est entreprise par son propre maître d'hôtel, Léopold. Elle commence par lui opposer un refus catégorique, car elle croit être aimée par un jeune avocat de Paris, Guy Florès, client fidele depuis quelques années. Elle en a conclu qu'il est plus attiré par ses beaux yeux que par le charme de la montagne.
Or, elle se trompe : Guy Florès n'a pas eu le temps de la regarder de près, accaparé qu'il est par Sylvabelle Bistagne, une petite marseillaise volcanique. Léopold exulte, car, si la jeune fille s'amourachait de l'avocat, la place serait libre pour lui auprès de sa patronne !
En attendant, pour arranger les affaires, il propose aux jeunes gens de les conduire à la cabane des vaches. Mais Bistagne, fabricant de tricots à Marseille, nourrit une vive animosité contre Guy Florès qui est précisément l'avocat de Cubissol, son concurrent le plus acharné et le moins conciliable.
Mais voici Léopold congédié exactement au moment où Josepha aurait eu particulièrement besoin de ses services, l'empereur lui ayant annoncé sa décision de descendre à l' " Auberge du Cheval Blanc " à l'occasion de la fête du tir.
Josepha, consternée par son acte irréfléchi, voici un moment, ne peut faire autrement que de supplier Léopold de ne pas prendre son renvoi au tragique et de venir reprendre son service. Il y consent finalement et reçoit sa Majesté solennellement. Toutefois, en prononçant son discours de bienvenue il ne manque pas de mêler aux vœux qu'il essaie d'exprimer, toutes ses revendications personnelles. Mais l'empereur a compris et donne à Josepha de sages conseils de modestie et lui trace la voie de son bonheur.
Finalement, les deux mariages (Josepha-Léopold et Sylvabelle-Guy Florès) se consomment aussi facilement que se consomme un demi dans cette auberge du Cheval Blanc. D'autres couples se forment encore et dans un final féerique tout le monde se trouve dans la joie et le contentement.
 
 
 
 
 
 BERLIN Irving
Ne en 1888, dans le sud de la Russie, Irving BERLIN, de son vrai nom Israël Baline, est le plus jeune des huit enfants de Cantor Moses Baline. En 1893, les Baline emigrèrent aux Etats-Unis et s'installèrent à New-York dans un quartier pauvre de l'East Side.
Il semble qu'au cours de sa jeunesse, Irving ait connu la misère et les privations.
Berlin quitta le domicile paternel à l'âge de quatorze ans et commença par exercer les métiers les plus divers : il chanta à 50 cents par soirée dans un bar, passa le chapeau pour le pianiste aveugle d'un cabaret borgne de Bowery et rabâcha des chansons au music-hall de Tony Pastor dans la 14è rue. Il exerça ensuite le métier de garçon de café chanteur qui décida de toute sa carrière.
Son premier succès, " Alexander's Ragtime Band ", il l'écrivit en 1911, à une époque où on lui avançait 25 dollars par semaine sur les chansons qu'il composait. Il aborda le théâtre avec " Watch your Step " (1914).
Pendant la première guerre mondiale, alors qu'il était sergent, Berlin écrivit " Yip Yip Yaphank " : c'était un spectacle excellent.
En 1921, il fit construire un petit théâtre qu'il appela " Music Box Theatre " et dans lequel il se produisit à son gré. En 1925, parut " Tbe Cocoanuts " et en 1932 " Face the music ". En 1937, il se rendit à Hollywood. De retour de la capitale du cinéma, il composa " Louisiana Purchase " (1940), " Star and Garter " (1912) et " This is the army ". Sa dernière comédie musicale " Annie get your gun " (1916) obtint un succès prodigieux.
 
 
 
 ANNIE DU FAR-WEST - Irving Berlin
(ANNIE GET YOUR GUN)

Opérette américaine de Herbert, Dorothy Fields et Berlin.
Version française de André Mouézy-Eon et Albert Willemetz.

PERSONNAGES :
- Annie OAKLEY, petite paysanne (alto)
- Franck BUTTLER, vedette du cirque " Buffalo Bill "
- Le directeur du cirque
- Le grand chef sioux " Taureau assis "

L'action se passe vers 1900
Première mondiale à New-York, sur la scène du Brodway Theatre, en 1946.
Première en Frane à Paris, sur le théâtre du Châtelet, en 1949.
La musique d'Irving Berlin d'un rythme très franc, d'une couleur locale très accusée, sait prendre aussi un ton élégiaque et tendre. André Mouézy-Eon a su adroitement franciser le livret d' " Annie get your gun " et le truffer de sketches très divertissants.
 
ANALYSE :
Annie Oakley n'est pas un personnage imaginaire et son histoire, thème de l'opérette, est véridique.
Petite sauvageonne, elle étonne le directeur du cirque Buffalo-Bill par son adresse au tir à la carabine ; il l'engage. Sous le chapiteau, elle rencontre Frank Buttler, autre champion de tir, dont elle s'éprend.
Mais le succès qu'ils remportent l'un et l'autre les dresse l'un contre l'autre ; ils s'aiment, ils s'adorent, mais les coups de carabine les séparent. Alors Frank Buttler quitte le cirque Buffalo-Bill qui vient donner des représentations à Paris avec le chef sioux " Sitting Bull ", et s'en va dans un cirque concurrent. Désespoir d'Annie ; mais, avec adresse, elle sacrifiera son adresse à son amour : elle laissera à Frank le succès, Frank lui apportera le bonheur.
 
