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FAIRE SON ALYA

Histoire de mon Alya

Les Quatorze trucs oubliés de l'ALYA

 

 
 Je suis allé très souvent en Israël, et mon épouse encore plus souvent : Quand j'étais en manoeuvres pendant de longues périodes lors de ma carrière militaire, elle partait dans sa famille qui habitait déjà là-bas.
Ses frères étaient dans l'armée et ont fait la guerre des 6 jours, entre autres.
 
Nous avons donc une longue histoire d'amour avec ce pays.
 
- D'abord parce que c'est le pays de mes ancêtres, très lointains sûrement, mais mes ancêtres quand même !
Des indices montrent que cela remonte à l'époque du Second Temple.
 
En effet, un grand Rav m'a dit que d'après l'étymologie de mon nom, qui signifie : don, cadeau, ma famille lointaine était désignée pour donner l'aumône aux mendiants du Temple (En effet à cette époque toutes les grandes familles avaient un rôle).
 
D'autre part, un grand médecin m'a aussi dit que dans la répartition mondiale des groupes sanguins, le mien se situait au Moyen-Orient en majorité. Indices auxquels il est difficile de ne pas adhérer.
 
Je me souviens que, à peine sorti de l'aéroport, une émotion sans pareille m'a empoigné, s'est emparée de moi et je me suis agenouillé pour embrasser la terre....
 
- Ensuite j'y suis retourné à plusieurs reprises pour visiter le pays dans toutes ses régions, même au temps où l'on pouvait aller à Bethléem, à Hébron, à Nazareth et à Jéricho librement, au temps où l'on ne parlait pas encore de palestiniens....
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Je l'ai visité en car, en stop, en auberges de jeunesse, en voiture. J'ai visité des lieux que peu de personnes connaissent (qui m'avaient été indiqués par un ami militaire qui les avait découverts lui-même au cours de patrouilles en véhicules tout-terrains.) Des lieux où l'on ne pouvait aller qu'en 4x4 ou.... à pied. Des monuments qui n'étaient encore pas détériorés par le temps et certaines catégories de personnes....
 
- J'y suis retourné pour le plaisir, en vacances....
 
 
 
L'alya ( cela signifie : Montée. On monte en Israël ) fait toujours partie du rêve de chacun, et reste souvent dans son coeur et dans son esprit, sans devenir quelque chose de concret. Les boutades habituelles : Tu fais ton alya ? Pourquoi ne fais-tu pas l'alya, etc... recevaient comme réponse : Peut-être un jour !...
 
Après l'idée, la première démarche logique était (comme beaucoup de parents et d'amis ont fait) : Acheter un logement et partager sa vie entre la France et Israël.
Je me rangeais davantage à ce point de vue-là.
Mais une crainte : La langue appréhendée comme étant un écueil. Apprendre une nouvelle langue à l'âge de la retraite, alors que j'avais à peine assimilé correctement la langue anglaise après de nombreuses années d'études !....
 
Tout a commencé en novembre 2007, quand mon épouse a décidé de me faire cadeau d'une semaine de vacances à Netanya pour mon anniversaire. (Bon, vous connaissez maintenant mon mois d'anniversaire !!!)
La situation en France, la politique, l'environnement humain, les attaques toujours plus agressives des juifs par une certaine population, l'insécurité, etc... d'une part, la joie de vivre et le plaisir de se promener dans les rues de Netanya, même au mois de novembre, d'autre part, ont fait que d'abord pour la curiosité plus que pour l'intention, nous avons commencé à regarder les vitrines des agences immobilières. Sans plus.
Et la question "Pourquoi pas ?" commença à pointer le bout de sa carlingue.
 
A notre retour en France, un salon Icube (salon de l'immobilier en Israël) eut lieu à Paris et nous y sommes allés. Nous nous sommes intéressés aux différents lieux d'installation possibles selon nos critères, c'est à dire, ceux de retraités qui ont d'une part des facilités (pas d'enfants à l'école, pas de travail à rechercher) d'autre part des appréhensions (essentiellement la langue), et un impératif issu de nos gènes pied-noirs : au bord de la mer.
 
Trois villes côtières se trouvèrent en compétition : Du sud au nord, Ashkelon, Ashdod et Netanya. Tel-Aviv, bien que tentante, fut éliminée d'office car trop chère de prime-abord.
 
Nous sommes allés visiter ces trois villes. Le prix des appartements était de moins en moins cher quand on allait du nord au sud. L'explication était en partie fonction de la proximité avec Gaza et des probabilités de recevoir des roquettes.
Mais ce n'était pas le vrai critère pour moi.
 
Ashkelon n'était pas très francophone. Dans les restaurants, on trouvait rarement et difficilement des cartes en anglais, alors ne parlons pas du français. Les noms des rues et des magasins était entièrement en hébreu sans aucune transcription. Je n'ai en outre pas trouvé de véritable centre-ville.
 
Ashdod qui se voulait un peu francophone, est une ville industrielle et un grand port avec tout ce que cela sous-entend de mouvements de camions et de circulation difficile sans compter les nuisances. S'il y a un centre ville, il ne m'a paru pas très engageant.
D'autre part, le maire, que nous avons rencontré au salon de l'immobilier d'Israël à Paris, n'a pas mâché ses mots : "C'est à vous de vous adapter et rapidement !"
Je n'ai rien contre la notion d'adaptation, mais à notre âge, un peu de francophonie rassure et facilite la vie, sans pour autant renoncer à apprendre la langue.
 
Il restait Netanya que presque tout le monde appelle Natanya par facilité de prononciation . Nous y avons trouvé un vrai centre-ville animé où l'on se croit dans nos quartiers d'Algérie quand on se promène et qu'on entend parler les gens que l'on croise dans la rue.
La promenade du bord de mer est fabuleuse et améliorée de jour en jour.
 
