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DISCOURS DE FIN DE STAGE A L'ESCP

 

 

 

A la fin de notre carrière militaire, l'Armée nous offrait ce qui était appelé un stage de reconversion de 6 mois dans le civil. (en conservant notre solde)

Avec un certain nombre d'officiers dans le même cas, j'ai choisi une formation à l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris.

Je faisais partie de la 46ème promotion 88/2 au 5 septembre 1988 au 3 février 1989.

L'ambiance était bon enfant, avec un véritable esprit de camaraderie sans distinction de nos anciens grades qui s'étageaient de capitaine à lieutenant-colonel.

A la fin de ce stage, je m'étais amusé à composer une espèce de poème sur toutes nos activités.

J'eus la faveur de voir ce texte repris dans la plaquette de fin de stage.

 

COMPTE RENDU DE STAGE

DE LA 46ème PROMOTION DU CFA (Centre de Formation aux Affaires)

          A quelques heures près, nous arrivons au terme
          de ce cycle fécond. Redevenus studieux
          sur les bancs d'une Ecole au label prestigieux
          On voudrait bien rester, mais on nous crie "On ferme"
           
          Qu'avons-nous retenu de toutes ces séances
          dont nous avons d'abord tassé les connaissances
          pour pouvoir distiller toute la quintessence
          de professeurs dont nous éprouvions la patience ?
          Nous avons oublié. Nous ne nous souvenons
          que de la gentillesse des organisateurs
          et du joli sourire des dames secrétaires.
          Et pour le reste, on a comme une impression
          dee savoir un peu plus, de savoir un peu mieux
          ces très nobles matières enseignées en ces lieux.
          Nous en sortons armés, heureux et confiants
          pour aborder le monde à grands pas de géants.
          Et notre gratitude ne peut pas s'exprimer
          tant notre coeur est gros de mots inexprimés.
           
          On pourrait finir là... Mais j'entends quelques voix
          qui m'interpellent : Ah ! non, vraiment, c'est un peu court !
          Tu n'as pas de ce sycle assimilé les cours.
          Tu parles coût complet. Et maintenant tu dois
          arriver promptement aux centres d'analyse.
          En parlant de chacun tu dois sauver ta mise.
           
          Je commencerai donc par des définitions.
          Un comptable d'abord. C'est un grand personnage
          Un comte auprès duquel aucun compte ne compte.
          L'analyste à son tour gagnera son adage :
          Un ponte pour lequel les comptes sont des contes (défaits ?)
          Mais venons maintenant systématiquement
          sur ce que nous avons appris très brillamment.
          Nous avons commencé par la définition
          d'une Entreprise et de son Organisation.
          Typologies de décisions finalisées
          Actionnaires directifs et sleeping-partners,
          politiques partielles ou sectoralisées,
          choix d'une stratégie, couples produits-marchés,
          concurrents potentiels et leur trésor de guerre,
          nous eûmes droit à la vérité toute nue.
          Y-a t-il des questions, remarques, quolibets ?
          Pas un mot, pas un geste ? Très bien, je continue.
           
          Puis nous avons parlé d'emplois et de ressources.
          Dans la course à la Bourse, on doit trouver la source
          pour pouvoir dénicher l'emploi de bon aloi
          qui va nous rapporter. Oui, c'est ce que l'on croit
          quand dans le capital on a placé nos sous,
          un jour où l'on était un tout petit peu saouls...
          Car il y a des banquiers... Mais là, changeons de ton !
          Pour cette discipline, il faut une chanson.
          J'en emprunterai l'air à Maurice Chevallier.
          J'espère que ma voix ne va pas dérailler !
           
          "J'prospère, yop la-boum
          Am'nez moi vot'capital
          J'prospère, yop la-boum
          Je vous paie peu c'est normal !
          Quand vous êtes à découvert, comme je suis votr'agent
          J'vous prends des agios.
          Je vous compte des intérêts en vous r'prêtant votr'argent
          J'me fais du rabiot !
          J'prospè-ère ..."
           
          Puis nous avons plié sous une pluie de coûts :
          Coûts complets, coûts directs, coûts doubles et coups du ciel,
          coûts réels, coups d'éclat et coûts irrévocables,
          coûts d'opportunité, compressibles ou partiels,
          coûts standards et coups de théâtre ; coûts variables...
          Il y'en avait vraiment un peu pour tous les goûts.
          Il y en eût tellement qu'on ne peut plus savoir,
          Nous avons beaucoup trop de coûts dans la mémoire !
          Nous aurions préféré - je vais choquer, je crains -
          Coups de têtes, cous de cygnes, mieux encore : coups de reins...
           
          Nous sommes devenus, à ce stade arrivés,
          Il fautrbien l'avouer, franchement dissipés.
          Et notre Président, pour nous faire écouter
          dans les termes suivants, dût nous admonester :
           
          "Bruissants murmures, propos épars, rires sous cape
          éclats de rire, éclats de voix, gorges qui râpent...
          Epargnez l'instructeur qui doit hausser la voix.
          Pour mieux se faire entendre sous votre brouhaha,
          Si vous ne cessez pas, messieurs, de faire les pitres
          Il va bientôt falloir insérer des sous-titres"
           
          Le monde du travail aussi nous aborda
          et malgré on peut dire, son caractère ingrat
          par la forte présence de son animateur
          sut nous apprivoiser et nous intéresser.
          Du salarié aussi nous eûmes la version :
          Nous reçûmes mission de ne pas l'agresser
          et sans trop le payer .. d'être son protecteur. !
           
          Dans notre économie, poussant une incursion
          nous découvrîmes vite qu'il faut que l'on déchante :
          La situation est proprement consternante !
          Nous les Economistes, on vous le garantit.
          Je ne vous parle là que de choses prouvées,
          Le bateau Hexagone est en train de sombrer
          ou il y'a quelque chose que je n'ai pas saisi...
           
          Le marketing ensuite fut à l'ordre du jour
          avec infiniment d'élégance et d'humour.
          La loi de Pareto et les parts de marché
          n'eurent plus à nos yeux le plus petit secret.
           
          Dans cette discipline qu'est la G.P.A.O.
          Nous sûmes pour être bons, qu'il fallait cinq zeros !
          Il y'avait dans l'histoire un pauvre petit ver
          qu'y était guillotiné au plus petit impair.
           
          Conquérir des marchés à l'autre bout du monde ?
          Ce n'est pas difficile. Prenons quelques contacts,
          ce qui nous permettra d'avoir au prochain acte
          dans chaque continent, des brunes et des blondes...
           
          Avec l'informatique, nouvelle médecine
          Nous avons bien compris la fièvre merveilleuse
          de ces fous pianotant sur leurs drôles de machines...
           
          Mais le couronnement de ces belles options
          fut l'extraordinaire contrôle de gestion.
          Nous sommes à son terme parfaitement capables
          d'affronter brillamment ce monde impitoyable.
           
          Avant de terminer il me faut préciser
          que toute ressemblance avec des personnages
          qui seraient présents dans ce noble aréopage
          ne serait pas, bien sûr, a priori exclue.
           
          Là, il me faut conclure. Et je vais m'adresser
          à Monsieur Abraham, patron de ce "bahut":
           
          "Dans ce passage étroit qui marque la frontière
          entre l'état civil et l'état militaire,
          Dans ce voyage court et pourtant difficile
          qui va du militaire jusqu'à l'état civil,
          Vous fûtes notre guide, nous montrâtes la voie
          et nous fîtes revivre une seconde fois."
           
          Edgard Attias
          avec quelques inspirations de poètes connus
           
           

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
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