 
 BEYDTS

Louis BEYDTS, né à Bordeaux en 1896, a travaillé la composition avec Fernand Vaubourgeois et est devenu dans la suite l'un des meilleurs élèves de Messager. Arrivé en 1924 à Paris, il a joué dans les Associations symphoniques : Concerts du Conservatoire, Colonne, Lamoureux et Pasdeloup.
Nous lui devons les opérettes " Moineau " (1931), " Les Canards mandarins ", puis l'opéra-bouffe " S.A.D.M.P. ", " Le voyage de Tschoung-Li ", la comédie musicale " A l'aimable Sabine " (1917).
Bien connues sont les musiques de scènes pour " Il ne faut jurer de rien ", " Le Barbier de Séville ", " Le mariage de Figaro ", " Les Espagnols au Danemark ", " Othello " et les poèmes pour chant et orchestre.
Mentionnons aussi les musiques de films " La Kermesse héroïque ", " La Loi du Nord ", "Le Diable boiteux ", " La Valse de Paris " entre autres.
Le compositeur est critique musical du journal " Opéra " et directeur de l'Opéra-Comique depuis le 2 janvier 1952.
 
 
 
 MOINEAU

Opérette en trois actes de Henri Duvernois et Pierre Wollf
Couplets de Guillot de Saix. Musique de Louis Beydts.

PERSONNAGES :
Gaston GILBERT, peintre (baryton)
- Alexandre CHADEC son ami
- Monsieur PONESTIER (baryton)
- Félix AGOSTINI (trial) Le photographe - Le zouave
- PAUL - Le patron de la guinguette
- Cécile DURAND, dit " MOINEAU ". (soprano)
- Madame FROMENTEL (mezzo-soprano)
- ANGÈLE
- Fernande PONESTIER (mezzo-soprano)
- Léontine DUCHEMIN
-
Première mondiale à Paris, sur le théâtre Marigny, le 13 décembre 1931. Durée du spectacle : 3 h. 1/4.
Cette opérette est présentée avec beaucoup d'habileté. Les airs plaisants n'y manquent pas. Cependant l'ensemble de la partition n'a pas de cachet personnel. De même le libretto ne renferme pas plus quelque chose de bien extraordinaire, et cela malgré quelques situations comiques toujours bien accueillies par le public. Pourtant, malgré l'absence de toute originalité, cette opérette tranche néanmoins sur le grossier patois de certaines œuvres contemporaines du même genre.
 
NOMENCLATURE DES TABLEAUX
Acte premier : Un atelier montmartrois.
Acte deuxième ; Le restaurant à l'enseigne du " Tournebride " à Romainville.
Acte troisième : L'atelier de Gaston Gilbert.

ANALYSE :
Trois mois, c'est la limite, au-delà de laquelle le peintre montmartrois, Gaston Gilbert, estime qu'une petite amie a terminé son stage dans sa garçonnière. Le jeune coq a décidé de ne jamais aller jusqu'à la titularisation. Le 91e jour, il se dérobe invariablement, singulièrement aussi, qu'on en juge !
Justement, la trop tenace Léontine en fait la dure expérience. Le terme de son congé est échu et Gaston la renvoie en ayant recours à une ruse : il raconte qu'il est marié, que sa femme peut rentrer d'une minute à l'autre. Il lui faut éviter un scandale qui éclaterait inéluctablement si la légitime les surprenait. Aussi Gaston envoie son amie faire une course, mine de rien. Lorsqu'elle revient, elle trouve son amant en pleine conversation avec un mannequin auquel il parle comme s'il s'agissait effectivement de sa femme. Trompée par l'apparence, la jeune éconduite se sauve, et du coup Gaston peut tranquillement passer à la prochaine de ces demoiselles : c'est la charmante Cécile Durand.
On devine que ce petit " moineau " de Paris qui vient d'avoir 22 ans, ne subira pas le sort commun : les principes du célibataire invétéré seront renversés. Cécile et Gaston se marieront et Montmartre sera en fête.
 
 
 CHABRIER
Emmanuel CHABRIER est né à Àmbert, le 18 janvier 1841. En 1877, il fit représenter aux Bouffes-Parisiens 1' " Étoile " et devint peu après chef des chœurs aux Concerts Lamoureux. Après un début éclatant comme symphoniste, il créa pour le théâtre 1' " Education manquée " (1879), " Gwendoline " (1886) et " Le roi malgré lui " (1887). Puis il entreprit à la fois la composition de plusieurs œuvres dramatiques, mais la maladie interrompit son travail. Il mourut à Paris, le 13 septembre 1894, sans avoir eu le temps d'achever aucune de ses œuvres commencées.
Un charme personnel se dégage de la musique de Chabrier, essentiellement française par sa grâce, son esprit étincelant et sa bouffonnerie.
 
 
 

 L'ÉTOILE - Emmanuel Chabrier
Opéra-Bouffe un trois actes
Paroles d'Eugènc Leterrier et Albert Vanloo.


PERSONNAGES :
OUF 1er, roi des Trente-Six Royaumes (ténor-bouffe)
- Hérisson de PORC-ÉPIC
- SIROCO (basse-bouffe)
- TAPIOCA - Le chef de la police
LAZULI (rôle travesti : soprano)
La princesse LAOULA (soprano)

La scène se passe dans la capitale des Trente-Six Royaumes.
Première mondiale : sur le théâtre des Bouffes-Parisiens à Paris, le 28 novembre 1877.