Nous avons donc choisi Netanya !
 
 
Le voyage suivant fut consacré à la recherche d'un appartement.
Une période incroyable de chance (ou d'aide du ciel) est alors arrivée. Une équipe de coordination agence immobilière-avocat-banque s'est mise en place. Le premier appartement proposé fut le bon (après comparaison avec d'autres, histoire de voir.) Il était tout meublé et équipé. Le prix correspondait à nos ressources et l'apport initial était disponible après avoir raclé tous les fonds de tiroirs.
Et le 16 novembre 2008, soit presque un an jour pour jour après l'intention, nous rentrions " chez nous ".
Mais nous étions toujours "touristes"
 
du 12 février au 5 mars nous revinmes encore en "vacances"
 
L'étape suivante fut l'alya proprement dite, c'est-à-dire l'immigration, ce qui fut fait le 16 juin 2009.
 
Là aussi la chance fut au rendez-vous. Dieu était à nos côtés. Formalités relativement faciles. A l'arrivée, remise de la carte d'identité, passeport délivré en une heure, j'en passe. J'avais donc désormais la double nationalité française et israélienne.
 
Et maintenant je suis heureux. Tout a changé. Alors qu'en France, l'insécurité règne avec la crainte de croiser des groupes de noirs ou de musulmans (il faut les appeler par leurs noms), de porter la kippa, une chaîne avec l'étoile de David ou un autre symbole, même un objet avec des caractères hébreux, en Israël la paix règne dans les cœurs et dans les âmes. Tout le monde est amical et prêt à rendre service (ils ont été dans le même cas avant nous). Le temps est beau la majorité de l'année, la mer est belle. Les problèmes de la France paraissent de loin presque futiles.
 
Je voudrais terminer avec une observation : Pourquoi qualifier de sionistes ceux qui rejoignent Israël ? Ils retournent dans leur pays d'où ils ont été expulsés depuis des siècles, depuis que les légions de Titus ont vaincu les Hébreux les emmenant en esclavage à Rome ou les poussant à la fuite, ce qui est devenu depuis - terme galvaudé - la diaspora.
Il y a eu plus de difficultés à rejoindre la France en venant d'Algérie alors que " rapatrié " signifie " rejoint sa patrie " !!! Nous pieds-noirs, étions traités en 1962 d'envahisseurs. Et pendant longtemps je me suis senti étranger dans mon propre pays ou ce que je croyais être mon pays, tant le culte de la patrie était puissant quand nous vivions en Algérie !

La France, l'Europe sont en train de s'islamiser et peu voient ce danger. Une véritable guerre se déclenchera inévitablement tôt ou tard par ce choc de ces cultures incompatibles, par cette violence exacerbée, par ces exigences exorbitantes auxquelles cèdent les gouvernements par pusillanimité.
 
Maintenant j'y suis, dans mon pays. Pour le meilleur et pour le pire. Je suis là pour ce pays malgré les dangers potentiels et peut-être même à cause d'eux, parce que je peux aider dans la mesure de mes possibilités et je reste prêt à répondre présent et à m'investir.
Je suis là dans ma vraie vie ! Je suis CHEZ MOI.
 
Il a fallu tout réapprendre, même les choses les plus futiles. (Comment faire le plein d'essence par exemple)
les règles du stationnement : il a même fallu repasser son permis de conduire. Une formalité dictée peut-être plus par l'argent que par la pratique de la conduite, le code de la route étant identique à très peu de chose près qu'en France.
Les examinateurs ne donnaient pas le résultat au moment de l'examen, mais quelques jours plus tard et il était ahurissant de s'entendre dire "Vous n'avez pas la maîtrise du véhicule" après cinquante ans de conduite ! Mais les examinateurs comme dans beaucoup de lieux avaient sûrement la consigne de recaler un certains nombre de candidats et cela tombait comme à la loterie !
 
Tout paraissait difficile mais au fur et à mesure, les difficultés s'effacèrent.
Il faut dire que tout le monde participait. Dans la rue vous ne pouviez pas rester le nez en l'air trois minutes sans que quelqu'un vienne vous proposer de vous aider. Il ne fallait pas se sentir ridicule à baragouiner un langage mélangé français-hébreu-anglais-gestuel, car il faut se dire qu'à part les natifs d'Israël (les sabras : figues de barbarie = piquants à l'extérieur, doux à l'intérieur) tout le monde avait été un jour ou l'autre dans la même situation que vous.
 
Nous avons fait l'oulpan (école d'apprentissage de la langue) et nous sommes maintenant plus familiarisés avec l'hébreu. Mais on ne fait qu'effleurer la surface, c'est à dire les situations les plus courantes pour se débrouiller, sans plus. Et il n'est pas rare quand on exprime une demande dans un hébreu hésitant de s'entendre répondre en français. Quand on fait la remarque qu'on veut s'entraîner à l'ivrit, il nous est répondu : moi, je veux apprendre le français. Cocasse !
 
Faire un effort et aller bravement dans les magasins et les services (poste, banque) et se lancer en hébreu. Et le bonheur qui arrive est simple : Après avoir entendu des gens parler dans les rues et ne rien comprendre, on se met à comprendre ce qui se dit, on arrive à renseigner des gens qui vous posent des questions. Le pied !
 
Et il fait bon chaque matin de se réveiller en regardant la mer, le soleil et le ciel bleu et de respirer cet air de ce beau pays.
 
Nota : Cet article a été écrit en 2010, mais aujourd'hui, deux guerres se sont passées avec Gaza, les attentats se sont multipliés, des roquettes ont été tirées sur Ashkelon et Ashdod entre autres villes, mais nous sommes tous solidaires et la vie est toujours belle.

 

 
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