ACTE PREMIER : Une place publique.
- Il est d'usage dans la capitale des Trente-Six Royaumes de célébrer la fête du roi Ouf ler en offrant au peuple le spectacle d'un empalement. On cherche une victime : elle se présente dans la personne du jeune Lazuli, qui a giflé le roi sans le connaître. Il va subir le supplice, lorsque, heureusement pour lui, l'astrologue Siroco, après avoir interrogé les astres, informe Ouf 1er que son existence est liée à celle de Lazuli et qu'il doit finir ses jours vingt-quatre heures après lui. Alors le roi ne songe plus qu'à entourer Lazuli de ses prévenances et le fait conduire au château.

ACTE DEUXIÈME : La salle du trône.
- Au château, Lazuli croit avoir trouvé en la princesse Laoula, la fiancée du roi, la jeune fille qu'il aime depuis longtemps. Ouf Ier prenant Laoula (qu'il ne connaît pas) pour la femme d'un ambassadeur, aide les deux amoureux dans leur fuite. L'ambassadeur éclaircit l'erreur. On poursuit le couple, mais Laoula seule est ramenée.

ACTE TROISIÈME : Un salon l'été.
- Lazuli reste introuvable : on le considère comme étant mort. Ouf et Siroco qui suivant un ordre du prince devra être mis à mort immédiatement après le décès du monarque, éprouvent une peur mortelle à la suite de la prophétie de l'astrologue.
Fort heureusement Lazuli est bientôt ramené vivant : il est proclamé prétendant au trône du royaume et épousera Laoula.
 
 
 
 CHRISTINE
Henri CHRISTINE, né à Genève le 27 décembre 1867, fit ses études à l'Université de cette ville. A sa sortie, il fut instituteur pendant cinq ans et apprit la musique durant ses heures de loisir. A peine nanti des rudiments, il se sent le besoin de s'exprimer lui-même. Il alla à Paris où devenu chef d'orchestre, il écrivit une quantité de chansons devenues rapidement populaires.
En 1918, aux alentours de l'armistice, il donna sa première opérette " Phi-Phi " aux Bouffes-Parisiens, en collaboration avec Albert Willemetz. Le triomphe surprenant de cette œuvre décida Christiné à abandonner définitivement la chanson pour le théâtre. Et ce fut désormais sur les scènes les plus parisiennes qu'il fit jouer avec autant de chance " Dédé ", " Madame ", " P.L.M. ", " La Poule " (1935). En 1931, il écrivit, en collaboration avec Tiarko Richepin, la partition de " Au temps des merveilleuses ", et en 1937, le Châtelet représenta " Yana ".
Décoré de la Légion d'honneur en 1929, Henri Christiné fut vice-président de la Société des Auteurs dramatiques en 1931 et 1932. Il est décédé en décembre 1941.
 
 
 PHI-PHI
Opérette légère en trois actes de A. Willemetz et Solar. Musique de H. Christiné.

PERSONNAGES :
PHIDIAS (Phi-Phi), sculpteur -
Le PIRÉE, son domestique -
PERICLÈS, homme d'État -
ARDIMÉDON, prince étranger
- ASPASIE, arpète -
Madame PHIDIAS
- Deux danseuses - Huit modèles.

La scène se passe dans l'atelier de Phidias en 600 avant Jésus-Christ.
Première mondiale à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 12 novembre 1918.
La célèbre pièce a vieilli; elle continue néanmoins à plaire à ceux qui l'ont applaudie à ses débuts et la jeunesse ne rechigne point devant sa fantaisie un peu désuète.

ANALYSE :
Le grand sculpteur Phidias, dit " Phi-Phi ", est en train de rechercher un modèle pour poser " La Vertu ". Il croit finalement l'avoir trouvé en la personne d'Aspasie, une jeune arpète qui recherche l'homme pouvant assurer son avenir.
Mme Phidias est poursuivie par un jeune prince qui, pour s'approcher plus aisément d'elle, se fait engager, sous le nom d'Ardimédon, comme modèle, pour poser " Amour ".
Qu'adviendra-t-il ?
Avec l'aide de Le Pirée, rusé et coquin, le Prince deviendra amant de Mme Phidias, le sculpteur Phidias, l'ami d'Aspasie et celle-ci sera l'épouse de Périclès, célèbre homme d'État.
 
 
 DUMAS
Né à Salindres (Gard), le 31 décembre 1897, Roger DUMAS fit ses études d'abord au Conservatoire de Nîmes, puis au Grand Conservatoire de Paris. Professeur au Conservatoire de Toulon et chef d'orchestre au Casino de la même ville, il donna sa première opérette " Flouette " (1921). Il composa ensuite la musique de films connus, tels que " Les Bleus de la Marine ", " Le Val d'Enfer ", " Dédé la Musique ", Il est également l'auteur des opérettes " Ignace " (1935), " Le danseur du Casino " (1936), " Un de la musique " (1937), " Les Chasseurs d'images " (1917) et " Oscar " (1949).
 
 
 IGNACE
Opérette en trois actes et quatre tableaux. Livret et lyrics de Jean Mange. Musique de Roger Dumas.

PERSONNAGES :
Ignace BOITACLOU, caserné au 32e chasseurs à cheval
- Le colonel DUROZIER
- La colonelle DUROZIER, sa femme
- ANNETTE, soubrette des Durozier
- MONIQUE, leur nièce
- Serge de MONTROC, avocat-stagiaire
- Le capitaine BOISDELISLE, officier
- Le baron des ORFRAIES, gentilhomme campagnard
- LOULETTE, petite actrice
- PHILIBERT Le gérant VICTOIRE -

Première mondiale à Marseille, sur le théâtre des Variétés, en 1935.
Première à Paris sur le théâtre de la Porte Saint-Martin, en février 1936.
" Ignace ", comme chacun le sait, " est un petit nom charmant ". C'est aussi, tant à la scène qu'à l'écran, l'un des plus grands succès de Fernandel.
Signalons encore qu'il existe une version nouvelle en deux actes (au lieu de trois), enrichie de divertissements par l'auteur de la partition.

ACTE PREMIER : A la villa des roses . -
Ignace Boitaclou est demandé par la colonelle Durozier pour remplacer Philibert et être ordonnance du colonel. La petite Annette, soubrette des Durozier, finit, avec ce changement d'ordonnance, par connaître tout le quartier de cavalerie.
Monique, qui est élevée à la villa des roses par la colonelle, et son oncle, le colonel, s'éprend d'un ami de la famille, le jeune Serge de Montroc, avocat-stagiaire, qui passe ses vacances à la villa. Il fait une cour discrète à Monique, mais la colonelle ne voit pas ce mariage d'un bon œil et propose à sa nièce comme mari le capitaine Boisdelisle, officier d'un très grand mérite, mais coureur de jupons. Cet officier lui est recommandé par un ami commun, le baron des Orfraies, gentilhomme campagnard et grand pécheur devant l'Éternel, adorateur platonique de la colonelle qui, quoique très autoritaire, est aussi très sentimentale.

ACTE DEUXIÈME : A la villa,
- Pour les dix-huit ans de Monique, on prépare une grande fête. Le baron des Orfraies ne se doute pas qu'il se trouvera en présence d'une ancienne petite amie Loulette, actrice très délurée, qu'il a abandonnée voila bientôt six mois. Ignace, nouveau dans la maison et autour duquel se déroulent toutes ces intrigues, se demande dans quel milieu il est tombé. Il garde le secret pour tous, car il connait la consigne : " tout voir, tout entendre, ne rien dire ".

ACTE TROISIÈME : A l'hôtellerie de l'Eperon d'or.
- Tous les personnages se sont donné rendez-vous dans cette maison. La colonelle a enfin compris où se trouvait le vrai bonheur de Monique ; sa nièce épousera Serge de Montroc.
Et Ignace, à la joie générale, sera le mari de la gentille soubrette Annette.
 
 
 FALL
Léo FALL est né le 2 février 1873 à Olmütz. Il a fait ses études en musique au conservatoire de Vienne. En 1895 déjà, il était chef d'orchestre d'un théâtre de Hambourg; Peu de temps après il occupa le même poste au " Metropoltheater " de Berlin. Vers la fin de sa vie, il se retira à Vienne, où il mourut le 15 septembre 1925.
Il est considéré comme l'un des maîtres les plus connus et les plus considérés dans le domaine de l'opérette. Nous ne voudrions pas oublier de mentionner, en dehors des œuvres que nous allons analyser, encore trois opérettes d'une certaine valeur : " Der liebe Augustin " (1912), " Die Rose von Stambul " (1916) et " Die spanische Nachtigall " (1920).
 
 
 
 LE JOYEUX PAYSAN
Opérette en trois actes.
Paroles de Victor Léon. Adaptation française de Gustave Jonghbeys.

PERSONNAGES :
MATHAEUS, dit " Casque à mèche ", le " joyeux paysan " (baryton)
- STÉPHAN, son fils (ténor)
- VINCENT (ténor ou baryton Martin) -
HECTOR (trial)
- ANNA (soprano)
- FRIDA (soprano) -
Mme von GRUMOV (mezzo-soprano)
- LINDOR, riche fermier, père de Vincent (baryton)
- ZIPF, garde-champêtre (baryton)
- RAUDACHE, paysan
- ENDLITZ, paysan -
FRANTZ et TOINON, domestiques
- Le petit JEANNOT

L'action se passe à Oberwang (eu Haute-Autriche) et à Vienne.
Première mondiale : à Mannheim, le 27 juillet 1907.
Eu français : à Bruxelles, le 20 octobre 1910.

ACTE PREMIER : " L'Étudiant". - Au village d'Oberwung, eu automne 1896.
- Le vieux paysan autrichien Mathias a deux enfants, une fille et un fils. Il désire que ce dernier ait une instruction supérieure et l'envoie, dès qu'il en a l'âge, à l'université. La population villageoise assiste au départ émouvant du fils.

ACTE DEUXIÈME : " Le Docteur". - A Oberwang, pendant la foire.
- Onze ans plus tard, pour l'orgueil du père, le jeune homme est reçu docteur en médecine. Son prochain retour est annoncé ; le père Mathias et ses amis entendent fêter cet événement très dignement. C'est la fête au village. Mais il y a un nuage : le " Herr Doktor " à peine arrivé, songe à retourner auprès de sa fiancée, jeune personne riche et distinguée de la ville. Il repart seul, un peu honteux de ses origines. Le père Mathias en est bien attristé.

ACTE TROISIÈME : " Le Professeur ". - Chez Stephan à Vienne, six mois après le deuxième acte.
- Toute la famille villageoise débarque un beau jour dans la grande ville, chez le docteur Stéphan qui est devenu professeur. Plus de drame : la bonne humeur du paysan l'emporte dans une suite inénarrable de scènes pittoresques,
 
 
 
 PRINCESSE DOLLAR
Opérette en trois actes de A. M. Willner et Fr. Grunbaum. Adaptation française de Willy et Raph.

PERSONNAGES :
Frédy WEHRBURG, ingénieur
- Le baron JEAN, grand écuyer de Couder
- John COUDER, roi de l'or
- TOM, cousin de Couder
- DICK, fils de Couder -
DAISY, nièce de Couder
- OLGA, actrice parisienne
- MEG, soubrette d'Olga

L'action se passe à New-York et en Californie.
Première en français : au théâtre de l'Olympia-Casino à Nice, le 11 mars 1911.
Durée du spectacle : 3 heures.
Des trois actes, le premier et le second se passent chez le milliardaire Couder à New-York ; l'action du troisième se déroulera un an après, dans la résidence californienne de Frédy.

ANALYSE :
John Couder est un de ces " rois " de New-York dont la fortune est célèbre dans le monde entier. Mais cette fortune n'a pas su lui donner les manières raffinées et la noble désinvolture qu'il envie aux aristocrates de la vieille Europe, Pourtant, il a fait venir, à grands frais, d'Outre-Atlantique un maître de cérémonies, le baron Jean, expert en matière d'étiquette et de bon ton.
Alice, la fille de Couder, - la " Princesse Dollar " par excellence - est une jeune personne, parfaitement insupportable : elle ne rêve que d'opérations financières, elle doit avoir un carnet de chèques à la place du cœur ; pour elle, bien entendu, tout s'achète y compris l'amour. A l'entendre, il suffirait d'y mettre le prix.
Mais elle avait compté sans le baron Frédy Wehrburg. Celui-ci se chargera - non sans mal, il faut bien l'avouer - de la débarrasser de ces idées monstrueuses. Il se fait engager comme secrétaire particulier, et bien que la jeune fille ne veuille voir en lui qu'une marchandise à vendre comme tout le reste, le charme et l'élégance du baron finissent par avoir raison de son obstination.

De son côté, le vieux Couder ne reviendra à de plus saines idées qu'après avoir été berné. Une gouvernante russe, qu'il a engagée parce qu'elle se dit comtesse, réussit à se faire épouser par le milliardaire ; mais on ne tardera pas à s'apercevoir que la sémillante Olga n'est pas plus comtesse que russe, et que, chose plus grave, elle exploite, sans le moindre scrupule la naïveté de son mari. Frédy et Jean ont pitié du malheureux et, moyennant quelques petits millions, obtiennent de l'intrigante qu'elle retourne à Paris d'où elle était venue. Couder se consolera dans les bras de la femme de chambre de la pseudo-comtesse, ravi, au fond, de s'en être tiré à si bon compte.

Autre personne à " désintoxiquer " : la petite Daisy, une nièce de Couder, très " Princesse Dollar " elle aussi. Elle aime le baron Jean et en est aimée. Mais, comme sa cousine, elle croit qu'une jeune fille millionnaire se doit de traiter les hommes comme une vulgaire marchandise. Le baron, armé d'expérience et d'astuce, a beau jeu contre l'étrange folie de Daisy et, en fin de compte, tout le monde sera heureux dans le beau chalet californien de Frédy : Couder et la petite femme de chambre, Frédy et une Alice repentante, et enfin Daisy et son mari Jean.
 
 
 
 LA DIVORCÉE
Opérette en trois actes de Victor Léon. Musique de Léon Fall.

PERSONNAGES :
Karl van LYSSEVEGHE (ténor)
- JANA, sa femme (soprano)
Pieler te BAKKENSKIJL., son père, directeur de la Compagnie des wagons-lits à Bruxelles (grand comique)
- Gonda des GLYCINES, chanteuse de music-hall
-- De LEIJE, avocat à la cour
Lucas van DLESTELDONCK, président du tribunal de la Haye -
SCROP, contrôleur de wagons-lits (comique)

L'action se passe à Amsterdam de nos jours.
Première mondiale : à Vienne en 1911.
Première en France : au théâtre Apollo à Paris, le 18 février 1911.
Durée du spectacle : 3 heures.
L'intrigue se relève d'une musique tout à fait gentille. L'orchestration de trois actes, est très étoffée et présente de jolies sonorités.

ACTE PREMIER : Dans la salle des divorces du tribunal de La Haye. -
Jana van Lysseveghe plaide contre son mari Karl. Elle se trouvait à Nice avec lui, lorsqu'il fut rappelé à Amsterdam pour affaires. Il avait retenu à Nice un compartiment de wagons-lits ; mais, au moment du départ, il apprend qu'il fait très froid dans le nord et il conseille à sa femme de rester à Nice. À la gare, une jeune chanteuse de music-hall, Gonda des Glycines, qui se rendait à Amsterdam pour y débuter le lendemain, cherchait vainement une place de wagons-lits. Karl, galamment, lui a offert, son compartiment, mais quand il voulait sortir pour laisser seule la divette, la porte refusa de s'ouvrir et il fut obligé de passer toute la nuit avec la jeune artiste. L'aventure est venue aux oreilles de Jana qui, se croyant trompée, demande et obtient le divorce. Il faut ajouter que Karl a tout le monde contre lui : un contrôleur de wagons-lits descendant d'une grande famille espagnole et complètement ahuri, un serrurier sourd et aussi le Président du tribunal qui fait la cour à Gonda des Glycines. Seul, un couple de paysans, Pieter et Marthe, que Karl et Jana ont marié le même jour où ils s'épousaient eux-mêmes et qu'ils ont, pour cette cause, pris à leur service selon la coutume du pays, ont supplié les deux adversaires de se réconcilier. Ce fut en vain.


ACTE DEUXIÈME : Le jardin d'hiver de la villa Lysseveghe à Amsterdam.
- Karl, pour oublier sa femme, donne une soirée à laquelle il a convié Gonda et quelques-unes de ses camarades de music-hall. Il propose à Gonda le mariage, mais celle-ci refuse, ayant depuis longtemps appris que Karl aime encore toujours sa femme. A cette soirée s'est introduit le contrôleur de wagons-lits qui vient implorer le beau-père de Karl, directeur de la compagnie des wagons-lits. Le contrôleur a, en effet, commis dans son service plusieurs fautes qui entraîneront sa révocation. Il a une excuse, car il a perdu la tête en apercevant, en wagons-lits, en compagnie d'un amant, sa femme qu'il adore.
Jana vient aussi à cette soirée. Elle vient revoir son père qui rentre d'un très long voyage. Comme elle ne veut pas lui avouer qu'elle est divorcée, elle demande à Karl de le laisser croire qu'elle et lui sont tout aussi heureux qu'au premier jour de leur mariage. Dans le salon, nous retrouvons aussi le président qui a prononcé le divorce. Il est persuadé qu'il a prononcé un jugement à tort ; dès qu'il rencontre Jana, il lui fait la cour puisqu'il n'a pu décider Gonda à ses obsessions, cela dans l'espoir d'exciter la jalousie de cette dernière. Et voilà que le père de Jana se présente. Le contrôleur de wagons-lits le reconnaît aussitôt. C'est lui qu'il recherchait pour solliciter sa réintégration dans son ancien poste. Par excès de zèle, il dévoile le divorce.
ACTE TROISIÈME : Une kermesse hollandaise. -
Le président va tout arranger : il a manœuvré pour détacher Karl van Lysseveghe de Gonda, qu'il allait épouser, et, pour le faire rencontrer son ancienne femme qu'il n'a cessé d'aimer. Tous deux se retrouvent dans l'église, où, suivant la coutume, les couples qui se présentent sont mariés ce jour-là. Karl épousera donc de nouveau sa femme. Le président se mariera avec Gonda, et le contrôleur de wagons-lits reprendra sa femme, en conservant le directeur de la compagnie comme protecteur et beau-père. Ainsi tout finit, non par un mariage, mais par des mariages.
 
 
 
 MADAME DE POMPADOUR
Opérette en trois actes. Adaptation française de Albert Willemetz, Max Eddy et Jean Marietti, d'après Rodolphe Schanzer et Ernest Welisch.

PERSONNAGES :
Madame de POMPADOUR
- BELOTTE
- MADELEINE
- Madame de la POUPLINIERE
- LISON
- Madame de LOURAGUAIS
- LOUIS XV -
- L'ambassadeur d'Autriche
- MARIVAUX
 
L'action se passe à Paris aux environs de 1750. Première mondiale à Vienne, le 2 mars 1923. Durée du spectacle : 3 h. 30.
Léo Fall a réussi à doter cette opérette d'une musique pleine d'effets extraordinaires.
 
ACTE PREMIER : Une guinguette des environs de Paris.
- La marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, profitant du départ du monarque pour ses chasses du Sénart, quitte Versailles, où elle s'ennuie, pour venir incognito avec sa suivante préférée, Belotte, dans un bal guinguette des environs de Paris : le " jardin des Muses ", chez Ramponneau.
Dans cette guinguette, un pamphlétaire, Calicot, amuse la clientèle avec ses chansons tendancieuses sur la Pompadour, au grand dam du cabaretier qui ne tient pas à avoir des démêlés avec la police. La marquise danse avec un jeune homme qui lui plaît aussitôt. Et tandis qu'elle coquette avec lui, en se faisant passer pour une marquise de frivolités, Belotte ne reste pas insensible à la verve emphatique du faiseur de libelles.
Mais, soudain, la marquise se trouve en face de M. de Maurepas, ministre de la police royale qui cherche depuis longtemps à se venger des ironies de la favorite. Il a appris l'escapade de Madame de Pompadour et il croit tenir sa revanche.
Avec une présence d'esprit bien féminine, la marquise, un instant décontenancée, déclare au ministre, qu'elle n'est venue chez Ramponneau que pour démasquer les pamphlétaires que sa police est impuissante à arrêter. Le ministre est confus, à son tour, et sur les ordres de la favorite triomphante, il fait cerner la guinguette par la troupe.
Pour sauver René - c'est le prénom du gentilhomme - et Calicot qu'affectionne si tendrement Belotte, Madame de Pompadour déclare qu'elle emmènera les deux hommes à Versailles, l'un pour faire partie de sa garde personnelle, l'autre pour devenir poète officiel de la Cour.

ACTE DEUXIÈME : A Versailles.
- Le coeur de la marquise se rapproche de plus en plus de celui du jeune homme ; mais les instants qu'elle peut passer avec lui sont courts, car la marquise s'occupe des affaires de l'Etat en l'absence du roi et tient de nombreuses audiences. Une certaine comtesse d'Estrades qui vient se présenter à elle, lui fait part de ce que son époux, après quelques mois de mariage l'a quittée sans raison. Elle supplie la marquise qui est toute puissante, de lui rendre son mari. Madame de Pompadour aurait congédié l'importune si elle n'avait appris tout à coup que la jeune délaissée est sa demi-sœur, fille du comte de Tournehem. En plus, une miniature, contenue dans un médaillon que porte sur elle la jeune femme apprend brusquement à la marquise que le gentilhomme qu'elle a rencontré au " Jardin des Muses " n'est autre que l'époux infidèle. Après un instant de révolte, elle se ressaisit. Sa sœur retrouvera son mari.
Brusquement, le roi revient à Versailles. Il veut pénétrer chez la marquise. Comme elle lui défend l'entrée de ses appartements, le monarque passe sur la défense et découvre René dans son boudoir. II commande au lieutenant de la garde de l'arrêter. L'homme sera passé par les armes.

ACTE TROISIÈME : Dans les appartements du roi.
- Mais la marquise est toujours fine mouche. Malgré les maladroites embûches de M. de Maurepas, elle convaincra facilement le roi qu'elle n'a fait venir le comte René d'Estrades à Versailles que pour le rendre à sa femme et quelle est toujours restée pour Louis une fidèle amie
 
 
 FRIML
Parmi les compositeurs de l'Amérique du Nord Rodolphe Friml occupe certainement, dans le domaine de la musique légère, une place de choix. Ses succès dans les théâtres de Brodway le prouvent assez. Son opérette " Rose-Marie " est actuellement connue dans le monde entier.
 
 ROSE-MARIE
Opérette en deux parties et dix tableaux. Livret et lyrics de Otto Harbach et Oscar Hammerstein. Adaptation française de Hoger Ferréol et Saint-Granier. Musique de Rodolphe Friml et Herbert Stothart.
 
PERSONNAGES
ROSE-MARIE (soprano)
- JIM (baryton)
- HERMANN
- Lady JANE, aubergiste
- Le sergent MALONE (grand comique)
- ETHEL - EMILE - HAWLEY
- L'Aigle noir - WANDA, sa femme
- Le veilleur - L'Indien - Le montagnard - Trappeurs, Indiens, Policiers, Chercheurs d'or.
L'action se passe au Canada de nos jours
Première mondiale à New-York
Première en français à Paris, le 9 avril 1927.

La musique fantaisiste, tour à tour rythmée, sentimentale, trépidante, plait dans son ensemble. Qui n'a pas fredonné l'air pimpant de Rose-Marie et le langoureux chant indien ?
 
NOMENCLATURE DES TABLEAUX
Acte Ier : (1er tableau) : L'auberge de Lady Jane (fond du lac Saskatchewan).
2° : Feu de campement.
3° : Dans la cabane de l'Aigle Noir.
4° : Seconde scène autour du feu de campement.
5° : Le Totem Pôle Hôtel, près du col Kooteney (montagne rocheuse du Canada).
Acte II : (6° ) ; Une maison de couture à Québec.
7° : Une salle de danse.
8° : La cave d'un hôtel à Québec.
9° : La route qui conduit à la cabane.
10° : La cabane.

ANALYSE :
Un jeune français, Emile, a emmené avec lui sa sœur " Rose-Marie " près des montagnes rocheuses du Canada. Au milieu des chercheurs d'or, le charme de la délicieuse petite Parisienne est vite connu. Dans l'auberge de Lady Jane que courtisent à la fois le sergent Malone et le terrible " Hermann ", Rose-Marie attend de pouvoir épouser Jim, bien qu'elle soit recherchée par le riche Hawley. Ce dernier a eu une aventure avec Wanda, femme de l'Aigle Noir. Surprise par celui-ci, au moment où Hawley allait rompre avec elle, l'indienne poignarde son mari. Par suite de circonstances troublantes, Jim est accusé du meurtre et se trouve contraint de s'enfuir. Croyant le sauver, Rose-Marie accepte d'épouser Hawley, mais le jour même de leur mariage, poussée par la jalousie, Wanda avoue son crime.
Rose-Marie part retrouver Jim dans la montagne, où le soleil levant éclaire leurs fiançailles. Et ce sera l'aurore d'un bonheur parfait.
 
 
 GANNE
Louis GANNE, né à Bruxières-les-Mines (Allier) en 1862, a été élève du conservatoire de Paris. Il s'est fait connaître à la fois comme chef d'orchestre et comme un compositeur plein de verve. Il avait débuté par des ballets. Puis il créa des chants tels que : " Le Père de la Victoire ", " La Marche Lorraine " et " La Czarine ". Enfin il donna " Les Saltimbanques " qui consacra définitivement sa renommée.
 
 
 
 
 LES SALTIMBANQUES
Opérette en trois actes et quatre tableaux. Livret de Maurice Ordonneau.

PERSONNAGES :
PAILLASSE, saltimbanque
- André de LANGEAC, officier
- GRAND PINGOUIN, hercule de la troupe
- MALICORNE, directeur du cirque
- Le comte des ÉTIQUETTES
- L'Aubergiste
- BERNARDIN, président, du concours d'Orphéons
- Le marquis du LIBAN, onde d'André
- Le baron de VALENGOUJEON
- RIGOBIN et CORADET, officiers
- Le brigadier de gendarmerie
- PINSONNET - BERTILLARD
- SUZANNE, jeune saltimbanque - MARION, jeune saltimbanque (soprano)
- Mme MALICORNE - Mme BERNARDIN
- La marquise du LIBAN - Soldats, paysans, paysannes, acrobates, bohémiens, invités.

L'action se passe à Versailles et en Normandie.
Première mondiale : à Paris en 1899 - Durée du spectacle : 3 heures.
En entendant l'ouverture des " Saltimbanques " on se rend bien compte, combien ce genre de musique est périmé de nos jours. Les airs, jadis bien connus, ne sont plus appréciés actuellement.

ACTE PREMIER :
ler tableau ; Un campement de saltimbanques à Versailles, sur l'avenue des Sceaux.
- Nous faisons la connaissance avec la troupe de M. et Mme Malicorne : Paillasse, l'homme de la parade, Pingouin, l'hercule (si petit dans les mains de Marion) apparaissant dans le maillot traditionnel, Suzanne, la cadette de la maison, enfant trouvée se plaçant sous la défense de ses amis, sans se soustraire aux duretés de ses parents adoptifs, propriétaires de la loge foraine. En secret, Paillasse aime Suzanne dont les charmes ne laissent pas Pingouin insensible ; mais Marion veille. Et de plus surgit un troisième prétendant, le lieutenant André, qui s'assure toutes les chances de succès.

2e tableau : Le théâtre forain. -
Tout n'est pas rose dans la vie des saltimbanques ; elle est rendue pénible surtout par le directeur s'entendant en tracasseries. Un geste brutal déchaîne la révolte parmi les éléments du cirque. Mais leur mouvement de rébellion ne leur permet pas de rester dans la troupe. Bien qu'ils doivent un dédit à leur directeur, ils vont chercher la fortune sur les grandes routes.

ACTE DEUXIÈME :
3e tableau : Une place de village à Bécanville en Normandie. Trois mois après les événements exposés au tableau précédent.
Maintenant, c'est la lutte entre les artistes et leur ancien chef auquel ils se dérobent en employant nombre de subterfuges sans abandonner leur gaîté. Mais enfin reconnus, Malicorne veut faire arrêter le quatuor sous l'inculpation de vol (n'ayant pas payé le dédit), quand, grâce à l'intervention du comte des Etiquettes, tout s'arrange et la troupe est invitée à venir donner une représentation dans les jardins du comte.

ACTE TROISIÈME :
4e tableau : Le parc du château des Étiquettes.
Grand Pingouin, Paillasse et Marion exercent leurs nouvelles fonctions au château des Etiquettes avec un zèle presque excessif. Suzanne se contente d'être charmante. Chantant la bergère Colinette - chanson inédite, transmise seulement par tradition orale dont le comte est l'auteur - elle se révélera à ses parents qu'une faute de jeunesse tient séparés.
Néanmoins, ils lui assureront le bonheur, car elle épousera son beau lieutenant André, tandis que le pauvre Paillasse, le cœur meurtri, verra s'envoler le beau rêve qui quelques instants ensoleilla sa vie.
 
 
 
 HANS, LE JOUEUR DE FLUTE
Opérette en trois actes de Maurice Vaucaire et Georges Mitchell.

PERSONNAGES :
- HANS, le joueur de flute
- YORIS, poête et sculpteur, amoureux de Lisbeth
- LISBETH, fille du bourgmestre
- PIPPERMANN, bourgmestre
- Mme PIPPERMANN, sa femme
- Van POTT - GUILLAUME - PÉTRONIUS - TANTENDORFF - LOSKITSCH - STEINBECK - KETCHEN
- La marchande de plaisir - Le veilleur de nuit - Un jeune homme
- Van QUATCII Sergent de la garde civique - Un bourgeois - Un fonctionnaire - Les poupées.

L'action se passe dans une petite ville flamande.
Première mondiale : à Paris en 1906.
 
ANALYSE :
Hans, nanti d'une flûte magique, dont les sons ont pour effet de protéger les amoureux, traverse Milkatz, ville que vous ne trouverez sur aucune carte de Hollande, cité autrefois abandonnée aux arts et à la fabrication des poupées articulées, en proie aujourd'hui au mercantilisme. La spéculation sur les grains sévit du haut en bas de l'échelle. Les stocks sont protégés contre les rongeurs par des chats municipaux.
Lisbeth, fille du bourgmestre Pipermann, est aimée du poète sculpteur Yoris, que la volonté paternelle entend écarter au profit de l'imbécile, mais riche Van Potl.
La flûte de Hans va remettre bon ordre dans la matrimoniale combinaison et lance sur Milkatz rats et souris, tandis que sont précipités dans la rivière les chats protecteurs. C'est la ruine, Hans et son complice Yoris sont arrêtés ; la flûte magique est confisquée. Dans la main des échevins elle ne rend plus que de lamentables sons qui provoquent catastrophes sur catastrophes.
Il ne reste qu'à supplier Hans de reprendre son galoubet, en l'assurant que le concours des poupées aurait lieu comme autrefois dans Milkatz, revenue pour toujours à ses traditions artistiques. On devine que la plus belle poupée sera celle que sculpta Yoris. La poupée s'anime et prend les traits de Lisbeth.
L'honnête Pippermann n'a plus qu'à unir les deux amoureux. Sa mission terminée, Hans reprend sa route, emportant la bénédiction des habitants de Milkatz définitivement heureux.
 
 
 
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